Depuis sa création en 1833, le Grand Orient de Belgique défend la franc-maçonnerie dans sa dimension « adogmatique et progressiste ». Elle ne peut donc être assimilée à une église ou tout autre structure proposant une pensée unique. Elle n’est pas plus un parti politique ou une organisation syndicale. Bien qu’ancrée dans le monde réel, elle n’est pas pour autant un centre laïque. Elle est fondamentalement attachée à la liberté d’opinion, la liberté de conscience et réfractaire à toute instrumentalisation ou contraintes extérieures. Force, Sagesse et Beauté / Liberté, Égalité, Fraternité

Saisir des mots clefs à rechercher

samedi 25 juin 2022

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ La Russie et l’Ukraine, histoire partagée, mémoires divisées | Université de Genève 20 avr. 2015


Vu de Russie : Le tabou des soldats russes morts en Ukraine | FRANCE 24 24 juin 2022


Alors que la guerre en Ukraine entre dans son cinquième mois, les pertes de l’armée russe sont devenues taboues en Russie. Le dernier bilan officiel remonte au 25 mars et les médias russes suppriment leurs contenus relatifs à ces morts. La propagande, elle, forge le soutien des Russes à "l’opération spéciale" de Vladimir Poutine, notamment grâce au culte des "héros immortels" qui "défendent la Patrie".

vendredi 24 juin 2022

Guerre en Ukraine : « Il y a une filiation entre l’idéologie nihiliste qui a marqué la Russie au XIXe siècle et cette façon de mener la guerre » par François Galichet, professeur honoraire à l’université de Strasbourg | Le Monde 23/06/2022

Frappé par le caractère radicalement destructif de la stratégie russe, le philosophe François Galichet constate que, pour l’armée russe, « la destruction n’est pas un moyen mais une fin en soi ; et d’ailleurs elle s’applique à l’agresseur autant qu’à l’agressé ».

Ce qui frappe le plus, dans le conflit ukrainien, c’est la stratégie adoptée par les Russes. Elle se caractérise par une intention délibérée d’anéantissement, de destruction systématique et radicale. Assurément, toutes les guerres comportent des dommages causés à l’ennemi ; mais ils sont le plus souvent liés à des objectifs militaires, même s’ils entraînent des bavures.

Dans le cas de l’agression russe, en revanche, on a l’impression d’une entreprise d’annihilation totale du territoire à conquérir, civils et soldats, hommes, bâtiments et choses. Marioupol, Boutcha et bien d’autres villes martyres illustrent tragiquement cette volonté. Comme on l’a souvent souligné, c’est une stratégie déjà adoptée en Tchétchénie et en Syrie.

>>> Guerre en Ukraine en direct : l’armée ukrainienne a reçu l’ordre de se retirer de Sievierodonetsk, après des semaines de combats et « de bombardements incessants »

Habituellement, le conquérant vise à s’approprier les ressources du pays attaqué, ce qui le conduit à les préserver autant que possible, dans son propre intérêt. Ici, en revanche, on a le sentiment que le gain attendu ne compte pas du tout. La destruction n’est pas un moyen mais une fin en soi ; et d’ailleurs elle s’applique à l’agresseur autant qu’à l’agressé.

La pensée nihiliste comme principe de guerre

Les dommages causés à la Russie par la guerre (effets des sanctions, retrait des investisseurs étrangers, adhésion à l’OTAN de pays jusqu’ici neutres, renforcement de l’unité et de la défense européenne, etc.) sont de loin supérieurs à l’avantage éventuel que constituerait la conquête du Donbass. Mais ces dommages, si grands soient-ils, ne semblent pas compter.

Comment expliquer une telle attitude ? Un mot s’impose au spectacle de cette guerre militairement irrationnelle, économiquement aberrante, politiquement catastrophique : nihilisme. On sait que ce concept est né en Russie dans les années 1860 ; et on l’associe souvent à un mouvement marginal d’opposition au régime tsariste, vite disparu au profit de la contestation marxiste-léniniste qui aboutira à la révolution d’octobre 1917.

>>> « L’idée que Poutine puisse utiliser l’arme nucléaire m’obsède »

Or cette représentation est erronée. L’écrivain Ivan Tourgueniev (1818-1883), dans Pères et Fils, définit le nihiliste comme quelqu’un « qui ne veut rien reconnaître », « qui ne respecte rien » et « ne s’incline devant aucune autorité ». L’écrivain philosophe Alexandre Herzen (1812-1870) , dans un article de 1869, y voit « un esprit de purification critique » ; il associe le phénomène du nihilisme à la mentalité russe en tant que telle : « Le nihilisme est le fruit naturel, légitime, historique de cette attitude négative envers la vie qu’avaient adoptée la pensée russe et l’art russe dès ses premiers pas après Pierre le Grand. » Il ajoute : « Cette négation doit enfin aboutir à la négation de soi-même. »

Le nihilisme dans la nature de l’âme russe

L’analyse sera reprise par Fiodor Dostoïevski (1821-1881), qui écrit, parlant des Russes : « Nous sommes tous des nihilistes. » Le philosophe Nicolas Berdiaev (1874-1948), un siècle plus tard, le confirme : le nihilisme avait sa source dans l’âme russe et dans la nature de la foi proslave. C’était « le négatif photographique du sentiment apocalyptique russe ».

Albert Camus (1913-1960), dans L’Homme révolté, en précise les contours. Il y décèle « le sentiment, qu’on retrouvera jusque chez Bakounine et les socialistes révolutionnaires de 1905 que la souffrance est régénératrice ». Le critique littéraire Vissarion Bielinski (1811-1848), l’un des représentants de ce mouvement, affirme qu’il faut détruire la réalité pour affirmer ce qu’on est : « La négation est mon Dieu. »

>>> Guerre en Ukraine, en direct : « L’armée russe détruit et tue simplement », déclare le président Zelensky après la mort de quinze civils, dont un enfant de 8 ans, près de Kharkiv

On lui confère, écrit Camus, « l’intransigeance et la passion de la foi ». C’est pourquoi « la lutte contre la création sera sans merci et sans morale ; le seul salut est dans l’extermination ». Selon le théoricien politique Mikhaïl Bakounine (1814-1876), « la passion de la destruction est une passion créatrice ». Sergueï Netchaïev (1847-1882), son compagnon, « a poussé la cohérence du nihilisme aussi loin qu’il se pouvait » : désormais « la violence sera tournée contre tous au service d’une idée abstraite » ; les chefs de la révolution doivent détruire non seulement les ennemis de classe, mais aussi leurs propres militants, s’ils dévient de la ligne imposée.

Une démarche pas rationnelle prête à tous les sacrifices

Bakounine a contribué autant que Marx à la doctrine léniniste – et par conséquent à l’idéologie soviétique dont Poutine est imprégné. A travers cette filiation, le nihilisme continue à inspirer les dirigeants actuels de la Russie. Du nihilisme au communisme, et de celui-ci au panslavisme qui motive l’invasion de l’Ukraine, c’est la même idée abstraite qui justifie une volonté de destruction « purificatrice », le parti pris de la table rase, de l’apocalypse comme idéal politique et religieux, du néant érigé en principe d’action.

C’est pourquoi il ne faut pas prendre à la légère la menace nucléaire agitée par les dirigeants russes. De l’anéantissement de l’autre à l’anéantissement universel qui implique l’anéantissement de soi, la frontière est mince. Le nihilisme, conclut Camus, « étroitement mêlé au mouvement d’une religion déchue, s’achève en terrorisme ». Chez tous les héritiers du nihilisme, « le goût du sacrifice coïncide avec l’attirance de la mort » ; « le meurtre s’est identifié avec le suicide ».

>>> Guerre en Ukraine : « Près de 30 % des routes, ponts, ports, chemins de fer, aéroports ont été détruits »

Comment faire face à une telle idéologie ? La réponse n’est pas évidente. Mais il faut en tout cas éviter de considérer Poutine et ses sbires comme des conquérants rationnels, qui calculeraient les bénéfices et les coûts d’une agression, tel Hitler. Il y a une filiation entre l’idéologie nihiliste qui a marqué la Russie au XIXe siècle et cette façon de mener la guerre. Comme toute foi, elle est prête à tous les sacrifices, y compris le sien.

