Depuis sa création en 1833, le Grand Orient de Belgique défend la franc-maçonnerie dans sa dimension « adogmatique et progressiste ». Elle ne peut donc être assimilée à une église ou tout autre structure proposant une pensée unique. Elle n’est pas plus un parti politique ou une organisation syndicale. Bien qu’ancrée dans le monde réel, elle n’est pas pour autant un centre laïque. Elle est fondamentalement attachée à la liberté d’opinion, la liberté de conscience et réfractaire à toute instrumentalisation ou contraintes extérieures. Force, Sagesse et Beauté / Liberté, Égalité, Fraternité

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lundi 24 janvier 2022

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Il n’y a pas d’alternative ? Vraiment ? ( Cliquer sur l'image ) | Cincinnatus 24 janvier 2022

Sommaire :

Dans les chaînes du paradoxe

Des mythes plus réels que le réel

La nécessité d’un contre-modèle


Dans les chaînes du paradoxe

Comme souvent, >>> Jean-Claude Michéa voit juste :

« Il est aujourd’hui plus facile d’imaginer la fin du monde – écrivait le philosophe américain Fredric Jameson – que celle du capitalisme ». On ne saurait mieux résumer le paradoxe de notre temps. Dans la mesure, en effet, où la logique du capital imprime désormais sa marque déshumanisante sur l’ensemble de la planète et sur presque toutes les sphères de l’existence – y compris les plus intimes – la conscience des effets les plus négatifs de la mondialisation libérale (précarité croissante de la vie quotidienne, inégalités de plus en plus massives et indécentes, destruction de la nature et dérèglement catastrophique de son climat, dissolution du lien social et de ces « identités » qui conféraient encore, tant bien que mal, un sens humain à la vie des individus, etc.) a sans doute atteint un degré inédit. Mais, en même temps, la conviction qu’une sortie de ce système globalisé – donc le renoncement parallèle à certaines prothèses technologiques et existentielles qui permettent encore aux gens ordinaires de compenser la perte de leur autonomie – ne pourrait signifier qu’un saut angoissant dans l’inconnu, doublé de sacrifices psychologiquement inacceptables, a elle-même progressé dans des proportions encore plus considérables (et en diabolisant comme « conservatrice » ou « réactionnaire » toute remise en question de la modernité, l’intelligentsia de gauche a évidemment joué un rôle décisif dans cette terrible défaite de la pensée critique). De là, ce sentiment crépusculaire, et de plus en plus envahissant, que le mode de vie libéral auquel nous sommes attachés (à tous les sens du terme) constitue, tout compte fait, un moindre mal, et qu’il ne s’agit donc plus, désormais, que d’apprendre à tirer son épingle personnelle du jeu et à sortir « gagnant » de la nouvelle guerre mondiale de tous contre tous (un exercice auquel, soit dit en passant, les nouvelles classes moyennes des grandes métropoles sont infiniment mieux préparées que ces classes populaires encore habituées à un minimum de vie commune et solidaire). [1]

Quel paradoxe désespérant ! La sortie du stade actuellement atteint dans son évolution par le capitalisme – que l’on nomme ce stade néocapitalisme, mondialisation, postfordisme, capitalisme global ou financier… peu importe en fait, dans la mesure où les différentes dénominations ne font que pointer le projecteur sur une facette différente du même objet – cette sortie est, à proprement parler, impensable. Et pourtant, comme le dit Michéa, ses effets catastrophiques dans tous les domaines sont non seulement visibles mais surtout connus et reconnus.

L’imprégnation de cette idée qu’« il n’y a pas d’alternative », le fameux « there is no alternative » (TINA) emblématique du thatchérisme, ressortit à l’efficace d’une propagande savamment orchestrée depuis des décennies [2] pour rendre hégémonique un imaginaire collectif composé, selon la grille de lecture de Paul Ricœur, d’une idéologie en action et d’une utopie désirant se réaliser : le néolibéralisme. Car, contrairement à ce qu’affirment ses grands propagandistes et petits télégraphistes de plus ou moins bonne foi, le néolibéralisme existe. Un peu comme le diable du petit poème en prose de Baudelaire, « Le joueur généreux », qui « n’avait eu peur, relativement à son propre pouvoir, qu’une seule fois, c’était le jour où [il] avait entendu un prédicateur, plus subtil que ses confrères, s’écrier en chaire : “Mes chers frères, n’oubliez jamais, quand vous entendrez vanter le progrès des lumières, que la plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu’il n’existe pas !” [3] ».

Les néolibéraux ont besoin de faire croire que leur idéologie n’existe pas, afin que l’on continue de penser que l’on vit, peut-être pas dans le « meilleur des mondes » (que ce soit selon la définition de Pangloss ou de Huxley), mais du moins dans le seul monde possible. Ainsi prennent-ils soin d’effacer l’idéologie derrière une scientificité usurpée – les fameuses et fumeuses lois de l’économie qui régiraient plus sûrement encore le monde des hommes que les lois de la physique ne régissent celui des choses [4]. L’imposture d’objectivité stérilise le débat public en confisquant la discussion : l’économie devient ainsi un fatum qui s’impose à nous et dirige la politique, et non plus un élément des rapports humains ni un outil au service du politique – c’est-à-dire de la mise en commun de la parole et de l’action en vue de l’édification d’un monde commun, pour reprendre le vocabulaire d’Arendt.

Des mythes plus réels que le réel

L’idéologie fonctionne comme un « mensonge social » ; elle « devient ainsi le procédé général par lequel le processus de la vie réelle, la praxis, est falsifié par la représentation imaginaire que les hommes s’en font [5]. » Cette falsification du réel fonctionne par la surimpression de mythes qui, faisant écran, obscurcissent la perception de la réalité et deviennent plus réels que le réel [6]. Et l’idéologie néolibérale n’est pas avare de mythes, cohérents entre eux, et surtout à la séduction démagogique diablement efficace.

Le mythe de la main invisible.

L’expression du pauvre Adam Smith est sujette à autant d’interprétations qu’il y a eu d’auteurs pour s’y intéresser. La plus courante, et sur laquelle l’idéologie néolibérale fait son lit, est sans doute infiniment moins nuancée et subtile que ce que pouvait en penser le philosophe et économiste du XVIIIe siècle, très éloigné du contexte et des considérations actuels. Cette interprétation fait du marché l’alpha et l’oméga des rapports humains, la simple (simpliste) rencontre entre l’offre et la demande n’ayant par conséquent à souffrir aucun frein, comme l’affirment les économistes orthodoxes. Ou quand la pensée magique se pare des atours de la science.

Ce premier mythe alimente et légitime à son tour toute une série d’autres.

Le mythe du privé vertueux et du public vicieux.

Le mythe précédent vide nécessairement l’État de toute pertinence et en fait, au contraire, un parasite dont il faut se débarrasser, jetant sur lui une suspicion indélébile comme sur les administrations, services publics et fonctionnaires à son service [7]. À tel point, situation ahurissante, que lorsque l’État délègue au privé une activité et que les entreprises échouent à rendre le service dans de bonnes conditions, les usagers s’en prennent… à l’État [8] ! Outre qu’il permet de nourrir la vindicte populaire de boucs émissaires faciles, ce mythe décerne à la rapacité des brevets de respectabilité en sanctifiant la privatisation des bénéfices et la collectivisation des coûts.

Le mythe de la concurrence.

Comment pourrait-on s’opposer à la saine idée d’une concurrence « libre et non faussée » entre des acteurs économiques éclairés dont les besoins et les ressources se rencontrent au sein d’un marché idéal ? Fable pour grands enfants ignares ou complices. En réalité, le mythe de la « saine concurrence » conduit à une fuite en avant démentielle au toujours moins cher. Le moins-disant gagne à tout coup, même et surtout s’il obtient cette place par le sacrifice des critères humains, sociaux, environnementaux, etc. La mondialisation de l’économie élève la concurrence à l’échelle planétaire, l’installant comme règle, y compris entre les États-nations et les modèles sociaux eux-mêmes, au bénéfice des multinationales qui se nourrissent sur la bête. Ainsi assiste-t-on à un retour vers le passé vertigineux, les droits chèrement acquis étant au mieux rognés, le plus souvent balayés, pour s’aligner sur les pires conditions possibles. Et gare à celui qui s’en plaint ! Le chantage est insupportable, toute expression de souffrance se voyant interdite par une comparaison indécente : il existe toujours pire ailleurs ! Ainsi les cadres n’ont-ils que le droit de se taire et d’endurer parce que les ouvriers vivent moins bien, les ouvriers parce qu’en Chine leurs homologues sont plus mal traités, les ouvriers chinois parce que leur sort paraîtrait enviables à ceux du Bangladesh, et ainsi de suite, dans une relativisation obscène et un chantage odieux [9]. Jusqu’où ?

Le mythe de l’ouverture et de la fin des frontières.

Frontières = nationalismes = guerre. Ergo : fin des frontières = mondialisation = paix. C’est simple, non ? Et pourtant, la paix en question ressemble à s’y méprendre à une version mondialisée de la guerre hobbesienne de chacun contre tous. Comment peut-on si facilement oublier que depuis (au moins) le début de l’ère industrielle, l’ouverture des frontières en général et l’immigration de main d’œuvre bon marché en particulier sont une obsession du patronat ? L’immigration de masse a pour objectifs premiers de mettre en concurrence les travailleurs, de leur imposer une situation de crise, de tirer les salaires vers le bas et de contrer les revendications et mouvements collectifs. L’exemple du Royaume-Uni post-Brexit est à ce titre intéressant : l’affirmation d’une souveraineté économique, grâce à la réduction de la concurrence des salariés avec une immigration à bas coût, conduit à la fin de ce chantage salarial par le chômage.

