RECHERCHER DANS CE BLOG

dimanche 18 juin 2017

"Je n’aime pas l’homme, j’aime la flamme qui le brûle." Níkos Kazantzákis (Encyclopædia Universalis)

KAZANTZAKI NIKOS

Un nihiliste ?
« Où allons-nous ? Est-ce que nous vaincrons ? Pourquoi toute cette lutte ? Ne pose pas de questions ! Bats-toi ! » Ainsi à peu près, parlait Zarathoustra ; on reconnaît facilement la voix du nihiliste nietzschéen. Mais cette voix, allant de pair avec un nationalisme intransigeant, était la dominante dans la Grèce de la première décennie du XXe siècle. Kazantzáki ne faisait qu'écouter son cœur, son milieu et son temps.

Il était né à Héraclion, en Crète ; son enfance fut marquée par les insurrections crétoises (1889, 1897-1899) qui obligèrent sa famille à se réfugier au Pirée ou à Naxos. Un demi-siècle plus tard, il évoque les luttes de son île dans La liberté ou la mort dont son père Michalis, petit commerçant et propriétaire, est le redoutable héros. Étudiant en droit à Athènes, Kazantzáki débuta dans les lettres avec une œuvre dramatique. Deux ans plus tard, en 1908, il suit les cours d'Henri Bergson au collège de France, terminant sa thèse sur Nietzsche (1909). C'était un choix décisif. Dans le « prologue » d'Alexis Zorbas, il nomme ceux qui demeurèrent ses maîtres jusqu'à sa vieillesse : Homère, Nietzsche, Bergson et Zorbas. Il est vrai que d'autres divinités vinrent s'ajouter à son panthéon : le Christ et Bouddha, les grands personnages historiques et littéraires, même Lénine et Trotski. Kazantzáki n'adorait que la grandeur, les vastes horizons de l'histoire, les sommets des montagnes, les individus à pas de géant. « Je n'aime pas l'homme, j'aime la flamme qui le brûle ! » D'où ses crises messianiques, ses ambitions frôlant parfois la mégalomanie. Le 16 octobre 1915, il écrit dans son Journal : « Je lis une biographie de Tolstoï. Son élévation m'émeut toujours ; la littérature ne lui suffit pas. Besoin de religion. Je dois partir d'où Tolstoï aboutit. »

Certes, créer une religion n'implique pas forcément la mort des dieux, surtout quand il s'agit pour l'homme de conserver « la flamme qui le brûle ».

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire