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vendredi 29 novembre 2019

Dans un monde inégal, qu’avons-nous en commun ? : Le grand retour de l’héritage | France culture 20/11/2018



Nous proposons cette semaine une double réflexion sur la croissance des inégalités, observée partout dans le monde et de plus en plus durement ressentie, et une issue possible par un meilleur partage des Biens Communs. Ce soir, avec Nicolas Frémeaux, économiste à l’Université Paris 2.

À Sainte-Engrace (Pyrénées-Atlantiques), 1980
Au XIXe siècle, l’héritage représentait 90% du patrimoine privé des Français. 

Ce pourcentage avait largement baissé au XXe siècle mais voici que depuis la fin des années 70, il ne cesse d’augmenter à nouveau pour atteindre aujourd’hui près de 60%. Bien au-dessus de l’épargne venue des revenus du travail. Un facteur d’inégalité important pour la société et un sujet méconnu, rétif aux réformes et très sensible parce qu’il touche à la famille et à ses valeurs. 

Nous sommes en compagnie de Nicolas Frémeaux, conseiller scientifique à France Stratégie.

"En France, on n’a pas été aussi riches depuis très longtemps. (…) Le problème c’est, d’une, qu’il ne profite pas à tout le monde, et de deux, qu’il vient surtout de l’héritage. On peut décomposer le patrimoine en une partie héritée, en cumulant toutes les donations, les héritages, (…), et de l’autre côté ce qui est épargné par les individus. Et aujourd’hui, le patrimoine hérité représente à peu près les deux tiers du patrimoine total : (…) le côté hérité devient de plus en plus important, et en ce sens, nous sommes de retour à une société d’héritiers. Pas au niveau du XIXe siècle, mais on peut y revenir assez rapidement. (Nicolas Frémeaux)"

"L’impopularité de l’impôt sur l’héritage est très forte même chez ceux qui n’héritent pas. Ce ne sont pas seulement les plus riches, qui seraient touchés par l’impôt, qui le rejettent. (…) Même les gens qui n’ont rien reçu et qui prévoient de ne rien léguer sont hostiles à l’impôt, et l’importance de la famille est probablement l’une des explications les plus fortes. (Nicolas Frémeaux)"

"Beaucoup de travaux montrent que les héritiers arrêtent de travailler beaucoup plus tôt dans leur vie (…), et n’investissent pas forcément dans des actions, et l’on sait aussi qu’une donation aide souvent à acheter des biens immobiliers, notamment dans des villes assez chères. Donc en regardant les comportements des héritiers, on constate que pour améliorer l’efficacité et éviter que les personnes n’arrêtent de travailler, il peut être intéressant de renforcer la taxation. (Nicolas Frémeaux)"

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