Rechercher dans ce blog ? Entrez vos mots-clés !

vendredi 1 novembre 2019

Des livres aux ordinateurs, où stocker nos souvenirs ? | France culture 19/02/2019



Aujourd'hui, on regorge de moyens à notre disposition pour conserver les informations, les souvenirs : photographie, livre, film, cloud, disque dur... Au vu de cette époque hypermnésique, est-il encore possible d’oublier ?

Où stocker nos souvenirs ?
L'invité du jour :

Michel Lagües, physicien, spécialiste des matériaux

L'oubli est essentiel

"Que va-t-on faire de toute cette mémoire dont on dispose aujourd'hui ? On n’a pas de réponse… 

Si ça se trouve dans le cerveau d’une seule personne, ce qui est rare dans le cas des hypermnésiques, ça doit être abominable.
  
Il est essentiel de pouvoir oublier, le sommeil est l’un des lieux où le cerveau trie ses souvenirs de façon extrêmement mystérieuse…" Michel Lagües

Les mémoires externes débordent

"Nous avons depuis l’aube de l’humanité, peut-être avant, comme tous les mammifères une mémoire cérébrale qui s’est développée de façon considérable et qui a acquis essentiellement la possibilité d’une pensée récursive qui nous permet d’échafauder des scénarios, des récits, de nous observer nous-mêmes et observer l’univers. Nous avons accumulé des quantités d’informations bien avant d’inventer et d’avoir ces mémoires externes. Aujourd’hui, ces mémoires externes, qui ont démarré avec l’écriture, débordent. Elles ne coûtent pas grand-chose et au contraire, rapportent toute la croissance de notre civilisation industrielle, et il est essentiel de les développer mais sans savoir à quoi elles vont servir… En terminant d'écrire "L'invention de la mémoire", je me suis aperçu que nous arrivions à une transformation radicale, inévitable de notre monde, du point de vue de la mémoire." Michel Lagües

Mémoires envahissantes

"Aujourd’hui cet emballement du savoir par lui-même, de l’innovation par elle-même, nous conduit à des extrémités non contrôlables dans la technique et notamment dans la technique des mémoires… Mémoire est un terme ambigu : notre mémoire humaine est un mécanisme complexe qui n’a rien à voir avec ce qu’on appelle mémoire technologique, un récipient d’informations. Les mémoires technologiques enregistrent des données, des mesures, qui n’ont pas de sens pour ces machines mais qui sont pour nous un reflet partiel de la réalité. Il y a à priori opposition entre ces deux types de mémoires. Les mémoires mécaniques qui sont si différentes de nous vont tout de même nous envahir et ont déjà commencé à le faire, elles sont si puissantes et si aidantes dans de très nombreuses situations qu’on les a accueillies, qu’on les garde dans notre poche, on ne peut plus s’en passer." Michel Lagües

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire