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mercredi 20 mars 2019

Lève les yeux, Hannah ! La bête immonde bouge partout…

Europe : la tentation populiste | C dans l'air 20 mars 2019



Après la diffusion en mars 2018 du documentaire « Terrorisme, la réponse française », la rédaction de C dans l’air propose une nouvelle soirée spéciale mardi 19 mars 2019 à ... 20.50 avec la diffusion du « Europe : la tentation populiste »

À la veille du Brexit et de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, les équipes de C dans l'air ont suivi la montée de la vague populiste qui, en Italie, en Hongrie, en Allemagne mais aussi en France, risque de faire basculer les prochaines élections européennes. Depuis l'arrivée des populistes au pouvoir en Italie jusqu'à la crise des Gilets jaunes en France, la réalisatrice Marie Lorand raconte ces neufs mois qui ont fait vaciller l'Europe. 

Ce documentaire suit les peuples en colère mais également les politiques, dont Emmanuel Macron, dans leurs déplacements européens. Marc Lazar, Pascal Perrineau, Jean-Dominique Merchet, Thomas Snégaroff, Françoise Fressoz et Jean-Dominique Giuliani, des experts qui interviennent tout au long de l'année dans C dans l’air, apportent leurs commentaires et analyses sur cette histoire en mouvement. 

Caroline Roux est une nouvelle fois partie à la rencontre de ceux qui font l’histoire. Elle a ainsi interviewé Luigi di Maio, vice-président du conseil italien, Karin Kneissl, ministre des Affaires étrangères en Autriche, Nathalie Loiseau, ministre chargée des Affaires européennes, Daniel Cohn Bendit, ex-député européen et Marine le Pen, présidente du Rassemblement National.

Axe du Mal / 1938 : Montée de l'extrême droite en Europe : le chômage en cause ? par Annabelle Georges | Touteleurope.eu 13.06.2018

Front national en France, AfD en Allemagne, Ligue en Italie… Depuis plusieurs années, les partis européens d'extrême droite progressent dans les suffrages et atteignent aujourd'hui des records. A cause de la crise et de la montée du chômage ? Pas si simple...

Le verdict est de nouveau sans appel : l'extrême droite est sortie gagnante des urnes lors des élections législatives italiennes de mars 2018. 

La Ligue de Matteo Salvini, eurosceptique et xénophobe, se place ainsi devant le parti conservateur Forza Italia, et forme désormais avec le Mouvement 5 étoiles de Luigi Di Maio le premier gouvernement "antisystème" de l'Italie.

L'extrême droite fait son chemin en Europe

Mais l'Italie n'est pas le seul pays de l'Union européenne dans lequel l'extrême droite a aujourd'hui atteint des sommets. Le début du XXIe siècle a en effet été fructueux pour ces partis. En Autriche et en Finlande, les formations d'extrême droite participent aujourd'hui à des gouvernements de coalition. En Allemagne, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) a fait en septembre 2017 son entrée au Bundestag, devenant même le troisième parti du pays.

En France, le Front national est un membre incontournable du paysage politique depuis plusieurs décennies. Le parti réalise des scores à deux chiffres à l'élection présidentielle depuis 1988. Et en 2017, il s'est hissé au second tour pour la deuxième fois de son histoire, Marine Le Pen échouant finalement face à Emmanuel Macron.

Au Danemark, en Hongrie, en Suède et aux Pays-Bas, les partis d'extrême droite sont parvenus à la deuxième ou troisième place aux dernières élections législatives.

Dans certains pays, les partis dits "de gouvernement" empruntent de surcroît la rhétorique mais surtout le programme des formations d'extrême droite. Les deux cas les plus connus sont ceux de la Hongrie avec Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010, et la Pologne avec le parti Droit et justice, qui gouverne depuis 2015.

Il n'existe pas de définition absolue de l'extrême-droite. Les partis qui y appartiennent ne s'en revendiquent pas eux-mêmes. Ceux-ci partagent toutefois un certain nombre de positions, dont le rejet de l'immigration, de la mondialisation et de l'Union européenne.

Le souvenir de l'entre-deux-guerres

Pareille progression dans un grand nombre de pays d'Europe n'est pas sans faire écho à celle que le Vieux Continent a connu au cours de l'entre-deux-guerres, avec l'arrivée au pouvoir d'Hitler en Allemagne, l'Italie fasciste de Mussolini ou encore les ligues d'extrême droite en France. A l'époque, ces formations devaient notamment leur succès à la crise économique mondiale de 1929, qui avait entraîné une spectaculaire montée du chômage.

Avec la crise économique et financière qui a éclaté en 2008, l'Union européenne a fait face pendant plusieurs années à un contexte économique préoccupant. Bien qu'aujourd'hui la situation se soit améliorée dans l'ensemble, les taux de chômage de plusieurs pays ont explosé. Un contexte propice pour l'extrême droite, qui joue sur ce sujet pour toucher les populations.

En 2008, les partis d'extrême droite sont presque inexistants dans plus de la moitié des pays de l'UE. Leurs scores au premier tour des élections entre 2005 et 2008 se situent le plus souvent en-deçà des 5%. A Chypre ou en Irlande, aucun parti d'extrême droite n'est même candidat. En France, en 2007, le Front national ne parvient pas à réitérer sa performance de 2002, où Jean-Marie Le Pen avait alors réussi à se qualifier au second tour de l'élection présidentielle, mais dépasse néanmoins le seuil symbolique des 10 %.

Avec la France, les pays européens où l'extrême droite est en position de force sont la Lituanie (14,43%), la Belgique (13,96%), le Danemark (13,84%), la Slovaquie (11,93%), ou encore l'Italie (11,03%).

En Autriche, qui fait alors figure d'exception, le score cumulé de deux partis d'extrême droite (FPÖ et BZÖ) dépasse même la barre des 25% de voix.

Forte progression en 10 ans

Dix ans plus tard, en 2018, l'extrême droite a prospéré de manière spectaculaire dans une grande majorité de pays. En Autriche, elle se maintient au-delà des 25% des suffrages lors des élections législatives de 2017. Au Danemark, en France et en Italie, ses résultats dépassent également les 20%, tandis qu'ils sont supérieurs à 15% des voix en Hongrie (le parti du Premier ministre Viktor Orban étant lui-même ouvertement xénophobe), en Lettonie, en Finlande et en Slovaquie.