>>> Pierre Lellouche : « Ce qui était, au départ, un conflit local limité à l’Ukraine est devenu une guerre par procuration, non déclarée, entre l’OTAN et la Russie »

En ce sens, elle relève davantage de la radicalité djihadiste, dont elle partage les modes d’action et de pensée. La seule différence entre l’une et l’autre est une différence d’échelle : le terrorisme poutinien est un terrorisme d’Etat, et d’un Etat qui dispose d’un arsenal nucléaire susceptible de provoquer l’anéantissement de l’humanité. Jamais auparavant celle-ci n’a été confrontée à une telle situation. En ce sens, la guerre ukrainienne est une nouveauté absolue dans l’histoire.


François Galichet, professeur honoraire à l’université de Strasbourg, auteur de : Qu’est-ce qu’une vie accomplie ? (Odile Jacob, 2020)

Histoire de la sexualité de Michel Foucault ( cliquer sur l'image ) | France culture 20 Juin 2022

Épisodes

1) Sea, sex and sun

>>> “La volonté de savoir”, pourquoi voulons-nous tout connaître du sexe ?

Le sexe est-il le problème fondamental que les hommes ont à résoudre ? C'est ce que pense Foucault, qui en 1976 fait paraître le 1er tome de l"Histoire de la sexualité". La sexualité que nous découvrons en nous nous appartient-elle ? Ou est-elle construite, comme tout mécanisme d'assujetissement ?

avec : Daniele Lorenzini (professeur de philosophie à l'université de Warwick (Royaume-Uni), spécialiste de l'oeuvre de Michel Foucault).


2) Le plaisir, une stylisation de soi ?

>>> "Histoire de la sexualité" de Michel Foucault, à quoi bon se maîtriser ?

Si la construction du "je" est le résultat de normes qui s'imposent à soi, le plaisir peut-il me faire devenir un sujet autrement ? C’est ce que nous enseigne Foucault : en envisageant des plaisirs qui contrecarrent nos désirs, en modifiant son rapport à soi, dans le jeu, peut-on se "créer" ?

avec : Michaël Foessel (philosophe, spécialiste de la philosophie allemande et de la philosophie contemporaine, et professeur à l'école Polytechnique).


3) “Le souci de soi”, pourquoi la sexualité n'est-elle pas qu'un plaisir solitaire ?

>>> “Le souci de soi”, pourquoi la sexualité n'est-elle pas qu'un plaisir solitaire ?

En 1984 paraît "Le souci de soi" : mais quel rapport entre le plaisir et le souci ? Comment le souci de soi peut-il organiser nos pratiques sexuelles et donner une direction morale et même politique à nos existences ?

avec : Judith Revel (philosophe et traductrice, professeure de philosophie contemporaine à l’université Paris Nanterre, spécialiste de Michel Foucault).


4) “Les aveux de la chair”, le plaisir est-il coupable ?

>>> “Les aveux de la chair”, le plaisir est-il coupable ?

Comment et pourquoi le plaisir sexuel est-il devenu coupable ? Et est-ce à force de culpabiliser le plaisir qu’on le provoque et l’intensifie ?

avec : Frédéric Gros (Philosophe, essayiste, professeur de pensée politique à Sciences-po Paris).

lundi 20 juin 2022

Asie centrale : à la croisée des mondes - Le Dessous des cartes | ARTE 18 juin 2022


Dans le contexte de la guerre en Ukraine, l’Asie centrale est plus que jamais un épicentre géostratégique. Trente ans après la fin du bloc soviétique, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et le Turkménistan ont pu retrouver leurs racines historiques et identitaires.  Dans ce carrefour d’influences, les pays oscillent entre les géants russe, chinois, et européen, en essayant de maintenir des relations à parts égales avec chacun d'entre eux. Entre dissemblances et ressemblances, "Le dessous des cartes" explore ces pays, souvent méconnus, unis par une volonté commune d’échapper à la tutelle de Moscou.
 

Les ambiguïtés d’Israël envers Moscou : ami et ennemi à la fois | France Culture 29 mai 2022


Vu les liens nombreux, historiques, culturels, économiques, politiques qu’Israël entretient avec l’Europe et les Etats-Unis, vu l’identité juive du président ukrainien Volodymyr Zelensky, on pourrait attendre d’Israël un soutien clair aux Occidentaux.

Ce n’est pas le cas : Israël ne condamne la Russie que du bout des lèvres, se refuse à toute sanction contre le régime de Poutine, a tenté début mars une médiation entre Moscou et Kiev, refuse de livrer des armes à Kiev.

Et même lorsque la Russie franchit ce qui devrait une ligne rouge pour Israël : des propos sur l’antisémitisme de certains juifs ou sur le prétendu "sang juif d’Hitler" pour justifier ce qu’elle appelle son "combat contre le nazisme en Ukraine". Même à ce moment-là, Israël ne se fâche pas totalement. Alors comment expliquer cette attitude israélienne ? L’histoire et la sociologie jouent un rôle central. Pour Israël, Moscou est à la fois un ami et un ennemi.

dimanche 19 juin 2022

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ New management, souffrance au travail, de quoi l’évaluation est-elle le nom ? Roland Gori | 25 janv. 2019

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Russie : autopsie d'un Empire, par Bernard Guetta | Radio France 24 Mars 2022

Dans cette série en 6 épisodes, Bernard Guetta analyse l'éclatement de l'Empire russe dont la guerre d'Ukraine est le fruit.

Épisodes


>>> 1861, la trop tardive abolition du servage par le tsar Alexandre II (1/6)

Milieu XIXe siècle, la Russie tsariste se réforme et disparaît 60 ans plus tard au profit de l'URSS suite à la révolution de 1917. Un empire soviétique qui, après Staline, multiplie aussi les réformes, et s'effondre en 1991. Retour sur les grandes dates contemporaines qui ont fait l'histoire russe.


>>> 1991, l’année où Eltsine défait l’URSS pour s’emparer du Kremlin (2/6)

Boris Eltsine aurait-il acté la dislocation de l’URSS par les Accords de Minsk, sans même entrevoir les enjeux que cette libéralisation entrainerait sur le long terme, avec l'entrée de la Russie dans l'économie de marché et le rapprochement des ex-républiques vers l'OTAN ?


>>> 1956, la déstalinisation ébranle la foi communiste et fait trembler le bloc soviétique (3/6)

Il y a eu un pendant et un après Staline, dont la mort a été déterminante dans l'esprit géopolitique de l'URSS jusqu'en 1991. Le pays a longtemps nourri le souvenir d'une grande Russie, avant la libéralisation progressive de l'appareil soviétique et la dislocation de son empire territorial.


>>> 1968, l’année où le communisme cesse de faire rêver la jeunesse (4/6)

Pourquoi est-ce en 1968, que le communisme a cessé de faire rêver après avoir si longtemps été la religion du siècle ? Une année révolutionnaire qui a marqué le coup d'arrêt de l'influence géopolitique que la Russie exerçait jusque-là sur une grande partie du monde.


>>> 1980, l’année du premier syndicat libre du bloc soviétique (5/6)

Dans quelles circonstances la République populaire de Pologne parvient-elle à s'affranchir de l'URSS et à rompre progressivement avec le communisme soviétique ? Comment le syndicat "Solidarnosc" a permis de faire prévaloir la libéralisation et la transition pacifique du pays vers la démocratie ?


>>> 1985, l’année où Gorbatchev avait rêvé de sauver la Russie de la faillite communiste (6/6)

Analysons pourquoi il faudra encore du temps à la Russie pour s’ancrer définitivement dans cette modernité dont elle est en quête depuis la libéralisation engagée par Mikhaïl Gorbatchev en 1985. Car sortir pacifiquement du communisme devait nécessairement prendre plus de temps que prévu.


L'équipe

Bernard Guetta, Production

Frédéric Milano, Réalisation

Anna Massardier, Collaboration

jeudi 16 juin 2022

Le Nouveau Désordre Mondial | Investigations et Enquêtes 8 avr. 2022


Conséquence de l’affaiblissement de l’Union soviétique, la chute du mur, qui met symboliquement fin à la guerre froide, retentit en 1989 comme la victoire totale du "monde libre" sur le communisme. D’abord stupéfaits, les Occidentaux ont alors voulu croire que les événements leur assureraient la suprématie politique sur le reste du monde. Pourtant, force est de constater que "la nouvelle ère", annoncée par le président Bush père, le 11 septembre 1991, "davantage axée sur la recherche de la justice, plus sûre en matière de paix et pendant laquelle les nations prospéreront et vivront en harmonie", n’a jamais vraiment vu le jour.

En fait, la globalisation a au contraire favorisé l’émergence d’autres puissances qui ont rendu impossible un leadership occidental et bouleversé l’équilibre de la planète. En à peine une vingtaine d’années, on est ainsi passé d’un monde unipolaire avec une Amérique dominante à un monde multipolaire instable et pas toujours intelligible. Comment négocier avec la Russie de Vladimir Poutine et la Chine de Xi Jinping ?

