RECHERCHER DANS CE BLOG

vendredi 4 octobre 2019

∆∆∆ L'action des banques centrales et la vie des étoiles massives..., par L A, investisseur et ingénieur de formation | AP7∆ Libre d'en rire ?

L'action des banques centrales, depuis le début des années 80 jusqu'à aujourd'hui peut se comparer à la vie d'une étoile massive, qui brûle par fusion nucléaire son énergie de plus en plus vite, avec des sources d'énergie qui durent de moins en moins longtemps jusqu'à son implosion finale en supernovae. La fusion de l'hydrogène d'une étoile de 25 masses solaires dure 7 millions d'années, celle de l'hélium 500 000 ans, puis il faut seulement 200 ans pour fusionner tout le carbone du coeur stellaire, et un seul jour pour le stade final qui est la fusion du silicium en fer dans le coeur de l'étoile.

L'action d'une banque centrale utilise aussi des réserves de "carburant" pour relancer artificiellement les économies.

Le premier stade de l'action des banques centrales est le plus long et le plus efficace pour obtenir le résultat recherché (la relance) : 

Dans ce premier stade, les banques centrales se contentent de baisser les taux à chaque récession ou ralentissement économique, pour inciter les acteurs économiques à s'endetter plus, ce qui permet à la croissance de repartir. Malheureusement cette relance va consommer du "carburant" à chaque relance, la capacité d'endettement du système n'étant pas illimitée : A chaque cycle de relance économique, la banque centrale relève ses taux pour reconstituer ses marges de manoeuvre, mais elle les relève de moins en moins haut à chaque nouveau cycle, jusqu'à épuisement de sa marge de manoeuvre.
On peut considérer qu'aux USA et en Europe, ce stade (celui de la "fusion de l'hydrogène" de notre étoile) est terminé depuis 2008-2009, et quelques années auparavant au Japon : Les banques centrales ont été incapables de relever leur taux tout au long du cycle de croissance qui a débuté en 2009 (le dernier relèvement de la FED étant purement symbolique).


Le second stade (la "fusion de l'hélium" de notre étoile) est celui du quantitative easing :

A ce stade, n'ayant plus de marge de manoeuvre avec la baisse des taux, les banques centrales vont acheter directement des obligations d'état en augmentant la taille de leur bilan, pour forcer les taux longs à baisser et injecter des liquidités dans le système. Nous sommes entrés dans ce stade en 2008-2009, et malheureusement, contrairement au précédent stade qui a duré plus de 25 ans, ce second stade est déjà en train de s'achever aujourd'hui, 6 à 7 ans après son lancement.
En effet, tous les taux des obligations d'état (jusqu'à 10 ans au moins) sont maintenant proches de 0, et les taux négatifs ne pourront pas aller bien loin (un taux fortement négatif inciterait les opérateurs à retirer leur argent du système bancaire et financier).


Le troisième stade, qui a commencé au Japon avec les achats directs par la banque centrale d'actions de l'indice Nikkei et par les achats de la BCE d'obligations d'entreprise est celui du quantitative easing élargi.

Ce sont les derniers instants de la vie de notre "étoile", où elle brûle l'oxygène puis le silicium : Cette fois la banque centrale va tenter de pousser directement à la hausse le prix des actifs pour créer chez les épargnants un sentiment de richesse (virtuel tant qu'ils n'ont pas vendu leurs actions) qui les incitera à consommer et à dépenser. L'ennui est que ce stade ne pourra pas fonctionner longtemps... La banque du Japon possède déjà 60% des trackers actions du marché japonais, et deviendra prochainement le premier actionnaire de 55 des plus grosses sociétés du nikkei ! (lire cet article de Bloomberg). Quand elle aura acheté toute la fraction liquide du marché, le jeu prendra fin, et le troisième stade aussi. Ce qui risque de se produire très vite, dans quelques années tout au plus.

Nous entrerons alors dans le dernier stade, celui où notre étoile accumule du fer dans son noyau, dont la fusion consomme de l'énergie au lieu d'en produire, ce qui aboutit à son implosion.

L'entrée dans ce dernier stade commencera par une phase de déflation, avec une baisse de tous les actifs et une nouvelle récession, contre laquelle les banques centrales seront démunies, ayant épuisé toutes leurs marges de manoeuvre. Elle sera bien plus violente qu'en 2009, parce que cette fois les banques centrales et les états perdront toute leur crédibilité auprès des autres acteurs du système économique.


Elles tenteront alors sans doute, avec les états, des manoeuvres désespérées (la "fusion du fer"), dont la mise en oeuvre ne fera qu'augmenter la panique des opérateurs : 

- La mise en place de taux fortement négatifs, qui revient à imposer massivement les épargnants... ce qui ne fera que détruire un peu plus leur confiance et leur envie de consommer.

- Ou bien au contraire une distribution gratuite massive d'argent aux ménages (sorte de "revenu universel" dévoyé, financé uniquement par la planche à billets). Cette fois c'est la valeur de la monnaie papier qui s'effondrera et provoquera une crise hyperinflationniste (qui est la façon probable par laquelle les compteurs seront "remis à zéro" après la phase déflationniste).

Le guide gratuit des théories économiques

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire