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mardi 19 novembre 2019

Beauté, par A D | Aumentation de Salaire AP7D 18 novembre 2019

Tombeau de la Malibran
Cimetière de Laeken 

Beauté, génie, amour furent son nom de femme, 
Ecrit dans son regard, dans son cœur, dans sa voix. 
Sous trois formes au ciel appartenait cette âme. 
Pleurez, terre ! Et vous, cieux, accueillez-la trois fois. 

TV, et vous tous mes FF:. et SS:., si j’ai choisi en préliminaire ce quatrain que Lamartine a dédié à la cantatrice Maria Malibran, et qui est gravé devant sa tombe au cimetière de Laeken, c’est parce qu’il m’a subjugué dès que je l’ai enregistré pour un film sur La Malibran auquel je participais dans les années ’80. 

Ai-je été touché par sa beauté ? C’est le moins qu’on puisse dire. Et son premier mot est précisément “Beauté”, le sujet que j’ai choisi d’aborder devant vous ce midi.
Depuis que vous m’avez reçu, accueilli dans cette loge, j’ai dû revisiter la signification que je donnais à certains concepts dans la seule dimension profane.
Le pavé mosaïque m’a rapidement interpellé car j’y voyais un parallèle avec la dualité Yin / Yang du taoïsme, et c’est ainsi que j’y ai consacré mon premier travail.

Qu’est-ce qui m’a poussé à choisir la beauté comme thème de ce second travail ?

Flashback : en fin de rhéto, comme sujet à présenter à ce qu’on appelait alors “l’examen de maturité”, j’avais choisi de développer, en mathématiques, la notion d’harmonie dans le domaine de la musique, et les compromis qu’on est obligé de faire avec l’harmonie pure, dans la construction des différents systèmes de gammes. Le fait de me rendre compte que, en étant initié aux rapports algébriques qui régissent des phénomènes physiques et physiologiques, j’accédais à une connaissance plus profonde, plus intime des choses, a provoqué une émotion que je crois pouvoir associer à une forme de perception du beau. C’est une émotion du même ordre qui m’a touché lorsque, plus tard, j’ai découvert le nombre d’or et la section dorée, connue et pratiquée depuis l’antiquité, qui permet de générer des figures géométriques emblématiques de la beauté, comme les rectangles d’or, les triangles d’or (qui se cachent d’ailleurs dans l’étoile flamboyante), la spirale d’or dont la Nature même s’inspire, et qui découle de la suite de Fibonacci, mathématicien du 13e S. En tant que compagnon, je trouve que cette beauté géométrique s’enrichit d’une valeur symbolique, puisque c’est le chiffre 5 qui véritablement, donne la clé du nombre d’or, et gouverne la construction du pentagone régulier, matrice de notre étoile flamboyante.

Si j’ai choisi ce sujet – la beauté – c’est aussi parce que, de ces trois termes par lesquels on désigne les piliers de la FM : Force – Sagesse – Beauté, c’est celui avec lequel j’ai le plus d’affinités de par mon activité artistique, domaine où il est omniprésent, bien que paradoxalement, son sens n’en soit pas toujours évident à cerner.

En tout cas, ce n’est pas le catéchisme suranné que j’ai lu qui m’a permis d’affiner mon approche, puisqu’on y définit laconiquement : “Sagesse pour inventer, Force pour exécuter, et Beauté pour orner.” C’est un peu court ! C’est comme dire à Cyrano que son nez est … grand … Mais encore ? On pourrait dire, par exemple tenez, que le rituel est un facteur de beauté de nos Tenues, auquel contribue, bien entendu, la Col:. Har:. . Sur ce point, je ne peux qu’acquiescer, puisqu’en l’occurrence, je m’y attache, autant que faire se peut, et que c’est aussi le fait d’occuper cette fonction qui m’a poussé à creuser le sujet. Utiliser de la musique, cet art du temps, pour accompagner un rituel qui a ses propres contraintes temporelles, n’a pas été pour moi de toute évidence. Pour arriver à ce qu’elle contribue favorablement au climat ambiant, sans pour autant être écoutée comme telle, donc sans déranger, j’essaie de la concevoir comme un élément sonore agissant de manière quasi subliminale sur la perception du rituel, un peu à la manière d’une musique de film.

