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dimanche 14 juillet 2019

Le Labyrinthe, par Maurice B | L'Edifice Planche

Le labyrinthe est tout à la fois une forme, une figure, une image, un mythe et un symbole, repris par tous les arts de l’écriture à la peinture, de la musique au cinéma, et par toutes les science humaines, de la philosophie à la psychanalyse. Ce travail ne prétend pas bien sur répondre à toutes les questions que soulève ce mythe et aux multiples sens qui peuvent en être donnés. Son but est simplement de proposer une invitation à un voyage virtuel, à une réflexion sur la permanence d’un symbole qui exerce toujours sur l’homme la même fascination.

Définitions

La première image qui vient à l’esprit quand on évoque le labyrinthe est celle d’une figure spatiale, un lieu d’où il est très difficile de sortir, du fait de l’extrême complication de son architecture, et cette image a une signification dont la portée est universelle et intemporelle. La figure labyrinthique puise son inspiration dans le mythe antique de Thésée et du Minotaure, dans le combat de l’homme sur les forces telluriques et sur ses propres faiblesses. Son intelligence, sa détermination et son ingéniosité l’aident à surmonter toutes les épreuves pour rejoindre le jour, mais une fois le combat achevé, il retrouve toute sa vulnérabilité.

Je pense mes frères que vous voyez déjà les nombreux parallèles qui peuvent être établis entre notre recherche maçonnique et les enseignements du labyrinthe.

Le mythe du labyrinthe 

C’est l’un des mythes fondateurs de la culture occidentale. Minos, roi de Cnossos en Crète avait épousé Pasiphaé, fille d’Hélios, dieu du soleil, qui lui donna huit enfants dont Androgée, Ariane et Phèdre. Un jour, il demanda à Poséidon, le dieu de la mer de lui envoyer un animal exceptionnel à lui sacrifier et ce dernier lui envoya un grand taureau blanc, symbole de royauté. Impressionné par la magnifique bête sortie des flots, Minos préféra l’épargner et immola au dieu un taurillon de son troupeau. Irrité, Poséidon, par vengeance, suscita dans le cœur de Pasiphaé une passion dévorante et insensée pour le superbe taureau. C’est de ces amours contre nature que naquit Astérios, un enfant monstrueux au corps humain et à la tête de taureau, surnommé le Minotaure. En grandissant, celui-ci développa une force herculéenne et une sauvagerie meurtrière qui amena Minos à ordonner à son architecte Dédale, de lui construire un palais d’une conception si compliquée que le monstre ne puisse plus jamais en sortir. Le palais comprenait tant de salles, et de couloirs enchevêtrés que le réseau inextricable de leurs circonvolutions ne permettait pas d’en retrouver l’unique porte. Par la suite, Androgée, fils de Minos, fut tué par les Athéniens ce qui amena le roi de Crète à envahir Athènes et à soumettre son monarque, Egée. Il exigea comme tribut que sept jeunes gens et sept jeunes filles lui soient envoyés d’Athènes tous les sept ans pour être livrés au Minotaure. Thésée, fils d’Egée, demanda à son père de faire partie des futures victimes pour combattre le Minotaure. Avant d’être enfermé avec les autres dans le labyrinthe, il reçut des mains d’Ariane, ébloui par la beauté du héros athénien, une pelote de fil à dérouler pour lui permettre de retrouver l’unique issue du labyrinthe. Thésée s’avança dans le labyrinthe, déroulant son fil, affronta le Minotaure en son centre et le tua, puis grâce au fil retrouva le chemin de la sortie et ses compagnons. Il s’enfuit alors entraînant avec lui Ariane vers l’île de Naxos, par peur de représailles contre elle. Dédale fut alors soupçonné d’avoir aidé Thésée et Ariane et il fut condamné par Minos à être emprisonné dans le labyrinthe avec son fils, Icare, encore adolescent. La porte du labyrinthe ayant été murée, Dédale imagina de s’enfuir par les airs et inventa dans ce but des ailes artificielles confectionnées de plumes collées à la cire. Tous deux s’envolèrent mais Icare, s’approchant imprudemment du soleil vit ses ailles se désagréger par la fonte de la cire et sombra dans les flots.