Dans ce documentaire, l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, ainsi que plusieurs spécialistes décryptent et mettent en perspective les grands événements des dernières décennies.

00:00 La planète Terre avant l'embrasement général
02:00 Washington 11 Septembre 1991
03:41 16 janvier 1991, les armes vont parler
07:01 11 septembre 2001, se rendre à l'évidence
09:35 15 février 2003, des manifestants contre la guerre en Irak
12:18 Le Caire, 4 juin 2009 : Obama plaide pour un "nouveau départ entre les musulmans"
14:16 14 février 1945 - Le " Pacte du Quincy "
16:00 Téhéran 11 février 1979, l'Iran devient une République islamique
18:59 Images de propagande
25:00 Astana 23-24 juin 2017, ironie de l'histoire
29:50 4 mai 1990, Déclaration d'indépendance de la Lettonie
41:02 7 février 1992 - Le traité de Maastricht
43:22 Traité de l'Elysée (22 janvier 1963)
1:00:31 L'Amérique de Trump impuissante

Une production Kuiv-Michel Rotman avec la participation de France Télévisions
Un film de Bertrand Delais
Consultant Hubert Védrine
Avec la voix de Nazim Boudjenah
Montage Sylvie Bourget

Why Putin must be removed from power by the West | The Telegraph 14 juin 2022

A combination of sanctions and weapons could force the Russian people to remove their President from the Kremlin. 

To investigate whether Western leaders should aim for regime change in Russia The Telegraph's Steven Edginton is joined by the journalist Daniel Johnson and think tanker Benjamin Freidman in a new short film.

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Qui a peur des libertariens ? ( cliquer sur l'image ) | France culture 14 Juin 2022

A-t-on vraiment besoin d'état ? Peut-on être égoïste et fier de l'être ? La liberté d'expression est-elle le principe ultime ? Friedrich Hayek, Robert Nozick, Ayn Rand, South Park et même Iron Man... et si les libertariens avaient raison ?

Épisodes


>>> John Rawls vs Robert Nozick : clash sur la justice

Quelle vie veut-on mener ? Une vie d'accomplissement personnel ou une vie d'accomplissement à travers les autres ? Quand on est libéral, comment ne pas sacrifier l'égalité ? Les libertariens auraient-ils les réponses... ?


>>> Absence d’état, propriété, individualisme : à quoi pensent les libertariens ?

Comment distinguer le libertarianisme du libéralisme ? Suffit-il, pour définir le libertarianisme, de le décrire comme une pensée qui radicalise les principes libéraux ? Quels sont les différents courants du libertarianisme ? Comment articuler l'individu et la question de la liberté ?


>>> Ayn Rand, égoïste et fière de l’être

Vivrait-on mieux avec les autres en assumant son égoïsme ? C'est bien ce que pense la philosophe Ayn Rand. Ayn Rand (1905-1982) est l'autrice d'un véritable best-seller aux Etats-Unis : La grève.Ecrivaine, elle fut aussi philosophe, penseuse d'un véritable système, l'objectivisme, basé sur un concept : "vivre pour soi", car pour elle, rien ne doit empêcher un individu de s'accomplir."L’éthique objectiviste prône et soutient fièrement l'égoïsme rationnel, c'est-à-dire les valeurs requises pour la survie de l'homme en tant que tel, c'est-à-dire les valeurs requises pour la survie humaine." Ayn Rand, 1961


>>> De South Park à Iron Man, la pop culture est-elle libertarienne ?

Ou plutôt... le libertarisme est-il devenu un thème de la pop culture à part entière ?

mercredi 15 juin 2022

Comment la clim a changé la face du monde | Le Monde 2 août 2018


Chaque seconde, dix climatiseurs sont vendus dans le monde. En 2050, on en comptera près de six milliards. Inventé en 1902 par l’ingénieur américain Willis Carrier, le climatiseur a profondément modifié nos sociétés contemporaines. L’industrie culturelle, d’abord, en accompagnant l’âge d’or du cinéma hollywoodien. Les entreprises se sont ensuite équipées en masse, la climatisation étant réputée augmenter la productivité des salariés.

S’il a fallu attendre les années 1950 pour que les climatiseurs entrent dans les ménages américains, ils représentent aujourd’hui, aux Etats-Unis, une dépense énergétique équivalente à celle du continent africain tout entier.

Fraternité et Amitié, quelle différence ? | Ordre initiatique et traditionnel de l'Art royal

Fraternité et Amitié, quelle différence ?

La Fraternité est définie à la fois comme le lien de solidarité qui devrait unir tous les membres d’une famille mais également comme le sentiment de ce lien. Cette famille peut alors être de différentes natures : il peut s’agir de la famille humaine, mais également d’organisations qui se sont formées autour d’un même idéal : fraternités d’armes, fraternités constituées autour d’un intérêt commun qui s’apparentent dans ce cas à des réseaux d’influence. 

Dans tous les cas, le lien de solidarité qui unit ces personnes met en évidence un sentiment de devoir moral, c'est-à-dire l’acceptation a priori de règles de conduite considérées comme bonne par l’ensemble du groupe. L’un des aspects caractéristiques de la Fraternité est qu’il s’agit d’un lien de sang, réel ou symbolique, entre plusieurs individus. Ce lien de sang est là, il ne se discute pas et tant que le sentiment de Fraternité est là, ce lien perdure avec ses règles.

L’Amitié, elle, est définie comme le sentiment d’affection entre deux personnes. Il s’agit de l’attachement, de l’affection qu’une personne porte à une autre. Jules Renard, dans son « Journal », va même jusqu’à définir l’amitié comme le mariage de deux êtres qui ne peuvent pas coucher ensemble. On parle d’ailleurs d’Amitié particulière pour décrire une liaison homosexuelle entre adolescents. Le lien qui unit deux amis est donc avant tout un lien d’amour, au sens large bien évidemment, qui surpasse les liens qui les unissent à toute autre personne. Un ami ne juge pas, il est simplement là.

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Le choix de la guerre civile. Une autre histoire du néolibéralisme | Citéphilo 2021 17 déc. 2021


Cet ouvrage aborde le néolibéralisme sur le terrain qui, dès ses origines, fut le sien : le choix de la guerre civile en vue de réaliser le projet d'une pure société de marché. Une guerre de domination polymorphe, qui sait parfois se doter des moyens de la coercition militaire et policière, mais qui se confond souvent avec l'exercice du pouvoir gouvernemental et qui se mène dans et par les institutions de l'État.

De Hayek à Thatcher et Pinochet, de Mises à Trump et Bolsonaro et de Lippmann à Biden et Macron, le néolibéralisme a pris et prend des formes diverses selon ce que commandent les circonstances. Et ce qui apparaît, dans cette perspective stratégique, c'est l'histoire d'une logique dogmatique implacable qui ne regarde pas aux moyens employés pour affaiblir et, si possible, écraser ses ennemis.

Avec Pierre Dardot, Christian Laval et Pierre Sauvêtre, présenté par Alain Lhomme

Foucault et Bourdieu face au néo-libéralisme avec Christian Laval, professeur de sociologie à l'Université de Nanterre | Xerfi Canal 4 juin 2018

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ avez dit “néolibéral” ? ( Cliquer sur l'image ) | France culture

Notions, pensées, auteurs, débats d’actualité: chaque jour, du lundi au jeudi, Entendez-vous l’éco ? fait résonner toutes les déclinaisons de l’économie et de son impact sur la société. Pour que, dans le brouhaha d’une actualité souvent saturée, l’éco parvienne jusqu’à nous…

Épisodes


>>> Aux origines du néolibéralisme

Du Colloque Lippmann à la création de la Société du Mont Pèlerin, le concept de néo-libéralisme est loin d'avoir connu un parcours unifié et homogène. Les penseurs qui en furent à l'origine ont interrogé la place à donner à l'Etat dans la régulation de l'économie, source de nombreux désaccords...


>>> La fabrique de l'individu néolibéral

Compétitif, entrepreneur, contrôlé : comment la théorie néolibérale conçoit-elle l'individu ? Celui-ci peut-il échapper aux logiques de cette nouvelle rationalité ?


>>> La France est-elle un État néolibéral ?

Les grandes vagues de dérégulation des années 1980, puis 1990 ont nourri, en Europe, l’idée d’un désengagement de l’Etat. Dans ce contexte, le modèle français d'Etat-providence, fruit d'une histoire et d'une tradition politique, doit-il se sentir menacé ?