Mais en fait, cet élément censé apporter de la beauté n’est-il pas qu’un ingrédient cosmétique relativement accessoire à la recherche de Beauté qui anime notre travail maçonnique ? Car j’ai l’impression que, parmi ces trois piliers, la beauté pourrait même avoir un statut privilégié, elle serait comme une sorte de catalyseur qui lierait la sauce entre les deux autres. C’est en tout cas l’interprétation que j’en ai faite lorsque j’ai entendu ici-même notre F:. Luc Verschaffel conclure sa planche “Verticalité de la spiritualité, horizontalité de la fraternité : un équilibre maçonnique” par ces mots : “Continuons à créer du beau avec force et sagesse, et sortons le partager”.
Créer du beau, voilà qui donne effectivement du sens à notre travail de construction du Temple, au-delà du simple décor, de la seule beauté apparente des choses.
Et ‘sortons le partager’, nous rappelle notre engagement à faire rayonner la Lumière hors du Temple, et correspond à ma conviction que la FM peut agir comme le levain dans la pâte sociétale, pour l’enrichir et la faire lever.

J’entrevois même l’idée que la beauté pourrait être vue comme une finalité à nos travaux, quand je lis ce que Patrick Cauwert, grand orateur du GOB, écrit en conclusion de son rapport moral 6018 : (je le cite :)“ Notre travail en loge doit nous donner la Force de rayonner avec Sagesse pour faire en sorte que la Beauté illumine la société tout entière. ”
Défi que nous ne relèverons pas d’un claquement de doigt, défi forcément utopique notamment si on pense à l’universalisme revendiqué de nos valeurs, et qui m’amène à ouvrir cette parenthèse : Au Japon, j’ai remarqué que, contrairement à nous qui braquons des spots sur nos belles choses comme pour dire ‘Regardez comme c’est beau !’, les japonais vont placer leur plus précieux vase, garni d’une branche sinueuse parée de fleurs délicates, sous une splendide gravure, cet ensemble (ikebana et kakemono) étant placé dans un recoin plutôt sombre du tokonoma (un ‘lieu vide’). Ici la beauté des choses n’est pas ‘montrée’, mais elle s’offre au regard de celui qui la remarquera, s’en approchera, l’appréciera. Cette vision de l’esthétique japonaise est développée dans l’ouvrage célèbre de Tanizaki Junochirô, intitulé ‘Eloge de l’ombre’.

Cette approche est tellement diamétralement opposée à notre attitude coutumière, que j’en déduis cette évidence : la notion de beauté est avant tout un phénomène culturel, d’où le fossé qu’il y a parfois entre ce qui est considéré comme beau ici ou là, hier ou aujourd’hui. Une troisième source de ma motivation est, plus simplement, le questionnement qui est souvent le mien, lorsque dans une exposition, je suis parfois sceptique sur la qualité ou la valeur esthétique de certaines œuvres qui ne me ‘parlent’ pas, ou qu’au contraire, je sens mes poils se dresser ou même les larmes me venir en écoutant certaines musiques. Certes, de nos 5 sens, les stimuli nous permettant de juger de la beauté des choses nous viennent essentiellement de la vue et de l’ouïe, tandis que nos perceptions liées aux 3 autres sens: le toucher, le goût, l’odorat, n’interviennent que peu, voire pas du tout, dans notre appréciation de la beauté en général. Il n’y a que Salvador Dali pour affirmer le contraire : « La beauté sera comestible ou ne sera pas » …

Mais donc le sensoriel à lui seul n’explique pas tout, il doit y avoir autre chose, une troisième voie que j’ai trouvé passionnante à explorer, guidé par la lumière encore vacillante de mon étoile flamboyante.

Et d’abord, ça veut dire quoi, la Beauté ? ça a l’air facile, comme ça, puisqu’on utilise ce mot à tout bout ce champ. Mais à force d'être employé de façon parfois excessive et dans des contextes les plus variés, il en devient une sorte de mot fourre-tout, vidé de son sens, et qui sonne creux.
Bref, chacun peut lui faire dire ce qu'il veut.

