Article 1er. - La F∴-M∴, institution initiatique et progressive, cosmopolite et progressiste, a pour objet la recherche de la vérité et le perfectionnement de l’humanité. Elle se fonde sur la liberté, la tolérance et le libre examen ; elle ne formule ou n’invoque aucun dogme.
Le Trav∴ maçonn∴ s’effectue à couvert dans le T∴ par la méthode symb∴. Cette démarche laisse au Maç∴ la liberté d’interprétation des symboles.
Le Gr∴ Or∴ de Belgique, maillon de la F∴-M∴ universelle, demande à qui se présente à l’Init∴ d’être honnête et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonn∴.
Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement.
Il forme une société d’individus probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienfaisance dans le sens le plus étendu.

Art∴ 3. - § 1. Le Gr∴ Or∴ de Belgique rassemble en son sein des Maçons réunis en LL∴ souveraines, qui se sont placées sous son Obéd∴ et lui ont confié les pouvoirs de la Maçonnerie symb∴.. Les LL∴ se regroupent en Fédérations de LL∴, soit masculine, soit féminine, soit mixte.
Selon leur appartenance à telle ou telle Fédération, celles-ci initient et affilient soit des individus d’un même sexe, soit de sexes différents.

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré
« Agis de telle sorte que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin jamais simplement comme un moyen. » Emmanuel Kant
« Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l’ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains. » Einstein
« La Démocratie, c'est la grande Patrie. » Victor Hugo

« Je suis pessimiste par l'intelligence mais optimiste par la volonté. » Antonio Gramsci

Saisir des mots clefs à rechercher

mardi 1 décembre 2020

La vie d'un acteur exceptionnel | Jean Rochefort, l'irrésistible | ARTE Cinema 30 nov. 2020


À la fois solide et fragile, Jean Rochefort s’imposa star sans le vouloir, brisant les frontières de la tragédie et de la comédie. Portrait réjouissant d’un acteur exceptionnel.

Issu d’une famille d’industriels de Bretagne, Jean Rochefort, élève médiocre, se rêve dès son enfance en comédien, vouant une immense admiration à Buster Keaton. En 1949, à 19 ans, il entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris où il noue une indéfectible amitié avec ses condisciples Jean-Paul Belmondo, Claude Rich et Jean-Pierre Marielle. 

Après des débuts sur les planches, Delphine Seyrig, qui le révèle au théâtre, le propulse au cinéma en lui conseillant de cesser de faire le pitre. Grâce à elle, la palette de son jeu s’étoffe et, en 1976, il décroche le César du meilleur acteur dans un second rôle pour Que la fête commence de Bertrand Tavernier. 
Après une carrière riche de succès comiques et dramatiques (Un éléphant ça trompe énormément, Nous irons tous au paradis, Le Crabe-Tambour, qui lui vaut le César du meilleur acteur en 1978), il est contraint d’abandonner le tournage de ce qui aurait dû être l’un des grands rôles de sa vie : Don Quichotte de Terry Gilliam. Une blessure qui ne cicatrisera jamais tout à fait…

Drôle et mélancolique 

Riche d’archives inédites, où l’on découvre l’acteur facétieux sur les plateaux de tournage, étayé par des interviews d’acteurs et de cinéastes qui ont formé sa garde rapprochée (la bande du Conservatoire, mais aussi Patrice Leconte, Bertrand Tavernier, Guillaume Canet…), Jean Rochefort, l’irrésistible retrace le parcours d’un comédien sensible et élégant, aussi à l’aise dans la comédie que dans le drame. De nature mélancolique, le comédien, disparu en 2017, trouva son équilibre auprès des chevaux, son autre grande passion qui naquit sur le tournage de Cartouche. Le portrait réjouissant d’un acteur populaire inoubliable, toujours à l'affût de nouvelles aventures artistiques, qui s'est révélé au fil de rencontres amicales et amoureuses, pour s'installer durablement au panthéon du cinéma français.

Jean Rochefort, l'irrésistible
Documentaire d'Yves Riou (France, 2020, 53mn)

Confinés avec… les philosophes antiques ( Cliquer sur l'image ) | France culture 30/11/2020

Un voyage intérieur, de la prison de Socrate à l'introspection de Plotin, du tonneau de Diogène à la citadelle intérieur des stoïciens...

À retrouver dans l'émission LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE par Adèle Van Reeth

TOUS LES ÉPISODES


>>> Libérer son âme ? Platon s’en charge

Dans le "Phédon" de Platon, Socrate, condamné à mort, boit la ciguë. Devient-il le philosophe qu'il appelle de ses voeux, congédiant son corps paisiblement...


>>> Pour réussir son confinement intérieur ? Demandez Plotin

Comment plonger en soi, dans le corps, pour mieux en sortir ?

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Connaissance, vérité et démocratie : La démocratie comme espace des raisons ( Épisode 12 ) | France culture 20/10/2017

À retrouver dans l'émission LES COURS DU COLLÈGE DE FRANCE

Comment la démocratie pourrait-elle avoir droit à une métaphysique ? demande la philosophe Claudine Tiercelin. Plutôt que d’interroger les conditions de légitimité de la démocratie, dans le contexte actuel de montée des périls, ne s’agit-il pas de la défendre ?

Julien Benda,  La grande
épreuve des démocraties, 1942

Quels sont les abus des principes spirituels en démocratie?

Claudine Tiercelin, titulaire de la chaire de Métaphysique et philosophie de la connaissance, normalienne passée par Berkeley, qui tisse de stimulants ponts entre la philosophie analytique anglo-saxonne et les courants européens achève sa grande enquête, sur les relations que l’on peut ou non tisser entre 3 des concepts de « Connaissance, vérité et démocratie » dans le cadre de la série de cours donnés en 2017. La philosophe-logicienne qui se réclame d'une métaphysique « réaliste », s’attache à la démocratie comme espace des raisons.