Ce mythe du labyrinthe que conçoivent les Grecs remonte au VIIIème siècle avant Jésus-Christ. Mais son origine se situe en fait dans un passé beaucoup plus lointain, celui de l’âge du bronze dans le bassin égéen, dont le souvenir fragmenté, embelli et altéré, est parvenu oralement jusqu’aux Grecs sous la forme d’une épopée héroïque. Un roi Mwinu a bien régné sur la Crète vers 1500 avant JC. Des représentations de labyrinthe et d’acrobaties effectuées avec des taureaux comme on peut en voir aujourd’hui dans les Landes, ont été retrouvées et datées de 1450 avant JC. Le taureau était l’emblème de la royauté minocéenne et la mort du Minotaure pouvait représenter pour les Grecs leur revanche et leur victoire sur la Crète. Mais les tous premiers éléments semblent bien venir de l’Egypte ancienne, car ce mythe a pour origine un bâtiment égyptien appelé par Hérodote: labmrinqoz. Il s’agit du temple funéraire du roi Amenemhat III de la XIIème dynastie (vers 2000 avant J.C.), situé à Hawara, à l’est du Fayoum. Il comprend douze cours couvertes, dont les portes se font face les unes aux autres et deux étages de salles, au nombre total de trois mille. Les chemins pour accéder aux sépultures royales qu’elles contenaient, causaient par leur complexité l’émerveillement de Diodore. D’après lui, le légendaire labyrinthe de Cnossos aurait pour origine ce monument égyptien que Dédale aurait visité et qu’il aurait copié à Cnossos. Hérodote en le visitant lui donna le nom de labyrinthe.

Le symbole du labyrinthe 

Véritable chemin initiatique, le labyrinthe symbolise le voyage que l’homme doit accomplir à travers les épreuves et les difficultés de sa propre existence. Au centre du labyrinthe, il doit tuer le Minotaure, son Minotaure, symbole des forces obscures qu’il héberge en lui, de l’animalité et de la mort. Le labyrinthe, c’est à dire le corps où sont enfermé ces forces obscures, est le lieu théâtralisé de cet affrontement. La victoire sur le Minotaure est alors une victoire sur soi-même. En son centre s’opère une mutation, un accomplissement. Plus tard, les philosophes grecs comme Platon à la fin du Vème siècle avant J-C, dégagent la notion de dédale, du nom de l’architecte, et le labyrinthe devient alors la métaphore d’une situation inextricable. Le labyrinthe est selon Michèle Jarton l’une des figures hiérophaniques, c’est à dire une figure par laquelle l’esprit humain a tenté d’entrer en contact avec le divin, à chaque étape de l’histoire où il a pris une conscience nouvelle du monde qui l’environne et s’est interrogé sur sa destinée. D’où vient l’homme, où va-t-il ? A quoi sert ce court chemin qui sépare la naissance de la mort ? Le labyrinthe représente la concentration du sacré et l’imitation du cosmos. Le graphisme labyrinthique peut revêtir également plusieurs sens: exorcisme des dangers et des errances sur les routes terrestres, et surtout chemin initiatique avec ses épreuves et ses combats, enfin chemin symbolique vers l’illumination, la délivrance.