Quant à l'extrême droite allemande, qui ne dépassait pas les 2% une dizaine d'années auparavant, elle a recueilli 12,6% des suffrages aux élections législatives de 2017. En Pologne également, l'extrême droite a obtenu un résultat élevé lors des dernières élections législatives en 2015, mais s'est vu concurrencée par le parti de droite ultraconservatrice Droit et justice (PiS) qui a recueilli près de 40% des voix. La formation de Jarosław Kaczyński inquiète d'ailleurs la Commission européenne, qui estime que la politique du gouvernement va à l'encontre de l'Etat de droit.

Quelques pays restent malgré tout épargnés par cette "vague". C'est le cas de l'Irlande, dans laquelle l'extrême droite est inexistante, mais aussi du Portugal, du Luxembourg ou encore de la Roumanie. L'Espagne ne semble pas non plus touchée, la seule formation d'extrême droite en lice en 2016 n'ayant obtenu que 0,24% des voix.

Crise économique = extrême droite ?

La période 2008-2018 ayant été marquée par la crise économique, beaucoup voient dans ce choc et dans l'explosion conséquente du chômage l'une des causes majeures du succès européen de l'extrême droite. Le déclassement, réel ou craint, d'une partie croissante de la population viendrait notamment alimenter la tentation du vote extrémiste.

La crise a marqué l'Italie, la France et la Grèce, la Slovaquie et la Lettonie qui connaissent des taux de chômage élevés entre 2014 et 2018. La montée de l'extrême droite y est également importante, même si la crise n'est pas l'unique facteur permettant d'expliquer une telle progression.

En Irlande et au Portugal en revanche, pays durement touchés par la crise de 2008, l'extrême droite reste marginale. En Espagne également, où le taux de chômage est situé bien au-dessus de la moyenne européenne, l'extrême droite est pratiquement inexistante.

Enfin, en Hongrie, en Autriche, en Finlande ou aux Pays-Bas, l'extrême droite brille aux élections législatives, alors même que ces pays ont connu une période de prospérité avec peu de chômage.

Ces trois ensembles montrent donc que si dans certains pays augmentation du chômage et de l'extrême-droite vont de pair, c'est loin d'être le cas partout en Europe.

Plus le rond est à droite, plus le chômage est important dans le pays. Plus il est haut et foncé, plus l'extrême-droite y est présente.

Crise migratoire

La Hongrie, la République tchèque ou encore la Pologne ont donc vu croître les formations d'extrême droite, tandis que la ligne idéologique des partis de droite s'est durcie. Pourtant, ces pays sont en plein boom économique et n'ont été que faiblement touchés par la crise.

Selon Jacques Rupnik, directeur de recherche à Sciences Po et politologue, il faut chercher ailleurs les raisons de cette progression : la crise migratoire, en particulier, "a été révélatrice. Elle a amené au pouvoir des forces qui considèrent qu'il faut mettre l'accent en priorité sur la souveraineté du peuple et de la nation".

En Europe de l'Est, la liberté de circulation est toute récente : pendant la Guerre froide, il était difficile de sortir du pays mais aussi d'y rentrer. Pour ces pays, la vague d'immigration est donc nouvelle. "Ces Etats ressentent une forte vulnérabilité et craignent un 'grand remplacement' provoqué par la crise migratoire", observe Jacques Rupnik. Une crainte que les forces d'extrême droite ont su exploiter dans ces pays, bien que l'immigration y soit dérisoire.

Souvenir de la dictature

D'autres pays, comme l'Espagne, le Portugal, l'Irlande, subissent encore les conséquences de la crise économique de 2008 mais restent étrangers, ou presque, au phénomène de montée des extrêmes. Pour Nicolas Lebourg, spécialiste des extrêmes-droites interrogé par Le Figaro, "le souvenir du franquisme et de sa répression des identités basque et catalane rend quasiment impossible de mener une formation d’extrême droite" en Espagne.

L'extrême droite y est également confrontée à de forts sentiments de nationalisme. Face à la crise, le vote de protestation s'est donc plutôt reporté sur des partis comme la formation d'extrême gauche Podemos. Même chose au Portugal, qui a aussi connu la dictature de 1932 à 1974.

Enfin, en Irlande, il n'existe aucun parti d'extrême-droite. Selon Nicolas Lebourg "la construction de l’État-nation et le référentiel de la Guerre d’indépendance ne font pas débat". L'extrême droite ne peut donc pas se structurer car le système politique irlandais est construit sur ce socle culturel.

Pourquoi les banquiers centraux sont des dangers publics, par Sébastien LAYE | Institut Thomas More 15 septembre 2017

« Ce sont les événements qui commandent aux hommes et non les hommes aux événements », disait l’historien grec Hérodote. Cet adage paraît d’autant plus vrai dans le domaine économique et financier, ou les événements inattendus, ce que Nassim Taleb a appelé les « cygnes noirs », peuvent mettre à bas toutes les théories et idées reçues jusqu’alors comme intangibles et incontestables. Or depuis la fin des années 1990, le rôle des gouvernements dans les politiques économiques n’a cessé de se réduire à la portion congrue alors que les banquiers centraux, nouveaux deus ex machina du monde économique, portaient sur leurs épaules le fardeau de la lutte contre l’inflation ou le chômage.

BALLADE DES GUEUX DU TEMPS PRÉSENT | LOGE LIBRE ET INSOUMISE GADLU.INFO

Jean Gabin, Le président (1961)

LA FRANCE ET L’EUROPE DE LA FORTUNE CONTRE CELLE DU TRAVAIL ?

« Le gouvernement de l’État moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires de la classe bourgeoise. » C’est dans le Manifeste du Parti Communiste. 

C’est ainsi que des dirigeants politiques inspirés par le bien social se sont toujours heurtés à des ennemis déloyaux, animés par un mélange d’égoïsme et de mépris à l’égard des plus démunis. A partir de 1924, ces ennemis furent stigmatisés sous l’expression « mur d’argent » par Edouard Herriot utilisée pour caractériser l’opposition des milieux financiers aux politiques sociales de gauche. La politique de François Mitterrand va tenir deux années avant de se fracasser sur ce « mur d’argent » qui cassait son action. Le Président Hollande tiendra moins de temps. Quand au Président Chirac il avait ses habitudes d’invité permanent dans la somptueuse propriété du milliardaire Pinault près de St-Tropez, partant sur son yacht pour aller déjeuner dans les îles. Le Président Sarkosy à peine élu, partit en croisière sur le yacht de Bolloré. Ces deux Présidents seront irrégulièrement les hôtes des palais royaux du plus important financier et industriel du Maroc, à savoir le Roi M6 dont la fortune pèse 6 milliards d‘euros. Quand à Emmanuel Macron, il est un pur produit de la banque de gestion des grandes fortunes à savoir la Banque Rothschild où il fut pendant 4 ans un banquier d’affaires et associé-gérant. Il a suivi en cela le Président Pompidou qui avait été en son temps le directeur de cette banque. À peine élu le Président fut l’invité privé du Roi du Maroc dans l’un de ses palais. Ces politiciens, parmi tant d‘autres, sont semblables à ces serviteurs dénoncés dans cette tirade du héros Émile Beaufort joué par Jean Gabin dans le film « Le Président », héros qui était en fait une illustration de Clémenceau.

« La politique, messieurs, devrait être une vocation. Je suis sûr qu’elle l’est pour certains d’entre vous, mais pour le plus grand nombre elle est un métier. Un métier qui ne rapporte pas aussi vite que beaucoup le souhaiteraient et qui nécessite de grosses mises de fond. Une campagne électorale coûte cher. Et pour certaines grosses sociétés, c’est un placement amortissable en quatre ans. Et pour peu que le protégé se hisse à la présidence du conseil, alors là le placement devient inespéré. Les financiers d’autrefois achetaient des mines à Djelidzer ou à Zohar. Et bien ceux d’aujourd’hui ont compris qu’il valait mieux régner à Matignon que dans l’ »Ougandie » et que de fabriquer un député coûtait moins cher que de dédommager un roi africain.

Vous voyez messieurs. Nous aurons enfin été d’accord une fois. Je partirai au moins avec l’estime de mes adversaires. Et maintenant permettez-moi de conclure. Vous allez faire avec les amis de monsieur Chalamont l’Europe de la fortune contre celle du travail, l’Europe de l’industrie lourde contre celle de la paix, et bien cette Europe-là, vous la ferez sans moi, je vous laisse. »


LE « RUISSELLEMENT » EST DU BON CÔTÉ DU MUR

Selon Forbes France, les cinq premières fortunes françaises cumulent à elles seules à 137,2 milliards d’euros. La fortune de Bernard Arnault le patron français de LVMH, 4ème fortune mondiale, dépasse 72 milliards de dollars (soit 58,6 milliards d’euros). Puis on trouve Françoise Bettencourt Meyers (35 milliards d’euros), François Pinault (Kering, 23 milliards d’euros), Serge Dassault (19 milliards d‘euros), Emmanuel Besnier, Lactalis (12 milliards d’euros). Ce sont les « premiers de cordée » dispensés d‘ISF en grande partie afin que le ruissellement de leur fortune profite jusqu’aux plus pauvres. Grâces à des « pactes » de toutes natures on déverse des milliards d‘euros aux entreprises car ce serait bon pour réduire le chômage ! De la même façon on « détricote » tous les dispositifs favorables aux salariés et fonctionnaires alors que l’on renforce les contrôles des chômeurs et que depuis dix ans les Présidents ont réduit les services de l’État pour lutter contre la corruption, l’évasion fiscale des entreprises estimée à plus de 40 milliards d’euros par an. Et par ailleurs Bercy a le monopole des poursuites pénales en cas de fraude et se refuse d’abandonner ce pouvoir. Cela permet des arrangements pour des « amis » par le Pouvoir en place. Enfin, si vous écoutez les explications fournies par les gens fortunés ou aisés qui, d’une manière ou d’une autre, « planquent » leur argent à l’étranger c’est toujours parce qu’ils paient trop d’impôts ! Alors ils utilisent des circuits légaux ou fuligineux et placent leur fonds au Luxembourg par exemple. La banque Rothschild du Luxembourg a 8% de sa clientèle internationale qui est française. C’est dans ce pays que sous impulsion de Jean-Claude Juncker Premier MinIstre de 1995 à 2013, qu'avait été mis en place des centaines d’accords fiscaux très avantageux conclus avec des multinationales avec le fisc du pays afin d’échapper aux impôts des autre pays européens. Junker est actuellement Président de la Commission européenne.

Un ultra libéral à la tête de la Commission, c’est cohérent.
Ainsi le ruissellement profite aux entreprises et aux gens fortunés.

George Soros and OPEN SOCIETY (STFR)



http://www.democracyendowment.eu/

mardi 19 mars 2019

Protectionnisme vs libre-échangisme : le nouveau clivage politique ? La Triade néolibérale des années Reagan et Thatcher : FMI - OMC - BM - UE et l'immigration à l'origine du chômage de masse en France ? | Terra Nova - %attac

"Nous sommes dans une situation pire que 2008 !" Jean-Claude Trichet | #Ecorama 11 mars 2019

Guerre économique : l'OMC a-t-elle encore une marge de manœuvre ? | FRANCE 24 le 21 nov. 2018



Rien ne va plus à l'Organisation mondiale du commerce. 

L'OMC est en panne et avec elle, le multilatéralisme économique. Incapable de conclure le cycle de négociations de Doha, la voilà à présent menacée de paralysie totale. Les Américains bloquent en effet la nomination de juge, indispensable à la bonne marche de l'organe de règlement des conflits. Pour en parler,

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, est l'invité d'Ali Laïdi. Une émission préparée par Narimène Laouadi et Morgane Minair.

