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samedi 13 juillet 2019

Trois petites histoires de maçons... | Planche F:. JP Du 06/01/2015 (restricted access)

En ce temps-là… un petit garçon, devant sa table couverte de jouets et de livres, vit dans son monde des histoires qui lui appartiennent; je ne connais pas son âge, il est là, à attendre des temps meilleurs, perdu dans ses contemplations. 

Mais que contemple-t-il ? les personnages de ses livres d’enfant qui bougent, qui parlent et qui se taisent, quand lui, il pose une question. Les personnages qu’il aurait voulu vivants, il les anime dans ses jeunes pensées, les colorie dans sa tête… parce que , en ce temps là , les livres étaient en noir & blanc. Il n’espère rien. Il reproduit ce qu’il a vu… il n’a pas besoin des autres enfants… tous ses personnages vivent avec lui.

Ses livres lui parlent des temps anciens et de son temps à lui, celui de ses jours de petit garçon. Le monde lui paraît bien étrange, beau et inquiétant.
Les livres et les adultes discutent beaucoup de la guerre… c’était affreux, entendait-il… Bien sûr, il voyait les maisons bombardées mais n’en comprenait pas la raison… Pourquoi avait-on brisé ce que des hommes avaient construit ? Pourquoi, ces images horribles dans les livres ? Pourquoi d’autres enfants n’avaient-ils plus de parents ?

Des guerres, il en voyait sur des images mais c’était durant la préhistoire, dans le monde antique ou au moyen âge… les hommes n’étaient pas très civilisés durant ces époques… mais maintenant, au 20è siècle, l’homme avait du progresser, avait fait d’importantes découvertes scientifiques ;
il était près de partir dans l’espace...Tintin l’avait déjà fait, d’ailleurs. Alors, cela continuerait-il donc indéfiniment ?

Le monde est triste et pourtant, il s’y sent bien mais ne sait pas pourquoi… en fait, il ne comprend rien. Le père Noël, lui, il l’aime… mais, il a toujours su qu’il n’existait pas. Dans le fond, il préférait tout ce qui n’existait pas ! Il y avait la guerre partout, en Indochine, en Algérie… Il y avait des soldats, pas des petits soldats en plomb mais des hommes qui tuaient au nom de choses qu’il ne comprenait pas, des hommes qui tuaient, loin de chez eux, des gens qu’ils ne connaissaient pas… cela s’était d’ailleurs passé, ici, il n’y avait pas très longtemps, dans la rue d’en face … pourquoi demandait-il ? Et il n’y avait pas de réponse… chacun avait ses raisons… de ne pas répondre, les grandes personnes n’aimaient pas parler de ces événements… la peur des mots qui ravivait trop les images sans doute !
Et lui se disait que plus tard, il ne ferait pas la guerre, il ne tuerait pas quand on lui dirait que dans ce cas, c’est bien de tuer ! Il savait que tuer n’est jamais bien !
L’intuition peut-être ? Mais il ignorait ce que signifiait INTUITION… Comme je vous l’ai déjà dit, il ignorait presque tout.
Il aimait aller à l’école communale ; son maître disait que l’Europe se reconstruisait… A quoi ça sert, se demandait-il, si c’est pour la détruire dans quelques années, un travail parfaitement inutile !
Mais l’école avait quand même de bons côtés,… surtout, en été, quand on allait s’asseoir dans le verger qui fleurait si bon… c’est là qu’il a découvert la beauté d’ailleurs, il ne l’oubliera jamais. En hiver, par contre, ce n’était plus si bien… on sortait de la guerre,… les grandes personnes qui avaient manqué de lait pendant l’occupation obligeaient des petits garçons qui n’avaient manqué de rien puisque nés après la guerre, à boire ce curieux liquide, répercutant ainsi sur les enfants leurs propres problèmes de guerre. Le lait a été le responsable de cette importante découverte : l’incompréhension…
C’est vers cette époque qu’il décida donc que non seulement, il ne ferait jamais la guerre, mais aussi, qu’il ne boirait plus jamais de lait… pourtant la Raison voulait qu’il boive du lait, c’était bon pour sa santé ! La Raison… voilà donc le problème… il venait de rencontrer la Raison. Cette raison allait lui contrarier toute sa vie et devenir sa principale ennemie. Chaque fois qu’il découvrirait une nouvelle envie, « Elle » allait contrarier ses projets, mettre des entraves à sa liberté. On lui répétait « sois donc raisonnable » à lui qui ne pouvait concevoir le sens de ce mot ! Il allait donc « faire semblant ». Il vivrait à côté des autres, pas avec eux. 
Il adorait les chiens, il leur parlait,… avec ceux-ci , on ne faisait pas semblant,… il découvrait la bonté à travers la caresse et la chaleur de l’animal… pourquoi faisait-on une distinction entre l’homme et l’animal ? Mais le rire est le propre de l’homme, lui disait-on… les idiots… celui qui n’a jamais vu un chien rire ne peut comprendre la liberté… Il sera toujours dominé par les ordres de la bonne conscience raisonnable qui lui gâcheront toujours la voie du plaisir… prenez-y attention, VM, les chiens rient aussi… mais uniquement de bonheur… ils ne se moquent jamais, ils partagent simplement leurs sentiments…

