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dimanche 14 juillet 2019

∆∆∆ SE CONNAITRE ET SE REALISER… PAR LA FRANC-MAÇONNERIE | Planche GADLU.INFO 28 février 2019

«Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux» est l’inscription que l’on pouvait lire sur le fronton du temple de la pythie de Delphes et que Socrate adopta. 

Une telle phrase est pleine de promesses pour le francmaçon en quête de spiritualité car elle lui fait prendre conscience que la connaissance parfaite de soi-même le rend égal à un dieu, c’est-à-dire d’avoir une âme immortelle et d’acquérir la sagesse dans sa vie d’ici-bas.

Source : André Moser – Fidélité et Prudence, Genève (Revue maçonnique suisse: janvier 2011)

De même, elle le conforte sur le bien fondé d’une quête de sa personnalité au plus près de sa conscience, ce qui lui permettra de connaître ses propres défauts et limites, de développer ses qualités, finalement sa véritable identité et, au fond, sa liberté.

Mais en quoi la perspective de conquérir la sagesse d’un dieu et d’obtenir la vie éternelle en vouant son existence à mieux se connaître, par l’étude de la science et l’observation de soi-même avec les autres, reste-t-elle d’actualité en ce début du 21e siècle où les nouvelles connaissances scientifiques sur le cerveau, notamment les opioïdes (connus pour jouer un rôle important dans la sensation de douleur) pourraient être impliqués dans la cognition religieuse? Ainsi le spirituel aurait une origine purement chimique, donc matérialiste. L’esprit serait ramené à la matière, ce qui induit qu’il n’y aurait aucune vie après la mort et qu’il serait par conséquent inutile de s’embarrasser de notions religieuses pour ”gérer” son salut post mortem. Il s’agirait au contraire de vouer toutes ses forces à apprendre à se connaître soi-même, non plus pour enrichir une âme immatérielle et éternelle tel que le propose Saint Augustin mais pour s’adapter au monde hic et nunc tout en cherchant à vivre en harmonie avec ses composantes physiques, émotionnelles et mentales. Il est des chercheurs qui affirment l’opposé, en particulier le Dr Persinger, quoique son expérimentation scientifique soit contestée partiellement par ses pairs. Il dit : «Je crois que l’expérience de Dieu est le résultat d’une structure intrinsèque au cerveau, un processus probablement essentiel pour la survie et l’évolution de la race humaine… Je ne serais pas surpris si nous découvrons que Dieu est un trait du cerveau humain et qu’il y a quelque chose d’encore plus puissant, un phénomène encore plus important que le concept de Dieu lui-même. La science sera la clé de sa découverte ».

Les stoïciens du 21e siècle

Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer définitivement que l’esprit est matière ou que Dieu est un trait de notre cerveau humain, c’est pourquoi nous restons interrogatif sur les questions métaphysiques. Et nous sommes bien embarrassé à trouver une vérité universelle et objective sur une dynamique du contenu concernant la connaissance de soi et son rapport aux dieux et à l’univers. Même si, rationnellement, un tel contenu ne semble pas encore exister nous pensons, en tant que franc-maçon, qu’il faut aller voir au delà de la perception et imaginer quelque chose d’autre, qui n’est pas saisi mais serait peut-être la vérité de ce que l’on perçoit. En fait, il faut s’interroger sur le mystère de cette relation afin de rendre perceptible le non-dit, car cela permet de s’intéresser prioritairement à l’homme, en tant que sujet, et à ses rapports subjectifs vis-à vis de sa destinée et de ses interrogations métaphysiques. Une telle approche par l’ésotérisme paraît bien difficile dans nos sociétés occidentales, où l’enjeu consiste à concilier davantage l’utopie, qui appartient au domaine de la raison et laisse supposer l’image d’un monde idéal et hypothétique, à l’effort de réunification, à la réalité de la cité. Toutefois, cette conciliation demeure possible si nous exprimons l’idée d’une unité principielle que nous appelons Grand Architecte de l’Univers (GADLU), laissant les portes ouvertes à une quête spirituelle.

