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samedi 12 octobre 2019

Adorno, mort d’un anti-moderne | France culture 01/10/2019



Qui était Theodor W. Adorno, mort en 1969 en Allemagne pendant la période des contestations étudiantes, et dont la pensée entendait changer le monde en critiquant sa fausseté ? 
Comment distinguait-t-il art et culture ? 
Que reprochait-t-il à la musique populaire, et en particulier au jazz ?

Theodor W. Adorno est né le 11 septembre 1903 à Francfort.

Partagé entre sa passion pour la musique et sa vocation de philosophe, il devient l'un des grands théoriciens esthétiques de son temps et l'un des fondateurs de l'Ecole de Francfort.

Considéré aujourd'hui comme le pionnier de la contre-culture, Adorno meurt en 1969 après avoir construit une oeuvre philosophique sans concession...

L'invitée du jour :
Agnès Gayraud, normalienne, agrégée et docteure en philosophie, professeure d'esthétique à la Villa Arson à Nice, auteure-compositrice et interprète du projet musical La Féline

La culture, un fatras de tromperies

La pensée d’Adorno est concentrée sur la question de la culture, pour lui, un amas de médiations, de tromperies. L’énigme qui est au cœur de sa critique de la culture c’est ce fait de se rendre compte que la culture c’est donc ce fatras de tromperies, et se poser cette question : pourquoi aime-t-on tomber dans le panneau ? La culture, c’est la manière dont la société se représente elle-même, et toutes les formes sédimentées qui montrent ces représentations a d’elle-même, une sorte de croûte sur le monde, une épaisseur qu’il faudrait gratter, mais sous laquelle il n’y a rien.    
Agnès Gayraud

La critique, un mode de pensée

La critique est le mode de pensée d’Adorno. Kant est le premier moderne à avoir utilisé le terme de critique, la pensée critique est la pensée post-métaphysique, c’est une pensée qui dénonce le fait de prouver l’existence de Dieu par la philosophie, il faut se référer à ce qui est manifeste, ça ne veut pas dire que c’est quelque chose de vrai mais ce qui se manifeste justement c’est la culture, cet encrassement du monde et des choses à la fois par l’histoire, le discours, les bavardages, les représentations, et la critique vient gratter, tenter de dissoudre ce qui s’est sédimenté, faire apparaître que sous une évidence se cache des contradictions.    
Agnès Gayraud

La négativité comme outil critique

Adorno n’est pas un penseur pessimiste, il utilise la négativité comme outil critique et rhétorique. Dans un de ses textes, il défend l’idée d’exagération que la pensée doit utiliser comme une méthode, enfoncer le clou jusqu’à l’absurde pour que quelque chose bouge, faire craquer le vernis. Il ne s’agit donc pas de négativité comme projet, mais comme ruse, technique de survie dans un contexte si négatif que seule la négativité peut le faire exploser.   
Agnès Gayraud

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