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lundi 19 novembre 2018

Erasme, l'Européen

Erasmus von Rotterdam,
 peint par Hans Holbein (1528)


Qu'est-ce que cet homme, très illustre en son temps, peut encore avoir à nous dire aujourd'hui ? 

Il développa, par dessus tout, une réflexion durable sur les horreurs de la guerre et sur les moyens de préserver la paix, cette paix toujours menacée, en son temps comme au nôtre.

J'ai rencontré l'autre jour deux étudiants qui se montraient fort heureux de tirer avantage d'Erasmus, ce précieux programme d'échanges universitaires d'un pays à l'autre en Europe. Ils étaient persuadés que ce nom correspondait à un de ces nombreux sigles que les administrations excellent à inventer et qu'ils s'avouèrent d'ailleurs incapables de décrypter eux-mêmes.

Cela m'a été un signal d'alerte sur une nécessité intellectuelle et civique : celle de restituer à Érasme, dans cette émission, et en perspective des prochaines élections au Parlement de Strasbourg, sa haute figure d'humaniste européen. De rechercher ce que cet homme, très illustre en son temps, à la rencontre des XVe et XVIe siècles, peut encore avoir à nous dire, au fil de son destin spécifique, au fil dune œuvre puissante et de vaste dimension qu'enrichissent tous les procédés de l'érudition, de la conviction, de la chaleur  et de l'ironie.

Ce qu'il peut nous dire quant à la circulation, sur notre continent, des idées et des écrits, des espérances et des angoisses, des générosités et des haines.

Il porta une foi religieuse qui était ardente à préserver, contre toutes les formes du cléricalisme, les exigences d'une pensée libre. Il marqua le souci d'une pédagogie qui se dégageât des vieux oripeaux d'un conformisme répétitif. Il incarna la conviction que seule une culture de longue main s'abreuvant aux sources magnifiques de l'Antiquité pouvait porter l'Europe à son meilleur.

Il développa, par-dessus tout, une réflexion durable sur les horreurs de la guerre et sur les moyens de préserver la paix, cette paix toujours menacée, en son temps comme au nôtre, et qui semblait à Érasme le plus précieux des biens de l'humanité.

Afin d'évoquer tout cela, j'ai invité Marie Barral-Baron. Maître de conférences en histoire moderne à l'Université de France-Comté, à Besançon, où elle est rattachée au Centre Lucien Febvre, elle a consacré récemment un ouvrage reconnu à notre grand personnage. Il s'agit de L'Enfer d’Érasme, l'humaniste chrétien face à l'Histoire, un titre qui paraît bien destiné, d'entrée de jeu, à stimuler la curiosité.

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