"pour conclure, et en s’inspirant de Julien Benda, il s’agit de comprendre que la démocratie suppose un état de paix. Pour répondre aux menaces de l’état de guerre et protéger l’idéal démocratique qui doit (comme la vérité, la justice et la raison) être posé comme une valeur absolue, il faut souvent savoir adjoindre aux seules « raisons », la passion, voire une « mystique » démocratique."

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 29 mars 2017, pour le cours de Claudine Tiercelin, « Connaissance, vérité et démocratie » aujourd’hui : "la démocratie comme espace des raisons"


Entretien avec Claudine Tiercelin, Professeure au Collège de France et titulaire de la chaire  Métaphysique et philosophie de la connaissance
Pour plus d'information et de contenus connectez-vous sur le site internet du Collège de France :

lundi 30 novembre 2020

US: The Unique Stories of Liberals Episode 3 with Eva De Bleeker | 30 nov. 2020 ALDE Party Via notre TV F G


In parallel with the outbreak of COVID-19, a shadow pandemic affecting women emerged. According to the UN, the calls to domestic abuse helplines rose in the first weeks of the pandemic women. Moreover, women account for two thirds of the global care workforce – the most affected sector of the pandemic. 

This is not a new problem as inequalities between women and men persist in many sectors including politics.

In this video, I share with you my views on the impact of COVID-19 on politics and women, gender equality and how ALDE’s European Women’s Academy helped me become a better politician.

As both an European Women’s Academy Alumna and Belgian State Secretary, I fight every day for gender equality in politics. 

For me, these are the three measures we need to achieve gender equality in Europe.
  • Secure workforce rights for women
  • Put gender equality at the centre of policy making
  • Stick to our norms and values on gender equality at home and abroad
What measures do you think we should take?

Simply reply to this email >>> act@aldeparty.eu and send me your response or post it on your favourite social media network and tagging @ALDEParty #16days #ALDEact to start a conversation on the topic of gender equality. 

Thank you for your support,

Eva De Bleeker
European Women’s Academy Alumna and Belgian State Secretary

Menu pour nos Agapes du 14 décembre 2020 | AP7 Delta 30/11/2020

 

Quelles sont les mesures actuelles ? | Tout sur la Covid-19

 

>>> Le gouvernement a pris des mesures pour freiner la propagation du coronavirus. 

En respectant ces mesures, vous évitez de tomber malade et de contaminer d’autres personnes.

Attention : Certaines mesures complémentaires peuvent être prises localement en fonction du niveau d’alerte local: consultez le site web de votre ville ou commune. Comment ce niveau d’alerte est-il déterminé? 

>>> Plus d’information ici.

∆∆∆ Les philosophes face à la maladie : La discipline immunitaire : surveiller ou exclure ? | France culture 30/04/2020



La discipline immunitaire : surveiller ou exclure ?
Et si les gestes quotidiens que nous faisons pour nous protéger du coronavirus étaient autant de dispositifs de surveillance ? Et si la tentative de maîtriser une épidémie ne pouvait se faire sans l’imposition d’une discipline dont le but serait certes de guérir, mais aussi d’exclure ?

C’est la thèse du philosophe Paul B. Preciado qui, en lecteur de Foucault, a publié ces dernières semaines plusieurs articles, sur Médiapart ou Libération, pour commenter et critiquer les aléas de la politique immunitaire.

L'invité du jour :

Paul B. Preciado, philosophe, commissaire d’exposition et auteur

La discipline comme réalité normale

"La discipline est la technologie du gouvernement de la modernité capitaliste par excellence. Aujourd’hui, nous ne sommes pas plus maîtrisés par la discipline que nous l’étions hier, c’est simplement que cette discipline, ces techniques de régulation du corps, ces techniques de régulation entre les corps et l’espace, ont changé. L’opération de répétition de régulation, de dressage, de domestication du corps produit un effet de naturalisation qui fait que nous n’allons pas comprendre ni voir la discipline en tant que discipline, on la perçoit comme la réalité normale." Paul B. Preciado

Nous sommes sous surveillance bio-numérique 24h/24h

"Il faut sortir de cette fausse dialectique entre liberté et santé publique, mais plutôt comprendre comment la santé publique implique aussi une gestion des corps, une régulation, une spatialisation des pouvoirs très stricte et que ce sont ces régulations du corps et cette spatialisation du pouvoir qui sont en train de changer aujourd’hui. Nous vivons une mutation planétaire des paradigmes qui est semblable à celle que nous avons vécue au 15ème siècle, le passage d’une société orale à une société écrite, avec l’invention de l’imprimerie. Au moment des changements de paradigmes, on invente des nouvelles techniques de subjectivation. Dans cette transition de la culture orale à la culture écrite, il a fallu faire apprendre aux gens à rester assis, en silence, apprendre à lire. Pour Foucault, cela a pu se produire grâce aux expérimentations qui ont eu lieu dans les cellules monastiques. Aujourd’hui, on rentre à l’intérieur de nouvelles cellules monastiques, qui sont numériques, on y sera sous surveillance bio-numérique 24h/24h. Ca a été mis en place pendant le confinement avec la demande de rester dans nos intérieurs, qui sont electrifiés et numérisés." Paul B. Preciado

Exclure le virus = exclure l’étranger ?