COMMENT LE NÉOLIBÉRALISME A FAIT NAÎTRE LE POPULISME | Le Média 26 mars 2021


Autrefois absent du lexique des commentateurs politiques, le terme de « populiste » est devenu très à la mode dans la sphère médiatique. Qualifiant aveuglement des personnalités de droite comme Donald Trump, Matteo Salvini, Viktor Orban ou Marine Le Pen, des politiques de gauche comme Pablo Iglesias ou Jean-Luc Mélenchon ou des mouvements sociaux comme les gilets jaunes il est difficile d’apporter une définition concrète à ce terme. 

Souvent, les définitions se cantonnent à l’analyse politique. Pourtant, avant d’être un phénomène électoral, c’est dans les crises économiques, aggravées par le système néolibéral que le populisme trouve son terreau. C’est l’objet de l’ouvrage, « Populisme et néolibéralisme il est urgent de tout repenser » de notre invité du jour, David Cayla.

lundi 13 juin 2022

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Manufacturing Consent : Media manufacture our consent



Cette brève " autobiographie ", parue en 1906, est l'un des textes politiques de Jack London (1876-1916) les plus marquants. Dans ce récit personnel, il retrace le chemin qui le mena à devenir socialiste. Crieur de journaux, pilleurs d'huîtres, ouvrier dans une conserverie, employé d'une teinture, électricien, vagabond... il nous livre ici les voies qui firent de lui un auteur engagé si longtemps méconnus. 

"Je suis né dans la classe ouvrière. Très tôt, j ai découvert l'enthousiasme, l'ambition, les idéaux; et les satisfaire devint le problème de mon enfance. Mon environnement était primitif, dur et fruste. Je ne voyais nul horizon, seulement de bas en haut. Ma place dans la société était tout en bas. Là, la vie n'offrait que laideur et misère, aussi bien pour la chair que pour l'esprit. Car la chair et l'esprit y étaient pareillement affamés et tourmentés. Au-dessus de moi s'élevait l'édifice colossal de la société, et à mes yeux la seule façon de m'en sortir était par le haut. Alors, j'ai résolu très tôt d'escalader cet édifice. Aux étages supérieurs, les hommes portaient des costumes noirs et des chemises impeccables, les femmes étaient habillées de robes somptueuses. Et il y avait des bonnes choses à manger, et beaucoup. Ça, c'était pour la chair. Et puis il y avait les choses de l'esprit. Loin au-dessus de moi, je le savais, régnaient la générosité de l'esprit, la pureté et la noblesse de la pensée, l'éclat de la vie intellectuelle. Je savais tout cela parce que j avais lu les romans de la bibliothèque Seaside. A l'exception des voyous et des aventurières, tous les hommes et les femmes y avaient de belles pensées, s'exprimaient avec élégance, accomplissaient des actions glorieuses. Bref, le fait que loin au-dessus de moi se trouvait tout ce qui était délicat, noble et gracieux, tout ce qui donne décence et dignité à la vie, tout ce qui la rend digne d être vécue, tout ce qui récompense chacun de son labeur et de sa souffrance, me paraissait aussi incontestable que la course du soleil dans le ciel."


La presse va mal en France parce que les patrons du CAC 40 ont mis la main dessus : telle est l’idée centrale de ce livre. À la Libération, on ne parlait que de mettre les journaux à l’abri des puissances d’argent, de protéger leur indépendance. Mais au fil des années, cette louable ambition s’est effilochée. Aujourd'hui, les Arnault, les Dassault les Pigasse, les Lagardère, les Pinault, les Bolloré et autres seigneurs contrôlent la presse nationale via leurs holdings aussi opaques que rémunératrices. 

Jean Stern, homme de presse s’il en est, montre comment les “journalistes-managers” – July, Colombani – ont conduit « Libération » et « Le Monde » à leur perte avant d’en être éjectés sans égard. Comment les journaux qui perdent de l’argent permettent aux patrons de payer moins d’impôts ? Comment les divers “conseils de surveillance”, “chartes d’indépendance” et autres gadgets n’empêchent nullement les patrons de pressurer les rédactions en exigeant des économies ? Les journaux finiront-ils en “fermes de contenus” où des pigistes à domicile rédigeront des “articles” à la chaîne adaptés aux algorithmes des moteurs de recherche ? C’est ce que l’on peut craindre si l’on laisse faire le capitalisme déchaîné.

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ S’adapter : le nouvel horizon du libéralisme ? ( Cliquer sur l'image ) | France culture 21/02/2019


>>> Walter Lippmann dans son bureau
Dans ce monde néolibéral où nous serions toujours en retard, il faudrait "s'adapter"... 

Analyse d'un courant de pensée né de la société industrielle, avec Barbara Stiegler, auteure de "Il faut s'adapter". "Sur un nouvel impératif politique" (Gallimard, 2019).

"Il faut s'adapter", "nous sommes en retard"... autant d'expressions rebattues dans nos sociétés mondialisées, et dont l'origine remonte déjà à la révolution industrielle. 

Car, du point de vue néolibéral, forme de libéralisme qui privilégie une forme d’intervention étatique, l'espèce humaine devrait apprendre à vivre dans un nouvel environnement, s'adapter à cette "grande révolution" par des politiques de santé et d'éducation, lesquelles seraient menées par des experts distants du peuple "masse".

"La démocratie devient une technique politique de fabrication du consentement des masses." Barbara Stiegler

On en parle avec la philosophe Barbara Stiegler, professeure à l’université de Bordeaux, membre de l'Institut universitaire de France, ses recherches portent notamment sur l’histoire des libéralismes et de la démocratie. Elle publie "Il faut s'adapter". Sur un nouvel impératif politique (Gallimard, 2019), essai sur un nouvel impératif politique. Une généalogie du néolibéralisme qui remonte aux années 1920, à l’écriture d’un grand récit qui semble encore influencer les esprits et guider l’action publique.

"Il  y a une lutte contre les inégalités, le but étant de dégager des inégalités naturelles [...] pour que le meilleur gagne." Barbara Stiegler

Extraits sonores :
  • François Béharel, président du groupe Randstad France (Bfm Business, 11/12/2013)
  • La Belgique sans gouvernement (AFP, 17/02/2011)
  • Gilles Le Gendre, "Nous avons été trop intelligents" (Public Sénat, 17/12/2018)

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Barbara Stiegler sur l’injonction à s’adapter au néolibéralisme ( Hayek, l'Ordo-libéralisme et le darwinisme macronien ) / Maurizio Ferraris sur la post-vérité ( Cliquer sur l'image ) | France culture 07/12/2019

Ce soir comme chaque semaine deux essais sous les feux de la critique : "Il faut s’adapter" : sur un nouvel impératif politique de Barbara Stiegler (Gallimard) et "Post-vérité et autres énigmes" de Maurizio Ferraris (PUF).

>>> Donald Trump, président des États-Unis
avec en surimpression "Fake News". 
Deux livres qui abordent par la philosophie la question de l’opinion publique. Dans « Il faut s’adapter », publié chez Gallimard, Barbara Stiegler s’interroge sur les effets de cette injonction faite à chacun aujourd’hui d’épouser le rythme des mutations du monde. 

Elle retourne pour ça aux sources d’un débat qui a opposé deux grands philosophes américains dans les années 30 : Walter Lippeman et John Dewey sur l’avenir du libéralisme et de la démocratie. 

Il est aussi question des États-Unis, notamment, dans l’essai de Maurizio Ferraris Post-vérité et autres énigmes publié aux Presses Universitaires de France et traduit de l'italien par Michel Orcel. Le philosophe italien se penche sur l’alliance entre le pouvoir extraordinairement moderne d’internet et la plus ancienne pulsion humaine, celle d’avoir toujours raison. Pour au final proposer une théorie de la vérité qui montre la radicale originalité des fake news, et leurs conséquences. 

Barabara Stiegler - « Il faut s’adaper » : sur un nouvel impératif politique

Je vous propose de commencer par le livre de >>> Barbara Stiegler, « Il faut s’adapter » : sur un nouvel impératif politique, publié chez Gallimard dans la collection NRF essais. L’auteure est professeure de philosophie à l’université-Bordeaux Montaigne, et se penche depuis plusieurs années sur l’articulation entre politique et biologie, à travers notamment un travail poussé sur la pensée de Nietzsche. Ce qui l’a amenée – naturellement, serait-on tenté de dire – vers les questions d’éthique, elle a ainsi été membre du comité d'éthique du CHU de Bordeaux.