Le petit garçon devait avoir une douzaine d’années lorsqu’il rencontra la mort, oh pas d’un proche… mais la mort d’un voisin sans importance, un vieux, très vieux… qui racontait des histoires d’un autre temps. La chouette avait, d’ailleurs la veille, poussé son cri dans le quartier, elle était venue l’accompagner dans son voyage…  C’est quoi la mort ? – Il est parti au ciel, lui répondait-on… et il regardait le ciel et ne voyait que des nuages… Les adultes disaient vraiment n’importe quoi… il regarderait encore longtemps le ciel et n’y verrait jamais rien. « Sois raisonnable », ils disaient… Ils lui auraient dit « il est parti à Houdeng ou plus loin », il l’aurait admis mais au ciel ! Les adultes sont stupides… il décida alors de ne jamais devenir adulte… Le voisin était parti loin dans les champs, derrière la maison, il le rencontrerait un jour et rirait bien avec lui des stupidités qu’on lui racontait… Il paraît que le petit garçon l’a d’ailleurs rencontré… mais ce n’est pas mon problème de narrateur VM ! A la Fête des Morts, il allait bien sûr, manu militari, au cimetière, voir ceux sous les pierres qui étaient au ciel… il ne serait jamais très fort en sciences, le petit garçon… il est vrai qu’avec un bagage pareil ! Il aimait cependant beaucoup les fleurs du cimetière, c’était la fête de ceux qui pleuraient en regardant par terre ceux qui étaient au ciel… « Sois raisonnable » ils disaient… Lui, il riait.
Quand il sera grand, se disait le petit garçon, il n’ira plus au cimetière, il n’y a personne dans les cimetières, il n’y a que des fleurs et elles sont plus jolies dans les champs !

La mort… tout le monde doit mourir… oui… mais pourquoi ? Et il demandait : pourquoi ? Et on ne lui répondait pas… La Raison n’expliquait donc pas la mort, elle expliquait la naissance… mais pas la mort… étrange ! Il se rendra compte, plus tard, que personne ne peut donner d’explication ! 

Il lira dans Anthony Burgess :
« La mort. L'horreur absolue de la non-existence. La mort ne rentre dans aucun schéma. Il n'y a pas d'explication à la mort. Elle entre, elle vous arrête au milieu d'une phrase : "Non, c'est fini" et claque la porte. »

