« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. »

Henri Poincaré

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mardi 14 janvier 2020

∆∆∆ Manufacturing Consent : Media manufacture our consent



Cette brève " autobiographie ", parue en 1906, est l'un des textes politiques de Jack London (1876-1916) les plus marquants. Dans ce récit personnel, il retrace le chemin qui le mena à devenir socialiste. Crieur de journaux, pilleurs d'huîtres, ouvrier dans une conserverie, employé d'une teinture, électricien, vagabond... il nous livre ici les voies qui firent de lui un auteur engagé si longtemps méconnus. 

" Je suis né dans la classe ouvrière. Très tôt, j ai découvert l'enthousiasme, l'ambition, les idéaux; et les satisfaire devint le problème de mon enfance. Mon environnement était primitif, dur et fruste. Je ne voyais nul horizon, seulement de bas en haut. Ma place dans la société était tout en bas. Là, la vie n'offrait que laideur et misère, aussi bien pour la chair que pour l'esprit. Car la chair et l'esprit y étaient pareillement affamés et tourmentés. Au-dessus de moi s'élevait l'édifice colossal de la société, et à mes yeux la seule façon de m'en sortir était par le haut. Alors, j'ai résolu très tôt d'escalader cet édifice. Aux étages supérieurs, les hommes portaient des costumes noirs et des chemises impeccables, les femmes étaient habillées de robes somptueuses. Et il y avait des bonnes choses à manger, et beaucoup. Ça, c'était pour la chair. Et puis il y avait les choses de l'esprit. Loin au-dessus de moi, je le savais, régnaient la générosité de l'esprit, la pureté et la noblesse de la pensée, l'éclat de la vie intellectuelle. Je savais tout cela parce que j avais lu les romans de la bibliothèque Seaside. A l'exception des voyous et des aventurières, tous les hommes et les femmes y avaient de belles pensées, s'exprimaient avec élégance, accomplissaient des actions glorieuses. Bref, le fait que loin au-dessus de moi se trouvait tout ce qui était délicat, noble et gracieux, tout ce qui donne décence et dignité à la vie, tout ce qui la rend digne d être vécue, tout ce qui récompense chacun de son labeur et de sa souffrance, me paraissait aussi incontestable que la course du soleil dans le ciel. "


La presse va mal en France parce que les patrons du CAC 40 ont mis la main dessus : telle est l’idée centrale de ce livre. À la Libération, on ne parlait que de mettre les journaux à l’abri des puissances d’argent, de protéger leur indépendance. Mais au fil des années, cette louable ambition s’est effilochée. Aujourd'hui, les Arnault, les Dassault les Pigasse, les Lagardère, les Pinault, les Bolloré et autres seigneurs contrôlent la presse nationale via leurs holdings aussi opaques que rémunératrices. 

Jean Stern, homme de presse s’il en est, montre comment les “journalistes-managers” – July, Colombani – ont conduit « Libération » et « Le Monde » à leur perte avant d’en être éjectés sans égard. Comment les journaux qui perdent de l’argent permettent aux patrons de payer moins d’impôts ? Comment les divers “conseils de surveillance”, “chartes d’indépendance” et autres gadgets n’empêchent nullement les patrons de pressurer les rédactions en exigeant des économies ? Les journaux finiront-ils en “fermes de contenus” où des pigistes à domicile rédigeront des “articles” à la chaîne adaptés aux algorithmes des moteurs de recherche ? C’est ce que l’on peut craindre si l’on laisse faire le capitalisme déchaîné.

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