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lundi 15 juillet 2019

∆∆∆ Les francs-maçons se sont arrêtés à mi-chemin, par Peter Bu | L'Art royal 13 JUILLET 2019

La franc-maçonnerie moderne a été inventée par des grands penseurs du XVIIe et du XVIIIe siècle pour réunir tous les hommes de qualité, c’est à dire des hommes vrais et bons, ou hommes d’honneur et d’honnêteté, peu importe par quel nom ou conviction ils peuvent être distingués. 

Ils devaient devenir le centre d’union indépendamment de leurs différences, sans les nier et sans les effacer. 

L’absence des femmes dans ce projet correspondait à la situation sociale de l’époque, elles ont été incluses par la suite.

Les Constitutions d’Anderson - et de Désaguliers - ne précisent pas l’objectif de cette union mais, logiquement, elle devait tendre vers la coexistence pacifique de tous les humains.

Pour rendre possible le rapprochement de ces hommes vrais et bons qui, autrement, auraient dû être à jamais maintenus à distance, les fondateurs de la première obédience maçonnique moderne ont éloigné de leurs ateliers les religions et églises. Une dizaine d’années plus tard elles s’y sont réintroduites par les efforts des francs-maçons traditionalistes d’Écosse vivant à Londres qui étaient de fervents catholiques.

Est-ce sous cette influence que l’idée de l’union des hommes d’honneur et d’honnêteté s’est transformée en fraternité universelle ? Peut-être, car les chrétiens se considèrent comme frères. Heureusement, cette influence de l’église n’a pas effacé de la franc-maçonnerie l’idéal de tolérance.

Les chrétiens veulent croire que la fraternité est synonyme d’amour. Elle peut l’être, c’est l’idéal, mais la fraternité signifie surtout l’interdépendance viscérale. Tous ceux qui ont des frères et/ou des sœurs savent à quel point ils sont liés, malgré l’infinie variété de caractères, de comportements et d’intérêts qui peuvent être totalement opposés.

Il est possible que grâce aux découvertes scientifiques accumulées depuis la Renaissance, les membres de l’Académie Royale des Sciences de Londres se doutaient de l’interdépendance des humains et de toutes les autres formes de vie. Dans ce cas le centre d’union peut être considéré comme celui de l’ensemble du règne du vivant. Concept qui correspond aux idées de l’écologie humaniste d’aujourd’hui.

La formidable “mécanique” de la franc-maçonnerie moderne réussit à créer un sentiment de sympathie, de fraternité et d’amour entre les membres des loges même s’ils sont très différents les uns des autres. Ce sentiment peut s’étendre à toute leur obédience, parfois à plusieurs obédiences. Mais il ne les englobe jamais toutes, malgré les proclamations répétées et omniprésentes d’appartenance à la fraternité universelle.

La construction du centre d’union n’est donc pas achevée. 

Sans terminer ce chantier, la franc-maçonnerie n’est pas en mesure de bâtir le temple d’un monde fraternel ce qui, pourtant, est sa raison d’être finale. Cela explique-t-il, au moins en partie, pourquoi au XXe siècle elle a perdu plus de la moitié de ses adhérents (surtout aux États-Unis, mais pas seulement) ?

La franc-maçonnerie piétine au milieu du gué.

Peter Bu

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