Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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samedi 14 décembre 2019

∆∆∆ Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres 5/12 : Ritualisme et légalisme | France culture 13/01/2017



Le caractère chinois fă 法, "loi" 
Peinture de Bernard d'Agesci (1757-1828), 
La justice, musée de Niort.


Soumission aux lois ou obéissance à un rituel pour garantir l’ordre social ?

Que pouvons-nous apprendre du ritualisme, de ces formes d’organisation des rapports sociaux parmi les plus anciennes ?

Pourquoi l’hétérogénéité de la loi en Afrique ?

Qu’est-ce que l’Ecole des lois en Chine ?

Alain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « État social et mondialisation », fondateur en 2008 de l'Institut d'études avancées de Nantes est très attaché à l’approche transnationale et transdisciplinaires des questions posées par la mondialisation et la révolution numérique qui bouleversent nos sociétés et nos institutions.

Aussi, nous propose-t-il dans le cadre de sa série consacrée au passage du « gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres », de se pencher sur l’École des lois dans la culture juridique chinoise.

"Penser un ordre en termes de loi n’a en effet rien d’universel", explique-t-il. Dans de nombreuses sociétés, c’est l’observance de rituels qui assure le bon ordre et non l’obéissance à des lois. Le juriste ouvre sur l’exemple des "difficultés de traductions rencontrées dans de nombreuses langues africaines pour incorporer cette notion de loi, arrivée avec la colonisation". Si le cas chinois est particulièrement intéressant, souligne-t-il encore, c’est parce que "les institutions impériales sont nées d’un conflit, puis d’une combinaison du ritualisme et du légalisme".

"Cette symbiose est à l’œuvre dans de nombreux traités classiques chinois sur l’art du gouverner, qui se sont efforcés de tempérer par le ritualisme la dimension proprement totalitaire du légisme. Et aujourd’hui encore, le légisme continue de percer sous le vernis confucianiste qui enduit l’économie socialiste de marché de la République populaire de Chine".

La pratique de l'analyse juridique d'Alain Supiot, son approche qui mêle longue durée, comparatisme et interdisciplinarité invitent à ouvrir le regard. Son cours a été publié chez Fayard, sous le titre La Gouvernance par les nombres. En ouverture du chapitre, qui présente les "Autres points de vue sur les lois", il remarque :

"chaque civilisation prête spontanément à ses catégories de pensée une universalité qu’elles n’ont pas. Les Occidentaux y sont d’autant plus enclins que, grâce à leur techno-sciences, ils ont dominé depuis trois siècles le reste du monde. Cette période est en train de se clore, il leur faut désormais compter avec d’autres manières de concevoir l’organisation des sociétés humaines." (p.81)

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours d’Alain Supiot , le 28 février 2013 : "Autres points de vue sur la loi, ritualisme et légalisme"

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