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mardi 30 octobre 2018

Robespierre : l'homme qui nous divise le plus, par Marcel Gauchet Gallimard, 2018 | Alain Finkielkraut


L'image de Robespierre léguée à la postérité est celle d'un monstre, mais la lucidité et la connaissance historique demandent-elles de creuser plus profond et de le réhabiliter au moins partiellement ?

Robespierre, l'homme qui nous divise le plus tel est le titre du dernier livre de Marcel Gauchet. L'incorruptible, en effet, a ses inconditionnels et ses détracteurs farouches. Autant le dire tout de suite j'appartiens à la seconde catégorie. Non que je considère Robespierre comme un monstre, Jean-Clément Martin a achevé de me convaincre dans la biographie qu'il lui consacre, que cette image a été fabriquée et léguée à la postérité par la propagande thermidorienne. Ce que je pense c'est que Robespierre a été paradoxalement conduit à l'inhumanité par le sentiment d'humanité. Il n'était pas sans cœur, il débordait d'amour. Et le zèle compatissant l'a rendu implacable.

"Nous sommes tendres pour les oppresseurs parce que nous sommes sans entrailles pour les opprimés, lance-t-il à la tribune de la Convention, ou ceci indulgence pour les royalistes s'écrient certaines gens, grâce pour scélérats non grâce pour l'innocence, grâce pour les malheureux, grâce pour l'humanité".

Pour le dire avec les mots d'Hannah Arendt "la pitié comme ressort de la vertu s'est révélée à travers lui posséder un potentiel de cruauté supérieur à celui de la cruauté elle-même."

Voilà brièvement résumée ma conviction sur Robespierre mais je suis bien moins calée que mes invités.

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