"Il faut s’adapter" est mis entre guillemet dans le titre, car c’est à cette injonction permanente à suivre les mutations de plus en plus rapides d’un monde complexe que s’intéresse la philosophe. Adaptabilité, flexibilité, mobilité… compétition, sélection… le vocabulaire utilisé de nos jours emprunte beaucoup à la théorie de l’évolution de Darwin. Il s’agit pour Barbara Stiegler de faire la généalogie de ce mouvement de colonisation progressive par un lexique biologique du champ économique, social ou politique.

Pour cela, elle remonte aux années 1930, aux sources d’une pensée politique peu connue en France alors qu’elle concerne le passage du libéralisme au néolibéralisme. L’un des théoriciens de ce nouveau libéralisme est l’américain Walter Lippmann, qui a aussi été un acteur politique de premier plan puisqu’il a par exemple participé à la rédaction des 14 points de Wilson. Selon lui, face à des masses réfractaires au changement, rivées à la stabilité de l’état social, seul un gouvernement d’experts peut permettre cette nécessaire adaptation. Il se heurte alors à un autre grand philosophe américain, le pragmatiste John Dewey qui croit, lui, à la mobilisation de l’intelligence collective et à un approfondissement de la démocratie.

"Ce qui est intéressant aussi dans ce livre c'est le clivage entre progressistes et conservateurs qui est sous-jacent et qui est un des résultats de ce néolibéralisme en disant finalement d'un côté il y a les progressistes, il n'y a pas deux possibilités politiques qui s'affrontent, il n'y a que des phénomènes de consentement ou de résistance et ceux qui ne sont pas d'accord  avec ce néolibéralisme ce sont des conservateurs qui sont en retard." Eugénie Bastié

"Barbara Stiegler est assez précise sur la question de la manipulation des foules. Elle rappelle qu'il y a deux courants dans le libéralisme politique : celui qui consiste à penser à La Rousseau que la souveraineté politique doit être appelée régulièrement pour s'exprimer et puis ceux qui pensent : surtout pas ! Ce sont les mieux sachants qui doivent déterminer le cours des opérations..." Olivier Pascal-Mousselard


Maurizio Ferraris - Post-vérité et autres énigmes

Deuxième temps de l’émission, je vous propose de nous intéresser maintenant au livre du philosophe italien Maurizio Ferraris, aux Presses universitaires de France. L’auteur est professeur à l’université de Turin, et s’applique depuis un certain nombre d’années à aborder de manière très sérieuse des questions contemporaines qui peuvent sembler triviales comme par exemple notre rapport au téléphone portable ou l’imbécilité. Ici, il s’attaque donc à ce qui est devenu l’une des questions les plus débattues aujourd’hui : les fake news et leur impact sur la démocratie. 

Étant entendu que la vérité n’est pas un sujet trivial… en revanche il y a aujourd’hui une façon de ne pas tout à fait prendre au sérieux ce phénomène, avec l’idée que le mensonge est un ingrédient constitutif de la politique et de la vie en général… il n’y aurait donc rien de neuf sous le soleil. Ce n’est pas l’avis de Ferraris qui voit au contraire dans l’ère de la post-vérité un marqueur essentiel du monde contemporain : l’alliance entre le pouvoir d’internet et la plus ancienne des pulsions humaines, celle d’avoir raison à tout prix. 

Avec le sens de la provocation qui le caractérise, Ferraris avance que la « post-vérité nous aide à saisir l’essence de notre époque, comme le capitalisme a constitué l’essence du XIXe siècle et du début du XXe et les médias ont été l’essence du XXe siècle dans sa maturité ». La thèse avancée ici, est que la post-vérité est l’héritière de la postmodernité qui a largement débordé le cadre théorique de l’université… pour faire triompher l’absolutisme de la raison du plus fort.

Le philosophe propose donc en trois « dissertations » comme il les appelle de construire une théorie de la vérité à partir d’une analyse de la post-vérité.

"J'ai trouvé ce livre très stimulant bien que parfois un peu trop scolaire, l'auteur veut faire le bon élève de philosophie avec thèse, antithèse, synthèse ... avec les trois parties de la dissertation. Il est convaincant dans son explication que la post-vérité est quelque chose de radicalement nouveau et que NON contrairement à ce qu'on entend ça n'a toujours été comme çà. On est passé dans une nouvelle ère, il y a quelque chose qui change de nature et pas seulement de degré. On bascule dans un nouveau concept de la vérité" Eugénie Bastié

"J'ai été un peu moins convaincu qu'Eugénie (...) Ce livre est un précis de philosophie stimulant (parfois jargonnant !)(...) ce qui est intéressant c'est le passage entre le principe de post-modernité selon lequel il n'y a pas de vérité transcendantale, il n'y a que des interprétations à ce qu'on découvre aujourd'hui le post-truisme définit par Maurizio Ferraris à savoir : il y a une foule de vérités." Olivier Pascal-Mousselard

L'instant critique

Eugénie Bastié nous parle de deux articles parus dans  la revue Des 2 Mondes (janvier-février 2019) intitulée : "Sommes-nous décadents" et Olivier Pascal Mousselard nous propose de nous rendre au cinéma pour voir un film historique qui fait la part belle aux femmes : « La favorite » de Yórgos Lánthimos avec Olivia Colman, Rachel Weisz, et Emma Stone.

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Les liens entre la psychologie positive et le néolibéralisme - Eva Illouz, Sociologue | TV5 MONDE 3 sept. 2018

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Eva Illouz : « Le renouvellement de la social-démocratie passe par la critique du capitalisme » | Le Monde 02 avril 2019

La gauche devrait cesser de donner la priorité aux causes « sociétales » pour se recentrer sur les inégalités économiques et la compréhension du ressentiment populaire, estime la sociologue dans une tribune au « Monde ».

>>> Des usines à Manchester, vers 1870.
Tribune. Depuis les années 1970, la gauche social-démocrate a défendu, avec succès, les droits des minorités. Mais ce combat n’a pu être mené qu’en sacrifiant, au moins partiellement, sa vocation historique, à savoir le combat contre les inégalités dans le cadre d’une économie de marché.

L’abandon de la critique du capitalisme s’est produit au moment même où celui-ci s’insinuait dans tous les interstices de la société et en déchirait peu à peu le tissu.

La critique était d’autant plus difficile que la nature même de la domination capitaliste était devenue plus floue. Cette domination ne se résumait plus à une brutale extraction de valeur effectuée dans les mines de charbon et dans les hauts-fourneaux (bien qu’il reste aujourd’hui, à l’évidence, de nombreuses formes d’exploitation brutales). Devenu une machine extrêmement sophistiquée, le capitalisme exploitait les aspirations des travailleurs par le biais de la consommation et d’un nouvel idéal du « moi » qui s’épanouirait dans le travail, devenu vocation et partie centrale de l’identité des individus.

Les marchés de masse avaient créé de larges arènes sociales inclusives, rendant la vieille rhétorique de lutte des classes obsolète : de plus en plus de groupes sociaux consommaient de plus en plus de biens et parfois les mêmes, dans les mêmes supermarchés. Dans ce cadre consumériste, les classes populaires pouvaient espérer une mobilité sociale, pour elles-mêmes et leurs enfants. Pour un temps, et un temps seulement, démocratisation et expansion économique semblaient aller de pair.

Une autre raison explique pourquoi la domination capitaliste devenait floue : tout au long du XXe siècle, la culture (publicité, musique, cinéma, télévision, édition, art, presse…) est devenue un lieu privilégié de production de valeur économique, créant de nouveaux emplois et contribuant à la propagation et la naturalisation des modes de vie consuméristes. Or ces mêmes médias ont été l’arène par excellence de nouvelles politiques de la représentation.

Effacement des classes populaires

L’égalité, telle que la gauche américaine, par exemple, l’a conçue, devenait affaire de discours et de récits, véhiculés par des médias promus espaces de transformation sociale, diffusant, dans les films et les séries télévisées, des messages multiculturalistes et féministes, ainsi que des contenus en faveur de la cause homosexuelle. Ces médias omettaient de représenter la vie des classes populaires, symboliquement effacées par la prévalence des visions du monde des classes moyennes et moyennes supérieures. Femmes ou minorités obtenaient une représentation culturelle beaucoup plus significative que ce que beaucoup d’Américains appellent de façon péjorative les red necks.