"Il y a une différence entre des techniques bio-politiques et des disciplines qui sont appliquées à la totalité de la population des citoyens français non racisés, et des techniques d’éloignement nécropolitiques de mise à mort appliquées surtout évidemment pour les corps considérés comme étrangers, mais aussi sur une partie même de la population française, soit celle racisée, soit celle des classes très populaires, des populations qui doivent impérativement sortir pour accéder à la nourriture ou au travail…" Paul B. Preciado

Texte lu par Vincent Schmitt :
  • Extrait de Surveiller et punir, de Foucault, 1975, éditions Gallimard, p. 197
Sons diffusés :
  • Extrait d'un reportage pour France 3 Bourgogne réalisé par Rémy Chidaine, Tania Gomes et Patrick Jouanin,  diffusé le 22 mars 2020
  • Extrait du podcast Là-bas si j’y suis, réalisé par, Dillah Teibi, diffusé le 17 avril 2020
  • Chanson de fin : Siya, Stuntin

Les philosophes face à la maladie : Molière et la maladie imaginaire | France culture 29/04/2020



En 1672, Molière invente Argan, le malade imaginaire. Cette comédie en trois actes et en prose met en scène l’imaginaire de la maladie et le rire de Molière nous aide à penser l'objectivation du corps... Celui-ci est-il autre chose que moi ou est-ce une forme de moi avec laquelle j’ai une relation ?

Illustration du "Malade imaginaire"
Imaginez un homme qui aime tellement les médecins qu’il souhaite que sa fille en choisisse un pour époux…

Imaginez un homme qui préférerait s’inventer des maladies imaginaires pour être toujours entouré par le corps médical plutôt que de jouir de sa bonne santé, et ainsi prendre le risque d’être seul…

Cet homme existe, puisqu’il a été inventé par Molière en 1672, son nom est Argan.

L'invité du jour :

Patrick Dandrey, professeur émérite à la Sorbonne

Un malade est toujours seul

"Le malade imaginaire" est une comédie qui présente une maladie, mais qui n’en est pas une… Malgré tout, cela a un rapport avec notre confinement. La pièce commence par un monologue qui dit une chose très profonde et très triste aussi : un malade est toujours seul. Même entouré, il aura toujours le sentiments que personne ne comprend son mal. On est malade dans le tête-à-tête avec son propre mal." Patrick Dandrey

Le virus, cet étranger dans mon corps ?

"Dans l’imaginaire, nous assimilons le médecin et le médicament à la maladie. Ce qui nous amène à une interrogation éberluée sur le rapport au corps que suppose le mal. Argan trouve dans ses médications la concrétisation du mal qu’il n’a pas, faute d’avoir des symptômes de son mal, il a les symptômes de ses médicaments... Cela nous amène à une interrogation philosophique sur le rapport avec le corps, qui se conjuge avec le verbe être ou le verbe avoir : j’ai un corps, je suis un corps. Si on dit qu’on a un corps, on estime qu’on est double, l’esprit et le corps, matière. C’est une conception, au vu de l’époque, cartésienne. Descartes prouve l’existence du moi de la pensée avant de prouver l’étendue à quoi appartient le corps, nous sommes ici dans une philosophie dualiste. Aujourd’hui, la médecine contemporaine estime que notre pensée est constituée de neurones, de synapses, ces choses compliquées dans la boîte cérébrale, et donc, nous sommes notre corps : quand le corps meurt, la pensée aussi. Ces deux options sont dans l’ordre de l’actualité où la question du virus se pose : qu’est-ce qu’un virus ? Est-ce quelque chose d’étranger que j’héberge dans un sac, comme celui qu'Argan remplit de médications, qui est mon corps ? J’ai remarqué que les gens ne disent pas "je suis cancéreux" mais "j’ai un cancer", comme si c’était quelque chose de l’ordre de la propriété qui modifiait vos cellules… pourtant vos cellules, qu’est-ce donc qu’autre que vous-même ? Il y a là une sorte d’ambiguité sur le rapport que nous entretenons avec ce nous-même qui est notre corps." Patrick Dandrey

L'objectivation du corps

"Tout traitement du corps aboutit à une objectivation du corps, c’est une des vérités et des horreurs que nous révèle la pandémie : qu’est-ce que le corps d’un malade mis en coma artificiel et que l’on alimente par de l’oxygène ? Quelle est la part du soi qui existe dans un tel état ? Dans "Le malade imaginaire", le médecin d’Argan dit : "il ne me fallait que trois jours pour vider le fond du sac". Le sac est le nom que l’on donne à une partie de l’intestin mais la métaphore dit bien ce qu’elle dit ! Pour le médecin, le malade c’est d’abord un sac dans lequel on met des médicaments, dont on expurge de mauvaises humeurs… il y a là un effet d’imaginaire : l’objectivation du corps par les traitements." Patrick Dandrey

Sons diffusés :
  • Le malade imaginaire, de Molière, Acte I scène 1, monologue d’Argan (Jacques Charon), enregistrement France Culture, avec la Comédie-Française (1974)
  • Le malade imaginaire, de Molière, Acte I Scène 5, dialogue entre Argan (Jacques Charon) et Toinette (Françoise Seigner), enregistrement France Culture, avec la Comédie-Française (1974)
  • Le malade imaginaire, de Molière, Acte III Scène 5, tirade de Monsieur Purgon (François Beaulieu), enregistrement France Culture, avec la Comédie-Française (1974)
  • Le malade imaginaire, de Molière, Acte III Scène 10, dialogue entre Toinette déguisé en médecin (Françoise Seigner) et Argan (Jacques Charon), enregistrement France Culture, avec la Comédie-Française (1974)
  • Chanson de fin : Gaston Ouvrard, Je ne suis pas bien portant

∆∆∆ Les philosophes face à la maladie : L’épidémie mondiale comme catastrophe intime | France culture 28/04/2020



En 1943, le philosophe Georges Canguilhem affirme : “La santé, c’est le luxe de tomber malade et de pouvoir s’en relever”. La santé et la maladie seraient-elles deux phases d’une seule et même réalité ? Comment le corps évolue-t-il après une catastrophe intime ?

