« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. »

Henri Poincaré

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samedi 14 décembre 2019

∆∆∆ Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres 4/12 : L'essence de la loi dans la tradition juridique occidentale | France culture 12/01/2017



Image de Grégoire VII provenant de la
Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome
Spirit of Justice by Ford Madox Brown (1845)
 Dictatus papæ, archives du Vatican

Pourquoi "Le Dictatus Papae" de Grégoire VII représente-t-il un moment fondateur en 1075, un tournant dans l'histoire de l'Etat moderne ? 

Comment l’autonomisation de la sphère juridique s’est-elle transmise aux premiers états séculiers, nés de la révolution grégorienne ?

Comment la culture juridique de Common Law est-elle celle qui a le plus de traits communs avec la Rome antique ?

Nous poursuivons aujourd’hui l’examen de « L'essence de la loi dans la tradition juridique occidentale » dans le cadre du cours qu’Alain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités » consacre au passage du "Gouvernement des lois à la gouvernance par les nombres."

Dans sa présentation pour le Collège de France, Alain Supiot rappelle pourquoi il faut situer la notion de gouvernement, l'Etat, l’histoire du droit, ce qu’il appelle « le gouvernement par les lois » dans la longue durée, de la matrice juridique romaine de notre culture à la division des empires romains d’orient et d’occident. Il souligne combien on méconnaît l’importance décisive de cette division dans l’histoire juridique. Nous allons découvrir comment la révolution grégorienne a fait naître une nouvelle conception de l'ordre juridique marquée par la distinction du pouvoir temporel et de l'autorité spirituelle. Droit et théologie sont séparés et cela a ouvert, et cela peut-être non sans paradoxe, la voie à la reconnaissance corrélative d'un pouvoir temporel et à la naissance de l’Etat moderne.

"Dès lors, le droit s’est affirmé comme une technique placée entre les mains d’experts qui n’ont pas besoin de s’interroger sur la raison des lois", nous explique Alain Supiot.

Poursuivant son histoire de l’évolution des institutions, Alain Supiot voit dans le droit dit « continental » et la Common Law « deux rameaux de la culture juridique occidentale ainsi définie », malgré les spécificités de chacun qui ont pu être accentuées.

"Bien que rivaux, Droit continental et Common Law sont tous deux confrontés depuis l’entreprise coloniale à des montages institutionnels différents avec lesquels ils ont été et demeurent plus que jamais obligés de composer dans le contexte de la mondialisation."

Il s'agit enfin d'interroger la notion de l’Etat de droit qui va naître de l’articulation de la loi et du droit à partir du XIXe siècle.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours d’Alain Supiot, « L'essence de la loi dans la tradition juridique occidentale », le 12 janvier 2013.

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