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samedi 27 avril 2019

LA SPIRITUALITÉ ÉCOSSAISE EST-ELLE DÉISTE OU THÉISTE ? « Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du feu. Enfer hindou, des flammes. A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur ». Victor Hugo | LOGE LIBRE ET INSOUMISE

« La Spiritualité Écossaise offerte par la GLDF est-elle une religion de substitution ? ». Nous reprenons ici cette sempiternelle question posée à propos de la FM. 

Cela nous permet en fait, de mieux éclairer le questionnement portant sur les fondamentaux de la  GLDF et cela à la lumière des données de contexte de 2018.  Si la réponse était positive une seconde question surviendrait : « Cette spiritualité écossaise est-elle déiste ou théiste ? »

LA FM EST-ELLE UNE RELIGION DE SUBSTITUTION ?

En mai 2013 nous avons conçu et diffusé une « Analyse critique des relations entre le champ maçonnique et le champ religieux » qui avait pour but de montrer la dérive religieuse à des membres de la GLDF.

Dans ce  texte nous abordions la question de la présence du champ religieux en Franc-Maçonnerie. La notion de champ est à retenir dans l’acceptation sociologique comme Bourdieu l’a employée dans ses études. Ainsi on peut admettre que le fait religieux n’est pas dévolu exclusivement aux institutions confessionnelles établies et reconnues. Le champ religieux s’étend à tout organisme utilisant un « langage » symbolique porteur de croyances. Ce langage se trouve dans l’interprétation des mythes, des légendes afin d’y trouver du sens axé vers la transcendance Il se trouve dans les rituels et cérémonies. C’est donc un ensemble des mots à valeur symbolique qui peut composer un paradigme religieux. Dans ces conditions il peut être observé que des organisations « croyantes » de natures très différentes peuvent posséder des structures et des éléments communs comme par exemple les religions monothéistes et les sectes ou certaines obédiences maçonniques que nous avons l’habitude de qualifier de « pieuses ». Sous cet angle on peut examiner le contenu d’un article diffusé le 27 avril 2011 par l’Express,  où,  à la question de savoir si la FM est une religion de substitution Roger Dachez répond clairement « OUI »

- OUI et cela dès son lancement en France au XVIIème siècle :

« La franc-maçonnerie va offrir, avec ses mystères, ses symboles, ses emblèmes, ses hiéroglyphes, ses légendes et ses personnages mythiques empruntés à la Bible, un monde rêvé, parallèle, qui permet une évasion vers des thèmes plus ou moins ésotériques. La classe bourgeoise devient majoritaire dans toutes les loges, puisque les aristocrates, nombreux au départ, vont vite s’en aller. La bourgeoisie trouve là le moyen de proclamer des valeurs et un débouché spirituel, une religion de substitution. « 

- OUI en ce siècle :

« A l’insu de beaucoup de frères, la franc-maçonnerie est une religion de substitution. Depuis trente ou quarante ans, la majorité des nouveaux viennent pour voir plus clair en eux-mêmes, chercher un sens, mais aussi revenir à un rituel de plus en plus conforme à celui du XVIIIe siècle ».

Mais une religion de substitution est-ce un ensemble d’invariants intemporels,  dogme, liturgie, rituels, contenus dans un logiciel idéologique ? Si l’on se réfère à certains doctes religieux chrétiens il y a bien une structure porteuse comme le montre le Père Jérôme ROUSSEL-LACORDAIRE l à l’Académie des Sciences Morales et Politiques de Paris en décembre 2015 dans une conférence intitulée :

« LA FRANC-MAÇONNERIE EST-ELLE UNE RELIGION ?

Mais si ces éléments structurant la FM la rendent similaire à une religion le conférencier note  « qu’une religion de substitution n’est pas tout à fait une religion, de même que la saccharine n’est pas du sucre. »