Chatham House Primer: ‘Leaving on WTO Terms’

Thucydide, Trump et la Chine, par Marie de Vergès | Le Monde 28 novembre 2018

Une puissance dominante, voyant son hégémonie remise en cause par une puissance ascendante, finit bien souvent par lui faire la guerre. Qu’en sera-t-il pour les Etats-Unis face à la Chine ?

Thucydide, homme politique et
historien athénien, né en 465 
avant J.-C.
Convoquer l’Antiquité pour parler du temps présent est généralement le signe que l’heure est grave. Or voilà plusieurs mois que l’intelligentsia américaine s’est entichée de Thucydide, historien grec du IVe siècle avant J.-C. Pour éclairer l’affrontement qui monte entre Pékin et Washington, elle a pris l’habitude de citer l’auteur de La Guerre du Péloponnèse et sa célèbre maxime : « C’est la montée d’Athènes et la peur que cela inspira à Sparte qui rendit la guerre inévitable. »

Deux mille cinq cents ans plus tard, sa réflexion a tant inspiré le politologue Graham Allison qu’il en a tiré un concept : le « piège de Thucydide ». Ou comment une puissance dominante, voyant son hégémonie remise en cause par une puissance ascendante, finit bien souvent par lui faire la guerre. Le professeur émérite à Harvard a étudié seize exemples de passages de relais, au cours des cinq derniers siècles. Dans quatre cas seulement, notamment lorsque les Etats-Unis supplantèrent le Royaume-Uni, les parties prenantes ont su éviter un véritable conflit.

Tensions commerciales grandissantes

Qu’en sera-t-il pour les Etats-Unis face à la Chine ? Dans un contexte de tensions commerciales grandissantes, Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping devraient se rencontrer au sommet du G20, en fin de semaine, à Buenos Aires (Argentine). Une entrevue cruciale qui pourrait déboucher sur à peu près tout et rien, compte tenu du caractère hautement volatil de l’actuel locataire de la Maison Blanche.

Le constat, en revanche, fait effectivement peu de doute. Oui, la Chine s’impose comme la nouvelle puissance économique du siècle. Les Etats-Unis ont d’ailleurs joué leur part dans cette émergence phénoménale. Notamment en apposant leur sceau à l’adhésion du géant asiatique à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) : intronisé membre officiel du club en 2001, l’ex-empire du Milieu a tiré profit de la mondialisation comme aucun autre pays.

Devenu le champion mondial des exportations dès 2010, il a vu son produit intérieur brut (PIB), mesuré en parité de pouvoir d’achat, dépasser celui des Etats-Unis en 2014. La Chine vise désormais la première place dans les technologies. Elle dispose déjà de l’équivalent des GAFA avec ses Alibaba, Tencent et Baidu, investit sans compter dans l’intelligence artificielle et s’est fixé un premier point d’étape sur la route de ses ambitions : le plan « Made in China 2025 » qui cible une dizaine de secteurs prioritaires.

«La guerre nous pend au nez en Europe», prévient Dominique de Villepin | L'Opinion 28 juin 2018

Commerce international : une affaire d'États ? | IRIS



Depuis le lancement d'une guerre commerciale à l'encontre de la Chine en mars dernier, le président américain Donald Trump ne cesse de multiplier les déclarations menaçantes envers l'Union Européenne, le Canada ou la Turquie... Ces sanctions vont-elles bouleverser l'économie mondiale ?

Mesures pour taxer les importations aux Etats-Unis, sanctions économiques à l’égard de l’Iran puis de la Turquie… Faut-il voir une nouvelle politique commerciale américaine émerger?
Le paradigme du multilatéralisme de l’OMC est-il battu en brèche ? Est-ce vraiment nouveau ?
Est-ce que les décisions des Etats-Unis violent les principes du commerce international ? Est-ce que ça met en péril l’OMC ? Quels sont les enjeux économiques ? Mais surtout, est-ce que ce n’est pas un prétexte ? Est-ce que le commerce n’est pas surtout utilisée à des fins de relations internationales et de batailles diplomatiques ?

Nous tenterons de répondre à ces questions avec notre invité, Sylvie Matelly, économiste et directrice adjointe de l'IRIS.

Trente ans d’une institution secrète: Pouvoirs opaques de la Trilatérale | #∆ Novembre 2003

Dirigeants des multinationales, gouvernants des pays riches et partisans du libéralisme économique ont vite compris qu’ils devaient se concerter s’ils voulaient imposer leur vision du monde. Dès juillet 1973, dans un monde alors bipolaire, David Rockefeller lance la Commission trilatérale, qui va marquer le point de départ de la guerre idéologique moderne. Moins médiatisée que le forum de Davos, elle demeure très active, au travers d’un réseau d’influences aux multiples ramifications.

Il y a trente ans, en juillet 1973, à l’initiative de M. David Rockefeller, figure de proue du capitalisme américain, naissait la Commission trilatérale. Cénacle de l’élite politique et économique internationale, ce club très fermé et toujours actif de hauts dirigeants a suscité nombre de controverses, surtout à ses débuts. La Commission entend alors devenir un organe privé de concertation et d’orientation de la politique internationale des pays de la triade (Etats-Unis, Europe, Japon). Sa charte fondatrice résume : « Centrée sur l’analyse des enjeux majeurs auxquels font face l’Amérique du Nord, l’Europe de l’Ouest et le Japon, la Commission s’attache à développer des propositions pratiques pour une action conjointe. Les membres de la Commission regroupent plus de 200 distingués citoyens provenant des trois régions et engagés dans différents domaines. »

Reflections  by Zbigniew Brzezinski
Founding Director (1928 - 2017)

samedi 16 mars 2019

La laïcité : au-delà de la légende, un idéal - La religion de la laïcité, de Joan Wallach Scott | France culture 29/09/2018



Historienne américaine et spécialiste de la France, Joan Scott est très attachée à l'idéal de laïcité, ce qui la conduit à déconstruire méthodiquement le mythe d'une laïcité légendaire qui, loin d'avoir jamais existé, demanderait au contraire toujours à être mise en œuvre.