Le mythe de l’entrepreneur.

L’individu est absolument responsable de tout ce qui lui arrive en bien comme en mal ; Weber aurait bien ri de cette énième resucée de la morale protestante au service du capitalisme. Le « self-made-man » fait encore rêver… pourquoi pas ! La libre entreprise, c’est très bien ; l’entrepreneuriat, bien que le mot soit d’une laideur sans pareil, c’est très bien aussi. Mais peut-on imaginer que tout le monde ne puisse pas, ou ne veuille pas, devenir entrepreneur ? Que serait une nation composée entièrement d’entrepreneurs ? En outre, lorsque ce mythe croise celui du privé vertueux et du public vicieux avec sa haine viscérale de l’État et des pouvoirs publics, l’opposition entre le gentil et utile entrepreneur et le méchant et parasite fonctionnaire fait fi de la réalité. Sans les aides financières et fiscales de l’État, sans les infrastructures publiques, sans les commandes publiques, combien de petites (et grandes !) entreprises survivraient ? Combien d’entrepreneurs passeraient la première année ? Mais il est plus facile de se glorifier d’avoir réussi seul et sans l’aide de personne que de remercier tous ceux qui ont rendu possible ce succès… ou qui, plus souvent, ont amorti l’échec grâce à tous les filets de sécurité de notre système social.

Le mythe de la responsabilité individuelle.

Chacun est entièrement responsable de ses réussites comme, surtout, de ses échecs – la société n’a rien à faire dans cette histoire. En fait, le monde social n’existe même pas, la seule réalité est celle d’une coagulation de monades autistes entrant en relation les unes avec les autres pour leur seul intérêt personnel. Ce mythe sous forme d’axiome se montre bien commode pour justifier l’état de fait.

D’un côté : ceux qui profitent pleinement peuvent se rengorger de leurs succès puisqu’ils ne les doivent qu’à eux-mêmes – il est amusant de constater que ces discours sont sérieusement tenus par des héritiers dont les facilités et richesses leur sont venues à la naissance.

De l’autre côté : « ceux qui ne sont rien » pour reprendre le vocabulaire présidentiel, et qui ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes – ce qui, d’ailleurs, ne manque pas d’éveiller les soupçons : puisque tout le monde peut réussir s’il s’en donne les moyens (mythe précédent), ceux qui n’y parviennent pas ne font assez d’efforts, ou bien profitent d’un système évidemment trop généreux… chômeurs [10], malades [11] et autres cabossés de la vie subissent ainsi une sorte de triple peine : d’abord la douleur quotidienne de leur situation, ensuite la culpabilisation sous une déclinaison plus ou moins raffinée du « ils l’ont bien cherché » et, enfin, la suspicion d’être des parasites voire des fraudeurs.

Entre les deux : toute la masse de ceux qui se débrouillent, persuadés par le matraquage propagandiste qu’ils ne peuvent et doivent compter que sur eux-mêmes, tout espoir de solidarité étant vain. Ils lèvent leurs regards vers les premiers, espérant naïvement les rejoindre mais en gardant toujours l’angoisse de déchoir au niveau des seconds.

Le mythe de la maîtrise par les chiffres.

La fausse rationalité économique prétend mettre le monde des hommes et de leurs relations en chiffres et en équations. L’illusion de maîtrise du monde pointe vers l’« arraisonnement » (Gestell) heideggérien… même si c’est là donner des prétentions philosophiques bien élevées à ce qui ne demeure qu’une bande de petits managers ayant une calculette entre les deux oreilles. La croyance que l’on comprend le monde parce qu’on dispose d’une foultitude d’indicateurs bien rangés dans des tableaux Excel serait hilarante si elle ne gouvernait pas la plupart des organisations… privées comme publiques. La fascination pour les chiffres enivre de pouvoir les petits tyranneaux qui peuvent ainsi se livrer pleinement à leurs fantasmes infantiles de toute-puissance. Comme avec leurs chiffres, ils jouent avec les hommes, mis en concurrence selon le mythe correspondant ; ils optimisent à tout-va, sans aucune connaissance des activités, des productions, des services concernés : fabriquer des yaourts, vendre des maisons, soigner ou instruire des gens… peu importe, seul compte le management. Utilité, performance, retour sur investissement… toutes les activités sont ramenées à des nombres qui doivent être immédiatement convertibles dans une monnaie quelconque : le fétichisme du chiffre, c’est toujours, in fine, l’adoration du pognon-roi.

Le mythe du management et de la technocratie.

Les formules magiques enseignées dans toutes les écoles de commerce (« objectifs SMART », « matrice SWOT », « indicateurs de performance », « ROI », etc. etc. etc.) sont ingurgitées et recrachées par des petits managers produits à la chaînes et persuadés de pouvoir diriger n’importe quelle équipe dans n’importe quelle circonstance. Le management, tel qu’ils l’ont appris et tel qu’ils l’appliquent avec zèle, c’est l’art d’emmerder le monde en étouffant chaque activité, chaque action, chaque fonction sous le plus possible de contrôles ineptes. La surveillance paranoïaque, le microcontrôle pointilleux et l’autocontrôle constant vampirisent tout. Dans cette folie de l’évaluation qui débordent partout, tout doit être mesuré, quantifié, noté (jusques et y compris les activités de loisirs dont on traque les commentaires « à une seule étoile ») au moment même où la logique néolibérale, sous le masque du pédagogisme, élimine les notes au seul endroit où elles ont un sens : l’école ! Partout ailleurs, entreprises comme administrations se laissent entraîner dans la frénésie (auto)évaluative, perdent leur temps et leur énergie en audits permanents et subissent des injonctions surréalistes à l’autocritique directement inspirées du modèle maoïste : tout rapport d’activité, tout entretien professionnel annuel, tout exercice d’autoévaluation doit faire une place à l’autodénigrement et à la pénitence – jeu artificiel et mensonger dans lequel personne n’est dupe mais qui alimente les catégories « marges d’amélioration » ou « perspectives d’optimisation » des rapports sans intérêt ni conséquence. Malgré les dénégations de ses thuriféraires, le néolibéralisme n’aime rien tant que la bureaucratie – demandez donc aux enseignants, aux chercheurs, aux médecins des hôpitaux… ce qu’ils en pensent… – au point d’en devenir un véritable « stalinisme capitaliste » [12]. En la matière, les institutions de l’Union européenne incarnent la quintessence de cette technocratie écrasante [13].

Le mythe du Progrès.

Succédant aux croyances naïves et téléologiques, telles qu’on a pu les connaître au XIXe et au début du XXe siècle, en un Progrès linéaire de l’humanité s’enracinant dans une confiance aveugle en la science et/ou l’histoire, le néolibéralisme propose une version peut-être plus niaise encore mais au moins aussi efficace du mythe du Progrès. La « croissance », avec son cortège de notions clinquantes (« innovation », « destruction créatrice », etc.), n’est rien d’autre qu’une répétition de cette vieille idée qu’aujourd’hui vaut mieux qu’hier et que demain sera meilleur encore… à la différence près que ceci repose dorénavant sur le sacrifice individuel aux dogmes de la « science économique » : rigueur, réformes, etc. etc. Ce nouveau Progrès techno-économique se substitue ainsi aux progrès humains et sociaux, les conditions de vie des individus pouvant empirer alors que l’économie « va bien » ou « s’améliore » ou « va s’améliorer, c’est promis, on l’a lu dans notre boule de cristal ». Alors que vie réelle et monde économique sont intrinsèquement liés, les représentations que l’idéologie donne du fonctionnement du second marquent une rupture profonde avec la première ; pour faire passer la pilule, le néolibéralisme s’accommode parfaitement d’un mariage avec un progressisme « sociétal », dont il n’a strictement rien à craindre : dans les noces libérales-libertaires, c’est le peuple qui trinque.

Le mythe du présentisme.

Seul l’instant compte ; seul le présent existe. En rien contradictoire avec le précédent qui réactive la notion de Progrès dans le seul but de justifier les sacrifices présents par des promesses vaines, le mythe du présentisme repose sur l’instillation d’un sentiment d’urgence permanent. La normalité, c’est dorénavant l’urgent, voire le « TTU », ce sigle exécrable qui signifie « très très urgent » et qui fleurit en tête de messages en forme de sommations. Tout, tout de suite : le fouet claque, les caprices infantiles exigent d’être réalisés sans délai. Aussi bien au sein du monde professionnel que de nos vies privées, saturés d’adrénaline, nous délirons dans un présent continu, dans l’écume d’un jour qui se reproduit toujours plus vite, en grossissant à chaque itération de nouvelles tâches dont la criticité illusoire sert à masquer la futilité : en faire toujours plus dans le temps imparti. « Le nez dans le guidon » est plus qu’une métaphore naïve ; nous pédalons à vide et toujours plus fort. Nous sommes obsédés par la vitesse, aveugles à la durée, incapables de penser le temps long. La superficialité de l’immédiat empêche toute plongée dans les profondeurs de la pensée. Une information chasse l’autre, les chaînes de désinformation en continu en ont fait leur « business model », les écrans clignotent frénétiquement de textes, mais surtout d’images et de vidéos, voués à la pure consommation. Dans tous les domaines, c’est le court-terme qui règne et impose une amnésie très confortable.