A quoi tout cela rimait-il ? Et il regardait le ciel, les larmes aux yeux…
Il aimait aussi beaucoup les champs de blé et leur odeur inoubliable, il n’aimait pas les champs de maïs mais ne savait pas pourquoi.
On aimait une chose et pas l’autre sans raison… toujours sans raison… les champs de maïs ne lui avaient rien fait mais il n’aimait pas les champs de maïs, c’était ainsi.
Il adorait la pluie et la rivière qui faisait de drôles de bruits, la terre chaude de l’été et celle, craquelée de l’hiver, l’air frais du matin et l’air chaud des soirées d’août et le feu aussi, pas le feu prisonnier mais le feu qui brûlait dans le jardin ou sur la place du village à la St Jean de juin…
Pourquoi aimait-il l’air, l’eau, la terre et le feu ? Allez savoir ! Il était si jeune !
Il aimait aussi beaucoup les fêtes, les vraies, pas les inventées comme celle du 11 novembre, une sinistre marche au monument, dans la pluie et le froid qui faisait des héros de pauvres types qui n’avaient pas eu de chance… qui auraient certainement préféré être devant le monument que gravés sur le monument… la raison était vraiment irraisonnable !
Il aimait la ducasse et ses carrousels, éternels retours, interminable inutilité si joyeuse !
Il aimait la Noël et ses lumières… Paix sur la Terre aux Hommes de bonne volonté ! Pourquoi y avait-il donc des hommes de mauvaise volonté ?
Il aimait le Nouvel An enneigé, farci de repas  incompréhensibles…
Il aimait le carnaval avec ses gilles… et ses battements des tambours qui appelaient à la renaissance…
Il adorait l’accent circonflexe sur le mot FÊTE, ça faisait chapeau de clown… disait-il !
« Explique-moi pourquoi j’aime ce qui est beau », interrogeait-il ?
Parce que c’est beau, lui répondait-on en riant ! Alors pourquoi le laid existe-t-il ?
Tu comprendras quand tu auras l’âge de raison… Et le petit garçon n’a jamais compris… peut-être que la raison était réservée aux autres, du moins à d’autres qui n’ont jamais connu la beauté !
VM, je ne sais pas qui est ce petit garçon !... mais d’après ce que j’ai pu apprendre, il serait devenu Franc-maçon !

Il voyage en solitaire by Gérard Manset

Il voyage en solitaire
Et nul ne l´oblige à se taire
Il chante la terre
Il chante la terre
Et c´est une vie sans mystère
Qui se passe de commentaire
Pendant des journées entières
Il chante la terre
Mais il est seul
Un jour
L´amour
L´a quitté, s´en est allé
Faire un tour
D´l´autr´ côté
D´une ville où y avait pas de places pour se garer.

Il voyage en solitaire
Et nul ne l´oblige à se taire
Il sait ce qu´il a à faire
Il chante la terre
Il reste le seul volontaire
Et puisqu´il n´a plus rien à faire
Plus fort qu´une armée entière
Il chante la terre
Mais il est seul
Un jour
L´amour
L´a quitté, s´en est allé
Faire un tour
D´l´autr´ côté
D´une ville où y avait pas de places pour se garer.

Et voilà le miracle en somme
C´est lorsque sa chanson est bonne
Car c´est pour la joie qu´elle lui donne
Qu´il chante la terre.

En ce temps-là, un vieil homme est assis sur une pierre, il regarde les arbres et cherche les ouvertures de lumière entre les feuilles, qu’y voit-il ? Nul ne le sait… les jeunes le prennent pour un con mais il s’en fout, il ne comprend plus les jeunes, toujours affairés, avides de connaissances inutiles, irrémédiablement destinées à être dépassées. Sois raisonnable… à ton âge tu devrais l’être, lui dit-on !
Il adorait cette phrase d’Einstein : "Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue."

Le vieil homme n’aime pas la raison, il n’aime que ce qui n’est pas raisonnable : la beauté, l’amour, la joie et l’odeur de la terre d’été quand il vient de pleuvoir ! Les chemins qui ne conduisent nulle part ! les rivières qui se perdent dans la forêt ! Tous ces paysages qu’il ne verra jamais… s’il les voyait, ils s’échapperaient de ses rêves pour devenir du temps présent.
Il attend la beauté sage de la Lune alors qu’il est né, il y a un grand nombre d’années dans l’effervescence du Soleil, il avait alors tout à connaître, il cherchait avec impatience, la Vérité. Maintenant, il sait qu’elle est là, mais il faut le calme de la nuit pour l’approcher, l’apprivoiser, oserait-il dire.
Elle est tellement fragile, susceptible de se changer en une autre Vérité qu’il faut faire preuve d’une grande sagesse pour s’en contenter.
Et le vieil homme se répète : tout ceci n’est pas raisonnable et il se met à rêver : et si… et si… mais sempiternellement les jours se rajoutent aux jours et ils lui rendent visite, ceux d’hier, ceux qui sont partis on ne sait où et qui ne disent rien de leur inexistence, ceux qu’il n’a pas connu mais qu’il aurait voulu connaître, ceux qu’il n’a pas compris, ceux qui n’ont pas vécu.
Tiens ! se dit-il, ceux qui n’ont pas vécu regrettent-ils de n’avoir pas connu la vie ? Sujet intéressant, n’est-ce pas VM ?
Cincinnatus sans demander son reste, déposa les insignes de son pouvoir et s'en retourna cultiver son champ. Et il se dit, le vieil homme, que Cincinnatus était un con… tout une vie pour retourner où il était heureux !
Ah ! si tous les hommes avaient fait de même ! se disait le vieil homme. Toute une vie d’apprentissage, d’étude, de travail, de souffrance et de joie pour retourner d’où on est venu ! Mais ce n’est pas raisonnable de penser de cette façon ! Mais pourtant ! se disait-il.

