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lundi 7 janvier 2019

5 janvier 2019 Communiqués Crèches de Noël dans les mairies : Les Talibans ne sont pas qu’à Kaboul ! | Libre Pensée

Les médias ont largement fait écho aux actions de la Fédération nationale de la Libre Pensée contre la présence des crèches catholiques dans les bâtiments de la République (Mairies, Départements, Régions).

Tout et surtout n’importe quoi a été proféré à l’encontre de la Libre Pensée dans cette affaire. La position des libres penseurs est pourtant simple : libre à chacun d’installer une crèche catholique à son domicile, dans une église, une chapelle, un magasin,  un jardin ou sur un marché de Noël,  voire un emplacement public (à condition que cela soit sans financement par les fonds publics et que l’installation soit temporaire, (sinon, elle aurait rang de monument fixe et durable et cela serait prohibé par l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat). Il y a tellement de places libres dans les églises, que l’on a du mal à comprendre pourquoi il faudrait héberger « le petit Jésus » dans les bâtiments officiels de la République.

Non seulement, les libres penseurs ne diront rien contre cet usage d’installation de crèches hors des bâtiments officiels, mais au cas où cette liberté serait menacée, ils seraient les premiers à lutter contre cette interdiction, car ils sont partisans de la liberté absolue de conscience. Chacun a le droit d‘exprimer ses opinions.
Autre chose est de « marquer religieusement » les mairies et les Hôtels des départements et des régions, par un signe ostensible et ostentatoire d’une religion particulière (la crèche, c’est une scène de la Nativité de Jésus). Si la République « ne reconnaît  pas les religions »,  cela veut dire qu’elle ne leur ouvre aucun droit qui les distinguerait des autres opinions. Personne ne peut prétendre sérieusement qu’une crèche avec Marie, Joseph et Jésus ne soit pas la marque ostensible de la religion catholique. Prétendre le contraire serait prendre les citoyennes et les citoyens de ce pays pour des ânes et des bœufs.

Qui veut ré-évangéliser la République ?

C’est bien une volonté politique de certains de marquer du sceau du catholicisme la République qui s’en est séparée définitivement en 1905. Contrairement aux billevesées de Robert Ménard et de maires d’extrême-droite, de droite et de « gauche », les crèches catholiques ne sont pas une « tradition » dans les mairies. La plus ancienne présence d’une crèche dans un bâtiment officiel de la République est attestée au Conseil départemental de Vendée (c’est déjà tout un programme) et cela date de 30 ans, grâce aux lois de décentralisation votées par la «gauche ».

La tradition des « crèches provençales » ne trouve pas non plus sa réalité historique dans les mairies, car  elles étaient « traditionnellement » dans les églises et les domiciles des particuliers. Là, aussi, la « tradition » est évoquée pour une bien mauvaise cause. Si, ici où là, la présence de crèches dans des bâtiments officiels a pu être parfois « avalisée » par des tribunaux administratifs, gageons que la justice devra à nouveau se pencher sur cette notion de « tradition » pour remettre les pendules à l’heure.  On ne tardera pas alors à comprendre  qu’il s’agit d’une victoire à la Pyrrhus.

Qu’est-ce qu’une tradition ? C’est selon le Larousse et le Littré : une action, une manière d'agir ou de penser " transmise depuis des générations à l'intérieur d'un groupe ; exemple : Cette fête est une tradition régionale." La Libre Pensée ira jusqu’au bout de sa démarche judiciaire pour faire formuler par les tribunaux qu’une pratique de 30 ans n’est pas une « tradition » à retenir comme élément juridique. Que chacun se le tienne pour dit.


Le Taliban de Béziers

Nous sommes dans une situation de cléricalisme inversé. Ce n’est plus la religion qui instrumentalise le politique, c’est le politique qui instrumentalise la religion. C’est la même démarche que les « terroristes islamistes » : ils veulent dicter leur politique à la religion. Ce sont des Elus politiques qui, pour des basses besognes électorales, cherchent à se faire passer pour plus catholiques que le pape lui-même. On constatera d’ailleurs le grand silence de l’épiscopat catholique, au plus haut niveau, sur l’affaire des crèches. S’il y a des « ravis de la crèche», ils ne sont visiblement pas tous dans le clergé.