Le mythe de la transparence.

Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez rien à cacher. De l’architecture en verre aux « open spaces », la transparence physique des espaces repose sur des prémisses morales. Toute frontière, toute opacité sont suspectes. La transparence devient diktat et le secret synonyme de culpabilité ; la suspicion s’étend en même temps que les puritanismes de toutes obédiences nous empoisonnent de leur moraline [14]. Or, comme l’écrit Arendt :

Parce que notre sens du réel dépend entièrement de l’apparence et donc de l’existence d’un domaine public où les choses peuvent apparaître en échappant aux ténèbres de la vie cachée, le crépuscule lui-même qui baigne notre vie privée, notre vie intime, est un reflet de la lumière crue du domaine public [15].

La lumière du public nécessite l’obscurité du privé pour donner toute sa profondeur à l’espace public : le passage de l’un à l’autre, dans les deux sens, offre la respiration nécessaire à l’engagement civique de l’individu s’élevant à la puissance du citoyen [16]. Nous avons cruellement besoin d’espaces de confiance libre, de confidence, de secret [17].

La nécessité d’un contre-modèle

Tous ces mythes enserrent l’imaginaire politique dans des rets qui l’asphyxient. Désarmés, nous nous complaisons dans une cécité plus ou moins volontaire, entre culture de l’avachissement et neurasthénie idéologico-politique. Tous autant que nous sommes, nous sommes responsables [18] : citoyens comme dirigeants politiques, nous participons tous à ce mensonge farcesque, à cette parodie de démocratie. Alors que nous expérimentons une forme inédite d’oligarchie toute-puissante qui s’appuie sur les mécanismes redoutables d’une ochlocratie bien contrôlée [19], en face : rien. Toutes les pensées politiques concurrentes sont décrédibilisées et inaudibles. L’effondrement conceptuel laisse un paysage de ruines sur lequel prospèrent les imposteurs : tous ces mouvement prétendument « antisystème » qui n’en sont que les idiots utiles ou les alliés objectifs. Le lumpenprolétariat et son chaos organisé qui s’étendent depuis les territoires abandonnés au caïdat par la République [20], autant que les identitaires qui en profitent politiquement, servent parfaitement les intérêts néolibéraux.

Et pourtant, rarement la nécessité impérieuse d’un contre-modèle ne s’est fait à ce point ressentir. La crise environnementale nous impose de sortir de toute urgence d’une organisation économique qui détruit les conditions mêmes d’existence de l’humanité. Le mythe néolibéral du Progrès qui s’incarne dans la vénération illusoire d’une « croissance » économique infinie est pire qu’un leurre : c’est une tentative de suicide collective. Ni les fameux « gains de productivité » ni la confiance dans une technoscience toute-puissante peuvent résoudre l’équation impossible d’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies. Qu’on le déplore ou qu’on s’en satisfasse avec une joie mauvaise antihumaniste, les restrictions à notre mode de vie sont inévitables. Reste à savoir si elles peuvent être décidées rationnellement, collectivement – politiquement, au sens le plus fort du politique – avec la justice et l’intérêt général pour horizons de l’action ; ou bien si elles seront infligées autoritairement en fonction des intérêts des plus forts, lorsque ce sera de toute façon déjà trop tard.

Un autre modèle existe cependant, qui propose des réponses rationnelles, crédibles et pertinentes aux crises écologique et économique [21]. Sont défaut : son exigence. La pensée républicaine est une vision du monde, de l’homme et de la société dont les principes, très puissants, supposent l’engagement des citoyens dans la vie de la cité, un peuple vertueux constitué en nation – le républicanisme a besoin de républicains. Il y a une alternative – hélas, qui aujourd’hui est capable de l’embrasser ?

Cincinnatus, 24 janvier 2022


[1] Jean-Claude Michéa, Notre ennemi le capital, Champs essais, 2018, p. 254-255.

[2] Voir : « It’s the economy, stupid ».

[3] Je ne résiste pas à la tentation de citer in extenso ce Petit poème en prose :

XXIX – Le joueur généreux

Hier, à travers la foule du boulevard, je me sentis frôlé par un Être mystérieux que j’avais toujours désiré connaître, et que je reconnus tout de suite, quoique je ne l’eusse jamais vu. Il y avait sans doute chez lui, relativement à moi, un désir analogue, car il me fit, en passant, un clignement d’œil significatif auquel je me hâtai d’obéir. Je le suivis attentivement, et bientôt je descendis derrière lui dans une demeure souterraine, éblouissante, où éclatait un luxe dont aucune des habitations supérieures de Paris ne pourrait fournir un exemple approchant. Il me parut singulier que j’eusse pu passer si souvent à côté de ce prestigieux repaire sans en deviner l’entrée. Là régnait une atmosphère exquise, quoique capiteuse, qui faisait oublier presque instantanément toutes les fastidieuses horreurs de la vie ; on y respirait une béatitude sombre, analogue à celle que durent éprouver les mangeurs de lotus quand, débarquant dans une île enchantée, éclairée des lueurs d’une éternelle après-midi, ils sentirent naître en eux, aux sons assoupissants des mélodieuses cascades, le désir de ne jamais revoir leurs pénates, leurs femmes, leurs enfants, et de ne jamais remonter sur les hautes lames de la mer.

Il y avait là des visages étranges d’hommes et de femmes, marqués d’une beauté fatale, qu’il me semblait avoir vus déjà à des époques et dans des pays dont il m’était impossible de me souvenir exactement, et qui m’inspiraient plutôt une sympathie fraternelle que cette crainte qui naît ordinairement à l’aspect de l’inconnu. Si je voulais essayer de définir d’une manière quelconque l’expression singulière de leurs regards, je dirais que jamais je ne vis d’yeux brillant plus énergiquement de l’horreur de l’ennui et du désir immortel de se sentir vivre.

Mon hôte et moi, nous étions déjà, en nous asseyant, de vieux et parfaits amis. Nous mangeâmes, nous bûmes outre mesure de toutes sortes de vins extraordinaires, et, chose non moins extraordinaire, il me semblait, après plusieurs heures, que je n’étais pas plus ivre que lui. Cependant le jeu, ce plaisir surhumain, avait coupé à divers intervalles nos fréquentes libations, et je dois dire que j’avais joué et perdu mon âme, en partie liée, avec une insouciance et une légèreté héroïques. L’âme est une chose si impalpable, si souvent inutile et quelquefois si gênante, que je n’éprouvai, quant à cette perte, qu’un peu moins d’émotion que si j’avais égaré, dans une promenade, ma carte de visite.

Nous fumâmes longuement quelques cigares dont la saveur et le parfum incomparables donnaient à l’âme la nostalgie de pays et de bonheurs inconnus, et, enivré de toutes ces délices, j’osai, dans un accès de familiarité qui ne parut pas lui déplaire, m’écrier, en m’emparant d’une coupe pleine jusqu’au bord : « À votre immortelle santé, vieux Bouc ! »

Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. Sur ce sujet-là, Son Altesse ne tarissait pas en plaisanteries légères et irréfutables, et elle s’exprimait avec une suavité de diction et une tranquillité dans la drôlerie que je n’ai trouvées dans aucun des plus célèbres causeurs de l’humanité. Elle m’expliqua l’absurdité des différentes philosophies qui avaient jusqu’à présent pris possession du cerveau humain, et daigna même me faire confidence de quelques principes fondamentaux dont il ne me convient pas de partager les bénéfices et la propriété avec qui que ce soit. Elle ne se plaignit en aucune façon de la mauvaise réputation dont elle jouit dans toutes les parties du monde, m’assura qu’elle était, elle-même, la personne la plus intéressée à la destruction de la superstition, et m’avoua qu’elle n’avait eu peur, relativement à son propre pouvoir, qu’une seule fois, c’était le jour où elle avait entendu un prédicateur, plus subtil que ses confrères, s’écrier en chaire : « Mes chers frères, n’oubliez jamais, quand vous entendrez vanter le progrès des lumières, que la plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu’il n’existe pas ! »

Le souvenir de ce célèbre orateur nous conduisit naturellement vers le sujet des académies, et mon étrange convive m’affirma qu’il ne dédaignait pas, en beaucoup de cas, d’inspirer la plume, la parole et la conscience des pédagogues, et qu’il assistait presque toujours en personne, quoique invisible, à toutes les séances académiques.