« L'homme raisonnable s'adapte au monde ; l'homme déraisonnable s'obstine à essayer d'adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l'homme déraisonnable. » ( George Bernard Shaw)
Pardonnez cette petite parenthèse, VM, mais notre vieil homme a parfois besoin d’être soutenu !

Le Bonheur…qu’est-ce que c’est ?
Bon Eur … Eur Augurium

Le vieil homme se disait qu’il allait bientôt falloir quitter ce monde mais quel monde ? Celui des autres, sans doute, puisque le sien lui appartenait pour l’éternité, il ne pouvait se séparer de sa propre présence, son monde était éternel ! Curieux , me direz-vous, VM, que l’éternité soit réduite à une existence humaine…peut-être pour les rationalistes… pas pour lui… il était le Temps dans le Temps, parcelle du Temps Infini. Et les Autres alors, ses parents, ses amis… pas d’importance, ils se confondaient avec lui et conservaient ainsi leurs présences auprès du vieil homme !
Et Dieu alors ?
-        C’est une invention des rationalistes, aimait-il, répondre… Ils veulent tout expliquer donc, ils ont inventé Dieu.

« Est-il imaginable que Dieu ait pu par rancune, créer l’homme à son image dans le seul but de le rendre fou ? »  écrivait Edgard Poe.

Raison… c’est si beau quand on est déraisonnable, quand la Vérité se transforme, quand ce qui a été dit une fois pour toute se révèle faux… Le seul intérêt des méthodes de recherche religieuses du bonheur, c’est qu’il y a chez elles, un côté déraisonnable par ailleurs clé paradoxale de leur succès. Une religion réfléchie a peu de chances de réussite… le mystère attire, l’incompréhensible fait rêver ; l’homme « raisonnable » est prêt à faire semblant de croire n’importe quoi à condition que cela soit noyé dans le fantastique. La peinture sulpicienne a fait plus pour la religion catholique que les écrits des philosophes religieux…
La pensée doit se dégager de toutes les orientations,  elle doit être libre mais pas au sens où nous l’entendons habituellement, elle doit faire abstraction de la raison pour être vraiment libre. Qu’est-ce que la raison sinon une loi inscrite dans notre ligne de vie, édictée par une majorité de nos prédécesseurs illustres ou non ? Qu’est-ce qu’était la raison pour le premier homme ?
                              [...] quand nous avons de grands trésors sous les yeux, nous ne nous en apercevons jamais. Et sais-tu pourquoi ? Parce que les hommes ne croient pas aux trésors.
Paulo Coelho, L’Alchimiste.

Et l’amour , se demandait-il, qu’en pensait-il vraiment ?
Quand les raisonnements sont complètement inutiles, on parle d’amour et d’infini. Recherchait-il l’introuvable ? La clé ou la porte ? Le rêve absolu ? L’errance ? L’ultime passion ? L’Eternité ?
Son temps est passé sans savoir, son temps s’arrête alors que triomphe la haine. Descartes écrivait « La raison est la seule chose qui nous rend hommes. » peut-être, mais c’est le sentiment qui nous transcende.
Ce vieil homme était décidément bien étrange ! , n’est-ce pas VM,
D’ailleurs, pour ce que j’en sais, il était Franc-Maçon !
MADAME L'EXISTENCE – J.Dutronc

Je voudrais m'acheter
Une démocratie
Je voudrais m'acheter
Le meilleur d'une vie
Je voudrais m'acheter
De la liberté
Et puis un peu
De fraternité

On n'a pas ce genre d'articles
Vous vous trompez de boutique
Ici c'est pas la république

Je voudrais m'acheter
Des petits bonheurs
Je voudrais m'acheter
Des contre-malheurs
Je voudrais m'acheter
Un peu de vérité
Et puis aussi
Quelque chose
Pour rêver


On n'a pas ce genre d'articles
Vous vous trompez de boutique
Ici c'est pas la république