>>> Un essai contre une gauche américaine complaisante et fermée

« Tandis que le capitalisme érodait lentement les structures du monde vécu (le tissu social du travail, de la famille, de la communauté), son profond effet transformateur n’était plus intelligible »

Le déclin de la critique du capitalisme est également lié au fait que diverses figures historiques de la gauche européenne (François Mitterrand, Felipe Gonzalez, Tony Blair…), convaincues de l’absence d’alternative au marché, ont mis en œuvre des politiques d’austérité et de libre-échange, acceptant ainsi, de manière implicite, les prémisses des partisans du libéralisme économique. Ainsi, tandis que le capitalisme érodait lentement les structures du monde vécu (le tissu social du travail, de la famille, de la communauté), son profond effet transformateur n’était plus intelligible.

Tout projet de renouvellement de la social-démocratie passe aujourd’hui par la critique du capitalisme et la nécessité de l’endiguer. Cela exige d’abord de comprendre quel a été son effet direct sur la participation démocratique. Jusqu’au milieu du XXe siècle, la plupart des pays occidentaux n’étaient que des démocraties imparfaites ou partielles (les femmes ont été autorisées à voter longtemps après les hommes). Cependant, peu après que le droit de vote est devenu universel, la capacité du demos à influer sur les processus politiques a été considérablement amoindrie par le rôle croissant du capital. Les oligarchies (ou leurs représentants, sous les traits d’« experts bureaucratiques » empreints de l’idéologie du libre marché) ont commencé à orienter les processus décisionnels.

Malaise social

Les exemples actuels de cette influence sont innombrables : réductions d’impôts qui profitent aux super-riches ; politique d’austérité imposée par l’Union européenne à la Grèce ; déréglementation du droit du travail dans différents pays ; concurrence entre Etats sur les avantages fiscaux ; relative impunité des courtiers en Bourse, qui a conduit à la crise financière de 2008… En outre, le capital exerce aussi une forte influence politique par le biais de fondations « philanthropiques », de groupes de pression, de think tanks et de réseaux informels où se mêlent élites commerciales et politiques, sans oublier le rôle joué par les économistes, dont une majorité s’est mise au service d’une vision néolibérale du marché. Ces rouages affectent non seulement la représentation démocratique mais aussi la foi en la démocratie.

« Le travail traditionnel a été détruit par la technologie, les réductions d’effectifs, la continuelle obsolescence des compétences et la délocalisation de la production »


Dans le même temps, le travail traditionnel a été détruit par la technologie, les réductions d’effectifs, la continuelle obsolescence des compétences et la délocalisation de la production. L’économie des « petits boulots », la précarisation des formes d’emploi, la stagnation des salaires, la difficile mobilité sociale et la perspective du remplacement des humains par la technologie érodent aussi bien la qualité du travail que la capacité à travailler. Alors que les grands centres urbains d’Europe et des Etats-Unis ont connu une renaissance économique et culturelle au cours des deux dernières décennies, les banlieues, les campagnes et les petites villes se sont considérablement dégradées, parce qu’elles ne produisent pas de richesses et n’offrent pas de perspectives de travail intéressantes. Le trumpisme, le Brexit et les « gilets jaunes » sont des expressions de la décroissance économique de ces zones périphériques.

Se propageant à d’autres sphères de la vie quotidienne, cette dégradation affecte les perspectives matrimoniales, la stabilité familiale, la mobilité sociale et, surtout, le sentiment de confiance en l’avenir. Elle est un élément fondamental du malaise social, dont seule l’extrême droite a su tirer profit. La réhabilitation des zones non urbaines, la réparation de leurs infrastructures et la revitalisation de leur vie associative et démocratique constituent donc un objectif primordial.

Emergence des « classes créatives »

Les villes sont les sites privilégiés de l’épanouissement de ce que le >>> géographe Richard Florida appelle les « classes créatives », composées de diplômés travaillant dans les secteurs du cinéma, de la télévision, de l’art, du design, de la publicité, du journalisme et de la recherche, ou occupant divers autres postes dans les domaines culturels et intellectuels. Ces catégories sont les plus susceptibles de s’identifier à la politique de la gauche « sociétale ». Mais ce n’est pas le cas des classes populaires et des classes moyennes inférieures, avec lesquelles se crée ainsi un gouffre culturel et idéologique.

« Les “classes créatives” ont développé des systèmes de valeurs très différents de ceux des classes populaires et de certains segments des classes moyennes »

Le socialisme traditionnel incluait des intellectuels qui constituaient l’avant-garde des classes populaires et assuraient parfois un lien avec les classes moyennes et supérieures. Depuis les années 1980, ces alliances ont été rompues. L’ethos principal des « classes créatives » est l’individualisme expressif, qui se traduit notamment par la construction de nouvelles formes familiales, par la remise en cause des rôles de genre ainsi que de l’identité occidentale impérialiste, chrétienne et blanche.

Elles ont donc noué de nouvelles alliances avec des minorités sexuelles, ethniques, raciales et religieuses, développant ainsi des systèmes de valeurs très différents de ceux des classes populaires et de certains segments des classes moyennes, pour lesquels l’identité chrétienne et blanche et la famille traditionnelle demeurent et redeviennent des valeurs fondamentales (cela est vrai en particulier aux Etats-Unis, au Brésil et en Italie, et, dans une moindre mesure, en France).

Les luttes féministes et la défense des minorités ont été – et demeurent – essentielles à la démocratisation de nos sociétés. Mais force est de constater que, dans de nombreux pays, les classes populaires ne se sont pas ralliées à ces combats, qui restent l’apanage des diplômés et citadins, imprégnés de relativisme culturel et de cosmopolitisme. Ces différences sont bien plus que de simples divergences politiques : elles engagent désormais de véritables perspectives morales, impliquant totalement les individus dans leurs visions du bien et du mal.

Un fossé trop profond

Le résultat est clair : les anciennes alliances de classe – entre classes populaires, classes moyennes et intellectuels – ne sont plus possibles, car le fossé qui les sépare autour de questions clés telles que la sexualité, la famille, la religion, l’immigration et le nationalisme est devenu trop profond. Cette disjonction a été mise à profit dans différents pays par des figures telles que Steve Bannon, Marine Le Pen ou Matteo Salvini, qui prétendent représenter les revendications morales et identitaires du peuple et forger des alliances entre ouvriers, traditionalistes religieux et partisans d’un marché nationaliste.

« L’impression des classes populaires que “personne ne se soucie d’elles” nourrit un ressentiment envers les groupes dont la gauche semble faire grand cas, tels que les féministes, les migrants, les minorités »

Autrement dit, les classes populaires ont été dévaluées matériellement par la précarisation du travail, la stagnation des salaires et la dégradation de leurs quartiers, mais aussi symboliquement parce qu’elles ne se sont pas ralliées à l’identité morale portée par la gauche. Elles ne pouvaient prendre part à la politique de la reconnaissance des minorités, puisqu’elles-mêmes étaient de moins en moins reconnues.

Leur impression que « personne ne se soucie d’elles » nourrit un ressentiment envers les groupes dont la gauche semble faire grand cas, tels que les féministes, les migrants, les minorités ethniques, religieuses et sexuelles. Rendons-nous à l’évidence : les toilettes transgenres ou le langage « inclusif » ne sont pas perçus comme des sujets susceptibles d’améliorer les conditions de vie d’un grand nombre de citoyens, quelle que soit l’importance symbolique indéniable de ces causes.

Style de vie cosmopolite

Les manifestations xénophobes et même racistes ne sont pas non plus entièrement étrangères aux mouvements de plaques tectoniques causés par la globalisation économique. Les flux migratoires sont à la fois une façon de rétablir de la justice entre pays riches et pauvres et une partie intégrante de la mondialisation des processus capitalistes de production. L’immigration a historiquement profité à deux catégories : ceux qui, dans les années 1960 et 1970, avaient intérêt à avoir une main-d’œuvre à bon marché ; et les immigrants eux-mêmes, qui pouvaient aider leur famille et voir leurs enfants recevoir une éducation « européenne ».

Or la délocalisation du capitalisme a une conséquence importante : avoir moins besoin de main-d’œuvre au sein des pays riches, puisque ce sont les usines qui se déplacent vers les pays pauvres. C’est pourquoi les migrants sont perçus désormais comme une menace économique (pour les classes populaires) et identitaire (pour ces mêmes classes, mais aussi pour des segments des classes moyennes et supérieures). Le repli et le raidissement à leur sujet ne sont pas près de disparaître et l’immigration va rester un sujet profondément conflictuel.