Encouragé par tant de bontés, je lui demandai des nouvelles de Dieu, et s’il l’avait vu récemment. Il me répondit, avec une insouciance nuancée d’une certaine tristesse : « Nous nous saluons quand nous nous rencontrons, mais comme deux vieux gentilshommes, en qui une politesse innée ne saurait éteindre tout à fait le souvenir d’anciennes rancunes. »

Il est douteux que Son Altesse ait jamais donné une si longue audience à un simple mortel, et je craignais d’abuser. Enfin, comme l’aube frissonnante blanchissait les vitres, ce célèbre personnage, chanté par tant de poëtes et servi par tant de philosophes qui travaillent à sa gloire sans le savoir, me dit : « Je veux que vous gardiez de moi un bon souvenir, et vous prouver que Moi, dont on dit tant de mal, je suis quelquefois bon diable, pour me servir d’une de vos locutions vulgaires. Afin de compenser la perte irrémédiable que vous avez faite de votre âme, je vous donne l’enjeu que vous auriez gagné si le sort avait été pour vous, c’est-à-dire la possibilité de soulager et de vaincre, pendant toute votre vie, cette bizarre affection de l’Ennui, qui est la source de toutes vos maladies et de tous vos misérables progrès. Jamais un désir ne sera formé par vous, que je ne vous aide à le réaliser ; vous régnerez sur vos vulgaires semblables ; vous serez fourni de flatteries et même d’adorations ; l’argent, l’or, les diamants, les palais féeriques, viendront vous chercher et vous prieront de les accepter, sans que vous ayez fait un effort pour les gagner ; vous changerez de patrie et de contrée aussi souvent que votre fantaisie vous l’ordonnera ; vous vous soûlerez de voluptés, sans lassitude, dans des pays charmants où il fait toujours chaud et où les femmes sentent aussi bon que les fleurs, — et cætera, et cætera… », ajouta-t-il en se levant et en me congédiant avec un bon sourire.

Si ce n’eût été la crainte de m’humilier devant une aussi grande assemblée, je serais volontiers tombé aux pieds de ce joueur généreux, pour le remercier de son inouïe munificence. Mais peu à peu, après que je l’eus quitté, l’incurable défiance rentra dans mon sein ; je n’osais plus croire à un si prodigieux bonheur, et, en me couchant, faisant encore ma prière par un reste d’habitude imbécile, je répétais dans un demi-sommeil : « Mon Dieu ! Seigneur, mon Dieu ! faites que le diable me tienne sa parole ! »

Charles Baudelaire, « Le joueur généreux », in Petits poèmes en prose, Œuvres complètes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1951, p. 274-277.

[4] J’ai déjà (longuement) développé ces idées à propos de l’idéologie néolibérale et de l’économicisme dans la série de billets « Misère de l’économicisme » :

1. L’imposture scientifique

2. L’idéologie néolibérale

3. Fausses libertés et vraies inégalités

4. Feu sur l’État

5. Le monde merveilleux de la modernité

[5] Paul Ricœur, « L’idéologie et l’utopie : deux expressions de l’imaginaire social (1976) », in Du texte à l’action, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Esprit », p. 381.

[6] Ce que décrivent, entre autres, Voegelin avec sa notion de « Realissimum », ou Arendt et l’idéologie comme « logique d’une idée ».

[7] Voir les billets : « Cessez le feu sur les fonctionnaires ! », « Trop d’État… ou trop peu ? » et « Misère de l’économicisme : 4. Feu sur l’État ».

[8] Mark Fischer décrit très bien ce phénomène dans son livre Le réalisme capitaliste, Entremonde, 2018 (trad. fr.), p. 73-74. Le sous-titre de cet ouvrage très stimulant est d’ailleurs évocateur : N’y a-t-il aucune alternative ?

[9] Voir : « La souffrance en concurrence ».

[10] La culpabilisation des chômeurs, perçus a priori comme des fraudeurs est simplement dégueulasse. La stratégie du bouc émissaire, aussi grossière soit-elle, fonctionne hélas toujours très bien. Voir : « Les chômeurs ne sont pas des fraudeurs ! »

[11] Et jusqu’à la santé mentale :

 La pensée dominante actuelle n’admet pas que la maladie mentale puisse avoir des causes sociales. La réduction de la maladie mentale à des processus chimiques et biologiques est bien entendu tout à fait à la mesure de sa dépolitisation. Considérer la maladie mentale comme un problème biochimique individuel est source d’avantages énormes pour le capitalisme. Tout d’abord, cela renforce la tendance à l’individualisation atomistique (vous êtes malade à cause de la chimie de votre cerveau). Deuxièmement, cela ouvre un marché fabuleusement lucratif sur lequel les multinationales pharmaceutiques peuvent vendre leurs produits (nous pouvons vous soigner avec nos antidépresseurs, nos inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine). Il va sans dire que tous les troubles mentaux sont instanciés neurologiquement, mais cela ne dit rien de leur cause. S’il est par exemple vrai que la dépression se manifeste par de faibles niveaux de sérotonine, reste encore à expliquer pourquoi certains individus manifestent de tels niveaux. Cela exige une explication sociale et politique.

Mark Fischer, Le réalisme capitaliste, op. cit., p. 46

[12] Expression paradoxale en apparences seulement :

Au départ, il peut sembler très mystérieux d’assister à une intensification des mesures bureaucratiques sous des gouvernements néolibéraux qui se sont posés en champions de l’antibureaucratie et de l’antistalinisme. Pourtant, de nouvelles formes de bureaucratie – « buts et objectifs », « résultats », « missions d’entreprise » – se sont multipliées, alors même que le discours libéral sur la fin du contrôle hiérarchisé et centralisé gagnait du terrain. On pourrait croire que la bureaucratie est un genre de retour du refoulé, faisant une réapparition pleine d’ironie au cœur d’un système qui s’est juré de la détruire. Mais la résurgence de la bureaucratie dans le néolibéralisme est bien davantage qu’un atavisme ou une anomalie.

Ibid., p. 49.

[13] Voir : « L’Union européenne contre l’Europe ».

[14] Voir : « Mascarades de la pureté », « Les enfants de Torquemada » et « Moraline à doses mortelles ».

[15] Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne, Pocket Agora, 1983, p. 91.

[16] Voir la série de billets sur L’édification du monde commun selon Hannah Arendt.

[17] De ce point de vue, la multiplication très à la mode des « safe spaces » n’a rien à voir avec e tels espaces, au contraire !

[18] La crise de la démocratie représentative tient à la fois à une offre affligeante et à la désintégration du corps politique au profit d’individus plus préoccupés de leur petit confort personnel que de l’intérêt général. Voir : « Tous responsables ! ».

[19] À propos de l’oligarchie et de l’ochlocratie qui ont remplacé la république et la démocratie, voir : « Ci-gît la République ».

[20] Voir : « Extension du domaine du caïdat ».

[21] Voir : « Écologie : pour une réponse républicaine » et « Un républicanisme économique ? ».

dimanche 23 janvier 2022

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Le gaz, énergie explosive ( Cliquer sur l'image ) | France culture 13/05/2021

Vanne de gaz et des gazoducs au poste de
livraison de la frontière slovaque dans la
 ville de Velke Kapusany, dans l'est de la
 Slovaquie, près de la frontière
avec l'Ukraine, le 7 janvier 2009
Le gaz représente un enjeu économique, social, environnemental et géopolitique comme l'illustre le projet européen Nord Stream 2 reliant l'Allemagne à la Russie, l'extraction du gaz de schiste américain, les rentes qataris et russes et les transitions énergétiques à penser pour l'avenir.

À retrouver dans l'émission CULTURES MONDE par Florian Delorme

TOUS LES ÉPISODES


>>> Nord Stream 2 : projet toxique pour l’Europe

Le gazoduc Nord Stream 2, chargé d'acheminer du gaz russe directement en Allemagne, est en passe d'être terminé. Mais le projet ne fait pas l'unanimité...


>>> Schiste américain : gare au retour de flamme

Les Etats-Unis se sont lancés dans la ruée vers le gaz de schiste. Aujourd'hui le pays est le premier producteur de gaz mondial. Mais les techniques d'extraction...


>>> De Moscou à Naypyidaw: main basse sur la rente gazière

Le géant Gazprom a été nationalisé par Poutine en 2006. Durant des années, les bénéfices de l'entreprise ont profité à une poignée d’oligarques sans se...


>>> Transition énergétique : couper les vannes

Le Danemark a annoncé en décembre dernier la fin de l’exploitation de gaz naturel et de pétrole dès 2050. Mais pour d'autres, le gaz naturel est présenté...

samedi 22 janvier 2022

Au coeur du forum de Davos | ARTE 21 janv. 2022


Plongée dans les coulisses du Forum économique mondial, qui réunit chaque année à Davos, en Suisse allemande, quelque 3 000 personnalités de premier plan.

Intimement convaincu que les problèmes rencontrés à l’échelle mondiale ne peuvent être résolus que par le dialogue, l’Allemand >>> Klaus Schwab – aujourd’hui âgé de 83 ans – réunit chaque année depuis 1971 quelque 3 000 personnalités issues du monde de l’économie, de la politique, de la science et de la société civile dans la petite ville suisse allemande de Davos. L’édition 2019 de cette manifestation désormais incontournable s’est déroulée dans un monde en pleine tourmente, où crise climatique, Brexit, gilets jaunes et différends commerciaux entre la Chine et les États-Unis ont tour à tour fait les gros titres des journaux. Si certains s’interrogent sur la réelle utilité de cette réunion annuelle – s’agit-il d’une vision qui porte réellement ses fruits ou d’un événement ne servant qu’à affirmer et servir les intérêts personnels d’une élite mondiale ? – , l’Américaine Jennifer Morgan, à la tête de l’organisation internationale Greenpeace, a néanmoins profité de l’occasion pour sensibiliser politiciens et chefs d’entreprise à la protection du climat.

