« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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jeudi 30 janvier 2020

La Bourse ou la banque : un match historique | France culture 27/01/2020



Du 6 novembre 1826 au 6 novembre 1998,
le palais Brongniart est la place officielle
des transactions boursières
Créée par le pouvoir royal après la débâcle du financier John Law, puis démantelée lors de la Révolution française, la Bourse de Paris devient le monopole des agents de change sous Napoléon. Un lieu sous contrôle mais où krachs et scandales sont loin d'être rares...

Selon Karl Marx, il “associait plaisamment le personnage de l’escroc et du prophète” : John Law, aventurier écossais et théoricien de l’économie, est resté célèbre pour avoir provoqué le premier krach boursier de l’histoire. C’était il y a tout juste trois siècles…
Cet amateur de jeux d’argent devenu ministre français des Finances invente en 1716 un système monétaire qui provoquera la ruine de milliers de spéculateurs. Un échec retentissant qui débouchera sur la création de la Bourse de Paris…

"Paris est considérée avant 1914 comme la deuxième place financière après Londres, New-York prend de l'importance mais n'a pas encore de dimension internationale. Mais Paris est avant tout une place bancaire car ses grandes banques de dépôt et d'affaire ont eu un rayonnement international extrêmement important. Ce sont elles par exemple qui ont acclimaté les emprunts russes à la bourse de Paris." Laure Quenouëlle-Corre

- Lecture en direct d'un extrait des Mémoires du marquis René-Louis d’Argenson, Ministre des Affaires étrangères de Louis XV

“Une plaisante scène dont il me souvient, est quand Law alla dans la rue Quincampoix pour jouir du triomphe de son système et du tourbillon des actions. Il était à une fenêtre, avec un tapis de velours ; des petits Savoyards étaient au bas de la maison qui lui criaient : «Monseigneur, donnez-nous pour boire, nous ferons monter vos actions. » (...) Dans la même année 1720, je fis cesser les séditions sur la cherté du pain, à cause des changements de monnaie de M. _Law_. J'apaisai tout avec vingt pistoles qu'il en coûta au roi. Je fis mettre des blés du magasin royal secrètement sur le marché; je gagnai deux marchands, qui ne baissèrent que de peu de chose à un marché où il devait y avoir grande augmentation; tout le marché s'en tint là; il baissa beaucoup au marché suivant, et les autres marchés suivirent le taux de celui de Valenciennes.”

- Lecture de la Maison Nucingen d'Honoré de Balzac (1838) par René Clairmont diffusée sur France Culture pour la première fois en 1961
- Lecture en direct d’un extrait de “L’Argent” d’Emile Zola

“Brusquement, le 3 janvier, le lendemain même du jour où venaient d’être réglés les comptes de la dernière liquidation, l’Universelle baissa de 50 francs. Ce fut une forte émotion. A la vérité, tout avait baissé ; le marché, surmené depuis longtemps, gonflé outre mesure, craquait de toutes parts ; deux ou trois affaires véreuses s’effondraient avec bruit ; et, d’ailleurs, on aurait dû être habitué à ces sautes violentes des cours, qui parfois variaient de plusieurs centaines de francs dans une même Bourse, affolés, pareils à l’aiguille de la boussole au milieu d’un orage. Mais, au grand frisson qui passa, tous sentirent le commencement de la débâcle. L’Universelle baissait, le cri en courut, se propagea, dans une clameur de foule, faite d’étonnement, d’espoir et de crainte.”

John Meynard Keynes selon Bernard Maris - Extrait de l’émission “Une vie une oeuvre” par Matthieu Garrigou-Lagrange diffusée pour la première fois en février 2012

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