>>> Elections européennes 2019 : l’immigration en embuscade

Le refus de discuter des frontières et le dédain des réactions nationalistes et identitaires vont à l’encontre de l’internationalisme, un des traits fondamentaux de la gauche depuis au moins un siècle. Mais l’internationalisme d’antan se confond désormais avec le style de vie cosmopolite des classes créatives, qui ont en commun avec les élites commerciales leur maîtrise de l’anglais, leur habitude de l’avion, leur goût pour l’exotisme, leurs pratiques touristiques et leur familiarité avec différentes cultures.

Le rejet de l’immigration est au cœur du populisme mondial, et seul un discours qui ne pathologise pas les réactions identitaires pourra être entendu. Sahra Wagenknecht, la femme politique de gauche allemande fondatrice du mouvement Aufstehen, a fait exactement ce choix : critiquer le capitalisme et le manque de moyens disponibles pour assumer la politique des réfugiés d’Angela Merkel, qui crée en retour des tensions sociales récupérées par l’extrême droite.

>>>  « Aufstehen prend modèle sur La France insoumise »

Comme au XIXe siècle, le capitalisme devrait rester le centre d’attention de la gauche. S’il était alors évident de voir, dans le traitement inhumain des ouvriers de Manchester décrit par Engels, l’expression même du capitalisme, il est aujourd’hui bien plus difficile de le relier directement au malaise, à l’insécurité et aux tensions que subissent ses victimes actuelles. L’intelligibilité des chaînes de causalité a été brisée.

C’est pourquoi les néolibéraux, les conservateurs et les partisans de l’extrême droite peuvent avoir le beurre et l’argent du beurre. En effet, les premiers promeuvent des politiques économiques impitoyables, qui réduisent les emplois et démunissent les classes populaires, tandis que l’extrême droite tire profit du profond malaise social qu’entraînent ces mêmes politiques économiques.

« Si la gauche doit adopter une stratégie populiste, cela ne peut être à mon sens qu’une stratégie à court terme »

Je ne sais pas si la solution préconisée par Sahra Wagenknecht ou par Chantal Mouffe, la philosophe politique inspiratrice de Podemos et de La France insoumise, est la bonne : à savoir l’idée que le populisme de gauche est le bon antidote au populisme de droite. Si la gauche doit adopter une stratégie populiste, cela ne peut être à mon sens qu’une stratégie à court terme.

Mais, populiste ou pas, trois réponses s’imposent : désigner les véritables ennemis du peuple, à savoir la classe des experts, les organisations et les lobbys d’affaires qui ont atrophié les formes de représentation démocratique et rendent l’Etat otage de leurs visions économiques ; s’adresser aux citoyens ordinaires en pleine connaissance de leurs expériences quotidiennes et de leurs luttes concrètes ; et, enfin, privilégier la compréhension du ressentiment populaire à la splendeur du dégoût moral.

>>> « La gauche a mieux réussi en proposant des alternatives claires qu’en invoquant le peuple »

Eva Illouz est directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Ses recherches portent notamment sur la sociologie des émotions et de la culture. Elle est auteure de plusieurs essais, parmi lesquels Les Sentiments du capitalisme (Seuil, 2006), Pourquoi l’amour fait mal (Seuil, 2012), Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, coécrit avec Edgar Cabanas (Premier parallèle, 2018), et Les Marchandises émotionnelles (Premier parallèle, 424 pages, 24 euros).

>>> Eva Illouz (sociologue)

Heureux qui comme "Moi, Je" avec la sociologue Eva Illouz | France Culture



Idéal aristotélicien ou instrument du pouvoir, le bonheur s'érige aujourd'hui comme une véritable obsession. Pour en parler, Olivia Gesbert reçoit la sociologue Eva Illouz, co-auteur de "Happycratie : Comment l'industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies" (Premier Parallèle, 2018).

Des cours de yoga aux applis pour méditer, en passant par les coachs personnels et les indices étatiques de prospérité, il semble bien que le bonheur soit devenu une véritable obsession de notre société. Et il ne suffit plus de l’être ou de vouloir l’être, il faut en plus avoir l’air d’être heureux.

[Le culte du bonheur créé] de nouvelles hiérarchies émotionnelles où ceux qui râlent, ceux qui sont en colère sont "pathologisés".
(Eva Illouz)

Eva Illouz, sociologue : "La langue des intérêts divergents entre salariés et patrons devient inintelligible. La langue du bonheur donne le sentiment qu’on a tous le même intérêt, ce qui crée une forme de paternalisme auquel il est beaucoup plus difficile de s’opposer."

C’est du moins l’un des constats posés par Eva Illouz dans Happycratie, qui paraît chez Premier Parallèle (2018), un livre co-écrit avec Edgar Cabanas.

De plus en plus d’ouvrages surfent aujourd’hui sur cette « injonction au bonheur ». Leurs auteurs sont psychiatres, philosophes, sociologues, managers... ils ont la recette d’un bonheur sans illusions, les clés d’un Narcisse retrouvé. Une injonction permanente et une invitation à trouver la voie du bonheur, en cas d’impasse prolongée.

Devenu grande cause nationale aux Etats-Unis, dont la figure du « self made man » est la corollaire emblématique, le phénomène s’est mondialisé, au point que les Emirats Arabes Unis aient nommé une ministre du bonheur en 2016.

Il s’agit de voir ses expériences comme des opportunités pour renforcer notre structure psychique et faire preuve de positivité là où il n’y aurait que de la négativité, comme dans un monde de guerre.
(Eva Illouz)

Plus encore, l’injonction au bonheur est le pilier d’une véritable industrie. Marchandise intangible, le bonheur est une bonne affaire, ce qu’avaient déjà compris des groupes comme Coca-Cola, fort de son Coca-Cola Happiness Institute. Les entreprises actuelles, start-up en tête, se développent de plus en plus dans ce sens, smiley et Chief Happiness Officer à l’appui.

>>> https://www.libredenrire.com/2018/09/starbucks-sans-filtre-arte.html

Nous voyons une affinité entre le néolibéralisme et cette quête du bonheur. (…) Les individus sont seuls face à eux-mêmes et ne doivent donc demander de comptes qu’à eux-mêmes.
(Eva Illouz)

Pour en parler, la sociologue Eva Illouz, professeure à l'Université hébraïque de Jérusalem. Elle est notamment l’auteure de Les sentiments du capitalisme (Seuil, 2006). En 2012, elle signe Pourquoi l'amour fait mal : l'expérience amoureuse dans la modernité (Seuil), un livre de sciences sociales sur les contours de l’expérience amoureuse dans les sociétés modernes.



La sociologue Eva Illouz critique et analyse les ressorts de la "tyrannie du bonheur" véhiculée par notre société, celle d'une utopie néolibérale où les entrepreneurs du bien-être et les experts en bonheur font florès.

Échecs et déclin du néolibéralisme (version alternative) | David Cayla 9 août 2021

 

N.B. Il existe un problème de son qui se coupe par moment sur YouTube..., soyez donc patient, car il revient sans perte de sens ! ( problème de cache... à effacer ? )

L'avènement de la gouvernance néolibérale (fin) 

0:00 - Début de la conférence 
1:07 - L'apparition du >>> lean management
23:07 - Un >>> capitalisme de rentes
28:52 - Le new public management: comment l’État devient néolibéral
51:08 - Les féodalités du secteur public
1:07:55 - Conclusion de la séance 4

Échecs et déclin du néolibéralisme

1:11:21 - L'irruption du trumpisme
1:18:53 - Trump est-il un néolibéral?
1:23:18 - Le >>> populisme est-il une réponse au néolibéralisme?
1:34:11 - Conclusion: les deux grands problèmes du néolibéralisme

David Cayla - Qu'est-ce que le néolibéralisme ? | NantesUniv 5 juin 2022


Pour des nombreux intellectuels, les élections de Margaret Thatcher en 1979 au Royaume-Uni et de Ronald Reagan en 1980 aux États-Unis ont conduit à transformer le rôle de l’État dans l'économie en ouvrant une ère "néo-libérale" fondée sur une confiance aveugle dans les mécanismes de marché. 

Inspiré des travaux d'économistes tels que Milton Friedman ou Friedrich Hayek, le nouvel art néolibéral de gouverner a effectivement transformé le monde en profondeur. Néanmoins, il est sans doute réducteur de caractériser le néolibéralisme comme une simple réduction du rôle de l’État. En pratique, la gouvernance néolibérale s'apparente davantage à une >>> "gouvernance par les nombres" (pour reprendre l'expression d' >>> Alain Supiot) qui s'appuie sur un État fort. Son objectif principal est de mettre en œuvre un management tendant à développer des mécanismes incitatifs afin d'optimiser les comportements individuels. Dans ce cadre, la mondialisation et l'extension des marchés tiennent un rôle central.