L’épidémie mondiale comme catastrophe intime
L'invitée du jour : 

Claire Marin, philosophe, professeure de philosophie en classe préparatoire et écrivaine 

Lien entre santé et maladie

"On a un lien entre la santé comme un certain jeu, une latitude, dit Canguilhem, la capacité à prendre des risques, la possibilité du corps de faire des écarts par rapport à sa norme habituelle, et la maladie, une forme de rétrécissement… Mais maladie et santé sont des modalités du vivant. Ce que montre Canguilhem, c’est qu’après chaque maladie, on n’a jamais de retour à l’état antérieur, mais la mise en place par le corps de nouvelles normes, au sens où ce dernier a été traversé par la maladie." Claire Marin

On traverse seul la maladie

"Quoi qu’il arrive, on est seul dans la manière dont on expérimente la maladie. Le vécu est singulier, Canguilhem le dit bien : c’est un malade qui vit la maladie d’une manière individuelle et c’est toute la subtilité du travail de médecin de réussir à comprendre comment le patient vit cette maladie, c’est une expérience existentielle et pas seulement un ensemble de symptômes. Aujourd’hui, un certain nombre de soignants sont eux-mêmes affectés par la pathologie, ils l’expérimentent, Canguilhem disait bien comment expérimenter quelque chose de proche de ce que le malade vit permet de comprendre quelque chose de ce vécu. Il est possible que cette vulnérabilité aujourd’hui vécue par les soignants change quelque chose dans la manière de soigner à l’avenir…" Claire Marin

Que nous apprend "La Peste" de Camus ?

"Dans “La Peste”, Camus explique que les hommes sont dépourvus intellectuellement, on a perdu les éléments symboliques qu’on utilisait autrefois : l’épidémie comme colère de Dieu par exemple. Il y avait des représentations symboliques, mythologiques, religieuses qui donnaient un sens aux phénomènes. Quel est alors le réflexe ? Rester dans l’habitude, on continue à faire comme si de rien n’était… Et c’est ce qui s’est passé : on a mis en place des structures pour continuer à travailler “comme avant”, continuer à enseigner “comme avant”… Ce qui était frappant dans les premiers jours c’était qu’on faisait comme s’il n’y avait pas quelque chose d’extraordinaire qui était en train de se passer." Claire Marin

>>> L'épidémie en littérature, à travers 6 grands romans

Textes lus par Vincent Schmitt :
  • Extrait du Normal et le pathologique, de George Canguilhem, 1966, éditions PUF 
  • Extrait de La Peste, d'Albert Camus, 1947, éditions Gallimard
  • Extrait d'Un homme qui dort, de Georges Perec, 1967, éditions Gallimard
Sons diffusés :
  • Chanson de Ted Hawkins, Sorry you're sick
  • Musique de Neil Young, Dead Man
  • Extrait du film Knock, de Guy Lefranc, 1951, avec Louis Jouvet dans le rôle du Docteur Knock
  • Chanson de fin : Dalida, Je suis malade

∆∆∆ Montaigne, la santé est-elle le bien suprême ? | France culture 27/04/2020




Comment Michel de Montaigne aurait-il vécu et pensé la crise du covid ? Lui pour qui la santé est un bien, peut-être suprême, mais non une valeur devant régir nos sociétés, nos décisions politiques. Lui qui ne cessa de répéter que le but de la vie n’est pas de ne pas souffrir, mais de jouir !

L'invité du jour : André Comte-Sponville, philosophe

Michel Eyquem de Montaigne
Le"panmédicalisme" ou la gestion de nos vies par la santé

"Pour Montaigne, la santé est peut-être le bien suprême, mais je fais une différence entre un bien et une valeur. 

Il faut distinguer la santé qui est le bien le plus enviable de tous, mais qui n’est pas une valeur morale… 

Le discours ambiant, que j’appelle le "panmédicalisme" et qui tend à faire de la santé la valeur suprême, pas seulement un bien désirable, est un contre-sens sur la vie. 

Et si la santé devient la valeur suprême, alors la médecine devient la chose la plus importante : le "panmédicalisme" délégue aux médecins non seulement la gestion de nos maladies mais la gestion de nos vies, de nos sociétés, ce qui est inquiétant." André Comte-Sponville

Le plaisir, souverain bien

"Montaigne n’a cessé de le répéter dans les "Essais" : le vrai but de la vie n’est pas de ne pas souffrir mais de jouir et de se réjouir ! Au fond ce que Montaigne reproche à Epicure, pour le dire en termes nietzschéens, c’est qu’Epicure est nihiliste. Si on comprend l’ataraxie comme la pure absence de douleur et de trouble - je pense que c’est un contre-sens mais c’est ainsi que Montaigne et Nietzsche le comprennent - alors en effet Epicure serait un penseur nihiliste. Montaigne prend alors ses distances par rapport à Epicure. Pour Montaigne, le plaisir est le souverain bien, encore plus important que la santé. Si Montaigne aime tellement la santé c’est parce que la santé est la condition du plaisir…" André Comte-Sponville

Montaigne et la mort

"Dans les "Essais", Montaigne écrit ceci : "Tu ne meurs pas de ce que tu es malade, tu meurs de ce que tu es vivant". La mort fait partie de la vie et c’est parce que les gens ont oublié, parfois, ou font semblant d’oublier qu’ils sont mortels, qu’ils ont tellement peur quand la mort se rappelle à leur esprit de façon spectaculaire comme c’est le cas avec cette pandémie. Si nous pensions davantage à la mort, nous vivrions mieux, de façon plus intense… Chaque instant de notre vie deviendrait d’autant plus précieux qu’il se détacherait, comme le dit André Gide, sur le fond très obscur de la mort…" André Comte-Sponville