Je voudrais m'acheter
Un morceau d'avenir
Je voudrais m'acheter
Des envies de sourire
Je voudrais m'acheter
Un très très grand amour
Et pouvoir
L'aimer
35 heures tous les jours

On n'a pas ce genre d'articles
Vous vous trompez de boutique
Ici c'est pas la république

Avez-vous quelque chose
Contre la misère?
Contre la misère
On a des cache-misère
Contre la misère
On a de la poudre aux yeux
Et puis encore
Un peu de ciel bleu

Merci merci
Madame l'Existence
Je vais donc changer de boutique
Aller voir si la république
Ne vend pas ce genre d'article

Merci merci
Madame l'Existence
Je vais donc changer de boutique
Et voir si la république
Ne vend pas ce genre d'article
Merci merci
Madame l'Existence
Merci madame
Merci madame

En ce temps-ci, un Franc-maçon, assis sur un banc de bois, regarde le ciel , tout bleu comme son décor; c’est un curieux Franc-maçon, un Franc-maçon qui n’aime pas la raison !
Il répète souvent cette réflexion d’Emmanuel Kant qui est loin d’être un imbécile,
« Le bonheur est un idéal de l’imagination et non de la raison »
Il regarde le ciel… et déraisonne…

L’inaccessibilité du Ciel fait autant fantasmer les poètes que les scientifiques, il y a le monde d’en haut et le monde d’en bas reliés par nos ziggourats, nos pyramides, nos  cathédrales…
L’ascension céleste, thème présent dans tous les rituels et mythologies religieux, (le Christ s’envole, Mahomet part sur sa jument ailée Boraq…) nous plaît, correspond à nos aspirations les plus profondes. Ce système a surtout, pour les humains que nous sommes, le mérite d’éviter la mort, de passer d’un monde dans l’autre sans la destruction de ce qui nous est connu ; les différentes réincarnations du Bouddhisme sont plutôt gênantes et ne font, à mon humble avis, que multiplier les angoisses. Le combat perpétuel par rapport aux tentations que représente notre monde de karma et d’illusion dans le désir de la délivrance du moi pour rejoindre le nirvana rejette l’idée même du bonheur possible sur terre ; il conduit vers l’abstraction et par là même à l’impossibilité du contact avec la beauté de la vie. L’indifférence des bouddhistes à l’égard de leur propre état social  ne les rend pas particulièrement aptes à la lutte pour le bien-être de l’homme. La réalisation du « Temple de l’ Humanité » ne me paraît pas faire partie de leur programme…

Quand il se met à pleuvoir, notre Franc-maçon regarde et surtout écoute les gouttes claquer sur le sol comme des milliers de petits tambours… le tonnerre le rend particulièrement heureux quand le ciel se brise de lumières…
Et il déraisonne de plus belle…

Pourquoi sommes-nous si bien dans nos loges ? Parce que nous jouons avec le mystère, nous poursuivons un chemin initiatique tellement riche en images qu’il fait partie intégrante de notre comportement, nous rêvons… Nous avons même mis un tablier à Dieu. Et pourquoi pas ? Qui a créé l’autre à son image ? Nous interprétons la vie comme un musicien interprète une œuvre. Le chemin du bonheur, qu’il soit parsemé de croix, d’étoiles à six branches, de croissants ou de compas… quelle importance ? C’est notre chemin, construit de nos pierres colorées. Nous vivons en maçonnerie la plénitude de l’instant, nous avons supprimé le temps, c’est l’éternel midi. Cheminement et instantanéité se sont rejoints ; peut-être dans ce que Dante appelle l’Amour…

Il aime aussi la neige pour sa beauté bien sûr mais aussi parce qu’elle emmerde énormément de monde, les grosses voitures qui n’avancent plus…Vous avez déjà vu VM la tête d’un pilote de puissante bagnole quand son tas de ferrailles n’avance plus !
Les donneurs de leçons qui ne savent aller les donner, les gens pressés qui dépressent de plus belle ! Ceux qui ont beaucoup à vaquer et qui ne vaquent plus !
La neige arrête des milliers de cons… rien que ça, ça le rend heureux notre Franc-maçon !
Et toujours, il déraisonne :
Espoir et Souvenir se confondent en maçonnerie puisque le Temps n’existe pas. Il faut voir la Maçonnerie comme un cercle et non comme une ligne. La ligne peut conduire à l’infini mais ne revient jamais en arrière ; le cercle est un retour permanent sur le passé mais qui peut aussi s’élargir jusqu’à l’infini au gré des connaissances nouvelles, des apprentissages successifs. Le cercle est complet, la ligne fait partie du monde profane, loin du lieu clos du Temple, « pro fanum ». La première procède du progrès, le second tient compte du passé tout en progressant.