Pour la première fois en près de cinquante ans d’histoire du Forum économique mondial, une équipe de tournage indépendante a pu explorer les rouages de la célèbre fondation et donne à voir comment la diplomatie fonctionne entre les grands de ce monde.

Documentaire de Marcus Vetter (Allemagne, 2019, 1h29mn)
disponible jusqu'au 18/02/2022

Berthe Sylva - Frou-Frou


La femme porte quelquefois
La culotte dans son ménage
Le fait est constaté je crois
Dans les liens du mariage
Mais quand elle va pédalant
En culotte comme un zouave
La chose me semble plus grave
Et je me dis en la voyant
Frou frou, frou frou par son jupon la femme
Frou frou, frou frou de l'homme trouble l'âme
Frou frou, frou frou certainement la femme
Séduit surtout par son gentil frou frou
La femme ayant l'air d'un garçon
Ne fut jamais très attrayante
C'est le frou frou de son jupon
Qui la rend surtout excitante
Lorsque l'homme entend ce frou frou
C'est étonnant tout ce qu'il ose
Soudain il voit la vie en rose
Il s'électrise et devient fou
Frou frou, frou frou par son jupon la femme
Frou frou, frou frou de l'homme trouble l'âme
Frou frou, frou frou certainement la femme
Séduit surtout par son gentil frou frou
En culotte me direz-vous
On est bien mieux à bicyclette
Mais moi je dis que sans frou frou
Une femme n'est pas complète
Lorsqu'on la voit se retrousser
Son cotillon vous ensorcelle
Son frou frou, c'est comme un bruit d'aile
Qui passe et vient vous caresser
Frou frou, frou frou par son jupon la femme
Frou frou, frou frou de l'homme trouble l'âme
Frou frou, frou frou certainement la femme
Séduit surtout par son gentil frou frou

vendredi 21 janvier 2022

Histoire de la sexualité, entre plaisir et contraintes ( Cliquer sur l'image ) | France culture 20/01/2022

Scène érotique entre un satyre et une nymphe,
 mosaïque de la Maison du Faune,
 Pompéi, Italie
De l’érotisme en toge à la chair qui devint péché, comment fut régulée la sexualité ? Quant au libertinage, quels désirs l’ont conduit de la liberté politique à la licence sexuelle ? Une histoire de la sexualité, à la redécouverte du désir féminin, entre imaginaire et entraves !

À retrouver dans l'émission LE COURS DE L'HISTOIRE par Xavier Mauduit

TOUS LES ÉPISODES


>>> Érotique en toge, réguler le désir dans la Rome antique

La sexualité romaine avait-elle des tabous ? Qui pouvait avoir des relations sexuelles avec qui ? À quoi servait la pornographie sur les murs de Pompéi...


>>> Église et sexualité, quand la chair devint péché

Le christianisme a une influence majeure sur l'ordre sexuel au Moyen Âge. Notion de péché, précepte du mariage, valorisation de la procréation président...


>>> Libertinage, de la liberté politique à la licence sexuelle

Ils font preuve d'audace de la pensée, s'affranchissent du dogme religieux et promeuvent un nouvel art d'aimer, qui sont les libertins et libertines ?...


>>> Histoire du désir féminin, entre imaginaires et entraves

La sexologie, sous le prisme d'un regard masculin et hétérosexuel, fait ses débuts au XIXe siècle. La science médicale relaie l’Église pour départager...

Un poète, une voix : Charles Baudelaire lu par Jean-Louis Barrault ( Cliquer sur l'image ) | France culture 07/10/2016

À retrouver dans l'émission LES NUITS DE FRANCE CULTURE par Philippe Garbit

En 1962, dans l'émission "Un poète, une voix", le comédien Jean-Louis Barrault disait Baudelaire. Avec Madeleine Renaud, il a fondé l'une des plus belle compagnie de théâtre française. Dans sa lecture, il insiste sur le coté obscure, parfumé et frémissant des Fleurs du Mal.

Charles Baudelaire par Étienne Carjat, vers 1862

Directeur du Théâtre de l'Odéon, Jean-Louis Barrault fit connaître à la fois le grand répertoire et les pièces les plus contemporaines. 

Il monta par exemple en 1966, Les paravents de Jean Genet qui fit scandale. 

En 1968, il laissa les étudiants occuper l'Odéon et fût limogé... mais il poursuivit avec sa compagnie, une carrière qui reste aujourd'hui d'une très impressionnante inventivité.

"Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse, Oreiller de chair fraîche où l'on ne peut aimer, Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse, Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer ;..."

Il débute par Les Phares puis avec La Chevelure , Chant d'automne , poursuit par Spleen , A une mendiante rousse , La Servante au grand coeur, et termine par A une malabaraise et Amer savoir .

L'ÉQUIPE

  • Production : Philippe Garbit
  • Production déléguée : Catherine Liber, Albane Penaranda
  • Réalisation : Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration de Hassane M'Béchour

La beauté ( Cliquer sur l'image ) | France culture 01/04/2019

En quatre émissions la beauté va vous éblouir, vous émerveiller, vous subjuguer, mais surtout vous questionner : l’art doit-il être beau ? 

Chez Kant, peut-on discuter des goûts et des couleurs ? 

Chez Plotin, la beauté est-elle d’abord intérieure ? 

Et chez Baudelaire, qu’est-ce que l’esthétique de la boue ?

À retrouver dans l'émission LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE par Adèle Van Reeth

TOUS LES ÉPISODES


>>> L’art doit-il être beau ?

La notion de "beaux-arts" apparaît entre le XVIème siècle et la fin du XVIIIème siècle et marque une rupture dans l'histoire de l'art : le beau devient...


>>> Kant, peut-on discuter des goûts et des couleurs ?

Pourquoi ne peut-on pas convaincre quelqu'un de la beauté de quelque chose si celui-ci s'y montre insensible ? Le philosophe Emmanuel Kant n'en croit rien....


>>> Baudelaire et l’esthétique de la boue

À travers "Les Fleurs du Mal", la beauté hante l'oeuvre poétique de Baudelaire. Pourrait-elle être son unique sujet ?


>>> Plotin, la beauté est-elle d’abord intérieure ?

Que ressent-on lorsqu'on contemple la beauté intérieure ? D'où vient le sentiment de vouloir s'unir à soi-même et se recueillir en s'isolant du corps ?...

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ "Nietzsche et Baudelaire" par Fabrice Luchini ( Cliquer sur l'image ) | France culture 16/07/2021

Avignon 2021 - en direct du musée Calvet | "Je suis tout autant que Wagner un enfant de ce siècle, je veux dire un décadent, avec cette seule différence que moi, je l’ai compris, j’y ai résisté de toutes mes forces. Le philosophe en moi y résistait" (Friedrich Nietzsche in Le Cas Wagner).

Fabrice Luchini

"Je n’aurais pas imaginé cette lecture pour France Culture, sans la complicité d’un ami de longue date, Stanislas Wais, qui a eu cette idée de mêler Baudelaire à Nietzsche. Pour moi, Nietzsche est le philosophe le plus littéraire de tous, c’est pourquoi l’on peut légitimement s’interroger sur la possibilité de le dire devant un micro ou devant un public. Je n’ai pas de formation philosophique donc ce que je dis n’a aucune ambition de vérité universelle, mais il me semble, moi qui n’ai pas été longtemps à l’école, qu’ouvrir un livre de Kant, Hegel ou Spinoza, c’est très compliqué. Alors que la pratique nietzschéenne de l’aphorisme donne accès plus facilement à l’œuvre. Et puis, pour dire toute la vérité - et cela prouve bien la thèse de Nietzsche selon laquelle tout n’est que biographie -, ma première fiancée exigeait avant nos rendez-vous que j’aie lu une dizaine de pages de Zarathoustra. J’avais 18 ans, j’étais un peu dépassé par le propos. Et puis plus tard, bizarrement, j’ai vu que Nietzsche infiltrait toutes les questions de notre époque. Est-ce par l’amour que Deleuze avait pour lui ? 

En tout cas, il a une audience et il y a un phénomène Nietzsche. Alors j’ai eu envie de voir s’il "passait à l’oral". Grâce à France Culture pour laquelle ce sera une première, je vais le tenter et faire l’expérience de le dire à la fois pour la radio et pour le public. C’est une gageure, mais c’est assez passionnant parce que je vais essayer de le servir pour le faire entendre. On va enregistrer et du coup on aura une idée exacte de la manière dont "ça passe ou non", je saurai si, après cette lecture au Musée Calvet, je pourrai le jouer dans une salle à Paris, assez petite, parallèlement à des spectacles plus grand public. Et si ça ne passe pas, eh bien, on l’aura fait deux fois !            

Quant à Baudelaire que l’on entendra aussi, pour aller vite, on pourrait dire que c’est un décadent, un morbide, un artiste dans le spleen et la souffrance. Il est donc presque l’antithèse du dépassement, de la vitalité, du grand "oui" dionysien de Nietzche. Mais leur point commun est l’amour de la forme, l’amour de l’apparence, l’efficacité stylistique, le sens de la rupture et puis la vérité de la forme qui est presqu’une vérité comme l’exprime bien Paul Valery : "Qu’est-ce qu’il y a de plus profond dans l’homme ? ma peau "ou bien encore Nietzsche avec cette phrase extraordinaire dans laquelle se trouve une grande partie de sa pensée : "Ah ces grecs ! Ils étaient superficiels par profondeur". 