Textes lus par Vincent Schmitt :
  • Extrait des Essais, de Montaigne, Livre III, Chapitre 12, 1588, éditions Quarto Gallimard, 2009, adaptation en français moderne par André Lanly
  • Extrait des Essais, de Montaigne, Livre I, Chapitre 20, 1580, éd. Quarto Gallimard, 2009, adaptation en français moderne par André Lanly
Sons diffusés :
  • Mixage de début d'émission par Nicolas Berger avec : un extrait du sketch Parler pour ne rien dire, de Raymond Devos / Extraits de la série Medical Police (2020) série de David Wain et Bill Benz / Extrait du film L'enlèvement de Michel Houellebecq (2014) film de Guillaume Nicloux / Extrait du film Knock (1951) film de Guy Lefranc, adaptation de la pièce de Jules Romain / Doctor Beat, chanson de Miami Sound Machine
  • Extrait des Essais, de Montaigne, Livre II, Chapitre 12 : Apologie de Raymond Sebon, 1580, éditions Quarto Gallimard, 2009, adaptation en français moderne par André Lanly. Lecture de Jean-Louis Jacopin
  • Montage d'archives du Dr. Jérôme Marty ; Dr. Jean-Jacques Charbonier sur Thana TV le 17 avril 2020 ; Dr. Jean-Paul Hamon sur Sud Radio le 24 mars 2020
  • Musique de Amon Tobin, Deo
  • Musique de Aphex Twin, Diskhat all prepared
  • Chanson de fin : Hospital, de Jonathan Richman and the Modern Lovers

Foucault - Surveiller et punir | Politikon 23 févr. 2017

∆∆∆ Gouverner sans dominer, ou le difficile héritage du libéralisme | France culture 02/01/2020



Comment penser notre présent à l'aide des analyses de la crise de gouvernementalité proposée par Michel Foucault à la fin des années 70? Jean-Claude Monod, directeur de recherche au CNRS, pense dans "L'art de ne pas être trop gouverné" les crises actuelles à l'aune de la théorie foucaldienne.

Michel Foucault en 1979
Le philosophe Jean-Claude Monod publie au Seuil L’art de ne pas être trop gouverné, un essai philosophique et politique qui repense la thèse de la crise des gouvernementalités développée par Michel Foucault à l’aune des enjeux contemporains. L’occasion de questionner les révoltes suscitées par la gouvernance de l’Etat néolibéral de la crise des Gilets Jaunes à la remise en cause de l’action de l’Etat face au péril écologique.

"La question du gouvernement implique une référence au peuple qui est la source de la légitimité de l'action gouvernementale si bien que le gouvernement doit toujours se diriger vers le bien de ce peuple. Il faut sans cesse rappeler au gouvernement son devoir et son lien au peuple." Jean-Claude Monod

Héritier de la démarche critique de l’auteur de « Surveiller et punir », Jean-Claude Monod travaille à combler un vide laissé dans l’œuvre de Michel Foucault, celui des applications politiques qui peuvent suivre la révolte. Il ne s’arrête pas uniquement à une valorisation de la révolte mais étudie ses possibles débouchés et traductions politiques.

"Il y a quelque chose qui s'est brisé, c'est la croyance d'un effet majeur de l'élection. On s'est rendu compte que l'alternance ne permettait plus de dessiner de véritable changements sur le plan politique. Il y a de ce point de vue une forme de fin du cycle néolibéral en raison de ce  sentiment de dépossession démocratique. Foucault à ce sujet que l'on était passé d'un marché sous surveillance de l'Etat à un Etat sous surveillance du marché. Ainsi, on a vu avec Emmanuel Macron que les partis institutionnels étaient frappés de désaffection." Jean-Claude Monod

S’il ne rejette pas l’héritage libéral sur le plan politique ou encore juridique, il le distingue du néolibéralisme qu’il qualifie d’autoritaire et vis-à-vis duquel il est très critique. L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron coïncide pour lui avec l’entrée dans un néolibéralisme autoritaire.

"La grève est un des grands mode de protestation des mouvements sociaux et des syndicats qui est réinvesti avec la question des retraites." Jean-Claude Monod

Jean-Claude Monod base son étude de Michel Foucault sur les cours donnés par celui-ci au Collège de France à la fin des années 70. Le travail de Foucault est aussi historique et inscrit les gouvernementalités dans une perspective du temps long en remontant jusqu’au XVI e siècle. Jean-Claude Monod reprend cet outil pour penser les points de rupture d’un présent ancré dans une continuité historique.

"L'écologie invite aujourd'hui à complètement repenser la question de la délimitation et du contrôle social de l'activité économique." Jean-Claude Monod

dimanche 29 novembre 2020

∆∆∆ ∆∆∆ Connaissance, vérité et démocratie - Pars destruens : Ce que n'est pas la vérité (suite et fin) | France culture 11/10/2017

À retrouver dans l'émission LES COURS DU COLLÈGE DE FRANCE par Merryl Moneghetti

Comment le concept de vérité ne peut être réduit dans les termes d’une approche déflationniste, minimaliste ? Après l’interrogation sur la déflation du vrai, que pourrait être la vérité ? demande la philosophe Claudine Tiercelin ? Que pouvons-nous apprendre des théoriciens contemporains de la vérité ?

Estampe, «The whole Truth, or
John Bull with his eyes opened»

Parodie de la tragédie de
Shakespeare Macbeth.
Éditeur, G. Humphrey,  Feb. 1.th 1821

Nous voici, dans la dernière partie de l’exploration « de ce que la vérité n’est pas ». Claudine Tiercelin, titulaire de la chaire de Métaphysique et philosophie de la connaissance, nous entraine cette année dans une grande enquête sur les relations que tissent ou pas les 3 concepts complexes, "Connaissance, vérité et démocratie". Tous trois réunis, c’est aussi le titre de la série de cours sur deux heures, en deux parties, qu’elle a proposés en 2017.