Mais alors le projet maçonnique serait-il utopique ?
Faudrait-il l’opposer  à la réalité maçonnique ?
L'utopie du projet humaniste de la maçonnerie poursuit le rêve d'une société idéale et parfaite ; celle-ci est tenue par les maçons pour chimérique mais contient le principe de progrès réels, un ferment et un stimulant pour un avenir meilleur. Il n’y a donc pas d’antagonisme entre l’utopie et la réalité maçonnique ; l’utopie nous apparaît ici comme une méthode de travail et non comme une quête imaginaire. Construire le Temple de l’Humanité ne relève pas de l’impossible… Il y a quelques siècles, la notion de disparition de l’esclavage était impensable même pour les philosophes des lumières et pourtant...
L’utopie, c’est ce qui n’existe pas aujourd’hui... mais qui peut devenir réalité demain.
Je crois que la plupart des maçons travaillent réellement au progrès de l’Humanité… ils suivent de multiples routes parsemées d’embûches comme le symbolise si bien le premier voyage du profane… mais, parfois, ils tombent pour ne plus se relever… et détruisent ce que d’autres ont construit… c’est hélas aussi la réalité maçonnique qui nous fait désespérer face à l’immense travail à accomplir.
L’utopie maçonnique nous donne un but, nous montre la longue route à parcourir... mais avant d’en espérer en voir la fin, nous pouvons nous réjouir de la partie parcourue, c’est cela la réalité quotidienne du maçon, il avance sans se demander s’il arrivera un jour quelque part mais il avance… satisfait des progrès réalisés.
La Maçonnerie connaît aujourd’hui un certain déclin en raison de son inadaptation à l’époque… elle poursuit ses interminables discussions sur un symbolisme d’un autre âge alors qu’il y a tant à réaliser, elle ne s’exprime pas, ne possède pas de projet… je dirais qu’elle survit de ses acquis passés, de son antan mystérieux, de ses décors et fastes d’hier… Ouvrons nos Temples au public et c’est la fin de l’Ordre… sans le mystère, il devient ridicule.
Je ne peux comparer le déclin de la Maçonnerie qu’à celui de l’Eglise catholique en Europe occidentale… la suppression du latin, la disparition des soutanes, les prêtres « modernes »… ont cassé l’image énigmatique de l’ésotérisme religieux.

Nous manquons de Créativité… l’Art Royal n’évolue pas, il se contente de ses œuvres de jeunesse… Si Picasso en était resté à sa période bleue, il n’aurait pas révolutionné la peinture par les fragmentations du cubisme…
Que crée la Maçonnerie ? Rien, elle se contente de manipuler le passé en essayant de lui donner les atours du renouveau, elle se fait illusion à elle-même, elle s’entretient.

Que crée le Maçon ? Tout, s’il le veut, dans son Espace et dans son Temps, il ne bâtira pas le Temple de l’Humanité mais deviendra un membre de ce Temple lointain mais, par sa personne, déjà présent aujourd’hui. Le Temple est ainsi en construction permanente et devient dès lors indestructible… L’utopie rejoint la réalité sans en avoir passé la nébuleuse frontière…il y a effacement du Temps.

Le problème principal du Maçon, c’est qu’il a une propension à la sublimation ; quelle est, en effet, la différence entre le Temple de l’Humanité et le Royaume de Dieu sur Terre des croyants ou autre Paradis Terrestre dont il se gausse, personnellement, je n’en vois pas. La notion de divinité ou le tout venu du rien s’équivalent et sont tout aussi incompréhensibles pour notre petite raison… puisqu’il faut un début à tout… Dieu doit en avoir un et nous revenons à la seconde solution… Tout est venu de rien. 
Alors où peut-on placer l’Espérance ? Pourquoi cet Univers absurde autour de nous ? La Maçonnerie voudra sans doute construire un jour le Temple de l’Univers… Sublimation !
Faisons nôtre le « Gai Savoir » nietzschéen !
Concentrons-nous sur notre rôle dans notre Atelier, la Voûte Etoilée y est présente mais ce n’est qu’un symbole et les fenêtres, moyens de communication avec le monde extérieur, n’existent aussi que sur le Tapis de Loge, le Maçon réaliste verra, dans ce Temple, celui de l’Humanité ; qu’il travaille au bien-être de ses Frères physiquement présents et non plus conceptuels ainsi qu’à son propre épanouissement, cette tâche limitée lui est accessible, la loge se révèle un microcosme où peut vivre le Bonheur… un moyen de concilier réalité et utopie.
  
