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lundi 2 décembre 2019

Quatre regards sur Léonard de Vinci : "Saint Jean Baptiste" | France culture 24/10/2019



Saint Jean Baptiste est un tableau de dévotion privée, qui invite à la méditation et à la réflexion sur les textes des Evangiles. Léonard nous donne à voir le surgissement de Saint Jean Baptiste, qui nous regarde, nous sourit, dans ce fond noir abstrait...

"Saint Jean Baptiste" de
Léonard de Vinci 
La conquête de l'ombre

"L'exécution de la peinture gagne toute sa noblesse à sembler ne pas avoir été faite par la main de l'homme, à sembler, telles les images miraculeuses du Christ, proprement divines. 

Tel pourrait être le but intime de cette conquête de l'ombre à laquelle Léonard consacre la part la plus personnelle de sa peinture : dans les profondeurs que suscite l'opacité dématérialisante du sfumato, obtenir qu'affleure un mystère, psychique pour Mona Lisa, mystique pour Saint Jean Baptiste." Daniel Arasse   

Les invités du jour

Vincent Delieuvin, conservateur en chef du Patrimoine au département des peintures au musée du Louvre, commissaire de l’exposition événement Léonard de Vinci au musée du Louvre à Paris du 24 octobre 2019 au 24 février 2020

et Louis Frank, conservateur en chef du Patrimoine au département des Arts graphiques du musée du Louvre, co- commissaire de l’exposition évènement Léonard de Vinci au musée du Louvre à Paris du 24 octobre 2019 au 24 février 2020

La peinture est un absolu

"La peinture est chez lui l’acte suprême, la science suprême même, une science divine capable de recréer le monde. Tout est immanent à la peinture et la peinture est un absolu pour Léonard. Le geste de Saint Jean Baptiste, il désigne quelque chose, on appelle ça en Grec la deixis, l’acte de montrer. C’est un geste qui traverse toute l’œuvre de Léonard. Vous le voyez à l’œuvre dans La Vierge aux rochers puisque le geste de l’ange qui désigne Saint Jean Baptiste a été rajouté après. On le retrouve également antérieurement dans cet extraordinaire groupe de bronze réalisé par le maître de Léonard, Verrocchio, dans lequel Saint Thomas approche ses doigts de la plaie du Christ mais sans la toucher. Ce geste de désignation se retrouve même dans l’un de ses derniers dessins qui représente une jeune femme qui désigne quelque chose hors du dessin, dans la profondeur d’un paysage, c’est l’une des dernières œuvres de Léonard qui est comme une espèce d’adieu à la vie, qui désigne quelque chose d’indicible." Louis Frank

Un homme de l’expérience

"Léonard a eu la chance d’être un homme sans lettres, c’est ainsi qu’il se désigne lui-même, ça a été pour lui une chance parce que justement étant un homme sans lettres il a été un homme de l’expérience. Toute son attention a été portée à cette compréhension du monde qui passe par l’observation et la restitution dans ses carnets. On le voit dessiner ce qu’il voit dans la nature et à côté de ses dessins, rédiger des notes qui cherchent à expliquer ce qu’il voit. C’est vraiment un homme de l’expérience." Vincent Delieuvin

La vie spirituelle

"Léonard ne s’est pas contenté d’imiter les formes de la nature mais il a été capable de restituer leur vie intérieure. On ne voit pas une image de Saint Jean Baptiste on voit la vie de Saint Jean Baptiste, la vie spirituelle et pas seulement le physique. Il en est de même de la Joconde et toutes les compositions de Léonard de Vinci, ce sont des œuvres dans lesquelles on sent les sentiments intérieur qui sont le moteur des gestes et des attitudes physiques." Vincent Delieuvin

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