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vendredi 26 juillet 2019

Le concept de démocratie : aspects historiques | France culture 16/10/2017



Comment clarifier le concept de démocratie à l’ère des scepticismes triomphants ? Demande la philosophe Claudine Tiercelin. Quelles ont été les remises en cause de la position classique sur la démocratie?

Detail from Government. Mural by Elihu Vedder. Lobby to Main 
Reading Room, Library of Congress Thomas Jefferson Building, 
Washington, D.C.

Comment les critiques se sont-elles généralisées après les « désenchantements » du XXe siècle et dans le contexte de grand scepticisme qui marque notre temps?

Claudine Tiercelin, titulaire de la chaire de Métaphysique et philosophie de la connaissance, normalienne passée par Berkeley, qui a été enseignante chercheuse à Paris et à New York, nous entraîne dans une grande enquête, à la fois en logicienne et en philosophe analytique, sur les relations que l’on peut ou non tisser entre 3 concepts, « Connaissance, vérité et démocratie » .

Ces trois concepts, « plus complexes les uns que les autres », forment aussi le titre de la série de cours qu’elle a donnée en 2017. Chaque cours est divisé en 2 parties d’une bonne heure dont nous vous proposons de très larges extraits.

Aujourd’hui, elle s’attache après avoir noté la « déflation du concept de vérité » et après avoir proposé sur plusieurs cours un travail de clarification de cette notion décriée, elle s’attaque à la « clarification » du concept de démocratie de l’époque moderne à aujourd’hui, toujours à l’appui de citations bien choisies et donnée avec passion de Tocqueville à Kelsen.

Dans la présentation de son cours, elle rappelle comment vérité et démocratie vont de pair :

« la démocratie, écrit-elle a besoin de la vérité et la libre expression de la vérité suppose un espace authentiquement démocratique ». « Mais en revenant sur certains aspects de l’histoire du concept de démocratie, on montre aussi l’insuffisance d’une approche purement antilibérale (celle d’un Carl Schmitt), formelle ou juridique (celle d’un Hans Kelsen), et l’approche réaliste du concept de démocratie (celle de Joseph Schumpeter).

A l'issue de la discussion de l'approche de Kelsen et avant d'introduire les interrogations de Schumpeter, Claudine Tiercelin met en évidence les problèmes que posent ces analyses:

On peut même dire qu’une démocratie est relativement démocratique, puisqu’il faut assumer, selon Kelsen, la distance, l’écart inévitable, entre l’idéal et la réalité. Mais la difficulté d’une position de ce genre est alors la suivante et que voit bien Florent Guénard : « Si le relativisme moral ne pose aucune difficulté d’application (la réalité sociale démocratique prouve, a posteriori, qu’il fonctionne dans un régime parlementaire), le relativisme plus proprement politique pose un problème pour la démocratisation. Kelsen souligne qu’une démocratie est fragile lorsque ses prétentions sont excessives (puisqu’elles sont alors en contradiction avec la vie étatique). Mais, réduite à une simple forme, comment peut-elle séduire les masses prêtes à suivre le socialisme ou le fascisme ? Comment peut-on désormais convaincre que la lutte pour la liberté passe encore par l’expansion de la démocratie, puisqu’il faut absolument revenir sur la définition excessivement normative, héritée du XIXe siècle, du « bon gouvernement » ? Cette difficulté n’est pas propre à la pensée de Kelsen : elle est consubstantielle au tournant réaliste pris par les théories de la démocratie au milieu du XXe siècle ».

La réflexion s’achève sur « les difficultés du modèle agrégatif de la démocratie présentes dans les théories du choix social » refléxions que nous retrouverons demain.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 22 mars 2017, pour le cours de Claudine Tiercelin, « Connaissance, vérité et démocratie », aujourd’hui : « Le concept de démocratie : aspects historiques »

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