Le labyrinthe chrétien 

En s’insérant dans la grande geste de l’humanité, le christianisme va réemployer naturellement la figure du labyrinthe léguée à l’Occident par la Crète minocéenne. Il en retient d’abord un sens négatif : la confusion des chemins où errent les imprudents, symbolise la voie de l’ignorance éloignant de Dieu, puis par la suite un sens positif. Le chrétien y voit le symbole de la difficulté d’accéder au salut. Le fil d’Ariane devient la foi chrétienne qui le guide dans les épreuves de la vie en évitant les pièges des péchés et des erreurs. Le labyrinthe va symboliser le chemin initiatique vers la connaissance et l’illumination, qui permet au fidèle d’accéder au domaine sacré de l’autel pour y recevoir l’eucharistie, le dieu vivant. Dès le IVème siècle, les pèlerins d’Occident se rendaient aux tombeaux des apôtres, à Rome, et plus loin encore à Jérusalem, sur les pas de Jésus. Cependant, après l’échec de la troisième croisade, les voyages se raréfient. Dès lors, le chemin du pénitent vers Jérusalem se fera autrement, grâce aux labyrinthes que lui offrent nombre de cathédrales ou d’églises et qui prendront dès lors le nom de chemins de Jérusalem. La plus ancienne représentation labyrinthique chrétienne a été trouvée en Algérie à l’église Sainte-Réparate de El-Asnam, dans l’ancienne Afrique romaine. Elle date de 324. A l’âge d’or des grandes cathédrales, du XIIème au XIVème siècle, la représentation du labyrinthe va se répandre et devenir de plus en plus complexe. A plusieurs reprises, au cours de la progression dans le labyrinthe, le centre apparaît tout proche puis il s’éloigne de nouveau, simulant avancées et reculs, à l’image des cheminements de l’âme dans la vie humaine et prouvant qu’il faut persévérer et non désespérer. Ainsi, le labyrinthe devient-il chemin vers la connaissance et l’illumination, auquel sont associés la découverte de soi et le progrès spirituel, menant à la rencontre avec le divin: venu avec ses ombres et ses mensonges, le fidèle accède enfin au centre du parcours et de lui-même. Le centre est le lieu du face à face avec soi et avec Dieu, et la possibilité de la connaissance fondamentale. Aux hommes livrant le combat de la vie et de la mort contre le Minotaure/Satan qui les égare et les enchaîne, le Christ, vrai Dieu et vrai homme, ayant brisé les chaînes du mensonge et de la mort par sa résurrection, ouvre un chemin que tous peuvent emprunter à sa suite vers l’espérance et la lumière. La conversion entraînera alors un changement radical de comportement et d’orientation. Le fidèle, entré par l’Ouest (direction su soleil couchant et de la mort), sort du labyrinthe par le même chemin, mais transformé, il poursuit sa route vers l’est (direction du soleil levant, de la lumière, de l’autel où sera célébrée dans l’eucharistie la résurrection du christ) En Italie centrale et du Nord, la présence dans les églises de scènes de combat figurant le Minotaure ou Thésée trahit l’influence de l’Antiquité, comme à Plaisance, Pavie ou Lucques (XIIème - XIIIème siècle). En France, il s’agit de vastes pavages dont le diamètre peut atteindre 10 ou 12 mètres. Les cercles du parcours sont composés d’un mur de pierre sombres, délimitant un chemin en pierres claires de 20 à 30 cm de large, que le pèlerin parcourt à genoux, en chantant psaumes ou prières. Le labyrinthe est rond comme à Chartres, Sens ou Auxerre, carré comme à Saint-Bertin ou encore octogonal comme à Amiens, Arras, Saint-Quentin ou Reims. Le plus grand, celui de Chartres mesure presque treize mètres de diamètre et occupe toute la largeur de la nef. Son parcours est long de 294 mètres. Sous une apparente simplicité, il cache une extraordinaire complexité de calculs géométriques et astronomiques. A partir de la Renaissance, avec le triomphe de la logique et de la ligne droite, les labyrinthes d’église s’effacent. Dans toutes les langues d’Europe, le labyrinthe devient synonyme de complexité et de système sinueux. Au XVIIème et XVIIIème siècles, on a oublié le sens du labyrinthe médiéval chrétien. Les grandes découvertes ont ouvert des chemins nouveaux sur les mers et l’apparition de la lunette astronomique permet de déchiffrer le ciel, faisant perdre au parcours labyrinthique son sens de représentation du cosmos. La plupart des labyrinthes sont alors détruits par le clergé dans les édifices religieux. Mais ils réapparaissent au XXème siècle, comme dans la cathédrale d’Evry, construite dans les années 90, porteuse d’une symbolique neuve faisant appel à la psychanalyse, la quête d’identité, la complexité, la mondialisation.

