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mercredi 31 octobre 2018

Steve Bannon, invité vedette du congrès du FN : « L’Histoire est de notre côté » | Le Monde

L’ancien conseiller de Donald Trump était l’invité vedette du congrès du parti d’extrême droite, qui se tient à Lille jusqu’à dimanche. Steve Bannon et la présidente du Front national, Marine Le Pen, devant les militants du FN, le 10 mars à Lille.

« L’Histoire est de notre côté et nous propulsera de victoire en victoire. » Encadré par deux drapeaux américains, l’ancien conseiller du président américain Donald Trump, le controversé Steve Bannon, était l’invité vedette du XVIe congrès du Front national (FN), samedi 10 mars. « Vous faites partie d’un mouvement mondial qui est plus grand que la France, plus grand que l’Italie, plus grand que la Pologne, plus grand que la Hongrie », a entonné le stratège, qui se définit lui-même comme « populiste et nationaliste ».

Incarnation de la droite américaine la plus dure, M. Bannon, dont la venue avait été annoncée à la dernière minute, vendredi soir, avait dirigé la fin de la campagne présidentielle de Donald Trump avant de devenir son conseiller à la Maison Blanche pendant sept mois.

« Pas exactement la définition de la dédiabolisation »

Un personnage polémique, soutenu par les milieux suprémacistes américains, invité par un FN qui cherche à rassurer en couronnant sa « refondation » d’un nouveau nom pour conquérir de nouvelles alliances et de nouveaux électeurs…

Jean-Marie Le Pen - membre cofondateur exclu pour ses propos polémiques sur la Shoah et le maréchal Pétain, et dont la présidence d’honneur doit être supprimée dans les nouveaux statuts de la formation frontiste - n’a pas manqué de pointer le paradoxe, samedi, auprès de l’Agence France-presse (AFP) : « J’ai plutôt de la sympathie pour Bannon [mais] je pense que [sa venue] n’est pas exactement la définition de la dédiabolisation. »

Le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement et délégué général de La République en marche (LRM), Christophe Castaner, a quant à lui qualifié M. Bannon (ancien directeur du site Breitbart, connu pour relayer régulièrement de fausses informations) de « roi des “fake news” et des suprémacistes blancs ». Il a ajouté ne pas être « surpris » de sa venue. « Changement de nom, mais pas de ligne politique ! », a-t-il par ailleurs écrit dans un tweet.

« Laissez-les vous appeler racistes »

Tout en convenant qu’« il est dérangeant, probablement », le porte-parole du FN, Sébastien Chenu a de son côté estimé samedi matin sur France Inter que l’ex-conseiller de Donald Trump « incarne pour nous le rejet de l’establishment, de l’Union européenne [UE], du “système” politico-médiatique ».

Et Steve Bannon ne l’a pas démenti à la tribune, faisant siffler les journalistes, taxés ici de « chiens », ou là de « parti médiatique d’opposition. » « Laissez-les vous appeler racistes, xénophobes, islamophobes… Portez-le comme un badge d’honneur parce que chaque jour qui passe nous devenons plus forts, et eux s’affaiblissent », a-t-il lancé à l’adresse des adhérents frontistes.

Marine Le Pen, au premier rang du public, n’en finit plus de sourire. Elle qui ne cesse depuis des semaines de dénoncer une « guerre médiatique » à son encontre. « J’ai l’impression que la presse se paye l’opposition », déclarait-elle encore jeudi.

Mais « l’idée n’est pas de faire [de M. Bannon] un allié », se défendait-elle, samedi en glissant son bulletin de vote pour les nouveaux statuts, juste « d’entendre un personnage qui contre toute attente a gagné contre les pronostics. »

« La France est très chanceuse »

Il ne faudrait donc voir dans la visite de M. Bannon qu’un simple « témoignage », ajoute Jean-Lin Lacapelle, secrétaire général adjoint aux fédérations pour qui cette venue « montre que Marine Le Pen a un vrai réseau, et aussi à l’international ». Un témoin à qui le FN a déroulé le tapis rouge, samedi : table d’honneur au dîner de gala, et conférence de presse commune… où la première question s’est orientée vers une autre Le Pen.

M. Bannon avait en effet, en juillet 2016, qualifié l’ex-députée de Vaucluse, Marion Maréchal-Le Pen, de « nouvelle étoile montante » de l’extrême droite. « Considère-t-il Marine Le Pen comme déclinante ? », attaque une journaliste.

Et Steve Bannon de répondre en encensant… la nièce. Il l’a rencontrée au lendemain de son discours remarqué devant les conservateurs américains – « Le meilleur discours après celui du président Trump ! » « L’une des personnes les plus impressionnantes de la planète », « La France est très chanceuse »… Les compliments n’en finissent plus.

Question suivante. « Cela vous fait plaisir d’entendre ça, Mme Le Pen ? » Marine Le Pen reprend le micro, expliquant à son invité que les journalistes, encore eux, tentent de créer une concurrence entre les deux femmes, qui n’existe pourtant pas. Sourire gêné de M. Bannon, qui déclenche sa réponse automatique : « C’est ce qu’on appelle une “fake news” ! » Le problème d’un témoin est qu’il peut toujours se montrer gênant là où on ne l’attend pas.

52 % des militants du FN favorables à un changement de nom

Les militants du Front national se sont prononcés à 52 % en faveur d’un changement de nom, a annoncé samedi Sébastien Chenu, porte-parole du parti, alors que cette courte majorité a été mise en doute vendredi.

Les militants sont par ailleurs à 67 % favorables à une sortie de l’euro en estimant toutefois que cette question ne doit plus être « prioritaire » ; Les militants sont aussi à 90 % favorables à l’organisation d’un référendum « sur l’appartenance de la France à l’Union européenne ».
La sortie de l’euro a divisé le parti ces derniers mois. L’ex numéro deux du parti Florian Philippot, qui a claqué la porte du FN en septembre, avait plaidé pendant la campagne présidentielle pour une sortie immédiate de l’euro.

Sans surprise, les militants se sont prononcés quasi unanimement (98% contre 1%) pour réduire l’immigration « à un niveau incompressible », thème fédérateur dans ce parti.

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