Propos de Fabrice Luchini, recueillis par Blandine Masson

Lecture Fabrice Luchini

Adaptation Fabrice Luchini et >>> Stanislas Wails

Assistante à la réalisation Manon Dubus

Equipe : Benjamin Perru, Mathieu Touren, Jean- Benoit Têtu ( sono)

Réalisation Laure Egoroff

Création pour France Culture

Philosophies de Charles Baudelaire | France culture LE GAI SAVOIR par Raphaël Enthoven 20/10/2013



Portrait de Charles Baudelaire
Emission en direct et en public- Théâtre du Rond Point
Dans le cadre du week-end Mauvais Genre de France Culture

Charles Baudelaire n’est pas philosophe. Il a mieux à faire. Et mieux à dire. Ses outils sont trop précis. Plutôt la profondeur que la clarté. Ou l’ellipse que la démonstration. 

La poésie est à la philosophie ce que l’intuition est au concept, et la métaphore à la simple comparaison. La même chose, en plus vif. 

Mais enfin, il arrive, quand elle est bien lunée, que, s’oubliant elle-même, la philosophie se surprenne à puiser, dans la matière vitale d’un poème, tantôt la meilleure version de ce qu’elle pense, tantôt l’accélérateur de particules qui, soudain, lui rend l’élan perdu. 

Tel est Baudelaire, qui fait au philosophe le cadeau des images et d’un langage qui, pour saisir le réel, a enfilé son plus beau noir.

A la lecture : Georges Claisse

A la réalisation : Gilles Davidas

"L’héautontimorouménos", de Charles Baudelaire ( Cliquer sur l'image ) | France culture 16/11/2012

À retrouver dans l'émission POÈME DU JOUR AVEC LA COMÉDIE-FRANÇAISE



"L’héautontimorouménos" signifie en grec "bourreau à soi-même". 

"Je suis dans mon cœur le vampire - Un de ces grands abandonnés", extrait du poème "L'héautontimorouménos" de Charles Baudelaire, dans Les Fleurs du Mal (1857)

Dans ce poème, Charles Baudelaire s'adresse à la femme aimée, mais blessé par l'amour qu'il lui porte, il emploie une certaine violence, qu'il finit par retourner contre lui-même.

Poème : "L’héautontimorouménos", de Charles Baudelaire, dans le recueil Les Fleurs du mal.

Lecture : par Hervé Pierre, de la Comédie-Française


Je te frapperai sans colère

Et sans haine, comme un boucher,

Comme Moïse le rocher !

Et je ferai de ta paupière, 


Pour abreuver mon Saharah,

Jaillir les eaux de la souffrance,

Mon désir gonflé d'espérance

Sur tes pleurs salés nagera


Comme un vaisseau qui prend le large,

Et dans mon cœur qu'ils soûleront

Tes chers sanglots retentiront

Comme un tambour qui bat la charge !


Ne suis-je pas un faux accord

Dans la divine symphonie,

Grâce à la vorace Ironie

Qui me secoue et qui me mord ?


Elle est dans ma voix, la criarde !

C'est tout mon sang, ce poison noir !

Je suis le sinistre miroir

Où la mégère se regarde. 


Je suis la plaie et le couteau !

Je suis le soufflet et la joue !

Je suis les membres et la roue,

Et la victime et le bourreau !


Je suis dans mon coeur le vampire

- Un de ces grands abandonnés

Au rire éternel condamnés,

Et qui ne peuvent plus sourire !


>>> Baudelaire, l'allégorie qui en dit long

Charles Baudelaire naît à Paris en 1821. Il perd son père à l’âge de six ans. En 1841, sous la pression de sa famille, il embarque pour les côtes d’Afrique et de l’Orient. Il séjourne à l’île Bourbon (La Réunion) et, en rentrant à Paris en 1842, écrit ses premiers textes. En 1844, sa famille s’indigne de sa vie de débauche. Baudelaire devient alors journaliste, critique d’art et critique littéraire.

1857 est l’année de publication des Fleurs du Mal. Baudelaire est attaqué en justice pour "immoralité" (la même année que Flaubert pour Madame Bovary) et condamné : plusieurs poèmes sont retirés du recueil et l’auteur doit payer une amende. Baudelaire est très affecté par cet échec et sombre dans la misère (et dans la maladie). Le poids des dettes s’ajoutant aux souffrances morales, Baudelaire est frappé en 1866 d’un malaise qui le rendra paralysé et aphasique. Il meurt en 1867.

>>> Baudelaire, une esthétique de la ville

BIBLIOGRAPHIE

  • Les Fleurs du mal

Charles Baudelaire

Gallimard, collection Folio Classique, 2015

INTERVENANTS

  • Hervé Pierre, Comédien, pensionnaire de la Comédie-Française

Comment Charles Baudelaire a écrit "Les Fleurs du Mal" | France Culture 23 mai 2021


C’est une des œuvres les plus marquantes du XIXe siècle, mais dont la rédaction est toujours entourée de mystère. Voici comment Charles Baudelaire a révolutionné la poésie grâce à un recueil génial : “Les Fleurs du mal”.

jeudi 20 janvier 2022

Ukraine : peut-on éviter la guerre ? | C dans l'air 20 janv. 2022


Les bruits de bottes s’intensifient à l’est de l’Europe et Washington ne cache pas son inquiétude. "De notre point de vue, la situation est extrêmement tendue", a insisté mardi la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki. "Nous sommes à un stade où la Russie pourrait lancer à tout moment une attaque contre l’Ukraine".

La tension est montée d’un cran depuis l’échec des discussions entre Russes et Américains, le 13 janvier dernier, avec la cyberattaque massive qui a paralysé plusieurs sites gouvernementaux ukrainiens, vendredi. Parallèlement le Maître du Kremlin a décidé le déploiement de troupes russes et d’armement lourd vers l’ouest et la Biélorussie, officiellement pour des exercices militaires conjoints des armées russe et biélorusse. Mais un responsable de l’Otan a assuré que l’organisation "n’avait pas été informée des exercices militaires russes en Biélorussie" et que le nombre de soldats déployés était "bien supérieur à celui observé lors d’un exercice normal". Des effectifs militaires qui viennent s’ajouter aux 100 000 soldats russes déjà massés à proximité de la frontière ukrainienne, et qui poussent les États-Majors occidentaux à envisager sérieusement l’hypothèse d’une invasion de l’Ukraine. Le porte-parole du Pentagone a ainsi estimé que le président russe était "clairement en train de monter un dispositif de forces lui donnant plusieurs options".

Preuve que ces scénarios sont pris très au sérieux, le chef de la diplomatie américaine a décidé quasi dans la foulée des premières manœuvres russes de se rendre en Ukraine afin d’afficher le soutien des États-Unis. Depuis Kiev, où il a débuté ce mercredi une tournée européenne avant de retrouver son homologue russe vendredi à Genève, Antony Blinken a appelé Vladimir Poutine à choisir la "voie pacifique" pour sortir de la crise. "J'espère fortement que nous pourrons rester sur une voie diplomatique et pacifique, mais en fin de compte, ce sera la décision du président Poutine", a-t-il affirmé, mettant en garde sur l'existence "de plans en place pour augmenter encore plus" les forces russes déployées dans la région.
Si Moscou passe à l'action en Ukraine, "aucune option n'est exclue" côté américain, a également averti la porte-parole de la Maison-Blanche, interrogée à la fois sur le très stratégique gazoduc Nord Stream 2 débouchant en Allemagne, et sur une exclusion de la Russie de "Swift", un système essentiel d'échanges bancaires internationaux.
Évoquant cette "escalade des tensions" aux frontières européennes ce mercredi lors de sa première prise de parole devant le Parlement de Strasbourg en tant que président du Conseil de l'UE, Emmanuel Macron a estimé que l'Europe doit enfin construire "un ordre de sécurité collective sur notre continent". Une sécurité qui "nécessite un réarmement stratégique de notre Europe, comme puissance de paix et d'équilibre, en particulier dans le dialogue avec la Russie", a-t-il dépeint. Le chef de l’État a également souligné qu'il comptait appuyer ce dialogue "franc, exigeant face aux déstabilisations, aux ingérences et aux manipulations", sur des "valeurs actées non pas contre mais avec la Russie, il y a maintenant trente ans". Il a dit aussi son souhait que Paris et Berlin reprennent les négociations avec Moscou "dans le cadre du format Normandie" (Russie, Ukraine, France, Allemagne), pour "rechercher une solution politique au conflit".
Alors que prépare réellement Vladimir Poutine ? Comment résoudre la crise autour de l’Ukraine ? Peut-on encore éviter la guerre ? Que peut faire l’Europe ? Faut-il autoriser Nord Stream 2, un pipeline acheminant du gaz russe en Allemagne via la mer Baltique ?

Invités :
- François Clémenceau, rédacteur en chef international - Journal du Dimanche
- Général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire auprès de l’ONU
- Marion Van Renterghem, grand reporter et chroniqueuse à L’Express. Son ouvrage C’était Merkel est publié aux éditions les Arènes
- Armelle Charrier, éditorialiste en politique internationale - France 24

Dante, bienvenue en Enfer ( Cliquer sur l'image ) 20/01/2022 | France culture

Illustration de l'Enfer par Gustave Doré
Suivez-nous jusqu'aux tréfonds de l'Enfer, et vous qui entrez, laissez toute espérance...

