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mercredi 17 juillet 2019

La maladie de l'islam de Abdelwahab Meddeb (1946-2014)

Si, selon Voltaire, l'intolérance fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l'Allemagne qu'ausculta Thomas Mann, l'intégrisme est, comme le démontre ce livre, la maladie de l'islam.

Dans la tradition, l'accès à la lettre - Coran et tradition prophétique - était bien gardé : il fallait obéir à des conditions particulières pour l'interpréter et la faire parler. Mais l'accès sauvage à cette lettre n'a pu être empêché, et il est arrivé maintes fois que l'histoire ait à enregistrer les désastres qu'il a provoqués.

Avec les effets de la démographie et la démocratisation, les semilettrés ont proliféré, et les candidats qui s'autorisent à toucher à la lettre sont devenus infiniment plus nombreux : leur nombre renforce, hélas, leur fanatisme. Car ce sont des hommes du ressentiment, qui alimentent les rangs des intégristes.

Pour comprendre la genèse de cette maladie, il faut remonter loin dans l'histoire, à la Médine du Prophète (VIIe siècle), à la ville de Bagdad au temps des Abbassides (IXe siècle), à celle de Damas au XIVe siècle, après la fin des Croisades et l'épuisement de la vague mongole, à l'Arabie du XVIIIe siècle, avec la fondation du wahhabisme... C'est à ce voyage que nous invite ce livre, pour comprendre les raisons internes de la maladie d'islam, mais aussi les causes externes qui l'exacerbent : non-reconnaissance de l'islam par l'Occident ; reniement des principes par les Occidentaux dès que leurs intérêts le réclament ; hégémonie qu'ils exercent dans l'impunité et l'injustice - en particulier, de nos jours, sous la figure de l'Américain.

1 commentaire:

  1. "Qui diagnostique le mal prescrit le remède".
    1/Repérer les causes de la maladie: a/ causes internes b/causes externes
    2/ Ne pas confondre le malade avec sa maladie, même si on a trouvé la part indéniable qui y prédispose.
    Dans la confusion générale actuelle, qui soulève un tourbillon de passions, voilà un essai remarquablement bien mené qui remet chaque chose à sa place et qui peut nous aider à garder l'esprit lucide.
    Au lieu de commencer par rejeter notre part d'ombre sur les autres, comme c'est très souvent le cas, l'auteur nous propose de suivre une méthode beaucoup plus efficace: commencer par faire le ménage devant sa propre porte! et il a raison!
    Ici, pas de légion d'honneur pour les pharisiens et les hypocrites!
    Sous une plume savante et assérée comme un fouet, les wahhabites haineux et fanatiques à l'âme toute crottée (et autres maniaques du genre), se sont ramassés une belle féssée déculottée!
    et çà vaut pour tout le monde!
    "Il y a dans les révélations monothéistes une part guerrière, fanatique, violente, redoutable. C'est cette face que la maladie favorise. de ce point de vue, le Coran est un livre analogue à la Bible telle que la redécouvre Voltaire dans son Traité sur la tolérance. Et la maladie repérée par Voltaire chez ses coreligionnaires relève, elle aussi, de l'état maniaque:
    "Le grand moyen de diminuer le nombre de maniaques, s'il en reste, est d'abandonner cette maladie de l'esprit au régime de la raison, qui éclaire lentement, mais infailliblement les hommes." zanoni (Babelio)

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