Pour qualifier quelque chose de beau, les anciens grecs utilisaient le mot “Kalon”, qui ne désigne pas seulement la beauté esthétique, mais plus largement tout ce dont on estime la valeur et l’excellence.

Chercher à définir le beau va donc plus loin que de questionner sa nature, c'est aussi s’interroger sur les critères qui font qu’une chose que l’on dit belle, estimable et excellente, est jugée comme telle.
Lamartine, cité en préliminaire, évoque la figure d’une femme : c’est là certainement l’association la plus triviale. Tout comme l’inconscient collectif (‘Miroir, mon beau miroir, suis-je toujours la plus belle’), la littérature regorge d’allusions à la beauté féminine, mais pas toujours en termes flatteurs : Notre F:. Rabelais nous lance : « C'est grande pitié quand beauté manque à cul de bonne volonté ».

La beauté féminine s’est appréciée, de tous temps, à l’aune de canons qui n’ont cessé d’évoluer selon les époques. Les femmes chez Rubens n’ont rien de comparable à celles de Giacometti, ce qui n’empêche pas la beauté d’être au rendez-vous lorsqu’il y a une cohérence stylistique dans un époque donnée.

Quant à la beauté masculine, ses paradigmes de l’Antiquité, où c’est avant tout la force qui était mise à l’honneur, ont aussi beaucoup évolué, puisqu’à notre époque, on s’autorise à montrer que la fragilité ou la douceur peuvent aussi être des valeurs positives. Je pense en particulier aux sculpteurs que l’on accusait, sous le régime nazi, de faire de l’art dégénéré. Il y aurait beaucoup à dire sur la beauté qui est souvent attribuée aux symboles de certaines idéologies, comme moyen de soumission de la pensée aux idéaux de ces régimes … Nous nous heurtons ici aux 1e difficultés à identifier objectivement la nature de la beauté.

En évoquant tout-à-l’heure l’harmonie en musique et en géométrie, j’ai soulevé un coin du voile qui est plus secret : il s’agit en fait d’une sorte d’ésotérisme du beau : la beauté est initialement cachée, elle ne se révèle que par la connaissance, par une initiation préalable. “Nul ne pénètre ici s’il n’est géomètre” pouvait-on lire, dit-on, à l’entrée de l’Académie de Platon.


Melencolia      Gravure d'Albrecht Dürer
The Metropolitan Museum of Art
J’ai trouvé une illustration intéressante de cette quête initiatique dans l’œuvre de Dürer que vous avez sous les yeux. C’est la gravure Melencolia qui date de 1514, donc plus de deux siècles avant les constitutions d’Anderson.

On y trouve un foisonnement d’objets à forte connotation symbolique, comme l’astre rayonnant, le polyèdre à 8 faces qui sont soit des triangles, soit des pentagones, et qu’on appelle ‘Solide de Dürer’, la balance (à l’équilibre), le sablier (à mi-course), le carré magique, le compas dans la main de l’ange, et j’en passe. 

Les outils éparpillés au sol évoquent bien entendu les initiations des tailleurs de pierre et des charpentiers. 

Un décryptage plus fouillé serait passionnant à faire, mais je crains que nous n’ayons pas le temps de nous y attarder ce midi. Notons quand même le plus important à mes yeux : c’est l’ange, figure principale de la composition, au sexe équivoque, et qui est vu comme une allégorie de la mélancolie et de la géométrie.

L’historien de l’art Patrick Doorly interprète cette gravure comme étant l'illustration de l'échec à définir la beauté, rappelant ainsi le dialogue de Platon entre Socrate et le sophiste Hippias. Bien que tous les arguments de Hippias soient réfutés par Socrate, leur débat n'est pas stérile pour autant, et je m’inspirerai de la méthode maïeutique de Socrate pour tenter de mieux cerner les concepts dont on parle.

Dèjà, si l’on se demande ce qui est nécessaire à la beauté, les avis divergent :
D’après Boileau : « L'or, même à la laideur, donne un teint de beauté ».
Et pour Baudelaire : « L'étrangeté est le condiment nécessaire de toute beauté ».