Caricaturale, la polémique autour du burkini pourrait nous servir aujourd'hui de point de départ : à elle seule cette affaire, ou plutôt ce buzz médiatique de l'été 2016, condense l'ensemble des questions abordées par la grande historienne américaine Joan Scott dans un nouveau livre dont le titre mérite assurément d'être explicité : La Religion de la laïcité.

Invitée de La Suite dans les Idées, elle sera rejointe en seconde partie par le réalisateur Antoine Desrosières, auteur notamment du moyen-métrage Haramiste et du long métrage À genoux les gars.

Joan Scott, historienne, professeure émérite à la faculté de sciences sociales de l’Institute for Advanced Study de Princeton.

Antoine Desrosières, réalisateur, scénariste, acteur et producteur de « Haramiste »

Sylvain Bourmeau, journaliste, producteur de "La Suite dans les idées" sur France Culture, professeur associé à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et directeur du journal quotidien AOC.

Belgique : Y a-t-il un radicalisme laïc ? par Jean Marie Faux | Centre Avec - Le Centre Avec est un centre d’analyse sociale, fondé et soutenu par les jésuites, actif dans le champ de l’éducation permanente

« Une écrasante majorité d’Européens partis combattre aux côtés de l’État islamique sont recrutés dans l’État le plus hyper-laïc du continent, la France ». 

Ainsi débute un article de la revue « Middle East Eye » (édition française). Et il continue : « Le fondamentalisme laïc est celui dont on parle le moins. Les laïcs en nient l’existence »[1]

Et pour cause : la laïcité n’est-elle pas, par définition, le principe qui assure la liberté de pensée et de religion, « non pas une opinion mais la liberté d’en avoir une, non pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public »[2].

Si la France est l’État « le plus hyper-laïc du continent » (la laïcité est inscrite dans la Constitution), il n’est pas le seul. La laïcité de l’État s’affirme, sous diverses formes, dans d’autres pays du monde, tout particulièrement dans des pays de tradition catholique : Belgique, Italie, Québec (Canada)… où elle est le résultat d’un processus historique d’émancipation. Avec l’ouverture au monde affirmée par le Concile Vatican II (Constitution « Gaudium et Spes) et vécue très largement par les catholiques, la laïcité ne paraissait plus faire problème. Si aujourd’hui, elle est de nouveau revendiquée de façon polémique, c’est clairement en relation avec la présence islamique et sa visibilité.

Le lien est clair pour la France. Un article de la revue « Atlantico » interroge : « Le duo infernal laïcité radicale – communautarisme islamique est-il en voie de faire voler en éclat l’équilibre trouvé … depuis 1905 ? »[3]. En Belgique, une frange du monde laïc milite aujourd’hui pour inscrire la laïcité dans la Constitution. Mais, comme l’écrit Carlos Crespo, président du Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie : « Nul ne peut sérieusement feindre d’ignorer que la plupart de ceux qui invoquent la nécessité d’une réaffirmation de la séparation entre l’Église et l’État ne défient plus une institution religieuse mais toisent une minorité de croyants »[4].

Ce qui est en question, c’est bien la visibilité de l’islam, la liberté accordée ou pas aux musulman(e)s de manifester leur appartenance religieuse dans certains lieux ou contextes déterminés ou dans l’espace public en général. Il s’agit surtout du port du voile[5] mais pas exclusivement. C’est dans l’appréciation de ce qui devrait être interdit qu’apparaît ce que l’on peut reconnaître comme un radicalisme laïc.

Laïcité dans les textes ou dans les têtes? L’entreprise en première ligne, par Denis Maillard | telos 2 février 2018

En matière religieuse, chaque début de siècle se suit et affronte des questions similaires sans leur apporter pourtant des réponses identiques : 1801 a vu la signature du Concordat, 1905 le vote de la loi de séparation des églises et de l'État. 

Et en ce début de XXIe siècle, la place de la religion se pose à nouveau frais. Mais c’est la laïcité qu’il s’agirait cette fois de défendre, éventuellement d’étendre en direction de la société civile et principalement de l’entreprise privée. S’exprimant devant les représentants des cultes qui se sont empressés de rapporter ses propos, le Président de la République a prévenu : « La République est laïque et la société est libre », aurait-il affirmé. Ce faisant, Emmanuel Macron donne de la laïcité une interprétation juridiquement correcte mais qui pose un problème à la fois historique et sociologique. Car il existe une ambiguïté sur la nature de la société civile que nous voudrions interroger afin d’expliquer ce qui se joue aujourd’hui dans l’entreprise autour du fait religieux au travail.

Laïcité dans les textes, laïcité dans les têtes


Avec la fin de l’opposition séculaire entre l'État et l'Église catholique, la croyance religieuse a été peu à peu cantonnée à la seule sphère privée. Cette tendance a ainsi accéléré dans notre pays la « sortie de la religion ». Les tensions ont donc quitté la politique pour investir désormais la société civile et notamment l’entreprise. C’est cela qu’occulte la phrase attribuée au Président. En effet, affirmer sans nuance la liberté de la société civile, c’est faire peu de cas de ce qui s’y déroule : depuis une trentaine années maintenant, celle-ci est la proie d’une effervescence religieuse ; que l’on songe aux démonstrations d’un catholicisme revivifié dans le sillage de La Manif pour tous ou à la floraison d’églises protestantes. Sans oublier l’islam qui, depuis l’affaire du voile de Creil en 1989, n’a plus quitté l’actualité (et nous mettons de côté, ici, le cas spécifique du terrorisme islamiste).