La philosophe, spécialiste de Charles Peirce, qui aime tisser un stimulant dialogue entre les philosophes anglo-saxons et l'Europe, présente ainsi la transition vers une nouvelle étape de son enquête :

Avant de passer à la pars construens de l’exposé et de nous employer donc à déterminer, non plus ce que n’est pas la vérité mais ce qu’à tout le moins, elle pourrait être et pourquoi, à partir de là, non seulement elle a toute sa place en démocratie, mais aussi et plus encore, que la démocratie a d’autant plus de force qu’elle laisse à la vérité, comme à la justice et à la raison, tout leur rôle, il nous faut donc au préalable, présenter et évaluer les réactions qu’ont souvent engendrées, chez les philosophes, et en particulier chez les théoriciens contemporains de la vérité, les difficultés que nous avons pu rencontrer autour du concept de vérité.

Claudine Tiercelin interroge ainsi l'équivalence et les travaux de Gottlob Frege, la conception sémantique et les travaux d'Alfred Tarski, la décitation et la redondance, où nous retrouverons Frank Ramsey, avant d'interroger dans l'heure suivante,la conception « minimaliste » de la vérité par Crispin Wright,…

Et nous gagnons l'amphithéâtre du Collège de France, le 15 mars 2017, pour le cours de Claudine Tiercelin, « Connaissance, vérité et démocratie », aujourd’hui : « Pars destruens : Ce que n'est pas la vérité (suite et fin) »

∆∆∆ ∆∆∆ CONNAISSANCE, VÉRITÉ ET DÉMOCRATIE - Pars destruens : Ce que n'est pas la vérité (suite) | France culture 10/10/2017

Pourquoi la vérité ne doit-elle pas être exclue de la sphère politique? demande la philosophe Claudine Tiercelin. Comment a-t-elle un rôle capital à jouer dans la défense de nos principes, de nos valeurs et de nos idéaux démocratiques ?

La Vérité contemporaine rédigée
par Eugène de Mirecourt... paraît
le jeudi de chaque semaine... 1853

Claudine Tiercelin, titulaire de la chaire de Métaphysique et philosophie de la connaissance, nous entraîne dans une vaste enquête autour de la notion problématique et critiquée de vérité, dans la cadre de son exigeante mais stimulante série "Connaissance, vérité et démocratie". La normalienne passée par Berkeley et qui a fait sa thèse sous la direction Jacques Bouveresse, sur le problème des universaux chez Pierce, tisse des ponts entre l’Europe et l’Amérique et nous introduit au coeur de la philosophie analytique anglo-saxonne.

Dans la "pars destruens" de son enquête qui occupe le cours précédent et celui d’aujourd’hui, il s’agit donc,

"en un premier temps, à tirer au clair ce que n’est sans doute pas la vérité. Comment il apparaît que le concept de vérité ne se réduit pas facilement à certains concepts dans lesquels on tend parfois à l’enfermer, au premier rang desquels : la correspondance (à laquelle nous associons assez naturellement la vérité, mais qui, sauf à y voir une forme de truisme, relève davantage, en toute rigueur, d’une illusion), la cohérence (laquelle à, entre autres défauts, par le holisme qu’elle engendre, de rendre parfois acceptables des croyances purement contradictoires, ou encore de ne pas rendre compréhensible notre « ancrage » dans le monde, en sous estimant le rôle de nos croyances, de nos perceptions et des liens qui existent entre la connaissance, la pratique et l’action)."

Claudine Tiercelin discute les écueils et les apports de ces différentes approches, avant de "montrer les insuffisances d’une analyse du concept de vérité en termes d’utilité ou encore de vérification ou de vérifiabilité".

A l’issue de l’interrogation de ces différentes approches, où nous retrouverons en particulier les discusions de Gottlob Frege, William James, Frank Ramsey et Bertrand Russell,

"Nous voici, explique Claudine Tiercelin, donc apparemment placés, à ce stade, devant l’alternative suivante : Soit nous employer à chercher une voie autre, moins substantielle, en quelque sorte, comme tendent à nous le proposer certains déflationnistes ou partisans d’une approche minimaliste de la vérité, Soit, renoncer, une fois pour toutes, à nous intéresser à la question de la vérité, et nous résoudre à admettre, de surcroît, qu’appliquée au domaine politique, c’est une perspective de type rawlsien ou kelsenien qui est la plus appropriée."

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 8 mars 2017, pour le cours de Claudine Tiercelin, « Connaissance, vérité et démocratie » aujourd’hui : "Pars destruens : Ce que n'est pas la vérité (suite )"

∆∆∆ ∆∆∆ Connaissance, vérité et démocratie - Pars destruens : Ce que n'est pas la vérité | France culture 09/10/2017

À retrouver dans l'émission LES COURS DU COLLÈGE DE FRANCE

Quelle est la tragédie démocratique? Comment se jouerait-elle dans l'opposition entre le sceptique, qui a renoncé à toute vérité absolue, prônant un relativisme, et le fanatique, qui ne connaît que sa vérité absolue? Le mot "vrai" a-t-il au fond une signification profonde?

Bocca della Verità à Rome

Claudine Tiercelin, titulaire de la chaire de Métaphysique et philosophie de la connaissance, questionne, en philosophe et en logicienne, dans sa série "Connaissance, vérité et démocratie" les relations que ces trois concepts "complexes" peuvent ou non tisser à l'heure des approches sceptiques, relativistes dans un contexte de crise de la notion de démocratie et au moment où toutes les disciplines sont bousculées et obligées de réfléchir aux défis lancés par ce que l'on appelle les "faits alternatifs", la post-vérité…

Aujourd'hui, Claudine Tiercelin ouvre avec le dilemme de la tragédie démocratique par Hans Kelsen puis elle s'attachera à l'exploration du vrai par Gottlob Frege.