A ce jeu, le foisonnement de questions et de bonnes ou mauvaises réponses est tel, que je vais me restreindre à trois thématiques essentielles :

1. Que nous apporte la beauté ?

Un certain plaisir dont souvent, l’origine tient à la nouveauté, et la durée de vie, plutôt éphémère. 
Pessoa précise : « La beauté est le nom de quelque chose qui n'existe pas et que je donne aux choses en échange du plaisir qu'elles me donnent ».
La beauté n’existe pas ? Céline n’est pas d’accord : « La beauté on sait que ça meurt, et comme ça on sait que ça existe. » 
Et pour Kundera : « Avant de disparaître totalement du monde, la beauté existera encore quelques instants, mais par erreur. La beauté par erreur, c'est le dernier stade de l'histoire de la beauté ».

Si j’étais l’avocat du diable, je dirais que la beauté a ce privilège extraordinaire d’agir même sur ceux qui ne la constatent pas, qui se laissent impressionner par la puissance subliminale d’une sorte de beauté décrétée. Je l’ai évoqué en parlant des régimes totalitaires, mais on pourrait aussi se poser la question à propos, pour prendre un exemple caricatural, du cas de la Joconde.
C’est indéniablement un des sommets de la beauté reconnus en art. Pourtant elle n’est pas comme à l’origine : avec le vieillissement des pigments, ses couleurs actuelles sont beaucoup moins vives qu’à l’époque, donc nous ne la voyons pas comme elle était. Imposture d’une beauté décrétée, ou réelle beauté, peut-être même rehaussée par la patine du temps ? Et aussi : est-ce que tous ceux qui disent la vénérer sont vraiment sincères ?

2. Nature et Beauté : La Beauté est-elle dans la nature ?

Pour le botaniste Francis Hallé, le sommet de la beauté, comme perception esthétique, c’est la canopée; parce que c’est là qu’il y a le plus de vie(s), c’est là que la biodiversité est à son maximum. Il peut en parler car il l’a observé.
Le spectacle du cosmos et de la Nature en général nous impressionne par sa beauté.
Règnerait-elle donc partout, éventuellement sans avoir besoin d’observateur ?
Il était une fois, le Big Bang. Qu’est-ce ça a dû être beau !
Puis le cosmos, les nébuleuses, les galaxies : Qu’est-ce que c’est beau ! (du moins pour ce qu’on en voit …)
Dans la banlieue d’une de ces galaxies, une petite étoile avec 8 ou 9 planètes, dont la terre, totalement dépourvue de vie, mais placée par hasard, au bon endroit pour qu’elle se développe. Passons l’apparition des végétaux puis du règne animal: nous savons depuis Darwin que tout cela procède d’une évolution adaptative, sans finalité prédéterminée. J’en déduis que ce que nous trouvons ‘beau’, résulte certes d’une part de hasard, mais essentiellement de l’évaluation subjective que nous faisons du spectacle qui nous est offert.  C’est ainsi qu’une pierre naturelle, creusée, sculptée par des siècles d’intempéries, peut toutà-fait nous procurer des sensations esthétiques remarquables, voire dépasser en beauté une pierre taillée par la main de l’homme ! Les strates de mica qui rehaussent les veines d’un marbre ne parviennent-elles pas à nous faire rêver ? C’est en tout cas un concept bien présent dans l’esthétique chinoise, où l’on vénère de telles ‘pierres de rêve’.
En fait, plus je considère cette apparente contradiction, plus je me rends compte que cette beauté purement formelle n’est pas vraiment du même ordre que la beauté que nous évoquons en parlant de notre travail maçonnique. Dégrossir, tailler sa pierre brute et la polir, sont les étapes symboliques indispensables d’un travail sur nous-même, pour nous permettre de progresser, de nous mettre en état de participer avec nos FF à l’édification du Temple, et à faire rayonner universellement la Beauté.