La foi ne livre donc plus bataille pour établir la loi. En revanche, elle cherche encore à régner sur les manières de vivre. Son aire de jeu n’est plus l’Etat mais la société. A cette aune, elle a du mal à apparaître, en France, comme une dimension culturelle inoffensive. Car si la religion est éruptive et les religieux plus visibles, les Français ne sont pas devenus plus croyants pour autant. C’est là que se rencontre la seconde difficulté, plus sociologique, de la phrase d’Emmanuel Macron : s’il existe une laïcité « dans les textes » (la loi de 1905), il en existe une aussi « dans les têtes ». Cette « laïcité dans les têtes » habite la société civile et l’imaginaire français : elle intime aux individus d’en rabattre sur leurs convictions au nom de ce que l’on appelle vulgairement « le vivre-ensemble ». C’est-à-dire cette capacité de se supporter les uns les autres et de prendre place dans un monde commun où l’on n’a pas choisi les gens que l’on croise dans la rue, dans les transports en commun ou ceux avec qui l’on travaille. On peut appeler également « civilité » cette demande de retenue typiquement française. Sur ce point, les études sont stables : l’immense majorité des Français estiment que la religion doit être cantonnée dans la sphère privée. Et au travail, c’est autour de 82% des salariés qui demandent que leurs collègues en rabattent sur l’affirmation visible de leur foi. Pourtant, d’un point de vue juridique, comme le dit le Président de la République, c’est bien la liberté de manifestation qui domine. Quel est donc ce droit à l'expression de soi dans une sphère qui a fait jusqu'à présent de la modération de soi l'un de ses principes ? C’est ce hiatus qu’il faut bien avoir à l’esprit pour saisir ce qui est en jeu derrière « le fait religieux au travail ».


RAPPEL : LA LAÏCITÉ, C'EST LA LIBERTÉ | Vincent Peillon, Ministre de l’Éducation Nationale




UN DOGME EST UN CONTENU, un point fondamental et considéré comme incontestable d’une doctrine religieuse ou philosophique ; plus communément, c’est une opinion donnée comme certaine, intangible et imposée comme vérité indiscutable. 

C’est ainsi que de plus en plus de français se représentent la laïcité depuis que des extrémistes politiques et religieux (et leurs « idiots utiles » respectifs) se sont emparés d’elle il y a une dizaine d’années pour la revendiquer ou l'attaquer. Or, la laïcité - contrairement à ce que ces partisans ou combattants de la dernière heure veulent nous faire croire - n’est ni une opinion, ni une doctrine, ni une religion, ni un catalogue d’interdictions ou d’obligations.

LA LAÏCITÉ EST UN PRINCIPE, « une organisation de la puissance publique destinée à promouvoir à la fois la liberté de conscience, l'égalité de droits et l'intérêt général » (Henri Pena-Ruiz). 

Elle a aussi le sens premier, et plus général, de « mode d’organisation et/ou option non-confessionnelle, ou neutre religieusement ». Ce sens est celui de la loi Goblet du 30 octobre 1886, article 17 : « … l’enseignement est exclusivement confié à un personnel laïque » (non religieux). Enfin, la laïcité est une position philosophique concernant l’enfant, dont la conscience en éveil doit être respectée et protégée de tout prosélytisme, et le futur citoyen qui doit être encouragé à l’étude, au libre examen, au questionnement permanent, à l’autonomie de jugement, à la critique éclairée ainsi qu'à l’engagement dans la cité. L’action libératrice de l'instruction - notamment à l’école laïque, gratuite et ouverte à tous - doit entraîner la mise à distance de tout communautarisme, de toute idéologie ethnocentrique, de tout dogme et de toute organisation intolérante et sectaire. Comme le disait déjà Ferdinand Buisson au congrès radical de 1903 : " Pour faire un républicain, il faut prendre l’être humain […] et lui donner l’idée qu’il faut penser par lui-même, qu’il ne doit ni foi ni obéissance à personne, que c’est à lui de chercher la vérité et non pas de la recevoir toute faite d’un maître, d’un directeur, d’un chef, quel qu’il soit, temporel ou spirituel. "

C’est la raison pour laquelle la laïcité est si décriée, contestée et combattue par les « intégristes » et les « cléricaux » de tous bords, ennemis de la liberté de pensée et d’une société égalitaire, solidaire et fraternelle, par crainte de perdre leurs pouvoirs. Dans leurs attaques, ces farouches adversaires de la laïcité invoquent  paradoxalement « la liberté, l’égalité homme-femme, la tolérance, le respect des droits individuels et collectifs ainsi que la lutte contre l'exclusion, la haine et le racisme »... quand ils ne se présentent pas comme les meilleurs défenseurs de la laïcité !

LA LAÏCITÉ, C’EST LA LIBERTÉ, L’ÉGALITÉ, LA FRATERNITÉ.

La laïcité, un principe républicain avant d’être libéral, par Laurent Bouvet | telos 12 mars 2018

Dans son article intitulé « Laïcité : un procès en libéralisme ? », publié par Telos le 1er février 2018, Alain Bergounioux nous interpelle directement en nous faisant le reproche d’en appeler à une « laïcité républicaine » face à une « laïcité libérale ». 

La laïcité, explique-t-il, serait avant tout un régime de liberté individuelle, d’essence libérale donc, et le républicanisme à la française - celui dont se réclamaient notamment les législateurs de 1905 - ne serait finalement qu’un autre nom du libéralisme politique. Alain Bergounioux parle même dans la dernière phrase de son texte de « républicanisme libéral ».

On voudrait montrer, ici, rapidement, qu’il s’agit d’une interprétation erronée qui conduit son auteur à une conception très restrictive, et donc peu opératoire, de la laïcité, particulièrement dans le contexte actuel.


La laïcité ne saurait se résumer à un régime de liberté individuelle, pour des raisons historiques tout d’abord. En effet, la loi de 1905, dite de séparation des Eglises et de l’Etat, n’est qu’une partie de l’édifice laïque. La fondation du principe de laïcité à la française, de manière incommensurable aux autres expériences en la matière, notamment celle des Etats-Unis à la même époque, date de la Révolution française. Elle naît à la fois de l’Article X de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, celui qui fait de la liberté religieuse une liberté d’opinion comme les autres, et surtout du décret du 20 septembre 1792 qui transfère l’état-civil des mains de l’Eglise vers celles de l’Etat. Enlever à l’Eglise les registres des naissances, des mariages et des décès, c’est en effet l’acte fondateur de l’Etat laïque en France, un acte qui correspond d’ailleurs au moment même de l’abolition de la monarchie et de la naissance de la République. Défaire le lien entre état-civil et sacrements, c’est précisément poser les fondements d’une laïcisation de la société à travers celle de l’Etat. Ce qui, au passage, rend pour le moins étrange de dire que la société ne saurait être laïque, alors l’Etat le serait. L’un ne peut aller en effet sans l’autre dans le contexte français. Sans le profond désir, dans la société française, de se détacher de la religion, en particulier ici dans les moments-clefs de l’existence que sont la naissance, le mariage et la mort, l’Etat n’aurait pu devenir laïque. Et sans la laïcisation de l’Etat, dont la loi de 1905 parachève l’évolution, après la laïcisation de l’enseignement dans les années 1880, la société elle-même n’aurait pas pu se détacher autant de la religion et permettre ainsi une émancipation morale, collective aussi bien qu’individuelle.

