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mardi 12 février 2019

Europe : le moment de vérité avec l’invité exceptionnel Erri de Luca | France culture 11/02/2019

A partir de ce matin et jusqu'au scrutin européen du 26 mai, France Culture lance un dispositif exceptionnel pour décrypter les enjeux multiples de ces élections.



L'écrivain italien Erri de Luca 
Du 23 au 26 mai 2019 auront lieu les élections européennes. Brexit, succès électoraux des mouvements antisystèmes, crise sociale et difficultés économiques, ces thèmes sont au cœur d’une échéance électorale pleine d’incertitudes. 

En France, ces élections viendront sanctionner deux ans de présidence Macron sur fond de tensions politiques et sociales, alors que le Président de la République voulait incarner un nouveau leadership pour l’Europe. 

Pour préparer cette échéance politique cruciale, France Culture lance un dispositif exceptionnel qui s’ouvre ce matin, en proposant une série d’interviews de grandes figures intellectuelles dans Les Matins, mais aussi des décryptages, témoignages et reportages sur toute la chaîne, qui se dérouleront jusqu’au jour du scrutin. 

Ce matin, c’est à l’écrivain italien Erri De Luca que nous posons les grandes questions des enjeux du scrutin européen.

Les populismes sont approchables, les nationalismes non. En Europe, il y a des pousses nationalistes plutôt que populistes. Les qualifier de populistes, c’est leur donner de l’importance. 

Je ne peux pas dire qu’il s’agit d’un gouvernement en Italie. Les deux formations politiques sont en concurrence, réalisant une campagne électorale perpétuelle. Après les élections européennes, on imagine qu’ils vont se séparer.

Il y a un slogan des nationalistes qui dit : « D’abord les italiens ». Pour moi il y a un manque de suite à cette proposition, car il ne faut pas oublier qu’il y a plus de cinq millions d’italiens qui ont fui l’Italie. 

Je peux m’excuser au nom des citoyens italiens, ce n’est pas compréhensible qu’un membre du gouvernement italien vienne en cachette en France rencontrer un membre d’un parti politique d’opposition, sans passer par un dispositif diplomatique. Luigi Di Maio a agi comme un analphabète des relations diplomatiques avec un pays ami. 

Il manque un représentant consistant de la gauche en Italie : il y a le maire de Naples et celui de Palerme qui représentent des valeurs de justice sociale, mais ils n’ont pas encore décidé de faire le pas de créer une formation politique. 

Je suis un napolitain européen. Le poulpe a trois cœurs, comme la méditerranée : Naples est un de ces nombreux cœurs de la méditerranée. Comme écrivain, je suis européen : j’ai été traduit en français quand il y avait encore une frontière et je suis passé à travers les frontières sans passeport grâce à la littérature. 

Homère dit que la Méditerranée est une « voie liquide » par laquelle circule la civilisation. L’Italie détient une partie du patrimoine culturel de l’humanité, mais ce patrimoine est arrivé par la mer, par exemple Naples a été fondée par les grecs. La Méditerranée doit rester une voie liquide ouverte.

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