Pour arriver à leurs fins,  ces Elus veulent plier l’Histoire à leurs volontés politiques en tentant d‘imposer que la seule véritable historicité de notre pays est dans le catholicisme, au mépris de toutes ses racines gréco-latines, païennes, révolutionnaires, et des peuples qui y vivent.

De ce point de vue, ces mêmes Elus (Ménard, Ravier, de Villiers, etc..) se comportent comme les Talibans d'Afghanistan qui tentent de manière dérisoire de réécrire l'Histoire à leur profit, en détruisant les statues de Bouddha. Ils veulent faire passer le même message que les djihadistes islamistes : « on est chez nous et dehors les étrangers ». C’est la Charia catholique.

C’est la volonté réactionnaire d’affirmer une « identité » contre celle des autres. Si cette volonté s’imposait comme doctrine politique, cela ne pourrait déboucher à terme que sur des affrontements communautaristes. Ces gens-là sont des irresponsables et des fous dangereux. Même s’ils ne savent pas ce qu’ils font, personne ne leur pardonnera de mettre notre pays à feu et à sang pour leurs intérêts politiques.

La Fédération nationale de la Libre Pensée gagne quasiment tous ces recours, à tous les niveaux de juridiction, car elle se place dans une vision de liberté de la loi de 1905. Les libres penseurs ne sont pas des iconoclastes qui veulent éradiquer la religion par la force. Leur seule arme est la raison et le respect du principe de Séparation des Eglises et de l’Etat. Les Talibans, ce sont les xénophobes de droite comme de gauche qui veulent imposer leur vision du monde à la société toute entière (les nazis appelaient cela la Weltanschauung).

La Libre Pensée ne peut que se féliciter de voir des Préfets agir dans le sens des arrêts du Conseil d’Etat (sollicité par la Libre Pensée) et interdire la présence de crèches catholiques dans les bâtiments de la République. Il y a des maires qui refusent de respecter la loi laïque et qui rusent en permanence. Mais force restera à la loi de 1905.

En essayant de mystifier la loi laïque, ils ne se rendent pas compte, qu’en dernier ressort, ils donnent raison à la Libre Pensée dans son action de défense de la laïcité. Tout ce qui s’avance masqué est suspect par définition. Certains Elus se croient plus malins en installant des crèches sans le « petit Jésus » pour faire passer cela pour des santons de Provence. Mais là aussi, c’est donner raison à la Libre Pensée sur le fond, puisqu’ils doivent « effacer » la présence religieuse dans la crèche. Jupiter rend fou ceux qu’il veut perdre.

Par ailleurs, il arrivera bien le moment où ils devront rendre des comptes quant à leur utilisation des fonds publics pour leur sale besogne. Voici ce qu’en dit le Groupe de Béziers de la Libre Pensée : « Combien de temps encore, verra-t-on une ville délabrée, dirigée par des maires (sur plusieurs mandats) dépensant 600 000 euros de frais de justice, des dizaines de milliers d'autres euros en campagne d'affichage, en crèches catholiques et autres panoplies de propagande douteuse ? 600 000 euros de frais de justice, de crèches et d'affiches communautaristes : cet argent ne devrait-il pas servir les citoyens ? La ville de Béziers n’est pas la propriété personnelle dont il (Robert Ménard) peut disposer comme bon lui semble. Il y a des lois dans la République, elles doivent être respectées. »

En définitive, ils rendent un bien mauvais service à « la cause » qu’ils prétendent défendre. L’abus ne justifie rien. Le crime antilaïque ne paiera pas.

Ni Ménard, ni Macron : Ne touchez pas à la loi de 1905 !

Paris, le 5 janvier 2019

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