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vendredi 29 mars 2019

Agnès Varda, réalisatrice pionnière de la Nouvelle Vague, est morte | ARTE Cinema 29 mars 2019



Pour cette éblouissante leçon de cinéma, Agnès Varda revisite avec son inventivité coutumière ses inspirations et sa filmographie, livrant au passage un touchant autoportrait. Cette première partie couvre la période 1954-2000, où Agnès Varda se consacre au cinéma, entre fiction et documentaire. 

Cette première partie couvre la période 1954-2000, où Agnès Varda se consacre au cinéma, entre fiction et documentaire – et parfois les deux en même temps, comme lorsqu'un bateleur s'invite devant la caméra dans Cléo de 5 à 7. Filmer la majorité silencieuse (les commerçants de Daguerréotypes) ou une minorité en révolte (les Black Panthers), raconter le combat féministe (L'une chante, l'autre pas) comme l'errance d'une jeune fille dans Sans toit ni loi : la cinéaste commente ses inspirations, ses choix d'écriture et de tournage, et l'irruption, parfois tragique, du cours de son existence dans sa filmographie. La maladie de son compagnon Jacques Demy l'amènera ainsi à tourner le poétique Jacquot de Nantes.

"Cinécriture" Agnès Varda a donné sa première "Leçon de cinéma" en 2000, au Festival de Cannes. 

Depuis, beaucoup d’autres ont suivi. Ici, elle s'adresse à un public jeune, avec le désir évident de transmettre sa "cinécriture" (écriture cinématographique). Englobant sa carrière de cinéaste, de photographe et d'artiste, cette "causerie" s'enrichit d'extraits de films ou de séquences inventives illustrant le propos. Pour expliciter un travelling de Sans toit ni loi, Agnès se propulse par exemple dans le décor rural du film, juchée, avec la caméra, sur des rails, et bientôt rejointe par Sandrine Bonnaire. Elles évoquent ensemble le rôle, marquant, de Mona la vagabonde, rude héroïne que l'actrice a nourrie de sa propre révolte et de ses vraies ampoules aux mains ! Comme en témoignent les Cabanes de cinéma tapissées de pellicules en 35 mm – réconfortant acte de recyclage après l'avènement du digital –, cette amoureuse de la peinture trouve toujours l'équation visuelle pour traduire ses intentions, son rapport au réel et ses rencontres. Ouvrant en conteuse aguerrie les portes de son univers, dame Agnès livre, en filigrane, l'émouvant autoportrait d'une cinéaste de 90 ans, à la fantaisie teintée de mélancolie, toujours gourmande des autres et de ce qu'ils ont à raconter.

Agnès par Varda, causerie 1, un documentaire d'Agnès Varda (France, 2016, 52mn)

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