"Les réticences à l’égard de la vérité, en général, et en politique, en particulier, proviennent de malentendus et de confusions sur son concept : on associe vérité à dogmatisme, absolutisme métaphysico-théologique, et infaillibilisme. On confond ce qui est vrai avec ce que l’on tient pour vrai, et on assimile à tort vérité à correspondance," cohérence, utilité ou vérification.

On The Beach - Art & Artists - Theo Jansen | The Thing About 10 août 2018


Theo Jansen studied physics at the University of Delft but left in 1974 to pursue what became a lifelong career in art - especially art explored through technology. Among his early projects, he built a machine that could paint and staged a convincing UFO encounter over Delft.

In 1990, initially inspired by a desire to mechanically bolster Holland’s sinking shorelines, Jansen began building strandbeests, wind-driven, beach-walking kinetic sculptures. The beests took on a life of their own, proliferating and evolving in their sophistication, and ultimately demonstrating “brains”; that is, the ability to sense and respond to their environment.
Today, Jansen continues to create strandbeests at his workshop in Ypenburg, near Delft.

Music; Enchanted Forest Dub – South London Hi Fi

∆∆∆ ∆∆∆ Population mondiale : quand la géographie s'en mêle | France culture 19/11/2020

À retrouver dans l'émission NOS GÉOGRAPHIES par Dominique Rousset

La population mondiale vue par la géographie, c'est ce soir dans Nos Géographies, en compagnie du géographe Gérard-François Dumont et de Marie Verdier, journaliste au service Monde du quotidien La Croix, en partenariat avec France Culture.

Nous parlons ce soir de démographie mondiale et plus précisément de géographie des populations, ce qui n’est pas tout à fait la même chose comme va nous le démontrer notre invité Gérard-François Dumont, géographe, économiste et démographe, recteur, professeur à l’université Paris-IV-Sorbonne, directeur de la revue Population & Avenir. 

Nous partirons de trois concepts bien connus des démographes :  la « transition démographique », déjà effectuée ou en cours dans la grande majorité des pays, la « transition urbaine », ou la migration accélérée des habitants des zones rurales vers les villes-mégapoles et le « vieillissement de la population », phénomène d’ampleur, mais récent dans la longue histoire de l’humanité. Et bien sûr, à l’abri de cette science du nombre et du long terme qu’est la démographie, nous porterons loin notre regard vers l’avenir, un demi-siècle est une distance raisonnable.

Combien serons-nous alors ? La question est lancinante, elle a occupé et inquiété tout le XXe siècle, elle reste cruciale, encore avivée par la dégradation de l’environnement. Les calculs se sont affinés, on est loin des prévisions catastrophistes du siècle passé mais la mondialisation est passée par là, effaçant la symbolique de la différenciation,  tout est dans l’Un, tous dans la même direction.  A-t-on assez pris la mesure des  attitudes et des divergences considérables entre régions du monde ? 

Nous sommes aujourd'hui en partenariat avec le quotidien La Croix, qui consacre une semaine spéciale à l’état de la population mondiale, nous posons la question à Marie Verdier, journaliste au service monde du journal La Croix. Trois semaines spéciales, en partenariat avec France Culture. Elle est en charge pour cette première semaine de la question suivante : « Trop nombreux ou pas assez : une planète écartelée ». 

"Pendant toute l'histoire de l'humanité - avant la transition démographique - quand une famille avait quatre nouveaux nés, deux de ces nouveaux nés n'atteignaient jamais l'âge adulte. Ce qui est intéressant de noter, c'est que personne n'avait prévu une telle évolution. Personne n'avait imaginé qu'on puisse ainsi améliorer les taux de survie, augmenter l'espérance de vie grâce à l'ensemble des progrès qui ont été effectués." Gérard-François Dumont 

"Les Chinois et les Chinoises n'ont pas forcément envie d'avoir beaucoup plus d'enfants aujourd'hui. Finalement, le problème de la Chine aujourd'hui, c'est le fait qu'elle vieillit très et trop vite pour avoir le temps de s'adapter. Les plus de 60 ans vont être multiplié par deux ans, ils vont passer de 15 à 30% de la population entre 2015 et 2040." Marie Verdier 

"Je rappelle simplement que quand vous habitez Pékin, si vous avez la chance de voir le ciel bleu, regardez le bien parce que ça ne va pas durer longtemps, car vous avez un nuage de pollution au-dessus d'une ville comme Pékin ou comme Shanghaï qui dure pendant des semaines et des semaines !" Gérard-François Dumont

"La capitale indienne de Delhi est appelée à devenir la première mégapole du monde dès 2028. Elle devrait atteindre à ce moment là à peu près 37 millions d'habitants." Marie Verdier 

"Toutes les grandes religions étaient favorables à la fécondité. Pour une raison simple: si nos ancêtres n'avaient pas une fécondité suffisante, l'humanité aurait disparu compte tenu de ce qu'étaient les taux de mortalité des enfants, des adolescents et des mamans à l'époque. Donc, toutes les grandes religions étaient favorables à la fécondité. Ça a été un phénomène absolument général." Gérard-François Dumont 

Extraits sonores et lectures 

  • Extrait : Archive de l'INA, René Dumont, discours sur l'explosion de la population, 1974. 
  • Extrait : Archive de l'INA, discours de l'écrivain René Barjavel, 1971. 
  • Archive choisie par Gérard-François Dumont : Alfred Sauvy, démographe et économiste, journal de 20h du 5 septembre 1974.
  • Chanson : "Love & Hate" par Michael Kiwanuka - Album : "Love & Hate" - Label : Polydor Records (2016).

Extrait :1974 : René Dumont « Nous allons à l’effondrement total de notre planète » | Franceinfo INA

Extrait : Archive de l'INA, discours de l'écrivain René Barjavel, 1971. 