Mais au-delà de ces raisons historiques bien connues, la laïcité ne saurait se résumer à un régime de liberté individuelle pour des raisons philosophico-juridiques profondes puisque la liberté définie par la loi de 1905 est une liberté publique et non civile.

Génie de la laïcité : Caroline Fourest, la laïcité comme bouclier | CLAV 3 janv. 2017



Entretien exceptionnel de Vinciane Colson avec Caroline Fourest, journaliste et écrivain française, autour de son dernier livre Génie de la laïcité publié aux Editions Grasset.

Elle nous expliquera dans cette émission pourquoi la loi française de 1905 sur la laïcité n’est pas à actualiser ou à moderniser, et pourquoi « la laïcité n’est pas un glaive, mais un bouclier ».

La laïcité en question - entretien avec Caroline Fourest | Lavillagillet 13 déc. 2016

vendredi 15 mars 2019

MPs vote overwhelmingly to delay Brexit | Guardian News 14 mars 2019



MPs have instructed Theresa May to seek an extension to the withdrawal process from the EU, delaying Brexit beyond 29 March. 

Earlier in the day, MPs voted down amendments seeking to hold a second referendum and to take the Brexit process out of the prime minister's hands.

jeudi 14 mars 2019

God Save the Queen

Citing ‘the people’s will’ won’t save our leaders in a post-Brexit carnage | Nick Cohen The Guardian Sun 11 Nov 2018

Invoking ‘democracy’ to avoid another referendum is the refuge of charlatans
“One cannot reign innocently: the insanity of doing so is evident.” Saint-Just

'The people" quickly turned against the leaders
of the Terror, executing Robespierre, 
Saint-Just and others in 1794
Britain’s worst politicians, which is to say the leaders of the Conservative and Labour parties, pretend that the democracy of a second referendum is a danger to democracy. 

Outsiders may believe that the true danger lies in a Brexit that threatens the hard-won peace in Ireland, the union with Scotland, the living standards of the poorest people and regions and Britain’s influence in the world, for the sake of a fantasy that was invented by charlatans and is being implemented by incompetents, so unqualified in statecraft they can neither agree among themselves nor be honest with the public about the dismal choices ahead.

Google Traduction [ Invoquer la "démocratie" pour éviter un autre référendum est le refuge des charlatans
"On ne peut pas régner innocemment: la folie de le faire est évidente." Saint-Just

"Le peuple" s'est vite retourné contre les dirigeants de la Terreur, exécutant Robespierre, Saint-Just et autres en 1794

Les pires politiciens britanniques, c’est-à-dire les dirigeants des partis conservateur et travailliste, prétendent que la démocratie d’un second référendum est un danger pour la démocratie.

Les étrangers pourraient croire que le véritable danger réside dans un Brexit menaçant la paix durement gagnée en Irlande, l'union avec l'Écosse, le niveau de vie des peuples et des régions les plus pauvres et l'influence britannique dans le monde, au nom d'un fantasme inventé par des charlatans et mis en œuvre par des incompétents, si peu qualifiés, ils ne peuvent ni s'accorder entre eux ni être honnêtes avec le public quant aux choix lamentables qui s'annoncent. ]


Not so, according to the far left and far right that drive the agendas of the major parties – and when in our history have such minor figures dominated “the major parties”? After all other arguments against putting the Brexit choices to the electorate fail, they turn to the threat of violence. “There will be a backlash the likes of which the political classes in this country simply cannot understand,” warned Nigel Farage. Rather than say that a decent left must fight Farage and the thugs he imagines swarming on to the streets, John McDonnell agrees, as he and Jeremy Corbyn have agreed with Farage on Brexit throughout their careers. Trump’s ally was correct. There cannot be a second referendum because it would provide “opportunities for the far right”.

Once democracies boasted they “would never give in to terrorism”. Now Britain’s leaders say they cannot allow a democratic vote and not only because far-right terrorists could forbid it; Theresa May says a referendum on the Brexit settlement would be “a politicians’ vote” that told the “people they got it wrong the first time and should try again”. Forget if you can the mendacious logic that allows the prime minister to pretend that allowing the electorate rather than parliament to decide is an elite stitch-up and ask yourself: does she or any Tory who hasn’t yet resigned from her administration think that if “the people” learn they have got it wrong, they will blame themselves?

Conservatives were once realists. They knew “the people” never blamed themselves. Now they believe “the people” will greet economic hardship and a long, slow national decline with a stiff upper lip and rousing cheer.

Tony Blair, who I think it is fair to say knows more than most about how the love of “the people” can be given and withdrawn, tells me the naivety of Labour and Tory politicians astonishes him. If they cannot take a stand on political principle, he implies, surely they can stand by the time-honoured cause of self-preservation. As he wrote in the Observer last week, by the 2022 election voters will have learned the falsity of the Brexit campaign’s promises. What ought to be clear now will be blindingly obvious by then: we will either have the powerlessness of following EU rules without a say in EU policy or the chaos of a wrenching break. But that is not all.

Conservative activists, who are growing ever more Faragist, will not thank Tory MPs if they vote for May’s vassal state. Their constituents will not thank them if they ally with the Tory right and push us into chaos. Jo Johnson put it as bluntly as Blair, when he told his brother Boris and all the Leave campaigners that “inflicting such serious economic and political harm on the country will leave an indelible impression of incompetence in the minds of the public”.

