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vendredi 1 novembre 2019

Freud, de l’autre côté du divan | France culture 31/10/2019



Derrière le psychanalyste, quel scientifique était Sigmund Freud ? Médecine, biologie, neurologie, quels ont été les divers travaux de Freud dans la première partie de sa carrière ? De la neuropathologie, comment s’est il intéressé à la psychiatrie et ses troubles ?

En partant de la neuropathologie,
comment Freud s’est-il intéressé à la psychiatrie ?

Il y a des noms qui font frémir les amateurs de science, parfois pour de très mauvaises raisons. 

C’est le cas de Sigmund Freud, dont la théorie psychanalytique est considérée par les poppériens comme une pseudo-science, impossible à vérifier ou réfuter expérimentalement. 

Mais c’est oublier un peu vite qu’avant cette théorie, FREUD a eu une longue carrière de neurobiologiste et de psychiatre, qu’il a notamment travaillé sur les paralysies et l’hystérie auprès de Charcot, et que ses travaux lui ont valu le fait d’être proposé 12 fois au Prix Nobel de Médecine. C’est de ce Freud-ci dont nous allons aujourd’hui vous parler.

Freud, de l’autre côté du divan : c’est le programme préanalytique qui est le nôtre pour l’heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.

Et pour évoquer ces contributions scientifiques et comment elles débouchèrent, in fine, à la formalisation de la psychanalyse, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Laura Bossi, neurologue et historienne des sciences au laboratoire SPHERE de l’Université Paris-Diderot et Andreas Mayer, historien et sociologue, directeur de recherche CNRS affilié au centre Alexandre Koyré à l’EHESS.

Le reportage du jour

Freud sera marqué par les travaux du neurologue Jean-Martin Charcot. Lors d’un séjour à Paris, il fait un stage à l’Ecole de la Salpêtrière entre octobre 1885 et février 1886 et assiste aux leçons du mardi données par ce grand savant sur l’étude et le traitement de l’hystérie. Reportage à la bibliothèque Charcot, sur le site de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, avec le conservateur en charge de ces collections Florian Horrein. Par Céline Loozen :

Les repères
  • Sigismund Freud, de son vrai nom, est né le 6 mai 1856, à Freiberg en Moravie (actuelle république Tchèque), dans l’Empire austro-hongrois. Après un parcours scolaire brillant, il s’engage à l’université de Vienne dans un cursus de médecine, d’où il sort diplômé à l’âge de 25 ans.
  • Il entame ensuite plusieurs séjours de formations scientifiques auprès de grands médecins savants entre Trieste, Paris et Berlin pour étudier la biologie, la zoologie, la physiologie et la neuropathologie. Dans cette période, il fera des rencontres déterminantes pour la suite de sa carrière, notamment le médecin autrichien Josef Breuer, qui vont guider son approche “scientiste” et matérialiste du vivant.
  • Après un stage marquant auprès du neurologue Jean-Martin Charcot à l’Ecole de la Salpêtrière de Paris, il découvre les méthode d’hypnose pour traiter l’hystérie à travers des leçons spectaculaires et publiques. Il revient à Vienne début 1886 pour étudier le système nerveux, et se spécialiser en neuropathologie. Il va étudier de nombreux patients à l’hôpital de Vienne et approfondir l’examen clinique de cas multiples de paralysies. Il va en parallèle développer des méthodes d’observation histologiques.
  • Ses travaux en neurologie lui feront gagner en notoriété dont il a besoin. Après avoir épousé Martha Bernays, une fille de commerçant, il doit subvenir aux besoin de son foyer et de ses six enfants. Le besoin d’ouvrir un cabinet et de se doter d’une bonne clientèle sera source d’ennui car le détourne de son activité primordiale : la recherche médicale. Cela ne l’empêchera pas de publier des travaux nombreux en neurologie et la neuropharmacologie, comme l’étude des effets dopants et anesthésiants de la cocaïne.
  • Progressivement, et avec ses proches collaborateurs, il va s’intéresser à l’hystérie et l’étude de ses causes. A l’époque, l’étiologie concernant ces troubles psychiatriques est divisée. Il va se pencher sur le cas qui deviendra célèbre d’Anna O, avec l’hypnose et la méthode cathartique développée par Breuer. Ensemble, ils publient Etudes sur l’hystérie, qui deviendra une référence pour la communauté. Puis, suivant son anti-dogmatisme naturel, il va se détacher de ces méthodes pour instaurer lui-même une nouvelle approche : le transfert et la cure psychanalytique. La psychanalyse, qu’il invente, vers 1896, repose sur la recherche des souvenirs archaïques en lien avec les symptômes, via la libre association des idées. Il rompt ainsi avec toute tradition médicale et les idées de ses collaborateurs.

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