Assis sur son banc de bois, il n’est pas là pour découvrir quoi que ce soit, il laisse ses pensées courir les chemins, ceux du passé et ceux de l’avenir… c’est si beau le ciel !

On lui avait dit : Le ciel que tu vois c-à-d l’atmosphère est principalement composée d'oxygène, d'azote, de gaz carbonique (de plus en plus), et de plein d'autres gaz et de particules solides en suspension. Il y a aussi de l’eau, qui peut se trouver sous forme gazeuse, liquide ou solide (nuages et brouillard) .

Il ne doit pas être heureux celui qui voit le ciel ainsi… se disait-il…
Et il déraisonne toujours :
C’est peut-être ce qu’il y a de plus beau dans la démarche maçonnique, c’est qu’elle fait la part belle à l’imagination, au rêve, à l’art… l’Art Royal… , à l’irrationnel, au paradoxe ; en fait elle reflète l’univers, elle est son double. La Franc-maçonnerie est faite de rationalistes qui tournent autour d’un pavé blanc & noir, qui renaissent en Hiram, qui sont Princes du Liban ou d’autres contrées… La Franc-maçonnerie est faite de rationalistes qui font trois pas avant d’entrer dans une pièce… La Franc-maçonnerie est faite de rationalistes qui ne se tiennent plus d’excitation devant une équerre & un compas… Les beaux rationalistes que voilà !…
Laissons notre esprit s’éloigner des prisons imposées par la raison ou le dogme, le temps n’existe pas, nous sommes des êtres présents de toute éternité.
Un Maçon ne meurt pas, il rejoint l’Orient Eternel et passe dans l’inconnu, dans le suprême mystère… peut-être pour y trouver ou retrouver le Temple de l’Humanité !
L’orient éternel est voyage et non objectif ou but… mais voyage sans doute vers le plus profond de nous-mêmes.
« Le ciel et la terre sont en nous. » Gandhi
Il déraisonne toujours mais sa déraison est sans doute sa raison…
Le véritable cherchant  n'aspire pas au repos. Souvent, les hommes ne concordent pas avec leurs actes ; ils alignent rarement leur vie sur leurs paroles… ils ne sont pas ce qu’ils prétendent être…Ils se complaisent dans l’image d’eux-mêmes… le mot devient acte, éternel retour de l’inutile. La sagesse de l’âge mûr, pour la grande majorité des humains, n’est qu’un constat d’échec, un masque nourri de honte et de peur, une manière servile d’approcher la mort, un « je n’ai rien fait » jeté à l’univers entier.
Nous sommes de perpétuels rêveurs, des bâtisseurs de châteaux de sable, des poètes, oserais-je dire, les Fils de la Lumière… cela nous va bien… nous en avons la consistance ! Mais avons-nous le pouvoir d’être autrement ? Même si nous avons le vouloir… Nous ne nous sommes jamais éloignés de la conception anthropocentrique du Moyen Age alors que nous sommes « l’infiniment petit »… Rêvons, mes Frères, tant que l’on nous laisse le rêve…
Aurions-nous alors travaillé inutilement dans nos loges ? Pas vraiment, notre parcours maçonnique, c’est une série d’années d’imagination et d’esprit en quête. C’est la fête de la pensée libre où la peur de prendre la mauvaise voie a disparu. Ce cheminement nous aura appris que les hommes ne doivent pas craindre d’être ce qu’ils sont s’ils ont choisi d’être tels…