À retrouver dans l'émission LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE par Adèle Van Reeth

TOUS LES ÉPISODES


>>> “Suivez-nous jusqu'aux tréfonds de l'Enfer, et vous qui entrez, laissez toute espérance...”

Dans la "Divine Comédie", Dante est à la fois l'auteur et le narrateur. Il nous invite à le suivre dans son voyage "dantesque" de l'Enfer jusqu'au paradis....


>>> Maudit soit l’amour !

Nous poursuivons notre voyage dans l'Enfer de Dante, et les portes s'ouvrent grandes... Pourquoi y rencontre-t-on des amoureux ? Quel crime ont-ils commis...


>>> Mort d’avoir trop voulu connaître

Le voyage et la descente en Enfer se poursuivent... Quand Dante aperçoit soudain une flamme où se trouve Ulysse : que fait-il là ? Quel est son crime ?...


>>> Satan prisonnier des glaces

Savez-vous ce qui se trouve tout au fond de l'Enfer ? Des flammes ? Pire, bien pire : c'est la glace, qui détient Satan, prince du monde infernal, qui...

Le grand mystère des mathématiques | Arte 11 août 2017


Le grand mystère des mathématiques
documentaire arte

Omniprésentes dans les sciences et les technologies, les mathématiques sont-elles une invention ou une découverte, une science propre à l’humanité ou le langage même de l'univers ? Une enquête vertigineuse et originale au coeur d'un débat fascinant qui dure depuis l'Antiquité.

Omniprésentes dans les sciences et les technologies, les mathématiques sont parvenues à décrypter les orbites elliptiques des planètes, à prédire la découverte du boson de Higgs ou à faire atterrir le robot Curiosity sur Mars. De tout temps, l’homme, en quête de cycles et de motifs, les a utilisées pour explorer le monde physique et pour comprendre les règles de la nature, du nombre de pétales de fleurs (répondant à des "suites") à la symétrie de notre corps. La réalité possède-t-elle une nature mathématique inhérente ou les mathématiques sont-elles des outils précieux créés par l’esprit humain ?

Voyage visuel

Depuis l’Antiquité grecque, leur universalité et leur efficacité ont nourri débats philosophiques et métaphysiques. Sur les traces de Pythagore (qui avait notamment établi des liens entre mathématiques et musique), Platon, Galilée, Newton ou Einstein, le film, ludique, sonde leur fascinant mystère et leur évolution au fil des siècles, en compagnie de Mario Livio, astrophysicien américain renommé, et de nombreux mathématiciens, physiciens et ingénieurs. Une enquête captivante, formidablement illustrée d’exemples, en même temps qu’un voyage visuel vertigineux. Entre construction neuronale et ordre cosmique, à la frontière de l’invention et de la découverte, les mathématiques, extraordinaire énigme, n’ont pas fini de révéler, d’anticiper et de surprendre.

mercredi 19 janvier 2022

Que veut la Russie de Poutine ? | Le Monde


Trente ans après la fin de la guerre froide, le fossé entre la Russie et l’Occident n’a jamais été aussi grand. Entre 2014 et 2019, au moins 13 000 personnes sont mortes en Ukraine. Quant à la Crimée, péninsule ukrainienne depuis 1954, elle appartient désormais à la Russie. De leur côté, les Etats-Unis et l’Europe ont en grande partie tourné le dos à la Russie. Depuis l’annexion de la Crimée, le G8 est devenu le G7… sans la Russie. Et de lourdes sanctions économiques ont été prises à son encontre. Des deux côtés, les provocations à coups de gigantesques démonstrations guerrières ou d’installations d’infrastructures militaires sont de plus en plus nombreuses.

Pourtant, au début des années 1990, la Russie et le monde occidental s’entendaient pour mettre fin à la guerre et bâtir un monde nouveau. A l’époque, Mikhaïl Gorbatchev parle de « maison commune européenne », et une alliance militaire incluant les Etats-Unis, l’Europe et la Russie est même envisagée. Trente ans plus tard, c’est avec l’Asie que la Russie noue alliance militaire et contrats économiques.

Alors, que s’est-il passé ? On vous le raconte dans ce troisième épisode de notre série « Mappemonde ».

Les chapitres :
00:00 Introduction
01:25 1) La crise en Ukraine
05:20 2) La désillusion russe face à l’occident
12:01 3) La Russie se tourne vers l’est

dimanche 16 janvier 2022

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Philosophie de la grève ( Cliquer sur l'image ) | France culture 08/01/2020

Grève d'employés du secteur public contre les coupes
 sociales du Premier ministre français Alain Juppé,
 avec une grande bannière de Karl Marx,
 16 décembre 1995
À retrouver dans l'émission LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE par Adèle Van Reeth

TOUS LES ÉPISODES


>>> Aristophane et la première grève du sexe

Aristophane, dramaturge antique, est l'auteur de "Lysistrata", une pièce mettant en scène le renversement de la cité : les femmes, au moyen de la grève...


>>> Marx, au piquet !

Quelle place tient la grève dans la pensée de Karl Marx ? Dans quels contextes et pourquoi la violence doit-elle intervenir ? Quelle est la place des mots...


>>> Ayn Rand, les libéraux font de la résistance

En 1957 paraît "La Grève", roman d’Ayn Rand à l'immense succès aux États-Unis. Edward Snowden, Hillary Clinton ou Donald Trump la citent comme influence...

samedi 15 janvier 2022

Y a-t-il des philosophies plus utiles que d’autres ? par Denis Kambouchner, professeur d’histoire de la philosophie moderne, Université Panthéon-Sorbonne | France culture 27/12/2021

Y a-t-il des philosophies plus utiles que d’autres, ou bien, des manières plus ou moins utiles de pratiquer la philosophie ? De l'utilité sociale de la philosophie.

La mort de Socrate

Dans la relation négative des philosophies entre elles, le reproche d’inutilité ("ceci est vain, oiseux, stérile…") a toujours été l’un des premiers, avec ceux d’obscurité et d’inintelligibilité, ou au contraire de simplification et de trivialité. D’où vient alors que la question de l’utilité attachée à une entreprise philosophique apparaisse aujourd’hui si embarrassante ou même incongrue ? Au-delà du fait obvie qu’aucune pratique de la philosophie ne peut manquer de revendiquer une forme d’utilité, la reconnaissance des équivoques de la notion a sans doute eu ici sa part, de même qu’une conscience aiguisée de la relativité des normes. Et tout autant, le culte contemporain de l’inédit et de l’imprévisible, ou, à l’inverse, la permanence ou restauration de scolastiques, autrement dit de pratiques philosophiques "normales", au sein desquelles la question de l’utile ne se pose plus que de manière très étroite ou très convenue. Mais aussi, ce sont la définition et jusqu’à la réalité d’une utilité sociale de la philosophie qui n’ont cessé de perdre en évidence à mesure que les systèmes d’emprise caractéristiques des sociétés contemporaines révélaient leur puissance et leur complexité. S’agit-il donc là d’une question elle-même vaine ou désespérée ? Au contraire, sa nécessité reste entière. Mais il reste à chercher pour elle les divisions et les gradations pertinentes.

Une conférence enregistrée en décembre 2019, dans le cadre des "Lundis de la philosophie".

>>> Y a-t-il des philosophies plus utiles que d’autres ?

Denis Kambouchner, professeur d’histoire de la philosophie moderne, Université Panthéon-Sorbonne.

>>> Marx, au piquet !

>>> L’enseignement de la philosophie au lycée est-il en danger ?

vendredi 14 janvier 2022

Why Donald Trump was the ultimate anarchist, by Melissa Lane | New Statesman

The former president is being tried for his role in inciting anarchy but anarchia, in the Greek sense of “vacant office”, characterised his entire term.

A Trump support inside the Capitol in Washington,
 DC on 6 January

On 13 January, the US House of Representatives voted to impeach Donald Trump for a second time in just over a year, making Trump the first American president to be impeached twice. The House resolution focused upon Trump’s “incitement of insurrection” during a speech delivered to a crowd of his supporters on 6 January, some of whom later stormed the Capitol where Congress was meeting to certify the election results. The resolution argued that by such conduct Trump “betrayed his trust as president”.

>>> “Democracy suddenly gave way to political anarchy”, the Washington Post wrote on the evening of 6 January. The theme was echoed in the British press, which converged on the headlines “Anarchy in the US” (Metro) and “Anarchy in the USA” (the i and the Daily Express).

Most of this coverage associated “anarchy” with the violence and lawlessness that characterised the Capitol riots, as a direct result of which five people died, including one Capitol Police officer. Yet there is a sense in which Trump not only incited anarchy during this violent finale to his presidency, but acted as an anarchist par excellence during his entire tenure in office, embodying what an ancient Greek observer would have called “anarchia”.

The Greek word anarchia literally means a vacant office: the absence of an officeholder. It was also used to describe an officeholder who undermines the constitutional order on which their own office, and the rule of law, depends. In fact, anarchia was often used to describe an officeholder – usually retrospectively – as having been no proper officeholder at all.

