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mercredi 14 novembre 2018

Lou Andreas-Salomé ou le désir d’être tout



Outre sa présence aux côtés de Nietzsche, de Rilke et de Freud, que sait-on de Lou Andreas-Salomé ?

Le philosophe, le poète et le psychanalyste ont en effet bénéficié de l’intelligence et de la beauté solaire de cette femme d’origine russe, née à Saint-Pétersbourg en 1861.

Tour à tour muse, romancière, psychanalyste et interlocuteur privilégié des plus grands penseurs de son temps, Lou Andréas-Salomé fut la disciple de Nietzsche, l’amante de Rilke et la confidente de Freud. Objet de fantasmes et de légendes, on la présenta comme une mangeuse d’hommes, véritable Messaline pour certains, Reine Vierge pour d’autres, et cette image a longtemps dissimulé celle de l’écrivain, célébré à Paris, Vienne et Berlin, bercé par la philosophie de Spinoza et de Kant, la femme libre, voyageuse, profondément spirituelle.

La petite Liola von Salomé naît à Saint-Pétersbourg en 1861, l'année où le servage est aboli en Russie. Elle grandit au sein d'une société brillante et bénéficie d'une formation d'exception auprès du pasteur hollandais Hendrik Gillot. Ce prédicateur adulé tombe fou amoureux d'elle et la demande en mariage. Premier amour, premier refus. La jeune femme de 19 ans tient à sa liberté et part poursuivre ses études en Suisse.

A Rome, elle rencontre le moraliste Paul Rée puis le philosophe Friedrich Nietzsche. Tous deux demandent sa main. En vain. Lou a d'autres projets : elle leur propose de former une « Trinité » intellectuelle, véritable communauté d'esprits qui ne verra jamais tout à fait le jour.

A l'aube du 20ème siècle, elle rencontre celui qui deviendra son amant et l'un des plus grands poètes de son temps, René Maria Rilke. Leur passion durera trois ans, leur amitié plus de vingt.

La dernière grande rencontre de la vie de Lou a lieu en 1911 au Congrès de psychanalyse de Weimar. Lou fait la connaissance de Freud et se plonge à corps perdu dans l'exploration de l'inconscient et de la psyché féminine. Le père de la psychanalyse accueille en Lou l'écrivain consacré : il sera le grand confident et le soutien indéfectible de ses dernières années, La postérité a fait de Lou une figure de l’égérie, la muse par excellence, mais elle a oublié ses écrits. Une œuvre riche, complexe, restée dans l’ombre d’une vie dense et intense. On connaît la relation passionnée que Lou a entretenu avec Rilke, de quatorze ans son cadet. On connait moins l’influence profonde, déterminante, qu’elle a eue sur sa poésie. On en a fait la seule femme jamais aimée par Nietzsche et on a mis de côté ses réflexions, novatrices, sur le narcissisme et la sexualité féminine. Sainte ou femme fatale, mystique ou demi-mondaine, Lou Andréas-Salomé demeure une énigme que seuls ses écrits et son immense correspondance semblent en mesure d’éclaircir.

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