Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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vendredi 13 décembre 2019

∆∆∆ Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres 1/12 : Du gouvernement des hommes, de l'imaginaire horloger à l'ordinateur | France culture 09/01/2017



Comment l’analyse juridique peut-elle contribuer, demande Alain Supiot, à éclairer les transformations de nos sociétés, travaillées par la globalisation, la révolution numérique et le passage, selon sa formule du "gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres" ?

Alain Supiot, "La Gouvernance par les nombres"
Dessin et couverture de Selçuk Demirel
Comment est-on passé d’un imaginaire qui s’est donné comme "objet fétiche" l’horloge à "l’imaginaire cybernétique" ?

A l’issue de l’année 2016, marquée, au-delà des sanglants attentats et des ondes de choc du terrible conflit syrien, par l’ébranlement du Brexit et les secousses de l’élection de Donald Trump, ineffable businessman populiste à la tête des Etats-Unis (dont le monde ne sait ce qu’il faut attendre de l’investiture le 20 janvier prochain), la « gouvernance par les nombres », cet l’idéal des « objectifs mesurables », de la statistique, de l’algorithme qui numérise tout et pourrait tout maîtriser… cet idéal serait-il bousculé par un retour de bâton de l’imprévisible ?

Cet imprévisible qui fait notre monde, Alain Supiot, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire «État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités», fondateur en 2008 de l'Institut d'études avancées de Nantes, dont il préside aujourd'hui le comité stratégique, s’attache dans son approche transdiciplinaire et transnationale à lui rendre sa juste place et il montre quel parti nous pouvons tirer de l’analyse juridique dans la longue durée et dans une approche comparative. La série de cours que vous allez pouvoir suivre jusqu’au 24 janvier a fait l’objet d’un stimulant ouvrage, intitulé « La gouvernance par les nombres » publié chez Fayard, en 2015, dans la collection, joliment nommée « Poids et mesures du monde ».

Alain Supiot la définit comme "ouverte à des auteurs de tous les continents, qui ont en commun de considérer la diversité des systèmes de pensée, non pas comme un reste d’irrationalité dans un monde destiné à devenir uniforme, transparent et gérable, mais comme un support indispensable à l’institution de la raison, dans un monde destiné à demeurer divers et imprévisible".

Et c’est dans cet esprit qu’il ouvre ce matin sur la part indémontrable des sociétés, son « armature dogmatique », les systèmes de croyances, le fameux imaginaire collectif.

A l’orée d’une année d’élections, où les populistes battent campagne, où la mondialisation est vilipendée, où l’on redoute et l’ubérisation et l’influence plus ou moins réfléchie des réseaux (Facebook et Twitter ont été très critiqués pendant la campagne présidentielle américaine) et autres dérives numériques (les craintes de piratages, la protection des données personnelles...), le juriste remet bien des questions en perspective et retourne quelques idées reçues. Il met en garde contre un certain aveuglement, la déconnexion du réel.

En 2008, dans une note pour le think tank, Notre Europe, il avertissait déjà :

"On aurait tort de ne pas prendre au sérieux ce que les dirigeants chinois appellent aujourd’hui « l’économie communiste de marché », car elle éclaire le cours pris par la globalisation. Nos notions de communisme, d’économie de marché ou de démocratie ne nous permettent en effet ni de comprendre la singularité des voies empruntées aujourd’hui par la Russie ou la Chine, ni de voir en quoi ces pays sont à l’avant-garde de tendances plus générales du nouveau capitalisme mondial. Elles ne sont pas davantage en mesure d’éclairer le "déficit démocratique" de l’Europe, ni l’effacement dans les pays occidentaux du politique au profit de la "gouvernance" à base d’indicateurs chiffrés et autres techniques de benchmarking."

Nous voici au cœur des enjeux, et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours d’ouverture d’Alain Supiot le 31 janvier 2013, à sa série, « Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres »

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