3. Le dernier thème que je souhaite aborder, c’est celui de la beauté en art, qui me taraude presque journellement, de par mes activités en céramique, peinture ou gravure. Le fait que notre estimation de la beauté passe, au niveau sensitif, principalement par la vue et l’ouie, disons même mieux, le regard et l’écoute, c’est-à-dire des perceptions actives, explique probablement pourquoi l’expression de la beauté est souvent associée à la musique ou aux arts plastiques. 

Même si certains paradoxes subsistent : En musique, atteindre vraiment la beauté nécessite pour moi de réunir un grand nombre de facteurs favorables : Comment, en effet, éprouver pleinement la beauté d’une sonate de Beethoven si le pianiste est médiocre, si le piano est une casserole, si l’acoustique de la salle est merdique, si votre voisin tousse, si un avion passe,… ? C’est peut-être une déformation professionnelle, mais personnellement, ce sont des entraves perceptives qui me privent de la pleine jouissance, donc d’une part substantielle de la beauté. Mais paradoxalement il y a des êtres capables d’appréhender les choses autrement : le musicien ou le musicologue qui a la connaissance de la partition de Beethoven et la faculté d’en saisir la transcendance à sa seule lecture sur partition, pourra probablement faire abstraction d’un grand nombre de ‘défauts de transmission’ inhérents à toute interprétation, et être transporté par la construction de l’œuvre, dont il a la préscience. Certains iront même jusqu’à s’en tenir à la seule lecture, étant capables de se faire une image mentale de l’œuvre suffisamment satisfaisante à leurs yeux, à défaut de leurs oreilles. Et comme Beethoven est devenu sourd, il s’est retrouvé lui-même dans cette catégorie ...

Alors, un autre point : la beauté doit-elle faire consensus ? 

Debusssy, lorsqu’il a entendu pour la première fois un gamelan balinais, a eu la révélation de sa vie : toute son œuvre ultérieure est imprégnée des ‘distorsions’ de l’harmonie classique et des sonorités un peu ‘exotiques’ du gamelan. Il a su s’affranchir de l’académisme ambiant, et entendre autrement ce qu’avant lui on méprisait. 

Dans les arts plastiques, la beauté trouve une définition finalement assez simple, attribuée à Oscar Wilde : « La beauté est dans les yeux de celui qui regarde ».

Et si la recherche de beauté en art est un postulat dont j’avoue avoir moi-même du mal à me désolidariser, je ne peux pas occulter le fait qu’une autre posture est actuellement plus en vogue, moins dogmatique, et s’appuie sur les nouveaux paradigmes de l’art contemporain, qui réfute l’idée qu’il faille produire un art formaté, académique, unanimement reconnu comme beau. Au contraire, l’art actuel interpelle, invite chacun à instaurer une relation spirituelle et/ou émotionnelle particulière, privée, unique face à ses œuvres, et au risque de ne pas procurer l’exaltation de la beauté, revendique de poser des questions. Ces questions n’ont pas de réponse toute faite, chacun se fait sa propre réponse, pas forcément verbalisable. Je trouve assez interpellant, le parallèle entre cette attitude et celle que j’entends chez nous, en loge ou en séminaire, à propos de l’interprétation des symboles.

Pour ma part, ce que je crois pouvoir dire en conclusion, c’est que La beauté ne se décrète pas, elle se ressent, elle se vit.
En maçonnerie, j’ai le sentiment que nous avons, comme dans les arts, le choix entre une Beauté convenue et une Beauté qui interpelle : dans le premier cas, la Beauté serait figée, établie une fois pour toute, le monde n’aurait plus besoin de progresser.
Au contraire, la Beauté doit être source de vie, le moteur qui nous met en action pour rendre vraiment notre humanité un peu meilleure …

Voilà, mes TTCCFFSS, beaucoup de questions restent sans réponse définitive ce midi, mais j’ai vraiment été heureux de partager avec vous ces réflexions, que je n’aurais probablement pas pu aborder avec autant d’enthousiasme il y a deux ans et demi. Nietzsche avait cette formule : “Deviens ce que tu es”.
Eh bien je crois pouvoir dire que c’est aussi grâce à vous que j’ai pu faire ce bout de chemin vers ce que je crois être.

J’ai dit, TV              A D

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