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mardi 30 octobre 2018

Réflexions sur la violence : Fondation de la société sur le bouc émissaire



A l’origine de ce mythe « sacrificiel », qui, pour René Girard, est nécessaire à la cohésion du groupe et à sa perpétuation, il y a le désir mimétique, avec sa triangulation (l’objet du désir, le désirant et le médiateur), que l’auteur met en valeur dans le processus d’émergence de la violence.

Dans le mythe d’Hiram, l’objet du désir c’est le « secret » que possède Hiram, en position de médiateur ; les désirants, ce sont les mauvais compagnons « possédés » par leur désir mimétique du « secret » d’Hiram. Le meurtre d’Hiram, élément central de la légende, se déroule comme un sacrifice rituel magnifié par la « réincarnation » d’Hiram dans un nouveau maître.

Le travail de René Girard, qui complète d’autres travaux importants sur les pulsions des groupes, permet de comprendre l’importance des mythes  et leur permanence sous des formes voisines dans les différentes civilisations. Il permet aussi d’observer le fonctionnement des loges et des obédiences, et en particulier leurs querelles historiques !

Mais la pensée girardienne permet aussi de « revisiter » l’importance du merveilleux défi de cet idéal de perfection que l’on nomme l’idéal maçonnique, idéal dans lequel la violence est évacuée par la revendication de l’individualité de chacun(e) dans la chaîne des solidarités et le traitement préventif de la violence par la pratique du rite.

Le sacrifice (le rituel) rejoue mimétiquement la crise et sa résolution, ceci pour conjurer le retour de cette crise. La victime sacrificielle est la première chose mise à la place d’une autre – le premier symbole. Le rituel répète la scène originaire où la communauté a frôlé le chaos ; il vaccine ainsi la société contre sa propre violence ; la culture va devenir possible.

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