Le labyrinthe et les arts 

A la Renaissance, le mythe du labyrinthe retrouve un regain d’intérêt auprès du public humaniste, imprégné de culture antique et de mythologie. On en trouve les premières marques en Italie dans de très nombreuses représentations puis en France et enfin en Europe. Le mythe ou bien ses personnages, se voit représenté plusieurs fois à Versailles alors que le parc abritait un labyrinthe de verdure. L’opéra avec Ariane à Naxos de Monteverdi (1608) ou Thésée de Lulli ou bien sûr Phèdre de Racine, traitent du mythe antique. Au XIXème siècle, la redécouverte de l’Antiquité va susciter la représentation d’œuvres exposant magistralement la fascination qu’exercent sur l’époque contemporaine la fécondité et la profondeur d’un mythe devenu universel. De grands tableaux représentent Thésée tuant le Minotaure, la chute d’Icare ou Ariane à Naxos. Une nouvelle évolution va se faire avec la découverte de la psychanalyse. Les surréalistes vont donner à leur principale revue le titre de Minotaure. André Masson et ses amis cherchent à s’aventurer dans les dédales de l’inconscient. Picasso fait preuve d’originalité dans son interprétation du Minotaure en l’humanisant et en dépeignant la complexité des rapports homme-femme, la violence qui en émane, mais aussi le drame de la naissance et de la mort.

Le labyrinthe et les jeux 

Si on retrouve le thème du labyrinthe dans les jeux très anciens comme celui de la marelle, et à partir du XVIIème siècle dans les jeux de l’oie issu du jeu de Troie romain, c’est surtout au XIXème siècle que le labyrinthe devient un passe-temps et une attraction à succès dans les fêtes foraines (palais des glaces). De nos jours, l’informatique permet la création de jeux vidéo dans lesquels l’on retrouve le parcours initiatique du labyrinthe. Dans ce monde virtuel, le joueur tel un nouveau Thésée est amené à suivre de nombreux détours à la rencontre de monstres inquiétants dont il doit sortir victorieux.

Les formes labyrinthiques 

Les formes labyrinthiques ont inspiré de nombreuses civilisations depuis la préhistoire, la Crète, la Grèce antique. Initialement, le labyrinthe est une référence architecturale et c’est ainsi que désigne au VIème siècle avant J.-C. l’architecte Théodoros qui a construit le temple d’Héra à Samos et se pose en égal de Dédale, patron de tous les architectes. Mais les Grecs n’ont plus la connaissance directe de la structure architecturale du labyrinthe. Toutes les représentations renvoient par la suite à un schéma mental et non plus à un plan architectural. Les monnaies de Cnossos au Vème siècle avant J.-C. représentent le Minotaure au centre d’un labyrinthe au plan cruciforme, rectangulaire ou circulaire. Le labyrinthe prend alternativement la forme d’un rectangle, d’un carré ou d’un cercle Le labyrinthe se définit comme une construction ayant un accès unique; le parcours n’offre aucune possibilité de choix et se termine en son centre. Pour en ressortir, il faut prendre le même chemin en sens inverse. Pour beaucoup d’entre nous, le labyrinthe renvoie à un parcours compliqué dans lequel il est difficile de ne pas s’égarer. Or, il ne s’agit là que de l’un de ses aspects.

Labyrinthes jardins 

 La redécouverte de l’Antiquité à partir du XVIIIème siècle amène la création des labyrinthes jardins, dont celui de Versailles ou les labyrinthes de verdure étaient aussi le théâtre des passions. Telle la carte du Tendre, ils étaient le symbole des sentiments amoureux. Propices à l’introspection et aux interrogations métaphysiques chères à la quête philosophique, ils permettent toutes les divagations. Le labyrinthe y rejoint sa dimension initiatique, pour autant le Minotaure n’est plus en son centre, c’est son fort intérieur que le visiteur s’en va visiter. Le mythe du labyrinthe issu de la légende minocéenne va imposer les bases qui serviront par la suite aux constructeurs. D’abord, l’idée d’un lieu clos, puis celle de la centralité, mais surtout la complexité d’un parcours, d’un chemin unique et tortueux au tracé fascinant, propre à se transformer en lieu d’agrément, de mystère. Les labyrinthes jardins ne surviennent qu’à la renaissance comme une exploitation tardive du mythe. Le cheminement prend place dans une nature sophistiquée. De multiples chemins égarent le promeneur, mais un seul permet d’arriver au but. Explorer l’inconnu, se dépasser ou plus simplement aller de l’ombre vers la lumière, de l’intérieur vers l’extérieur. Le visiteur est ainsi invité à vivre concrètement cette notion fondamentale de cheminement et de choix. Aujourd’hui, les labyrinthes champêtres qui se multiplient, invitent le public à se perdre dans un dédale naturel pour mieux se retrouver libre à la sortie. Dans ces labyrinthes, le visiteur trouve avec les quatre éléments une résonance étrange. La terre évoque le passage de l’ombre à la lumière, la lutte de l’homme contre l’animal. L’air, symbole céleste, célèbre la rencontre du sacré et du profane. L’eau dispense la sagesse et apaise les passions. Le feu, qui agite le monde moderne, saisi de soubresauts et de violence, cherche dans le Minotaure, l’interprète de ses angoisses.

Labyrinthe et psychologie 

En psychanalyse, l’inconscient est très souvent symbolisé par des labyrinthes ou des couloirs (les méandres de la pensée). Dans le labyrinthe, symbole du subconscient, le Minotaure représente les interdits moraux, la sexualité et les perversions refoulées. Le labyrinthe s’impose comme un souterrain ou le centre d’un lieu complexe destiné à cacher une réalité honteuse, dont les multiples détours doivent interdire au Minotaure toute sortie. Thésée est le héros révélateur qui assure la victoire de l’humain sur l’animalité et, rompant la malédiction des dieux, de la lumière sur les ténèbres. Métaphore de l’aide salvatrice, le fil d’Ariane symbolise la ligne de conduite que l’on suit pour accomplir son destin et le tracé lumineux de l’inspiration poétique. Dédale est devenu l’archétype de l’intelligence, de la science, mais aussi de la technocratie et de ses dérives, Icare celui de l’orgueil démesuré dont l’essor se brise et de l’inconscience avide des fruits de l’arbre de la connaissance. Kafka décrit les arcanes du monde moderne comme une figure labyrinthique.

Les labyrinthes charnels 

 Des zones du corps se perçoivent comme des labyrinthes: le sexe féminin (symbolisant l’inconnu et la peur de la découverte), les viscères à l’intérieur du ventre, l’oreille interne d’ailleurs appelé labyrinthe en anatomie, les circonvolutions cérébrales. Tous forment autant de labyrinthes charnels. 

Le labyrinthe maçonnique 

La démarche maçonnique s’inscrit parfaitement dans le mythe du labyrinthe. Le Minotaure, cet être mi-homme mi-taureau, représente bien sur nos passions les plus viles, celles que nous devons vaincre. Le labyrinthe, prison du Minotaure, indique que nous sommes les hôtes et les victimes de nos passions, mais un travail assidu sur nous même permet d’en sortir. Thésée, qui s’impose volontairement, pour tuer le monstre, est l’allégorie de l’homme jeune, de l’apprenti, plein de fougue et de courage qui lui donnent la victoire. Son parcours dans le labyrinthe peut être assimilé à celui de l’impétrant qui avance les yeux bandés avant l’initiation. Le labyrinthe est le chemin tortueux qui mène l’homme à la lumière et le guide vers la sagesse et la maîtrise de ses passions. Ariane, par son amour et son intuition, permet à Thésée de sortir du labyrinthe, comme l’amour et la fraternité guident l’apprenti et lui évitent de chuter. Icare est une allégorie de la jeunesse, ivre de connaissance et soucieux de s’approcher au plus vite de la lumière, sans poursuivre une démarche logique et progressive, ce qui le précipite vers la mort.

Conclusion 

 Loin de proposer un cheminement dans les ténèbres et dans l’effroi, le parcours labyrinthique invite chacun d’entre nous, au terme d’un voyage dans le temps, à une découverte de soi et à une réflexion sur la destinée humaine. Comme nous le dit le Vén\ M\ lors de la chaîne d’union, le vaste domaine de la pensée et de l’action doit guider notre vie et inspirer notre conduite dans le monde profane. Le véritable voyageur ne sait pas où il va, dit un proverbe chinois. Ainsi doit-il en être de notre esprit toujours gardé en éveil.

J’ai dit
Maurice B

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