Chanson : "Love & Hate" par Michael Kiwanuka - Album : "Love & Hate" - Label : Polydor Records (2016). 

Être né quelque part 

"Je suis né à la Souterraine, une très charmante ville de la Creuse. Etant tout jeune, j'ai regardé les chiffres démographiques et j'ai vu que ce département, qui avait 300 000 habitants à la fin du XIXe siècle, en avait moitié moins quand j'étais jeune. Pourquoi avait-il perdu la moitié de sa population ? C'est une question qui m'a trituré et m'a conduit à m'intéresser à la géographie des populations." Gérard-François Dumont

Noam Chomsky - Our Stark, Cruel Dilemma | Facing Future 5 nov. 2020


The 'lost videos' from our conversation with #NoamChomsky before the 2018 climate negotiations in which he skewers the 'guilty parties,' while advising those activists who would rise to the occasion and change humanity's fate.  

He outlines the #CrimesAgainstHumanity being committed by #CorruptLeaders who would sacrifice all future generations for personal gain, ideologies and 'unending economic growth.'

samedi 28 novembre 2020

"Les Rois maudits" de Maurice Druon de l’Académie Française - Premier livre "Le roi de fer" ( Cliquer sur l'image ) | France culture 23/11/2020

Fresque historique en sept volumes publiés entre 1955 et 1977, où revit le XIVème siècle, entre le procès des templiers et les débuts de la guerre de Cent Ans, Les Rois maudits sont un roman dont tous les personnages ont existé. Appuyé sur une vaste documentation, l’ouvrage révèle dans la précision de la vie quotidienne, les drames politiques et passionnels qui ont opposé rois, reines, papes, ministres, hauts barons, pendant l’époque troublée, et jusqu’ici peu connue, des derniers Capétiens directs.

Le Roi de fer, premier volume du cycle, a pour figure centrale le roi Philippe le Bel, monarque impitoyable mais qu’animait la volonté de l’unité nationale.

Le public a réservé un accueil exceptionnel à cette œuvre, constamment réimprimée et traduite dans le monde entier. Les Rois maudits sont considérés comme un des modèles contemporains du roman historique. 

À retrouver dans l'émission FICTIONS / LE FEUILLETON

TOUS LES ÉPISODES


>>> La Reine sans amour

Robert d'Artois rend visite à Isabelle de France, fille de Philippe le Bel, mariée à Édouard II d'Angleterre. Tous deux imaginent un plan pour faire éclater...


>>> Les Prisonniers du Temple - Les Brus du roi

En 1307, Philippe le Bel faisait arrêter à l’aube tous les Templiers de France, sous l’inculpation d’hérésie, au nom de l’Inquisition. Prisonnier depuis...


>>> Notre-Dame était blanche – Marguerite de Bourgogne, reine de Navarre

Tandis que Jacques de Molay refuse devant la Cour de reconnaître des aveux qui lui ont été arrachés sous la torture, Marguerite de Bourgogne reçoit son...


>>> Le Conseil du roi – La Tour des amours

A l’issue du Conseil qu’il a réuni, le roi condamne au bûcher Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay le soir même sur l’île aux Juifs. Tout près, dans...


>>> "Je cite au Tribunal de Dieu" - Les Tire-laine

"Pape Clément ! ... Chevalier Guillaume !... Roi Philippe ! …. Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment...


Réalisation Christophe Hocké

La modernité va-t-elle tuer le père ? | France culture 04/01/2019

À retrouver dans l'émission LA GRANDE TABLE IDÉES par Olivia Gesbert

Entretien avec Jean-Pierre Winter, psychanalyste, qui fait paraître "L'Avenir du père" chez Albin Michel.

Père et fils craie à pied

Les nouvelles formes de parentalité (monoparentalité, homoparentalité…) ainsi que les pratiques modernes (adoption par des couples homosexuels, GPA, PMA) ont-elles modifié en profondeur les structures familiales ?

Il acte la fin du patriarcat occidental classique mais ajoute que le moins de père ne vaut pas la disparition du père, rappelant que le noyau de la paternité se trouve dans son enracinement symbolique.  

Le psychanalyste Jean-Pierre Winter, déjà auteur de Homoparenté et de Transmettre (ou pas) revient aujourd’hui avec L'avenir du père chez Albin Michel. Intéressé par la question de la filiation, il met en avant la difficulté qu'il a rencontrée dans l'écriture de ce livre à définir sur quoi se fonde un père :

"La famille, ce n'est pas un concept, c'est un état de fait."

"Il est très difficile de dire en quoi consiste "l'être" du père (...) Ce dont je peux parler, c'est de ce que ça produit comme effet de ne pas en avoir un."

Jean-Pierre Winter explique en quoi le père est le fruit d'une construction dans le psychisme de l'individu :

"Dans la mesure où le père ne se soutient pas dans l'expérience sensitive de la mère à l'enfant, il doit être inventé. Il est on pourrait dire abstrait. Le papa est celui qui donne chair à cette abstraction."

"Ce père qui est inventé dans la langue est différent d'une langue à l'autre (...) Même s'il y a des mythes communs, ce qui s'entend c'est que le père est quelqu'un que l'on se construit."

Extraits sonores :

  • Extrait de Battre mon cœur s’est arrêté Jacques Audiard  (2005)
  • Extrait de la Vie est belle - Roberto Benigni – (1997)
  • Archive INA « En Famille » 19 septembre 1972 – Emission "L'hexagone" - ORTF
  • Françoise Héritier dans « L’utérus artificiel, le ventre de personne »  Marie Mandy, ARTE /  RTBF/ 2011
  • Extrait de PMA Hors la loi - Témoignage de Emilie, Les Pieds sur Terre 05/09/2018