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jeudi 20 décembre 2018

"Le Dernier Jour d'un condamné" de Victor Hugo



Le Dernier Jour d'un condamné

À 26 ans, Victor Hugo rédige "Le Dernier Jour d'un condamné". Au fil des pages, la mort se fait attendre dans un climat d'angoisse saisissante. Comment l’attente, dans ce récit, se met-elle au service de la cause d’Hugo, celle de l'abolition de la peine de mort ?

En 1828, Victor Hugo rédige en deux mois et demi Le Dernier Jour d'un condamné, un roman à thèse engagé sous forme de journal où un homme raconte sa condamnation, ses séjours en prison, le voyage vers l'échafaud... 

De son crime, nous ne saurons rien. Nous suivons sa vie intérieure, ses émotions, ses angoisses face à l'attente de la mort.
Le Dernier Jour d'un condamné est publié à un moment où la peine de mort est un véritable sujet d’actualité, véritable débat philosophique.
Aux côtés de Chateaubriand, Lamennais, Lamartine, Victor Hugo s'engage pour l'abolition de la peine de mort, ce roman en est le plaidoyer.

L'invité du jour :

Arnaud Laster, universitaire, spécialiste de Victor Hugo, et président de la Société des Amis de Victor Hugo

Un roman d'une modernité extrême

Avec "Le dernier jour d’un condamné", Victor Hugo tente quelque chose de tout à fait extraordinaire qui est une étape vers la modernité la plus extrême : il prend un personnage, lui fait écrire à la première personne du singulier sans que l’on sache son nom, ce qu’il a fait pour en être arrivé là, et il va nous amener jusqu’à l’instant où on va l’emmener à l’échafaud… Dans la littérature, c’est tout à fait neuf et c’est vraiment une des dimensions de ce texte qui aujourd’hui encore, est reconnu comme tout à fait novatrice. Arnaud Laster

Le combat de Victor Hugo contre la peine de mort

"Le dernier jour d’un condamné" aura des suites dans la littérature de Hugo comme "Claude Gueux" qui est publié 5 ans après, dans la ligne de ce combat qu’entreprend Hugo contre la peine de mort et qui va être un combat constant, permanent, dans son existence. C’est aussi une mise en question des conditions d’incarcération, la prison pouvant couver elle-même de nouveaux crimes. Arnaud Laster

Tendre un miroir aux lecteurs


Je ne crois pas qu’on ait fait quoi que ce soit d’équivalent avant qu’aille aussi loin Hugo dans l’impersonnalité du narrateur et en même temps qui prenne à témoin le lecteur jusqu’à lui faire s’identifier à cet homme. C’est peut-être parce qu’on en sait peu sur son passé que chacun peut se reconnaître en lui. C’est chez Hugo une préoccupation permanente : dans la préface des "Contemplations", beaucoup plus tard, il aura cette phrase : « Ah ! Insensé, qui crois que je ne suis pas toi ! ». Ceux qui voudraient faire de Hugo un homme qui se situe à part se trompent, il y a une volonté de tendre un miroir aux lecteurs et aux lectrices. Arnaud Laster

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