En fait si la FM a un culte il est contenu dans le RITE d’où l’analyse qui suit : « que se passe-t-il dans le rite maçonnique et qui en est le destinataire ? Que se passe-t-il ? Les anglicans et les évêques allemands y voient du pélagianisme, et les seconds indiquent à ce propos une concurrence entre l’initiation maçonnique et les sacrements ecclésiastiques, les deux visant au perfectionnement et à l’accomplissement de la personne, mais la première, supposément, à la seule force du poignet, et les seconds par l’action de la grâce. C’est là où notre question - que se passe-t-il dans le rite maçonnique ? - se transforme en : qu’est ce qui agit dans le rite maçonnique, dans la mesure où ladite transformation initiatique serait effective ? Les réponses sont nombreuses chez les maçons : autoperfectionnement, Grand Architecte (quel que soit ce que l’on met là dessous), égrégore, etc. De là, selon la réponse donnée, notre question se transforme encore : qui est le destinataire ou l’interlocuteur ultime du rite ? En effet, si l’on attend de quelque transcendance la réalisation de ce qu’appelle le rite, alors c’est que ce dernier s’adresse à cette transcendance et qu’il pourrait bien en être le culte et, de là, la franc-maçonnerie, une religion. Mais, à cela, il ne m’appartient pas de répondre — seuls les maçons le pourraient… Et encore, sans doute ne seraient-ils pas tous d’accord ».

En fait,  de façon subtile l’auteur renvoie la question chez le maçon avec une interrogation fondamentale sur sa recherche de transcendance.

Le pasteur F. Varak a rédigé un article sur le caractère religieux de la  FM dans la revue Réformée - La revue de théologie de la Faculté Jean Calvin. Il affirme ceci : « On ne peut échapper au caractère religieux de la franc-maçonnerie! » car «  Les actes rituels sont plus présents que dans bon nombre de religions! La sacralisation des lieux de rencontre, même temporelle, témoigne d’une spiritualité religieuse. La notion du Grand Architecte de l’Univers reflète une approche du divin. Les enseignements ésotériques veillent à conduire le participant vers cet Être supérieur ».

En guise de conclusion il lui « semble que la franc-maçonnerie est une religion  opposée à la foi chrétienne en ce qu’elle est une contre-façon de l’Évangile. «  Et cette religion « ne conduit pas les âmes à Dieu car si le Dieu-franc-maçon ne confesse pas le salut en Christ, il ne confesse aucun salut du tout ».

L’OFFRE DE LA GLDF EST-ELLE UNE RELIGION DE SUBSTITUTION ?

Pour alimenter le dossier évoqué ci-dessus  nous avons  étudié  33 éditions du journal de la GLDF qui couvraient les années 2003 à 2013. Des relevés ont été faits sur les termes à caractère maçonnique et ceux d’usage courants qui peuvent entrer dans un champ religieux selon l’emploi dans les textes. Nous avons écarté les mots du vocabulaire classique de la maçonnerie qui ne prêtent pas à confusion et qui sont très présents dans le Journal de l’obédience tels que : Loge, Grande Loge de France, initiation, frères etc…Ces relevés ont donné lieu à une quantification de la survenance de chaque mot. Le nombre de citations dans les 33 éditions du Journal est signalé pour chacun des mots concernés  répartis  par champ.

- champ religieux :

Rite Écossais Ancien et Accepté et «  le Rite » : 294,
Religion : 133
sacré : 112,
Dieu et autres mots: divin, dieux : 105,
Évangiles, citations des apôtres, prologue de Jean : 44,
Bible : 38
726 citations (67 %)

- champ maçonnique :

rituels: 99,
Humanisme : 74,
rites (autres que REAA) : 73,
Grand Architecte de l’Univers : 53,
Volume de la Loi sacré : 50,
349 citations (33 %)

On constate que 2/3 des sujets traités dans plus de 1000 articles de fond du Journal de la GLDF entrent dans le champ religieux. C’est sous les trois années de Grande Maîtrise de A-N Dubart que l’on constate un pic de présence de ces sujets et à l’inverse sous la gestion de Alain Graesel que l’on observe une plus forte présence de thèmes situés dans le champ maçonnique. Ce constat n’est en rien surprenant. Il faut simplement savoir que durant sa période de gouvernance de l’obédience le GM de la GLDF assume la Direction du Journal.

Il est évident que cette analyse révèle qu’il y a une opposition entre cette ingérence du champ religieux dans le Journal et les concepts formels qui constituent l’ADN de l’obédience. Notre conclusion en 2013 était la suivante :

- le RÉEL constaté dans le Journal caractérise la dérive religieuse de l’obédience que nombre de maçons de la GLDF ont dénoncé

- le FORMEL de l’ADN mentionné dans la Constitution de l’obédience constituant le contrat moral entre la  GLDF et le profane qui  frappe à la porte du temple N’EST PAS RESPECTÉ !

