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lundi 17 décembre 2018

Citoyenneté sexuelle et émancipation | CAL 21/10/2018



En un peu plus d’un demi-siècle, la sexualité a connu des bouleversements majeurs. Elle s’est installée durablement dans l’espace public, devenant une question politique essentielle de nos sociétés occidentales. Accès libre à la contraception, accès à l’interruption volontaire de grossesse, majorité sexuelle, ravages et prévention du sida, criminalisation du viol, reconnaissance légale d’unions homosexuelles, mixité scolaire, mais aussi éducation sexuelle à l’école…

La sexualité s’invite dans le débat citoyen et dans le cursus scolaire

L’émergence de l’éducation sexuelle à l’école est intimement liée à l’histoire des centres de planning familial en Belgique. Mais quelle est leur histoire? Quels sont leur rôle et leurs missions, les interactions avec les différents acteurs, les difficultés et les opportunités en 2018? Comment garantir à chacun.e les conditions de l’exercice de sa liberté sexuelle?

Les réponses sont apportées par :

Valérie Piette, co-directrice de STRIGES, auteure avec Fabienne Bloc, aux Éditions Liberté j’écris ton nom, du livre Jouissez sans entraves. Sexualité, citoyenneté et liberté en 2016, dans lequel les deux auteures interrogent l’éducation à la sexualité, le rôle des plannings et de l’EVRAS (éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle).

Myriam Dieleman, socio-anthropologue de formation, spécialisée dans le domaine de la santé sexuelle ainsi que sur les questions de genre et sexualité. Elle assure actuellement la mission de coordination de l’équipe du Pôle Activités de la FLCPF (Fédération laïque des centres de planning familial).

Cecilia Vieira Da Costa, psychologue, formatrice EVRAS et formatrice de formateurs, elle travaille au planning familial AIMER de l’ULB.

Nelly Chellum, docteur en médecine, gynécologie et obstétrique, en plus de pratiquer une médecine générale complète, elle a suivi une formation en planning familial et travaille à la Free Clinic.
« L’institutionnalisation des plannings et donc une forme de normalisation est l’aboutissement de longs combats. Mais il serait totalement illusoire de croire que tout est gagné. Une vigilance accrue s’impose car il est des réveils plus difficiles que d’autres », note Valérie Piette dans son ouvrage. En effet, il faut faire face aux lobbys religieux, aux discours des anti-choix qui font aussi du prosélytisme dans les écoles chez nous en dispersant des contre-vérités, leur influence est grande.

Un label EVRAS

Les travailleurs de terrain (85% de femmes) réclament un label EVRAS afin d’assurer un enseignement de qualité, uniforme à tous les réseaux et dispensés par des personnes formées a cet effet. Ce n’est pas chose aisée même si un protocole a été mis en place par la Fédération Wallonie Bruxelles obligeant toutes les écoles a organiser des cours d’éducation sexuelle. Mais bien souvent il ne s’agit que d’une heure sur toute la scolarité, ce qui est nettement trop peu pour aborder les thématiques vastes et complexes que demande une bonne éducation sexuelle.

Parler positivement de sexualité tout en faisant de la prévention, c’est l’enjeu majeur des assistants sociaux, médecins, infirmiers et psychologues sur le terrain.

Connaître son corps et respecter celui de l’autre c’est un pas vers plus de citoyenneté et d’humanité.

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