L’appel de Graeme Allwright
“En 1792 à la suite de la déclaration de guerre du Roi d’Autriche, un officier français, Rouget de l’Isle, en poste à Strasbourg, compose "Le chant de Guerre pour l’armée du Rhin". Je me suis toujours demandé comment les français peuvent continuer à chanter, comme chant National, un chant de guerre, avec des paroles belliqueuses, sanguinaires et racistes. En regardant à la télé des petits enfants obligés d’apprendre ces paroles épouvantables, j’ai été profondément peiné, et j’ai décidé d’essayer de faire une autre version de La Marseillaise. Le jour où les politiques décideront de changer les paroles de La Marseillaise, ce sera un grand jour pour la France.”
Graeme Allwright, octobre 2005.
La Marseillaise De Graeme Allwright et Sylvie Dien
Pour tous les enfants de la terre 
Chantons amour et liberté.
Contre toutes les haines et les guerres
L’étendard d’espoir est levé
L’étendard de justice et de paix.
Rassemblons nos forces, notre courage
Pour vaincre la misère et la peur
Que règnent au fond de nos cœurs
L’amitié la joie et le partage.
La flamme qui nous éclaire,
Traverse les frontières
Partons, partons, amis, solidaires
Marchons vers la lumière.
Graeme Allwright, Sylvie Dien
Texte libre de droit, offert par les auteurs, à distribuer sans modération.

En ce temps-là, c’est ce midi, il est temps de rire, VM, et de boire à la santé des chiens errants, des eaux croupissantes, des dieux disloqués, des incompris, des marchands d’éternité, des prêtres défroqués et de la multitude grouillante…
Il est temps de vivre l’amitié, de parler d’homme à homme et si possible de délirer, d’inventer le bonheur d’être ensemble pour notre éternité.
Il est temps de boire à la santé de ce que nous sommes : des poussières d’étoiles… sans doute… mais d’étoiles flamboyantes !

J’ai dit VM
1.9.2012   - UC GP – JP Ducène

Le bonheur est un état durable de plénitude et de satisfaction, état agréable et équilibré de l'esprit et du corps, d'où la souffrance, le stress, l'inquiétude et le trouble sont absents.
Étymologiquement, ce mot vient de l'expression « bon eür ». « Eür » est issu du latin augurium qui signifie « accroissement accordé par les dieux à une entreprise ». Ce mot latin est lui-même issu d'une racine indo-européenne (reconstituée) aweg, dont les autres principaux représentants en latin sont :
       augere, auctus : « s'accroître » qui a donné augmenter, ...
       auctor : « qui fait croître », « fondateur », « auteur », qui a donné auteur, autoriser, autorité, octroyer, ...
Du point de vue de l'étymologie, le bonheur est l'aboutissement d'une construction, qui ne saurait être confondu avec une joie passagère. Le fait que la création d'un auteur s'accroisse durablement provoque en lui-même l'accumulation des satisfactions, ce qui le mène au bonheur.

Le Gai Savoir (Nietzsche)

Entre l'amuse-gueule et la récréation, ou bien l'essentiel encadrant les cinq livres, Nietzsche joue littérairement sur cette ambiguïté, relevant ainsi l'ambivalence même de sa conception de l'existence, saisie entre la recherche de la vérité intrinsèquement mortelle, et l'illusion intrinsèquement vitale (cf. Par-delà bien et mal), ou relevant encore le couple dynamique Dionysos/Apollon : le premier, principe chaotique et, le second, principe esthétique, où les sens donnent forme au chaos, produisant l'illusion de l'intelligibilité du monde, alors qu'il ne s'agirait que d'anthropomorphismes.
RÉSUMÉ DU LIVRE
Interroger le fanatisme de la vérité qui gouverne la philosophie, reconnaître la vie seule pour source de toute valeur, l'indépendance pour la vertu suprême du philosophe, et rechercher une réconciliation inédite de l'art et de la science : tel est pour Nietzsche le sens du gai savoir, de 1'idée provençale de 'gaya scienza', cette unité du troubadour, du chevalier et de l'esprit libre par laquelle cette magnifique culture ancienne des Provençaux se distingue de toutes les cultures équivoques. Unité de l'amor fati et de la philosophie de Dionysos, le gai savoir est la philosophie du oui à la vie, engendrée par la reconnaissance et l'acquiescement, qui culmine dans la pensée de l'éternel retour, présentée ici pour la première fois.
Opposition  - science/conviction sauf si hypothèse
L'Homme a une conscience spontanée et une conscience réfléchie. Les animaux et les Hommes ont un point commun qui est de penser en continu, sans interruption. Mais cette pensée est en effet réflexion et activité cérébrale. Nous ne sommes donc pas conscients de tout. Notre corps réalise des actes inconscients comme respirer par exemple. Nous pensons à une quantité indénombrable d'actes mais nous en avons conscience d'une toute petite partie.

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