Une telle démarche autorise-t-elle de vivre sereinement, à l’heure actuelle, une pratique religieuse prise comme finalité de la connaissance de soi dans son sens le plus objectif, c’est-à-dire dans un effort d’intelligibilité s’évanouissant devant la béatitude de la condition humaine ? La question reste ouverte à tous, en particulier au franc-maçon théiste pour qui la foi en Dieu est le plein de la vie puisque illustrée par une connaissance de soi élargissant le niveau de conscience jusqu’à l’infini, en fait, jusqu’à vivre dans un imaginaire substituant la réalité et l’instant présent. Malheureusement, l’injustice règne en maître parmi les hommes et quels que soient les systèmes d’organisation de la société. Il existe ainsi dans la conscience du franc-maçon affirmant clairement l’ingérence du divin dans les affaires humaines une tension comprise comme une fatalité, dont la fonction est d’affaiblir les utopies qui suivent la loi d’une raison victorieuse et renforce définitivement sa relation avec Dieu à travers les dogmes. Dans une telle disposition d’esprit, comment pourra-t-il devenir l’égal d’un dieu et accéder à la sagesse comme le propose l’inscription sur le temple de la pythie à Delphes, et comment fera-t-il pour vivre dans l’intimité d’une conscience libérée et nourrie d’une connaissance de soi-même libre et ouverte à toutes les évolutions spirituelles in potentia ?

Le mystère des causes premières

La réponse pourrait être trouvée avec les francs-maçons libres-penseurs et déistes qui, affranchis de la foi religieuse, n’ont que la Raison pour construire une connaissance de soi intimement liée à un savoir soumis à la nécessité de lucidité et d’objectivité. Privés du champ de l’imaginaire créatif et des dogmes religieux, ils forgent leurs convictions dans un réseau de faits et de certitudes qui magnifie l’instant présent. Ils sont les stoïciens du 21e siècle, sans être malgré tout à l’abri d’une connaissance de soi exposée au préjugé, à l’illusion de la vérité, aux fausses naïvetés ainsi qu’aux pièges des évidences inexactes. Comme Spinoza « ils ont conscience de leurs actes mais ils ignorent les causes qui les déterminent car seule la connaissance rationnelle, peut déraciner les préjugés en permettant une connaissance adéquate ». D’autre part, ils sont conscients que l’objectivité et la vérité d’une connaissance sont des conquêtes et non des données immédiates. Ainsi, pour rester cohérents vis-à vis du mystère des causes, doivent-ils s’ouvrir à une connaissance de soi qui s’appuie sur un rapport imaginaire à euxmêmes et dans lequel toutes les postures d’évolution transcendantales sont possibles. Ils auront de la sorte tout loisir de pratiquer les philosophies orientales et les attitudes psychologiques, épanouissant la métaphysique intérieure en fortifiant la conscience de soi dans la connaissance de soi. À l’encontre des francs-maçons nourris d’une vérité religieuse, ils sont animés par une culture du doute et une quête sans fin pour transcender la banalité de leur condition et donner du sens à la vie en dehors de tout remerciement aux dieux et à l’univers. L’extase métaphysique pourrait être l’union d’un imaginaire poétique construit et enrichi après initiation avec la Raison.

En conclusion, la connaissance authentique de soi-même est la clé qui permet à tous les francs-maçons quels que soient leurs parcours religieux ou leurs cultures philosophiques d’accéder à une sur-conscience imposée (théisme) ou à conquérir (déisme et libre-pensée) qui leur permet de faire vivre le mystère des causes premières en pratiquant une fraternité active. Il est bien entendu que la croyance au GADLU ou à toutes autres formes d’énergies transcendantales, favorise l’émergence et l’exaltation d’un imaginaire susceptible d’élever le niveau de conscience spirituel et par là-même d’aimer avec sagesse la vie dans toutes ses manifestations et spécialement le genre humain.

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