Jo Johnson: it would be travesty not to have second Brexit vote

Sane Tory MPs would watch their backs and say words to the effect that they had tried to make the referendum result work. Unfortunately, they had discovered that the options facing Britain are so grim only a second referendum that included the question whether it wouldn’t be better, after all, to stay could decide between them. As Blair puts it: “If politicians don’t get the political cover of a second vote, they will be totally exposed.”

The dilemma facing conformist Labour politicians is as stark. When I interview the cowards among Labour’s northern MPs, they say they must vote for a Brexit they know will hurt their constituents because their angry voters demand it. If you ask whether they believe a Brexit that produces cuts in income and public services will lessen their voters’ rage, the tribunes of the people fall silent, In their hearts, they know it will not and cannot.

The self-preservation principle applies as much on the left as the right. Any ambitious Labour politician must know that a large majority of Labour voters now back Remain. Our coming men and women should also be wondering how much longer Labour members will chant “Love Corbyn, hate Brexit”, a slogan as deluded as “Love cigarettes, hate lung cancer” or “Love beer, hate hangovers”, before they realise the far left has duped them. The next generation of Labour leaders will be Remainers. My advice to unscrupulous Labour hacks determined to get on is to go with the flow or be swept away.

I have almost reached the end without making the essential point, that the right’s concept of the unified “people”, who denounce the “mutineers” and “enemies” who betray them in a single voice, is inherently anti-democratic. It was invented in the terrorist phase of the French Revolution, a sanguinary moment our leaders ought to study with greater care.

As he urged his fellow revolutionaries to dispense with the legal formalities and simply execute Louis XVI, Louis-Antoine de Saint-Just uttered an eternal political truth: “One cannot reign innocently: the insanity of doing so is evident.” British politicians believe that they can play the innocent because the referendum has freed them from responsibility. All they must do is execute the “people’s will” and “the people” will thank them. Saint-Just learned about the people’s gratitude when he went to the guillotine a year after the king. If British politicians do not protect themselves with a second referendum, they will discover in turn that “the people” believe many things about their leaders. But they never think them innocent.

• Nick Cohen is an Observer columnist

Amin Maalouf : " A mon avis le Brexit est mort, il n'y aura pas de Brexit "

mercredi 13 mars 2019

Music for the Funeral of Queen Mary (Purcell): from March to Canzona



Music for the Funeral of Queen Mary (Henry Purcell, 1695): March, Man that is Born of a Woman, In the Midst of Life and Canzona. 

Man that is born of a woman hath but a short time to live, and is full of misery. He cometh up, and is cut down like a flow'r. He flee'th as it were a shadow, and ne'er continueth in one stay.

In the midst of life we are in death: of whom may we seek for succour, but of thee, O Lord, who for our sins art justly displeased? Yet, O Lord God most holy, O Lord most mighty, O holy and most merciful Saviour, deliver us not into the bitter pains of eternal death.

24 juin 1717 : le seuil... | Sous la Voûte étoilée

Lorsque les frères de 4 loges se réunissent à l'auberge Goose and Gridiron ("L'Oie et le Grill") le 24 juin 1717, songent-ils qu'ils sont en train de donner forme à la 1ere structure qui va pérenniser la franc-maçonnerie ?

En jetant les bases d'une obédience qui va institutionnaliser pour la première fois le principe de fédération de loges et se donner les moyens de les rassembler, ils construisent les conditions pour que cette institution résiste aux attaques du temps comme à celles des hommes, une institution qui va s'imposer comme l'Esprit des Temps...

La Grande Loge de Londres et de Westminster, c'est son nom, constitue la première structure qui va fédérer des loges maçonniques.

MOZART - "Masonic Funeral Music K.477" | Academy of Saint Martin in the Fields/Sir Neville Marriner

mardi 12 mars 2019

Brexit: May in final push to convince MPs to back deal | BBC 12 march 2019



Theresa May is making a final bid to save her Brexit deal ahead of a crunch Commons vote. 

Battling a sore throat after late night talks with the EU, the prime minister urged MPs to back her "improved deal" or risk "no Brexit at all". But some leading Tory Brexiteers and the DUP, who keep her government in power, have rejected the deal. They say the legal assurances secured by the PM are not enough to prevent the UK being tied permanently to the EU. 

Reaction to May deal ahead of vote Has anything changed in the Brexit deal? Brexitcast: What happened in Strasbourg? Sir Bill Cash, a leading member of the European Research Group, said: "In the light of our own legal analysis and others we do not recommend accepting the government's motion today." 

Sir Bill was part of a panel of legally-trained Brexiteer MPs who examined the PM's revised deal, concluding that it did not deliver the binding changes MPs had demanded. ERG chairman Jacob Rees-Mogg said he had not yet decided which way to vote. The DUP said in a statement that "sufficient progress has not been achieved at this time".

BREXIT: Commons ERUPTS as Theresa May fires back at SNP MP – 'you have NO independence mandate' | 7 mars 2019



The Commons erupted in cheers as Prime Minister Theresa May fired back at SNP MP Kirsty Blackman who claimed there is no mandate in Scotland for either a Brexit deal or an exit from the European Union without an arrangement. During a heated Prime Minister’s Questions, Theresa May ridiculed the SNP’s desperate calls for another independence vote in Scotland. 

The debate began when the SNP MP said: “In January, 83 percent of Scottish MPs voted against the Prime Minister’s deal. Last night a historic vote took place in the Welsh Assembly and the Scottish Parliament – both parliaments simultaneously rejecting the Prime Minister’s deal. “Isn’t it the case that the Prime Minister has no mandate from Scotland for either no deal or her deal?” In response, Mrs May said: “We entered the European Union as the United Kingdom. “We will leave the European Union as the United Kingdom. MPs cheered as the Prime Minister added: “And I also say to the honourable lady that the SNP has no mandate from the Scottish people to continue to persuade independence.”

In 2014, Scotland held an Independence referendum and subsequently remained as part of the UK at a 55 percent majority. The comments come as First Ministers of Scotland and Wales increased the pressure on Mrs May this week and demanded her ”reckless" behaviour over Brexit "must stop now".