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Aux sources du néolibéralisme : Serge Audier, Le Colloque Lippmann, Éditions Le Bord de l’Eau par Jean-Sébastien Lenfant 24 juin 2009 | La vie des idées (Cliquer sur l'image)

∆∆∆ L’ordolibéralisme allemand expliqué aux incroyants : Le marché est-il un ordre naturel, indépendant de la politique ? L'ordolibéralisme allemand ou le capitalisme de connivence ? | Stagirite 23 juil. 2015 (!)



François Bilger :

[...] L’ordolibéralisme est d’abord, comme son nom l’indique, un libéralisme, prônant la liberté économique, faisant confiance aux initiatives individuelles et aux mécanismes du marché et s’opposant donc à toutes les formes de socialisme et de dirigisme. C’est aussi un libéralisme du 20è siècle, se démarquant volontairement et systématiquement du paléo-libéralisme du 18è et du 19è siècles, c’est à dire du laisser faire et des conséquences économiques, sociales et politiques négatives d’une liberté sans règles ni limites.

En se référant plus précisément et explicitement à la notion d’ordo, empruntée à St. Augustin, c’est à dire à un ordre social idéal fondé sur les valeurs fondamentales de l’homme, les ordolibéraux entendent marquer nettement leur rupture avec la philosophie matérialiste et marxiste comme avec la philosophie utilitariste des anciens libéraux et leur adhésion à la tradition chrétienne ainsi qu’à la philosophie idéaliste allemande, dont le père de >>> Walter Eucken, Prix Nobel, fut l’un des promoteurs au début du 20è siècle. 


Dans cet esprit, ils considèrent qu’il ne s’agit pas seulement de libérer l’économie et d’accroître la richesse et le bien-être individuel et collectif, mais avant tout de créer un ordre économique et social valable. L’économie de marché, écrivait Röpke, est une condition nécessaire mais non suffisante d’une société libre, juste et ordonnée , qui était à ses yeux le véritable objectif. 

Et Rüstow était encore plus explicite quant à la primauté des valeurs sur les intérêts. Il y a infiniment de choses, affirmait-il, qui sont plus importantes que l’économie: la famille, la commune, l’Etat, le spirituel, l’éthique, l’esthétique, le culturel, bref l’humain. L’économie n’en est que le fondement matériel. Son objectif est de servir ces valeurs supérieures». [...]

Un mauvais vent bugétaire allemand ? par Bruno Colmant | L'Écho 25 septembre 2017 (!)

Depuis dimanche soir, l’Europe est confrontée à une nouvelle configuration politique allemande, qui sera, plus que jamais, fondée sur le modèle de l’ >>> ordolibéralisme.

Cette doctrine, développée dans les années trente, consiste à aligner l’économie sur une amélioration permanente des exigences de productivité malgré une devise forte.

La CDU/CSU d’Angela Merkel devra probablement constituer un gouvernement avec le parti libéral FDP qui a exprimé son opposition formelle à l’union bancaire, à la désignation d’un Ministre des Finances européens. Ce même parti a exprimé son souhait d’éjecter la Grèce de la zone euro et exige que la BCE soit dirigée par un allemand selon des principes d’orthodoxie monétaire germanique.

>>> L’ordolibéralisme allemand a toujours écarté le keynésianisme, d’autant que ce pays fait face à un gigantesque déficit démographique déflationniste et structurel.

Ce nouvel alignement politique entraînera des difficultés pour la France qui espérait que ses réformes suscitent une certaine complaisance de l’Allemagne dans la gestion de ses finances publiques.

Il est donc possible que le raidissement allemand, combiné à une restriction des libertés budgétaires, contribue à maintenir une empreinte déflationniste, d’autant que la BCE va bientôt atténuer son soutien monétaire. Cela pourrait alimenter une tension des taux d’intérêt des pays faibles de la zone.

Entre volontarisme et incertitude, le projet européen d’Emmanuel Macron, par Jean-Sylvestre Mongrenier | Institut Thomas More 2 octobre 2017 (!)

Le discours prononcé par Emmanuel Macron à la Sorbonne, le 26 septembre 2017, pose plus que questions qu’il n’apporte de réponses au défi que constitue la formation d’une Europe unie et puissante, capable de tenir son rang et de partager le « fardeau » des responsabilités internationales avec les Etats-Unis, c’est-à-dire de codiriger le monde libre, menacé par le révisionnisme géopolitique des puissances tierces, les provocations d’Etats-voyous et le terrorisme.

En lieu et place d’une « Grande Idée » susceptible de mobiliser les esprits et d’inspirer une stratégie commune, le projet de relance porte essentiellement sur l’Eurozone, dans une logique plus française et keynésienne que libérale et européenne. L’ensemble pèche par volontarisme, tant il néglige des oppositions de fond, et pourrait avoir des effets pervers sur la cohésion d’ensemble de l’Union européenne.

Une grande divergence sur l’Eurozone

Convaincu que l’Europe devrait être au cœur de la politique européenne, le président français a insisté sur l’importance de la relation franco-allemande et sa volonté de transformer l’Eurozone en un ensemble politiquement intégré, au cœur d’une Europe à plusieurs vitesses, ce qui suppose que tous veulent aller dans le même sens, mais chacun à son rythme. On retrouve le projet d’une Europe organisée en cercles concentriques, autour d’un « noyau dur », exposé dès 1994 par les députés chrétiens-démocrates allemands Karl Lamers et Wolfgang Schäuble. Un quart de siècle plus tard, ce projet pose question. Tout d’abord, le décalage de puissance entre la France et l’Allemagne s’est considérablement accru sur le plan économique et financier. La reconstitution d’un axe franco-allemand exigera de profondes réformes en France et, pour convaincre les Allemands de son sérieux, il conviendra de fournir un effort de longue haleine. Le simple toilettage des finances publiques, i.e. le retour dans les limites du Pacte de stabilité, ne suffira pas. Pour que la France soit en phase avec l’ordolibéralisme aIlemand, il faudrait mettre en œuvre un projet inspiré par l’école française d’économie politique, cette longue tradition libérale qui court de Pierre le Pesant de Boisguillebert à Jacques Rueff, en passant par Frédéric Bastiat.

Bien au contraire, le projet de Macron concernant l’Eurozone est en porte-à-faux avec les conceptions de la droite démocrate-chrétienne allemande (CDU-CSU), plus encore avec celles des libéraux (le FDP), son possible partenaire dans la future majorité. S’il y a bien la volonté en Allemagne de renforcer l’Eurozone, c’est dans l’idée de mettre en ordre les finances publiques, de développer une plus grande cohérence budgétaire et de transformer le MES (le Mécanisme européen de stabilité) en un Fonds monétaire européen, suffisamment fort pour affronter une prochaine tempête financière. En d’autres termes, il s’agit d’achever ce qui a été amorcé dans l’urgence et sous la pression des marchés. Un hypothétique ministre des Finances de l’Eurozone serait chargé d’orchestrer cette entreprise.

L'Europe vaticane : Déboussolée, l’Europe se tourne vers le pape François - De l'ordolibéralisme allemand à l'ordre européen | Le Monde 06/05/2016 (!)

Le Monde poursuit : >>> Donald Tusk a eu des mots très forts, jeudi soir, lors d’une table ronde avec M. Juncker et Schulz organisée au Musée du Capitole. « Aujourd’hui, nous devons admettre que le rêve d’un Etat européen avec un seul intérêt commun, une seule vision, une seule nation européenne était une illusion », a t-il déclaré.

L’urgence, a-t-il estimé, c’est « de convaincre nos citoyens que nous pouvons leur apporter sécurité et stabilité, en réintroduisant un contrôle effectif de nos frontières. C’est la seule stratégie pour stopper la marche vers le pouvoir des populistes ».

En clair, l’Etat supranational, tel le saint-Empire-Romain-Carolingien, qui marchait sur la tête des rois, des empereurs, des peuples et des nations, c’est bien fini. Quand le chien est perdu, il retourne toujours à la niche. L’Union européenne retourne donc vers celui qui l’a créé : le Vatican. C’est la confirmation la plus nette qui soit de la formule de toujours de la Libre Pensée : l’Union européenne n’est que l’Europe vaticane. 

>>> Le discours du pape François à la remise du Prix Charlemagne 


>>> Walter Eucken Institut 

Center of Excellence in Political and Constitutional Economics