Rechercher dans ce blog ? Entrez vos mots-clés !

lundi 2 décembre 2019

Quatre regards sur Léonard de Vinci : "La Vierge aux rochers" | France culture 23/10/2019



La Vierge aux rochers de Vinci, datée approximativement entre 1483 et 1508, illustre cette réflexion provenant de ses carnets : "c’est à la fois la peur de l’obscurité et le désir de connaître si quelque chose de miraculeux s’y cachait", une façon de caractériser le geste de Léonard de Vinci…

"La Vierge aux rochers" de
Léonard de Vinci
L’ombre, pour Vinci, est à même le monde, il la trouve dans la grotte, elle n’est pas symbolique mais tout d’abord une présence sensible. Ici, dans l’œuvre de Vinci, le symbole n’écrase pas la réalité…

Léonard de Vinci, phénoménologue, et pourquoi pas ? La vérité n’est pas dans la nature mais dans la manière qu’a cette nature de se refléter dans notre esprit.

Les invités du jour

Thibaut Gress, ancien élève de l’ENS, docteur en philosophie, professeur de philosophie, directeur et rédacteur en chef de la revue Actu-Philosophia

et Guillaume Cassegrain, professeur d’histoire de l’art moderne à l’université Grenoble Alpes

Peindre hors du cadre

"C’est un tableau qui est assez étonnant du point de vue de la composition puisqu’on a quelque chose qui est assez classique : une composition pyramidale qui se voit assez aisément mais qui pourtant par rapport aux œuvres traditionnelles ne s’appuie pas sur une architecture qui permettrait de structurer l’ensemble. Il s’agit de penser les personnages et les figures presque indépendamment d’un espace architectural qui lui donnerait un cadre et ça c’est extrêmement virtuose et c’est relativement nouveau pour l’époque. Le paysage rocheux n’est pas ce sur quoi on peut construire une perspective classique, c’est plutôt quelque chose qui va se trouver derrière les personnages."                 
Thibaut Gress

La continuité entre les éléments 

"On peut penser compte tenu des écrits de Léonard que d’une part il y a une fascination pour le monde minéral dont il fait des relevés avec une très grande précision et d’autre part on a chez Léonard l’idée d’une continuité entre les choses. Il n’y a aucune raison que les figures humaines soient dans une rupture absolue avec le monde naturel et le monde minéral en particulier. On a quelque chose qui va relever de l’eau en arrière-plan, on a la terre, on a le ciel, on a tous les éléments qui sont représentés. On a une réflexion sur les éléments et sur leur continuité les uns avec les autres."                 
Thibaut Gress

Un mouvement naturel au monde 

"Il cherche par son expérimentation du monde, il dessine tout ce qu’il voit, du plus petit au plus grand,  il y a une volonté naturaliste et ce souci naturaliste débouche sur quelque chose de presque fantastique. On est habitué à l’époque à voir une vierge dans un décor architecturé avec un dallage au sol qui permet de la situer clairement et derrière un paysage naturel et il en fait tout à fait autre chose. Ça devient une sorte d’inquiétante étrangeté notamment par le fait qu’il réduise ce décor soi-disant naturel à un avant temps de l’Humanité puisque comme pour la Joconde il n’y a absolument rien d’une présence humaine dans le paysage. C’est une nature qui n’a pas été touchée par la main de l’homme et les formes des rochers semblent provenir d’un mouvement naturel du monde." 
Guillaume Cassegrain

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire