Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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dimanche 16 septembre 2018

Biographie. Hildegarde de Bingen, mystique mythique, par Zoé Courtois | LE MONDE

Hildegarde de ­Bingen (1098-1179)
Pascale Fautrier découvre en la sainte bénédictine (1098-1179) une femme de politique autant que de religion

Hildegarde de Bingen. Un secret de naissance, de Pascale Fautrier, Albin Michel, 350 p., 22 € (en librairie le 19 septembre).

C’est sûr, l’histoire aurait été plus remarquable encore si Hildegarde de Bingen (1098-1179) était réellement née pauvre, dans un modeste village de Rhénanie-Palatinat, et qu’elle s’était hissée, seule, à force de travail et de visions mystiques, au rang d’abbesse de Disibodenberg, le monastère où elle a composé d’admirables pièces liturgiques, inventé une langue complexe parlée d’elle seule et écrit deux traités de médecine.

N’en déplaise aux inconditionnels de la méritocratie, on saura désormais qu’Hildegarde est née noble, au sein d’une famille riche et puissante, dans la forteresse de Böckelheim. Une correction biographique fondamentale, à laquelle Franz Staab (1942-2004), historien de l’université de Coblence-Landau (Allemagne), a travaillé jusqu’à sa mort.

Selon Pascale Fautrier, qui poursuit ses travaux, le « secret de naissance » de la bénédictine est essentiel : il permet de comprendre que sa prodigieuse carrière religieuse est avant tout due à son appartenance à la classe dominante. Plus largement, cette découverte rend possible une meilleure mesure de l’interpénétration du fait politique et du fait religieux au XIIe siècle.

Fine stratège

Oblitérer le politique dans la vie de la moniale, ce serait par exemple ne lire dans ses lettres, quand son amie intime, la moniale Richardis de Stade, quitte l’abbaye, que l’amertume d’un cœur amoureux blessé et non le sentiment de trahison d’une aristocrate qui voit se retirer, en même temps que Richardis, le soutien de la famille noble de celle-ci. Les manœuvres d’Hildegarde, au demeurant, sont plus souvent couronnées de succès.

Grâce à l’appui de sa famille à Böckelheim, la mystique obtient notamment l’autorisation de la papauté pour déménager son abbaye dans un endroit plus lucratif, à Bingen, sous le couvert d’une nouvelle inspiration divine. Hildegarde, fine stratège, n’hésitait pas à jouer l’atout de son lignage, qui eut un rôle primordial dans le grand succès que connut l’abbaye.

Il est difficile néanmoins, pour la férue de l’histoire intime qu’est Pascale Fautrier, de ne s’en tenir qu’à l’analyse du facteur politique pour expliquer la genèse du formidable élan artistique, spirituel et intellectuel d’Hildegarde, elle qui deviendra en 2012 la quatrième femme docteure de l’Eglise.

S’ensuit alors, sur quelques pages surprenantes dans un ouvrage aussi solidement scientifique, une rêverie fictionnelle. Enfant, Hildegarde s’est-elle abîmée dans la contemplation d’une immense tapisserie représentant son homonyme, la reine Hildegarde de Vintzgau ? Se peut-il que ce moment soit à l’origine de son étonnant destin ?

Dans cette biographie, qui interroge notre « besoin de croire », Pascale Fautrier corrige et réajuste les mythes entourant Hildegarde, sans abolir tout à fait le mystère qui entoure la bénédictine.

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