While violence might be unleashed by a vacant office or a vacuum of accountable power, it’s striking that a number of Greek authors, from Aeschylus to Isocrates, contrasted anarchia with tyrannis, or “tyranny”. This means anarchy is not just another word for the tyrannical or authoritarian abuse of power, or “lawless” conduct.  It is a condition in which the very basis of political office has been undermined.

Explaining how a democracy might degenerate in the Republic, Plato tied the idea of anarchia (using the related adjective anarchos) to the actions and attitudes of both citizens and officeholders. Like those who stormed the Capitol, the citizens of a degenerating democratic constitution in Plato’s narrative come to believe that “there is no necessity…to be governed, unless you like [to be]”. Plato’s Socrates  claims that these members of a failing democracy are influenced by distorted civic values which redescribe “anarchy” as “freedom”; he sums up the democratic constitution as being anarchos.

Plato cannot literally mean here that no one has been installed in office: democracies in ancient Greece chose many officials, both by lot and by election, and the same is true of the democracy described in the Republic. Rather, the point of linking democracy to anarchia is to suggest that democracy involves no meaningful and enforceable requirement either for citizens to obey officeholders, or for officeholders to use their powers as intended.

On this view, it is possible for the duties and legal entitlements of a democratic office to be hollowed out in spirit, even if formally followed in practice. Here democracy risks becoming a kind of shadow play in which people are chosen for office and nominally claim to hold it, but in so doing violate the most basic expectations of that office and thereby undermine its effectiveness and power.

The latest article of impeachment charges Trump with having acted “in a manner grossly incompatible with self-governance and the rule of law”. Following the ancient Greeks, the underlying idea can be taken further. By “betray[ing] his trust as president” as flagrantly as he did, Trump should be counted as an anarchist: ie, as having been no real officeholder at all.

Trump’s effective abdication of office can be seen in many of his acts before the November election and his efforts to reject and undo its results. It is most egregious in cases in which his conduct undermined the very conditions of political office, just as Greeks fearing anarchia would have expected.

Consider Trump’s pardoning of former sheriff Joe Arpaio of Maricopa County in Arizona. Arpaio was convicted of criminal contempt of court for continuing to detain people based solely on suspicion of their being unauthorised immigrants, in defiance of an order of a federal district judge. By pardoning not just someone guilty of criminal conduct, but specifically an official who had been held in contempt of court, Trump undermined the fundamental democratic and constitutional principle that, as John McCain put it in the wake of Arpaio’s pardon, “No one is above the law.”

Worse still was Trump’s refusal to abide by a court order that the acting head of the Bureau of Land Management, William Perry Pendley, “should be removed from his position because he was performing his duties illegally”, having been appointed in violation of the Federal Vacancies Reform Act. The judge in the case ruled that because Pendley “had served unlawfully for 424 days as acting director of the bureau”, it followed that his acts in that role “would have no force and effect and must be set aside as arbitrary and capricious”. By refusing to remove Pendley, Trump again shirked the duties of his office. But this refusal went further insofar as it undermined the legitimacy of the acts of the bureau as well. 

In the end, Trump’s “incitement of insurrection”, combined with his consistent failure to live up to the obligations of the presidency, show that he was no proper office holder at all. Despite his claim to be “the only thing standing between the American Dream and total anarchy”, it is clear that Trump was the real anarchist all along. 

Melissa Lane is the Class of 1943 professor of politics and the Director of the University Center for Human Values at Princeton University. She is the author of Greek and Roman Political Ideas.

This article is part of the Agora series, a collaboration between the New Statesman and Aaron James Wendland, senior research fellow in Philosophy at Massey College, Toronto. He tweets at @aj_wendland

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Pourquoi et comment Sapiens s’est-il imposé ? | France Culture 12 janv. 2022


Ces dernières années, l’histoire de Sapiens s’est faite plus précise. Les théories admises sur l'apparition de Sapiens sont débattues, nombre d’idées reçues battues en brèche et petit à petit, l’idée rassurante d’un Eden premier où serait subitement apparu l’homme moderne se trouve contrariée.

Le paléoanthropologue Jean-Jacques Hublin s'intéresse de près à l’apparition de Sapiens, mais aussi à la disparition de Néandertal et à d’autres groupe, comme le Dénisovien. Connu pour des découvertes majeures, notamment le plus ancien représentant connu de notre espèce au Maroc, il étudie une période durant laquelle l’homme moderne cohabitait avec d’autres Homo. Et tâche de répondre à une question : pourquoi et comment Sapiens s’est-il imposé ?

Était-il vraiment plus développé ? Ou simplement plus social ? D’ailleurs, comment doit-on le définir ? Un aspect physique, des capacités intellectuelles, la maîtrise de certaines technologies ou encore un régime alimentaire ? C’est à ces questions qu’il répond dans sa leçon inaugurale comme professeur titulaire au Collège de France “Homo sapiens, une espèce invasive”, le jeudi 13 janvier 2022.

Jean-Jacques Hublin, paléoanthropologue et directeur du département Évolution de l'homme de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste, était l'invité des Matins de France Culture le 11 janvier 2022.

Eric Zemmour est "un phénomène majeur" pour le philosophe Marcel Gauchet | Europe 1 12 janv. 2022


>>> Marcel Gauchet, philosophe, historien du politique, était l'invité d'Europe Matin mercredi. Interrogé par Sonia Mabrouk, il est revenu sur la campagne présidentielle et sur la candidature d'un homme qu'il considère comme "un phénomène majeur" sans en être partisan.

La pensée libertaire a-t-elle été trop longtemps été mise au placard ? | France culture 6 janv. 2022


Capitalisme, écologie, féminisme... La pensée anarchiste moderne est bien-là, prenant des formes diverses, répondant à des questions actuelles. Elle est partout et progresse dans notre société, sur Internet notamment.  

Élève de >>> Derrida et spécialiste de la philosophie hégélienne, Catherine Malabou s’intéresse dans son dernier ouvrage “Au voleur ! Anarchisme et philosophie” (PUF, 2022) à l'anarchisme dans l’histoire de la pensée philosophique. Elle pointe la manière dont des philosophes contemporains, comme Foucault ou Levinas, ont développé une pensée libertaire qui ne dit pas son nom, que ce soit par déni ou par inconscience.  

Pourquoi l’anarchisme a-t-il été mis si longtemps au placard de la pensée  philosophique ? Qui sont les anarchistes d'aujourd'hui ? 

La philosophe et professeure de philosophie Catherine Malabou était l'invitée des Matins de France Culture le 5 janvier 2022 pour en parler. 

Une histoire de la Grèce, en quête d’indépendance ( Cliquer sur l'image ) | France culture 13/01/2022

Statue d'Athéna, déesse grecque de la sagesse,
 de la stratégie militaire et de la guerre
Quelle est belle, la Grèce antique, avec sa philosophie, sa démocratie et ses temples tout blancs, mais comment a-t-elle été inventée, fantasmée, imaginée ?  Quant aux moines orthodoxes, perchés sur le Mont Athos, sont-ils des résistants ?  De l’indépendance grecque, proclamée il y a 200 ans, à la Grèce sous influence, c'est une histoire d’indépendance.

À retrouver dans l'émission LE COURS DE L'HISTOIRE par Xavier Mauduit

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Après quatre siècles de domination ottomane, le peuple grec mène une guerre d'indépendance longue de dix ans. Malgré l’indépendance proclamée en 1822,...


>>> La Grèce moderne, une histoire de faillites ?

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jeudi 13 janvier 2022

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Pierre Rosanvallon écrit l'histoire du populisme: "Quand on lit Napoléon III, on voit Orban ou Trump" | France Inter 10 janv. 2022


Pierre Rosanvallon, historien et sociologue, est l'invité d'Ali Baddou à 7h50. Il publie "Le siècle du populisme", dans lequel il tente d'écrire une histoire de ce concept politique qui n'a jamais été théorisé.

Le Siècle du populisme
Histoire, théorie, critique
Auteur du Texte : Pierre Rosanvallon

Le phénomène du populisme n’a pas encore été véritablement pensé. C’est en effet surtout à caractériser sociologiquement les électeurs populistes que se sont attachés la plupart des livres sur le sujet ; ou à discuter ce dont il est le symptôme (le désenchantement démocratique, les inégalités galopantes, la constitution d’un monde des invisibles, etc.) ; ou encore à sonner le tocsin sur la menace qu’il représenterait.

Cet ouvrage propose de le comprendre en lui-même, comme une idéologie cohérente qui offre une vision puissante et attractive de la démocratie, de la société et de l’économie. S’il exprime une colère et un ressentiment, sa force tient au fait qu’il se présente comme la solution aux désordres du présent. Il est pour cela l’idéologie ascendante du xxie siècle, à l’heure où les mots hérités de la gauche semblent dorénavant résonner dans le vide.

L’auteur en présente une théorie documentée, en retrace l’histoire dans celle de la modernité démocratique et en développe une critique approfondie et argumentée. Il permet ainsi d’en finir avec les stigmatisations impuissantes et dessine les grandes lignes de ce que pourrait être une alternative mobilisatrice à ce populisme.

Pierre Rosanvallon est professeur au Collège de France. De L’Âge de l’autogestion (1976) au Bon Gouvernement (2015), il est l’auteur de nombreux ouvrages qui occupent une place majeure dans la théorie politique contemporaine et la réflexion sur la démocratie et la question.