« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. »

Henri Poincaré

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samedi 28 décembre 2019

∆∆∆ Les figures de l'allégeance (5/9) : Les transformations des relations de travail de 1914 à la crise du compromis fordiste | France culture 02/11/2018



Femmes travaillant à l'usine de masques à gaz
à Genève en Suisse entre 1914 et 1918
L’aspiration à "un régime de travail réellement humain" est-elle compatible avec "l’organisation scientifique du travail" et la mobilisation totale du capital humain dans une compétition généralisée ? s’interroge le juriste Alain Supiot.

Comment se sont articulés les deux legs de la Grande Guerre : la gestion industrielle de la ressource humaine, d’un côté, et de l'autre l’Organisation internationale du Travail (OIT) qui va fêter ses 100 ans en 2019 ? 

Comment la révolution numérique et la gouvernance par les nombres, les objectifs chiffrés ont-ils modifié profondément l’organisation du travail ?

Nous voici à mi-parcours de la série qu’Alain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités, membre, depuis 2017, de la Commission mondiale sur l'avenir du travail, consacre aux "figures de l’allégeance".

Dans les cours précédents, le juriste a montré le recul de l’hétéronomie, du gouvernement par les lois, le caractère insoutenable d’une société sans foi ni loi et il s’est attaché aux formes de résurgences du gouvernement par les hommes, où

"L’inscription dans des liens personnels, et non plus la soumission à une même loi impersonnelle, définit alors la condition juridique des hommes, aussi bien dans leurs rapports mutuels que dans les rapports avec les choses."

Comme il le souligne, depuis trente ans, le droit du travail a été le théâtre d’une lente et inexorable érosion des sécurités héritées de l’ère fordiste.

Le cours d’aujourd’hui propose de comprendre le statut salarial issu de ce qu’on a appelé le compromis fordiste, du nom d’Henry Ford, jusqu’à sa crise dans notre monde contemporain.

Alain Supiot rappelle aussi le préambule de la Constitution de l’OIT que l’on peut lire comme un syllogisme :

"Sans justice sociale, pas de paix durable et universelle"

Et le juriste souligne :

"Sans justice sociale, c’est la guerre ; la justice sociale implique "un régime de travail réellement humain" ; or un tel régime ne peut advenir sans une police sociale de la concurrence à l’échelle mondiale. Il faut donc qu’une organisation internationale soit chargée de définir et de mettre en œuvre des normes du travail communes à toutes les nations."

Alors comment interpréter la notion de "régime de travail réellement humain" ? Comment le travail au XXe siècle, peut-il méconnaître la condition humaine, soit par un déni de la pensée (lorsqu’on prétend aligner le travail de l’homme sur le modèle de la machine), soit par un déni de la réalité, qui touche le manipulateur de symboles (l’intellectuel coupé du travail manuel ou le trader derrière sa machine) ?

Quelle conception du travail a-t-elle pu rendre soutenable la fiction du travail marchandise ?

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 21 mai 2014, pour le cours d’Alain Supiot. 

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