LA SPIRITUALITÉ ÉCOSSAISE EST-ELLE DÉISTE OU THÉISTE ?

La spiritualisation religieuse est présente de différentes façons dans les institutions maçonniques. Son terrain de prédilection est comme nous l’avons vu le Rite sans pour autant que l’institution soit « pieuse ». Ainsi le très chrétien RER est présent aussi bien à la GLFF qu’au GODF où existent des dizaines de loges le pratiquant. À l’opposé la GLNF est l’exemple type de l’obédience « pieuse » assumée affirmant et assumant sa référence au théisme, aux règles de la GLUA et offrant une démarche initiatique de mysticisme. Elle est multi-rites, mais tous ses rites sont d’inspiration religieuse.

En 2013, on pouvait nous adresser un procès d’intention à propos de notre affirmation de « dérive religieuse » au sein de la GLDF. En  2018 l’affirmation publique du Grand Commandeur du SCDF à propos du  « Déisme » du REAA conforte notre analyse faite cinq années plutôt et nous permet d’affirmer ce jour que la GLDF est  formellement et réellement  dans le champ religieux ! il n’y a donc plus d’ambiguïtés sur les fondamentaux de la GLDF et plus de déni possible de cette  réalité.

Mesurons le chemin parcouru par cette dérive entre l’année 1977 où Jean Verdun constatait « l’entrisme religieux » dans son ouvrage intitulé « Le Franc-Maçon récalcitrant » en ces termes : « Alors pourquoi depuis quelques temps, ces sournoises introductions d’affaires de religion dans les loges? »

À la GLDF la notion d’obédience est effacée au profit de l’ORDRE ÉCOSSAIS qui impose les bases et ukases de sa Spiritualité Écossaise qui est une véritable religion de substitution avec son dieu et la référence à la Bible qui est considérée par le commun des mortels comme le Livre de la Révélation. Désormais naît une nouvelle interrogation : ce Déisme de l’Ordre Écossais canal historique-Écosse n’est-il finalement que le cache sexe du théisme canal historique-Bâle ?

C’est la bonne question à poser au passé GM de la GLDF qui assurera prochainement cette conférence intitulée « La spiritualité sans Dieu … » pour le 15ème anniversaire de la Loge Victor Hugo.

LES MISÉRABLES

À la Loge Victor Hugo les conférenciers se suivent mais ne se ressemblent pas. Le mercredi 19 novembre 2014 avec la Loge  « Le Banquet » et une quarantaine d’autres, elle invitait Michel Barat, passé Grand-Maître de la GLDF, pour une Tenue commune. C’était la période où Barat, Verdun, les membres de la Loge Ar Vreur, Roger Dachez, Alain Bauer et tant d’autres maçons fustigeaient ceux qui vendaient » une chimère  aux Frères de la GLDF : faire muter du bar en poisson volant ! Ce soir là, le discours brillant de Michel Barat n’a pas totalement été écouté par un GM de la GLDF en titre qui s’esquiva avant la fin du propos,  pensant certainement que sous Victor Hugo perçait Waterloo, morne plaine…

La suite est connue : Décembre 2014 – Bâle tragique à la TGL : 1 mort.

Fin décembre 2014 Michel Barat tirait les conclusions du décès de cette CHIMÈRE en expliquant :

« Mais qu’on ne pense pas faire plaisir aux croyants en agissant ainsi. Au contraire, en affirmant que le GADLU est Dieu, les Églises vont penser que la franc-maçonnerie se pose comme une Église de substitution. Un Frère croyant serait très ennuyé si l’on va dans cette voie là, et un Frère agnostique de la même manière. Il ne faut pas emprunter ces voies. Chez nous s’il y a bien une invocation au GADLU ce dernier est librement interprétable par chacun des frères. La maçonnerie n’est pas une Église de substitution. Et quand on dit qu’elle est adogmatique, cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas des principes, mais c’est dire qu’elle n’a aucun concept ni enseignement sur ce que pourrait être le salut ou le non salut. »

« Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du feu. Enfer hindou, des flammes. A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur ». Victor Hugo

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