Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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vendredi 29 mai 2020

Sommes-nous tous des imposteurs ? Des martyres du lien social ? | France culture 08/02/2018







Omniprésence des dispositifs d'évaluation, normalisation des comportements, survalorisation des apparences : notre société est-elle une machine à produire des imposteurs ?

Si l’imposteur est celui qui se conforme aux attentes d’autrui de sorte à faire corps avec un rôle social, alors l’« extension sociale de la norme » telle que la pensait Foucault fait tendanciellement de nous des imposteurs. Roland Gori interroge les mécanismes psychiques présidant à cette production sociale du type de l’imposteur.

« Tout à fait entre nous, la servitude, souriante de préférence, est (…) inévitable. Mais nous ne devons pas le reconnaître. Celui qui ne peut s’empêcher d’avoir des esclaves, ne vaut-il pas mieux qu’il les appelle hommes libres ? Pour le principe d’abord, et puis pour ne pas les désespérer. On leur doit bien cette compensation, n’est-ce pas ? De cette manière, ils continueront de sourire et nous garderons bonne conscience. Sans quoi, nous serions forcés de revenir sur nous-mêmes, nous deviendrions fous de douleur, ou même modestes, tout est à craindre. Aussi, pas d’enseignes, et celle-ci est scandaleuse. D’ailleurs, si tout le monde se mettait à table, hein, affichait son vrai métier, on ne saurait plus où donner de la tête ! Imaginez des cartes de visite : Dupont, philosophe froussard, ou propriétaire chrétien, ou humaniste adultère, on a le choix, vraiment. Mais ce serait l’enfer ! Oui, l’enfer doit être ainsi : des rues à enseignes et pas moyen de s’expliquer. On est classé une fois pour toutes.

Vous, mon cher compatriote, pensez un peu à ce que serait votre enseigne. Vous vous taisez ? Allons, vous me répondrez plus tard. Je connais la mienne en tous cas : une face double, un charmant Janus, et, au-dessus, la devise de la maison : « Ne vous y fiez pas ». Sur mes cartes : « Jean-Baptiste Clamence, comédien ». (…) Quand je quittais un aveugle sur le trottoir où je l’avais aidé à atterrir, je le saluais. Ce coup de chapeau ne lui était évidemment pas destiné, il ne pouvait pas le voir. A qui donc s’adressait-il ? Au public. Après le rôle, les saluts. Pas mal, hein ? »


Camus, La chute, (Gallimard,1956) pp56-57

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